cimetière des BATIGNOLLES

lundi 16 février 2009
par Philippe Landru

Lorsqu’il ouvrit ses portes en 1833, le cimetière ne faisait que quelques ares et était destiné à accueillir les défunts de la nouvelle commune de Monceau-Batignolles, née en 1830 de la séparation du territoire de Clichy. Il fallut progressivement l’agrandir face à l’accroissement de la population. Intégré dans Paris lors de l’annexion de 1860, le cimetière prit sa physionomie actuelle.

Grand de 10 hectares, ce cimetière est aussi grand que celui de Montmartre. Exilé à la périphérie, pollué par le périphérique qui l’enjambe malheureusement depuis 1969, il n’est pas aidé par sa topographie : il est terriblement plat et l’intérieur de ses divisions ne brille pas par leur végétation. A cela s’ajoute une numérotation irrationnelle de ses divisions. C’est donc un cimetière très largement ignoré, le plus mal aimé des grands cimetières parisiens.

Pourtant, il recèle un nombre important de sépultures notables, certaines par la notoriété de leurs occupants, d’autres pour leur intérêt esthétique. A bien des égards, il peut être considéré comme une version appauvrie du cimetière de Montmartre : même type de « clientèles » (littérateurs et compositeurs très oubliés, monde politique quasiment absent…). De fait, le cimetière Montmartre étant déjà bien plein, on y enterra davantage au XXe siècle ceux qui, au XIXe siècle, auraient atterris Avenue Rachel. Aussi, on ne s’étonnera pas de voir un assez grand nombre de petites personnalités liées à la Butte. Enfin, s’il ne peut évidemment pas être comparé au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois, la présence d’un très grand nombre de membres de la diaspora culturelle russe et ukrainienne est à noter, particulièrement autour des divisions 24 et 25.

Auguste Villiers de l’Isle-Adam fut inhumé dans ce cimetière avant d’être transféré au Père-Lachaise. Idem pour Raimu avant son transfert à Toulon.


Les célébrités : les incontournables…


- Léon BAKST (25ème division)
- André BARSACQ (25ème division)
- Lucien et Jean BOYER (2ème division)
- André BRETON (31ème division)
- Gaston CALMETTE (15ème division)
- Blaise CENDRARS (7ème division)
- Fédor CHALIAPINE (cénotaphe dans la 25ème division)
- Joseph DARNAND (32ème division)
- Benjamin PERET (31ème division)
- Charles-Louis POTHIER (31ème division)
- Ray VENTURA (32ème division)
- Paul VERLAINE (11ème division)
- Edouard VUILLARD (26ème division)


… mais aussi


J’ai fait le choix de présenter le cimetière par divisions. A l’intérieur de chacune sont présentés, à la manière des autres articles, les tombeaux notables, puis les célébrités bénéficiant d’une aura moins large. Vous pouvez dès lors arpenter l’article en visiteur patient. Pour les plus pressés, un coup de [ctrl+F] vous permettra de vous rendre au plus vite vers la personnalité visée.


1ère division


A l’entrée du cimetière, la 1ère division se caractérise par la présence de quelques belles chapelles souvent ornées.

- Emilienne d’ALENÇON (Emilie André : 1870-1945) : courtisane, elle fit partie, avec Liane de Pougy et Caroline Otero, des Trois Grandes de la Belle Epoque. Elle joua dans de nombreuses revues aux Folies Bergères, à la Scala ou au Variétés. Elle défraya la chronique par ses liaisons, tant avec les hommes (Jacques d’Uzes, Léopold II) qu’avec les femmes (Renée Vivien). Elle repose dans la chapelle Normand, qui contient de nombreuses photos d’elle.

- Jane MARGYL (1862-1934) : Cette mezzo-soprano du début du XXe siècle ne laisse pas un souvenir impérissable. On sait qu’elle débuta dans Dalila en 1905. Sa tombe, sur la droite à l’entrée, attire le regard : le groupe en marbre qui la surmonte est de François-léon Sicard, auquel on doit de nombreuses statues dans Paris.

Un lecteur du site apporte les informations complémentaires suivantes :

Bonjour, j’ai découvert au hasard d’une recherche sur Google votre site ou l’on parle de qq’1 de ma famille : Jane Margyl enterrée aux Batignolles. Je suis étonnée de voir que l’on parle de sa tombe sur de nombreux sites, qu’on la voit en photo sur le net etc... Même si je savais qu’on la cite plusieurs fois sur le site français de la culture ayant été une grande cantatrice. Elle a d’ailleurs sont buste à l’opéra de paris.

C’est pourquoi je tenais à vous préciser qq détails afin de mettre à jour si vous le désirez votre page web qui lui est dédiée. Elle est morte jeune en pleine gloire d’une crise d’appendicite. Son cercueil (cercueil blindée car elle souhaitait être enterrée avec ses partitions, sa musique lui appartenant) a été ramené à Paris pour qu’elle y soit enterrée dans un des caveaux familiaux. François Sicard a effectivement sculpté le « groupe de marbre » qui orne désormais le caveau. C’est ma grand mère, sa soeur qui a posée pour la sculpture. La sculpture est d’un seul bloc et représente la musique qui pleure sur la tombe. Ma grand mère également décédée y est également enterrée. Jane Margyl était un pseudonyme, pas très loin de son véritable nom d’ailleurs.

Il y a bien longtemps que je ne m’y suis rendu pour m’y recueillir, chose que je vais réparer très bientôt.

Merci. Walter.


2ème division


- Le poète Jacques de BEURVILLE.

- Lucienne BREVAL (Berthe Liserte Schilling : 1869-1935) : D’origine allemande, cette cantatrice débuta à Paris dans L’Africaine de Meyerbeer, puis remporta un grand succès en 1893 pour son incarnation de Brünhilde dans La Walkyrie de Wagner. Elle s’imposa progressivement comme une chanteuse wagnérienne, dont on louait les qualités de tragédienne, mais elle refusa d’apprendre l’allemand et ne se produisit jamais à Bayreuth, ce qui l’empêcha de faire une plus grande carrière internationale. Elle créa également des rôles dans les opéras de Massenet. Sa tombe comporte une reproduction de l’Athéna pensive.

- Marguerite DEVAL (Marguerite Brulfert de Valcourt : 1868-1955) : comédienne et chanteuse d’opérettes, elle débuta en 1884 aux Bouffes-Parisiens puis se produit aux Nouveautés et aux Folies-Dramatiques. Elle apparut dans de nombreuses revues. Elle fonda en 1900 le théâtre des Mathurins qu’elle dirigea jusqu’en 1905. C’est à 64 ans qu’elle entama une carrière cinématographique : cela ne l’empêcha pas de jouer jusqu’en 1951 dans une trentaine de films !

- René DOIRE (1879-1959) : compositeur (auteur de musique instrumentale et vocale), chef d’orchestre et critique d’art, il fut rédacteur en chef du Courrier musical.

- Hélène DUTRIEU (1877-1961) : ancienne championne de cyclisme belge (En 1897 et 1898 elle remporta les championnats du monde de cyclisme sur piste à Ostende, en Belgique, où elle acquit le surnom de « La Flèche Humaine »), elle devint la seconde aviatrice de l’histoire devancée uniquement par l’aviatrice française, la baronne de la Roche, qui avait obtenu son brevet six mois auparavant. Elle remporta dans cette discipline plusieurs prix et fut détentrice de nombreux records. Avec elle repose son époux, Pierre MORTIER (Pierre Mortjé : 1882-1946). Journaliste –il dirigea le Gil Blas-, romancier et auteur dramatique, il fut député radical-socialiste de Seine-et-Marne de 1932 à 1936.

- Le sculpteur Nane FOURNIER (1911-1936). Sa chapelle est ornée d’une massive porte en bronze.

- La peintre tchèque TOYEN (Marie Čermínová : 1902-1980). Sa rencontre en 1922 avec Jindřich Štyrský fut un jalon : elle partagea dès lors son destin artistique. En 1925, ils s’installèrent pour quatre ans à Paris, où ils participèrent la même année à l’exposition « l’Art d’aujourd’hui ». En 1923, elle adhèra au groupe d’avant-garde Devětsil. Ses premières recherches partaient du cubisme. Bien vite, l’artiste exprima, à travers une pâte brute et des textures ravinées, le monde géologique soumis à l’action d’usure des eaux (le Marais, 1928). À partir de 1931, son œuvre se peuple d’objets insolites, flottant dans un espace évocateur de paysages nocturnes ou sous-marins. En 1934, Toyen adhèra au groupe des surréalistes de Tchécoslovaquie. Installée en France après son exposition de 1947, à la gal. Denise René, Toyen a participé à toutes les expositions internationales du surréalisme.


4ème division


- Les architectes Georges (1878-1950) et Pierre ORIEME (1903-1977).


5ème division


- L’acteur de vaudeville lyonnais Auguste PARADE (1826-1885).


6ème division


Bien qu’il ne semble pas connu, la chapelle d’Alfred Chrétien (1832-1887) attire l’œil en bordure de division : elle est ornée d’un médaillon en bronze par Jules Franceschi.

Dans cette même division, la tombe du polytechnicien Victor Rosé (1843-1892) est une œuvre d’Hector Guimard.

- Alfred BRUNEAU (1857-1934) : Ce compositeur français, élève de Massenet, est traditionnellement associé à Emile Zola qui devint son ami à partir de 1888. La particularité d’Alfred Bruneau fut d’avoir adapté à l’opéra les théories naturalistes de son ami, et d’avoir ainsi créé une musique « réaliste ». Reste à savoir ce que cela pouvait vouloir signifier en musique : un choix de personnages populaires pour les pièces lyriques, leurs apparitions en costume de ville, et l’emploi de la prose non mesurée et du parlé-chanté furent des choses nouvelles, même si ce mouvement n’eut pas véritablement de suite (en dehors de la Louise de Gustave Charpentier). Il signa plusieurs oeuvres à partir de romans ou de livret de Zola : le Rêve, l’Attaque du moulin ou Messidor.

- Ehiche (1890-1994) et Eliz (1893-1981) KAVOUKDJIAN-AIVAZIAN, homme et femme de lettres arméniens, reposent sous un monument qui rappelle le style des églises arméniennes.

- Lorenzo PAGANS (Llorenç Pagans i Julià : 1838-1883) : Ce musicien et ténor catalan, ami de Richard Wagner, donna des cours de chants et fit les délices des salons parisiens du Second Empire, en particulier ceux de Manet et de Degas, grand amateur de musique, qui le peignit à plusieurs reprises. Le buste qui orne sa tombe est de Ferdinand Leenhoff : ce dernier, beau-frère de Manet, est connu puisque c’est l’un des hommes qui figure sur le Déjeuner sur l’herbe de Manet.

- Le « Sâr » PELADAN (Joséphin Peladan : 1858-1918) : Partisan de l’ésotérisme et fondateur d’un ordre rosicrucien catholique, il se donna le titre de « Sâr », hérité, prétendait-il, d’un ancêtre roi babylonien. Il commanda à Erik Satie une Marche des Rose-Croix. Il voulut rénover le catholicisme en s’appuyant sur l’ésotérisme contenu dans cette religion. Excentrique, il lança des excommunications à tour de bras. Son mérite fut d’avoir suscité un intérêt pour les sciences traditionnelles.


7ème division


- Le peintre Louis-François BILLOTEY (1819-1884) et le statuaire Lorenzo COLOMBO (1856-1885). Ils reposent ensemble sous une tombe sur laquelle figure une petite plaque émaillée représentant une jeune enfant dans son berceau.


8ème division


- Un fait-divers qui dans le contexte du début du XIXe siècle fit scandale : le 2 juin 1907, alors qu’il revenait d’une procession à la fête-Dieu de Dugny, le jeune Hippolyte Debroise, âgé de 19 ans, fut révolvérisé par un membre de la bande des « Apaches du Bourget ». Une souscription publique fut mise en place pour ériger sa tombe qui se trouve dans cette division, et où son médaillon est bordé par la palme du martyr. Il est à noter qu’un fragment ensanglanté de sa chemise fut inséré dans les fondations de l’église St-Joseph des Epinettes, édifiée en 1910 dans ce même arrondissement.

- Charles BOREUX (1874-1944), qui fut conservateur des Musées nationaux. Attaché au Louvre, il fut un spécialiste des antiquités égyptiennes. Il repose dans le tombeau Peytel.

- Gaston HIRSCH (1830-1918) : auteur dramatique et librettiste, il travailla avec Emmanuel Chabrier.


9ème division


La tombe du contre-amiral Bouchard (1854-1935), recouverte de mousse, est ornée d’une ancre.

- Emile ANTHOINE (1882-1969) : président du Cercle des sports de France et détenteur de nombreux record mondiaux de marche, il fut également le fondateur de la mythique course sur route Paris-Strasbourg. Il donna son nom à plusieurs salles de sport. Avec lui repose son père Marcel ANTHOINE (1845-1919), « inventeur de l’encaustique à l’essence et du cirage à la cire ». Leur tombe est ornée d’un médaillon en bronze représentant un marcheur.

- Léon BRIENS (1859-1918), qui fut plusieurs fois préfet (Allier de 1903 à 1906, Hérault de 1907 à 1908, Côte-d’Or de 1908 à 1911, Pas-de-Calais de 1911 à 1916).

- André DAHL (Léon Kientz : 1886-1932) : journaliste et homme de lettres, il travailla dans divers journaux dont le Canard enchaîné. Il fonda en 1922 avec Roger Ferréol le Théâtre des Deux Anes. La légende veut que, ne sachant pas comme le baptiser, André Dahl ait dit « pour ne rien trouver, faut-il que nous soyons deux ânes !  ». Sa tombe est ornée d’un bas-relief en bronze.

- Armand DEPERDUSSIN (1860-1924), qui fut l’un des plus célèbres constructeurs d’avions d’avant la Première Guerre mondiale. Il fonda la firme SPAD (Société de Production des Aéroplanes Deperdussin) sur l’aérodrome de Champagne dont il propriétaire. La firme Deperdussin connut un succès rapide grâce à la conception des appareils monocoques : ses avions remportèrent de nombreux prix. Pourtant, à la mi-août 1913, la SPAD fut mise en faillite à la suite des pratiques frauduleuses de son fondateur ; elle fut alors rachetée par Louis Blériot. Armand Derperdussin mit fin à ses jours. Quoique toujours indiquée sur les plans et même localisée avec assez de précision, je n’ai encore pas retrouvé sa tombe.

- Raymond DEXTREIT (1908-2001) : autodidacte, il fut le créateur de la méthode harmoniste (utilisation de médecines naturelles, végétarisme…) qu’il exposa dans plusieurs ouvrages.

- Élie BERTHET (1818-1891) : romancier et feuilletoniste très populaire en son temps, auteur de Paris avant l’histoire, considéré comme le premier « roman préhistorique » de la littérature. Avec lui repose l’homme de lettres Paul DELAY (Hervé Boivin : dates illisibles).

- François GRAUX (1870-1939), qui fut plusieurs fois préfet (Aisne en 1931, Seine-Maritime de 1935 à 1938, Bouches-du-Rhône de 1938 à sa mort).

- Emile (1860-1945) et Vincent (1862-1947) ISOLA : extraordinaire destin de ces deux frères artistes et visionnaires, mais mauvais gestionnaires, qui ne se quittèrent jamais. Originaire d’Algérie, ils partagèrent tôt une passion pour la prestidigitation. Malgré des débuts difficiles, ils se firent connaître et se rendirent acquéreurs en 1892 du Théâtre des Capucines, une salle de conférences qu’ils rebaptisent Théâtre Isola. Ce fut le début de leur réussite : achat du Parisiana en 1897 (ils abandonnèrent leurs numéros pour devenir producteurs de spectacles). Ils devinrent ensuite propriétaires de l’Olympia en 1898, des Folies-Bergère en 1901, de la Gaîté lyrique en 1903, de l’Opéra-Comique en 1913, du Théâtre Mogador et du Théatre Sarah Bernhardt en 1926 ! Le Tout-paris défila dans leurs salles, où ils produisirent les premières revues, les Ballets russes de Serge de Diaghilev, Paulus ou la Loïe Fuller, les opérettes No no Nanette ou L’Auberge du cheval blanc qui sont des succès… Mais leur mauvaise gestion fit qu’ils durent abandonner leurs salles les unes après les autres. Agés, ils durent recréer leur duo de prestidigitation ! Sous l’occupation, ils se virent confier la direction du Théâtre Pigalle, mais moururent peu de temps après oubliés de tous. Ils ne s’étaient pas quittés dans la vie : ils reposent tous deux dans le même tombeau.

- Emile LASSAILLY 1874-1917) : compositeur et chef d’orchestre au théâtre des Variétés, ancien élève d’Offenbach, il connut une grande popularité, composant des opérettes, des valses ou la musique de mélodies en collaboration avec Botrel. On lui doit un morceau qui connut un grand succès dans le contexte revanchard de l’époque : On les aura !Avec lui repose Le musicographe Louis SCHNEIDER (1861-1935), qui fut critique musical et théâtral pour divers journaux dont La Paix, Le Gaulois ou encore le New York Herald. Leur tombe, très abîmée, est quasiment illisible.

- L’architecte Georges LEGROS (1865-1945).

- Le comédien et chanteur René LESTELLY (René Lelais : 1904-1993).

- Eric LOSFELD (1922-1979) : Cet éditeur français fonda en 1952 les Éditions Arcanes, en référence à Arcane 17 d’André Breton. Il se spécialisa très vite dans la vente par correspondance d’ouvrages érotiques ou pornographiques. Après quelques démêlés avec la justice, il fonda en 1955 les Éditions Le Terrain vague, qui imprimèrent des livres de Benjamin Péret, Marcel Duchamp et Boris Vian, des textes érotiques (notamment son plus grand coup éditorial en 1962 : Emmanuelle), des ouvrages sur le cinéma et de la bande dessinée (en particulier Barbarella de JC Forrest qui fit scandale). Sa dalle funéraire porte l’épitaphe suivante : Tout ce qu’il éditait avait le souffle de la liberté.
- Le très oublié peintre Louis SOULIÉ (1886-1974), qui fut pourtant Premier Grand Prix de Rome. La statue de femme qui orne sa tombe est de Clotaire Champy. Sur le coté, discret, est gravé le visage du défunt.

- Le peintre paysagiste et portraitiste André STRAUSS (1885-1971).

- Madeleine SUFFEL (1899-1974) : comédienne de théâtre et de cinéma, elle joua beaucoup les rôles de concierge ou de servante.

- Le bassoniste de l’Opéra Charles VIALET (1866-1931).


10ème division


- Pierre DREYFUS (1907-1994) : PDG de Renault entre 1955 et 1975, dans le contexte favorable des Trente glorieuses et du « tout automobile », il sut également anticiper la demande et contribua aux succès de la fameuse 4L ou encore de la R5. Socialiste, il chercha toujours à concilier les intérêts de l’entreprise et le progrès social des ouvriers, même si des tensions existèrent, en particulier après 1968. Il devint, entre 1981 et 1982, ministre de l’Industrie du gouvernement Mauroy.

- Marguerite DURAND (1864-1936) : issue de la bourgeoisie, elle abandonna une carrière de comédienne pour épouser un jeune député boulangiste : elle fit alors ses premières armes de journaliste à la Presse, que dirigeait son mari. Entré au Figaro en 1891, elle découvrit le mouvement féministe en 1896 et s’enthousiasma pour ses idéaux : elle fonda en 1897 la Fronde, entièrement rédigée jusqu’en 1905 par des femmes (Marcelle Tynaire, Séverine...) et les campagnes menées par son journal obtinrent quelques beaux succès (possibilité d’être admise à l’Ecole des Beaux-Arts, d’assister aux débats parlementaires, de recevoir la Légion d’Honneur, d’accéder au Barreau...).

Elle créa par la suite plusieurs revues, des syndicats, organisa des candidatures féminines aux élections législatives et municipales au sein du parti républicain-socialiste. Elle eut toujours le souci de collecter et de conserver documents et archives relatifs au féminisme : elle fit don de ce fond à la ville de Paris en 1931, qui ouvrit la bibliothèque féministe qui porte son nom (qui se trouve aujourd’hui dans le 13ème arrondissement).

Amoureuse des animaux, excentriques pour son temps, elle se promenait dans les jardins de Monceau avec sa lionne qu’elle avait baptisée Tigre. Tout naturellement, cette militante née s’empara de la cause animale et fut l’instigatrice de l’ouverture du cimetière des chiens à Asnières.

- Paul PUGLIESI-CONTI (1861-1933) : avocat de formation, ce républicain nationaliste fut député de la Seine de 1902 à 1919.


11ème division


- Trois générations d’architectes : Charles Louis Gustave (1803-1870), Jean-Marie Gustave (1827-1896) et André (1869-1940) ECK.

- Paul d’IVOI (Paul-Charles Deleutre : 1856-1915) : journaliste à plusieurs journaux et revues (dont le Figaro et le Petit Journal), il entama une carrière d’écrivain, d’abord en rédigeant des pièces de boulevard, puis des romans feuilletons. Il acquit la notoriété grâce à ses 21 volumes des Voyages excentriques, et son œuvre la plus célèbre, Les Cinq sous de Lavarède.

- Le sculpteur Henri Léon GRÉBER (1854-1941), inhumé sous une pleureuse de son œuvre (sa tombe est quasiment illisible). Il travailla notamment dans le domaine funéraire : on lui doit plusieurs monuments aux morts et le monument Crozatier au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux. Il travailla également à la cathédrale de Beauvais.

- Gaston MODOT (1887-1970) : comédien à l’incroyable filmographie (entre 1909 et 1962) qui tourna avec les plus grands réalisateurs.


12ème division


- Le peintre Emile CABRIT (1858-1891).

- Louis CHALON (1862-1915) : après avoir étudié la peinture auprès de Jules Lefebre et de Boulanger, Louis Chalon débuta sa carrière en tant qu’illustrateur. En 1898, il créa une série d’illustrations en trompe-l’œil pour de la porcelaine. En 1900, il devint connu pour ses dessins dans les journaux comme Le Figaro illustré, L’Illustration ou La Vie parisienne. Parallèlement, il poursuivit son activité sur le design et créa de nombreux objets d’intérieur (lampes, encriers, vases, horloges, meubles), où il reprit le thème populaire de la femme-fleur. Il participa à l’Exposition universelle de Paris de 1900.

- Adolphe DANHAUSER (1835-1896) : musicien, pédagogue, théoricien de la musique et compositeur français, il fut l’élève de Bazin, Halévy et Reber et obtint un premier Second Prix de Rome. Professeur de solfège au Conservatoire, il y rédigea en 1872 une Théorie de la musique qui fait toujours autorité aujourd’hui. On lui doit quelques œuvres dont un opéra, Maures et Castillans.

- Wladimir GUETTÉE (René François Guettée : 1816-1892) : prêtre catholique, ses opinons gallicanes et anti-ultramontaines dans le contexte de l’affirmation autoritaire du pouvoir de la papauté le firent progressivement évoluer vers l’orthodoxie, à laquelle il se convertit. Il fut l’auteur d’une Histoire de l’Eglise en plusieurs tomes.

- L’architecte Gabriel JOLIVEAU (1859-1917).

- L’homme de lettres Jean-Baptiste LAU (1846-1900). Sa tombe n’est plus qu’une ruine dont le nom se devine plus qu’il ne se voit.

- Le poète et romancier Charles VALOIS 1820-1899), dont la tombe est ornée d’un beau médaillon en bronze d’Auguste Fannière.

- Fernand XAU (1852-1899) : ancien imprésario de Buffalo Bill lors de la tournée française du Buffalo Bill’s Wild West Show, il lança en 1892 le Journal, « journal littéraire d’un sou » destiné aux petits commerçants, aux instituteurs, aux ouvriers et aux employés. Ce périodique parut jusqu’en 1944. Il devint également propriétaire du Gil Blas. Son nom est quasiment illisible sur sa tombe en mauvais état.


13ème division


- Le sculpteur Ernest Aquilas CHRISTOPHE (1827-1892), qui fut l’ami de Baudelaire. Ancien élève de Rude, il ne négligea pas le funéraire puisqu’il cosigna avec ce dernier le fameux gisant de Cavaignac à Montmartre. On lui doit également le tombeau d’Eugène Despoix à Montparnasse, sans oublier la saisissante reproduction de sa Douleur qui orne sa tombe.

- Le sculpteur René FACHE (1816-1891), auteur de nombreux bustes, qui enseigna à l’Académie de Valenciennes. C’est également dans ce tombeau que sont inhumées les « demoiselles Gindre » de Douai : Caroline et Isabelle. Tantes adoptives de Georges Izambard, c’est chez elles, au 29 rue de l’Abbaye-des-Prés à Douai, que ce jeune professeur de rhétorique logea Arthur Rimbaud après l’avoir fait libérer de la prison de Mazas. Rimbaud y séjournera au cours du mois de septembre 1870 puis, une seconde fois au mois d’octobre à la suite d’une nouvelle fugue. Arthur profita de ces séjours chez les demoiselles Gindre pour recopier tous ses poèmes qui composeront le recueil souvent appelé Les cahiers de Douai. Les liens unissant tous ces individus sont subtils : René Fache était le mari de Rose-Marie Gindre tandis que Georges Izambard avait épousé en première noce leur fille, Jeanne Fache-Izambard, inhumée dans ce tombeau (Izambard repose quant à lui au nouveau cimetière de Boulogne-Billancourt, avec Henriette Gindre, la dernière « tante », soeur de Caroline et Isabelle). Leur tombe, en assez mauvais état, est surmontée d’une sculpture représentant René Fache en train de travailler ainsi qu’un médaillon en bronze. L’ensemble est du à Corneille Theunissen et Léon Fagel, ses anciens élèves.

- L’auteur dramatique André GODFERNAUX (1864-1906), qui travailla en collaboration avec Tristan Bernard.

- HENRI-ROBERT (Robert Henri : 1863-1936) : ténor du barreau et historien, il fut élu membre de l’Académie française en 1923.

- Le flûtiste Robert HÉRICHÉ (1906-1991), qui composa pour cet instrument.

- Le peintre Alfred LAMOTTE (1845-1893).

- Henry LEAUTÉ (1847-1916) : Ingénieur et mathématicien français, ses travaux concernèrent la mécanique appliquée : transmissions à distance et régulation du mouvement des machines. Il fut condamné à mort par la Commune pour avoir décliné la direction d’un service public, mais réussit à fuir à Toulouse. Avec lui repose son fils, André LEAUTÉ (1882-1966), qui occupa la chaire de physique de Polytechnique de 1936 à 1952. Il perfectionna différents appareils électroniques (radiographie, microscopes, instruments de navigation). Tous deux étaient membres de l’Académie des Sciences. Dans ce caveau repose également le fils d’André, l’avocat Jacques LEAUTÉ (1916-1994), ancien directeur de l’Institut de criminologie de Paris, qui participa à plusieurs affaires judiciaires célèbres (le jugement de Patrick Henry, ou encore l’affaire Villemin dans laquelle il était l’avocat des grands-parents du petit Gregory).

- SAINT-GRANIER (Jean de Granier de Cassagnac : 1890-1976) : il fut un artiste polyvalent, à la fois comédien au cinéma dans les années 20 et 30, compositeur, interprète et artiste de revues... Il n’est pas totalement oublié pour avoir été l’auteur de la chanson Ramona.

- L’architecte René SERGENT (1865-1927), spécialiste des architectes et ornementistes français du XVIIIe siècle, qui réalisa pour une riche clientèle aristocratique et bourgeoise un très grand nombre d’hôtels particuliers dans le monde entier. On lui doit également de prestigieux hôtels (le Trianon-Palace à Versailles (1910), le Savoy et le Claridge à Londres, le Grand Hôtel de Rome…) ainsi que le siège de la société Rolls-Royce. Il repose sous un beau tombeau au cœur de la division.


14ème division


- Le soliste de balalaïka renommé Ter ABRAMOFF (1888-1977), au style très personnel et au vibrato démesuré, qui joua sur les plus grandes scènes internationales, dont un concert exceptionnel à la Maison Blanche devant JF Kennedy.

- L’architecte Pol GOSSET (1881-1953), issu d’une illustre famille d’architectes rémois, lui-même architecte à Reims.


15ème division


Placé sous le périphérique, la 15ème division est celle qui est la plus en souffrance : les tombes sont toutes camouflées par une patine de pollution. Par les jours maussades, cette partie du cimetière est fantomatique.


16ème division


- Léon DIERX (1838-1912) : natif de la Réunion, il y vécut jusqu’en 1860, année de son installation en métropole. Côtoyant son compatriote Lecomte de l’Isle, il adhéra en 1864 au cercle des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de l’Isle Adam, José-Maria de Hérédia… Il fut élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.


17ème division


- Les artistes de variétés « Sylvia et Marco » (Georges (1917-1996) et Arlette (1912-2009) Carafoulis).

- Jacqueline GAUTHIER (1921-1982) : comédienne de théâtre (elle tourna peu pour le cinéma), elle se donna la mort.

- Jean L’HERMINIER (1902-1953) : officier demeuré au sein de la Marine de Vichy après l’armistice, il parvint à maintenir le sous-marin Casabianca en état de prendre la mer, en dépit des restrictions sur le carburant et les pièces détachées. Lors du sabordage de la flotte à Toulon, il fit défection et rejoignit Alger, alors revenu dans le camp allié. Le Casabianca participa a plusieurs opérations de contrebande d’armes en faveur des maquis et de débarquements de forces spéciales. Il participa également à la libération de la Corse en 1943.


20ème division


Cette division se trouve également mal placée sous le périphérique. Parmi les tombes encrassées, un buste se remarque : celui de Félicie Berchère (1829-1905), épouse du sculpteur Charles Cordier. On peut penser que c’est ce dernier qui le réalisa.


21ème division


- Pierre BILLOTEY (1886-1932) : romancier, il écrivit des ouvrages où l’humour provient des situations exceptionnelles dans lesquelles il place des personnages parfaitement ordinaires. Il collabora au Crapouillot.


23ème division


Encore une division à cheval sous le périphérique et ses désagréments. Malgré tout, on ira y voir la belle pleureuse allongée en bronze sur la tombe de Pauline Gin (1863-1912). Elle est l’œuvre de François Cogné.

- L’auteur dramatique Pol MOREAU, auteur de vaudevilles.


24ème division


- Georges BAKHMETEFF (+1928), qui fut de 1911 à 1917 le dernier ambassadeur du tsar de Russie aux Etats-Unis. Il repose avec son épouse sous une double tombe entourée d’une grille sous laquelle s’entrevoit une crypte. Placée sous le périphérique, souillée par la pollution, cette tombe prend, par mauvais temps, un aspect tout à fait fantasmagorique.

- Marius BORGEAUD (1861-1924) : peintre suisse, il débuta la peinture tardivement alors qu’il était âgé d’une quarantaine d’années. Influencé par l’impressionnisme, son oeuvre est composée d’environ 300 toiles réalisées en vingt ans et représentant pour la plupart des intérieurs tels que des chambres ou les scènes de rue. La Bretagne est souvent le cadre de ses tableaux qui contiennent une multitude de détails.

- L’avocat et homme de lettres Pierre BRION (1860-1940). Sa tombe est recouverte d’une patine de pollution la rendant à peine lisible.

- Huguette DUFLOS (Hermance Joséphine Meurs : 1887-1982) : Etonnante actrice qui, sociétaire de la Comédie française dans les années 20, tourna de 1919 à...1962, joua avec les plus grands de son époque (Lherbier, Duvivier, Dréville...), et qui laisse si peu de souvenirs dans la mémoire collective ! Il est vrai que si elle eut des rôles importants (l’Homme à l’hispano, le Mystère de la chambre jaune), l’emphase de sa diction, dû a son passé théâtral, correspondit-il moins aux exigences du parlant : elle fit partie de ce grand nombre de comédiennes qui ne surent pas amorcer le passage au cinéma parlant.

- Charles HUMBERT (1866-1927) : député de la Meuse de 1906 à 1908, puis sénateur de 1908 à 1920, il écrivit également de nombreux ouvrages traitant de thèmes militaires.

- Sergueï LYAPUNOV (1859-1924) : pianiste et compositeur russe, sa rencontre avec le compositeur Mili Balakirev fut déterminante. Il le rejoignit à Saint-Petersbourg. Liapounov fut engagé comme directeur musical assistant à la Chapelle Impériale, puis accèda au rang de professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1911. Après la Révolution, il émigra à Paris en 1923 et dirigea une école de musique pour émigrés russes, mais mourut peu après. Il composa pour le piano. Son œuvre la plus célèbre, écrite à la mémoire de Liszt, est Douze études d’exécution transcendante.

- Fred MONEY (François Raoul Billon : 1882-1956) : peintre et illustrateur français, il s’inspira des impressionnistes mais gagna sa vie en tant qu’illustrateur et affichiste. Il se fit connaître en France par des séries d’affiches touristiques en faveur des grandes plages de la côte atlantique, commandées par les Chemins de fer français, les offices de tourisme et l’exposition universelle de 1937. Il produisit également des cartes postales illustrant différentes régions.

- Félix PAQUET (1906-1974) : comédien et chansonnier, il fut également le secrétaire de Maurice Chevalier. Comme toutes les tombes placées sous le péroiphérique, la sienne est maculée de poussière polluée.

- Aimé SIMON-GIRARD (Aimé Simon : 1889-1950) : chanteur d’opérettes et comédien, il tourna des années 10 aux années 40, jouant durant les années du muet sur son physique de charme. 1948. Dans ce tombeau repose également sa grand-mère, la soprano Caroline GIRARD (1830-1925), qui créa de nombreux rôles pour les opéras de Weber, Adam et Grétry, et qui épousa le comédien français Joseph Philippe Simon, dit Lockroy (qui repose au cimetière Montmartre), ainsi que son beau-père Félix HUGUENET (1858-1926), acteur de Boulevard malgré deux années passées au Français, qui créa en 1917 l’Union des artistes.

- André ZIRNHELD (1913-1942) : parachutiste largué en cyrénaïque, il avait pour mission de détruire le plus d’avions allemands possibles stationnés dans les aérodromes proches de Benghazi. Lors de l’une de ces expéditions, il mourut des suites de tirs de stukas. Il fut fait Compagnon de la Libération. Il est connu pour avoir été l’auteur de la Prière du para que l’on retrouva dans un petit calepin qu’il gardait sur lui. Il fut inhumé par ses camarades en plein désert sur le rebord d’un oued, puis transféré en 1945 au cimetière militaire de Marsa Matruh. Son corps fut rapatrié ici par sa famille en 1955.


25ème division


Dans cette partie du cimetière, et plus particulièrement dans cette division, on trouve un très grand nombre de tombes orthodoxes et de défunts provenant du monde slave.

- Aleksandr BENOIS (1870-1960) : peintre et historien d’art russe, il fonda en 1894 avec Diaghilev et Léon Bakst le journal artistique Le Monde de l’art. En 1901, il fut nommé directeur scénique du Théâtre Mariinsky. Il consacra dès lors l’essentiel de son temps à la création de décors scéniques. Les décors pour Les Sylphides de Chopin (1908), Giselle d’Adam (1910) et Pétrouchka de Stravinski (1911) comptent parmi ses plus grandes réalisations. Il collabora avec Diaghilev et travailla en relation avec plusieurs grands théâtres européens. C’est lui qui créa, en 1928, les décors pour la création du Boléro de Ravel. Il fut le grand-oncle de l’acteur britannique Peter Ustinov. Dans son tombeau repose également sa fille, la peintre portraitiste de tendance surréaliste Hélène CLEMENT-BENOIS (1898-1972).

- Jacques DEBRONCKART (1934-1983) : chanteur intimement associé à la Rive gauche de Paris, il se produisit à l’Ecluse ou à Bobino, fut l’accompagnateur de Boby Lapointe, Pia Colombo ou de Maurice Fanon, composa pour Gribouille ou Isabelle Aubret. Il fut l’auteur de chansons engagées (Mutins de 1917) qui connurent la censure en leur temps, mais également de comédies musicales (Les aventures de Tom Jones).

- L’architecte F.ESPÉ (1846-1922).

- Le général Maurice PELLÉ (1863-1924), qui exerça des responsabilités militaires et diplomatiques importantes : chef de la mission militaire française en Tchécoslovaquie entre 1919 et 1920 (il dirigea de facto les armées de ce pays durant ce temps), il dirigea ensuite le Haut commissariat en Orient et à ce titre représenta la France au Traité de Lausanne qui mit fin à la guerre avec l’Empire Ottoman. Sa tombe est ornée d’un bas-relief en bronze.

- L’aviateur Alphonse POIRÉ (1883-1922).


26ème division


- Le peintre Victor BLART (1855-1935).

- Le général Julien CARVALLO (1866-1928) : ancien polytechnicien, il déposa au procès de Rennes en 1899 pour soutenir Alfred Dreyfus. Sa carrière en souffrit pendant des années.

- L’artiste lyrique Charles DUTARD (1875-1930).

- L’écrivaine Lucienne ERCOLE (1894-1985).

- Pierre FOURNIER (1892-1972) : gouverneur de la Banque de France de 1937 à 1940, il accepta de prendre la direction du Service de contrôle des administrateurs provisoires (SCAP) dès sa création le 9 décembre 1940, dont la mission était « l’exclusion de toute influence juive sur la conduite générale de la vie économique française ». Parallèlement, il fut Président de la SNCF de 1940 à…1946 ! Collaborateur antisémite, il ne fut épuré de l’administration qu’à cette date.

- Le peintre orientaliste Robert GENICOT (1890-1981), ancien élève d’Ernest Laurent, qui travailla beaucoup au Maroc.

- Jean GIRAUDY (1904-2001) : publicitaire, il inventa le concept de « publicité routière » qui permettait à la réclame de s’afficher sur les murs des maisons ou sur le bord des routes et des chemins. Il a ainsi implanté le long de toutes les routes françaises des milliers de panneaux d’affichage pour arriver à la tête d’un des plus importants groupes publicitaires européens avec le succès qu’on sait des Affichages Giraudy. Il fut l’initiateur de la création du logo d’Orangina.

- Aimé LEPERCQ (1889-1944) : ingénieur et industriel, il entra dans la Résistance et devint le premier commandant des FFI de Paris. Devenu ministre des Finances du premier gouvernement de De Gaulle, il lança « l’emprunt de la Libération » mais mourut deux mois plus tard dans un accident de voiture. Il fut fait Compagnon de la Libération.

- Le comédien Robert MOOR (Robert Mouret : 1889-1972), second rôle du cinéma et du théâtre qui tourna des années 30 aux années 60.

- Maurice NEUMONT (1868-1930) : peintre et affichiste, ancien élève de Gérome, il réalisa pendant la guerre plusieurs affiches de propagande pour le gouvernement français. Il fut, avec Poulbot et Willette, l’un des fondateurs de la République de Montmartre. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze.

- Le graveur Zaboë PISTORA (1924-2002).

- Les architectes Guy (1889-1966) et Claude (1919-1919-1970) ROBIN.

- Paul VIDAL (1863-1931) : élève de Massenet, de Marmontel et de César Franck, il fut un compositeur qui connut le succès. L’oeuvre qui l’a rendu célèbre à l’époque fut le ballet « Maladetta » datant de 1893. Chef d’orchestre à l’Opéra et à l’Opéra-comique, enseignant au Conservatoire de Paris, il fut également l’auteur de deux opéras, « Guernica » et « La Burgonde », de musiques religieuses et de partitions diverses.

- Raymond VILLECHANOUX (1899-1931) : aviateur chez Blériot, il trouva la mort alors qu’il participait à une fête aérienne organisée à Niort. Sa tombe est très jolie et un petit avion est incrusté dans un socle métallique.

- Maurice WEISS (1901-1929) : aviateur, il était chargé de faire faire leur premier vol aux avions construits par la société des aéroplanes Henry Potez. Il trouva la mort à cause du mauvais temps, en convoyant un Potez 29 de Méaulte à Villacoublay. Il donna son nom à l’aéroclub d’Albert, dans la Somme.


27ème division


- Yves BRIEUX-USTARITZ (1905-1991) : danseur français, il fut formé à l’Opéra de Paris par Gustave Ricaux. Il quitta l’Opéra de paris dans les années 1930 pour se produire en gala à travers l’Europe. Il fut chorégraphe et professeur a Conservatoire National Supérieur de Musique. Avec lui repose Hélène BRIEUX-USTARITZ, de l’Opéra comique. La tombe porte pour épitaphe : A mon grand ami Yves Brieux-Ustaritz, merveilleux maître de danse académique, la gloire de la culture chorégraphique française. Serge Lifar, maître de ballet du Théâtre National de l’Opéra.

- L’homme de lettres Paul-Louis HERVIER (1882-1954).

- Le magistrat Maurice ROLLAND (1904-1988), qui dirigea un service de renseignements et collabora au journal Résistances, tout en assumant la direction du Parquet de Versailles (il se vit menacé d’arrestation pour n’avoir pas fait arrêter des communistes). Il prépara la réorganisation de la Justice pour l’après-guerre, particulièrement concernant l’épuration de la magistrature. Il fut fait Compagnon de la Libération.

- Le compositeur Jules MAZELLIER (1885-1959), qui reçut le Grand Prix de Rome en 1909. On lui doit, entre autres, La Roussalka (légende russe en un acte, 1909), Graziella (Opéra-Comique, 1925) et l’opéra les Matines d’amour en 1927.

- La danseuse Stacia NAPIERKOWSKA (Renée Napierkowska : 1891-1945), qui devint comédienne de cinéma et tourna 86 films entre 1908 et 1926. Elle fit en particulier partie de la distribution des Vampires de Feuillade.

- La comédienne et metteur en scène Paulette PAX (Paulette Maynard : 1887-1942), qui après avoir collaboré avec Pitoëff et Lugné-Poë, devint directrice du théâtre de l’Oeuvre de 1929 à sa mort.

- Le comédien Eddy RASIMI (Edouard Rasimi : 1922-1979), qui après avoir été chanteur et comédien de comédies musicales, tourna pour le cinéma des années 40 aux années 60 (Le trou de Jacques Becker). Il prêta sa voix à des doublages et des dessins animés.

- Léon RIOTOR (1865-1946) : vice-président du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, il fut également un poète, romancier et critique d’art intimement lié au quartier de Montmartre. Sa tombe est ornée d’un buste en bronze.

- Geneviève TABOUIS (Geneviève Lequesne : 1892-1985) : Geneviève Tabouis fut, des années 1930 aux années 1960, la première femme journaliste à acquérir une notoriété internationale. Bien connue des auditeurs de RTL, qui l’entendirent dans les années soixante annoncer les Dernières nouvelles de demain, elle fut d’abord au quotidien L’œuvre l’une des chroniqueuses les plus en vue de la presse parisienne des années 1930. Issue de la bonne bourgeoisie, introduite dans les milieux diplomatiques par son oncle, l’ambassadeur Jules Cambon, elle sut vite se faire respecter dans un milieu d’homme en mêlant travail, panache et mondanité. Farouche adversaire du nazisme, « Frau Tabouis » dénoncée par Hitler dans ses discours dut s’exiler à Londres puis New York en 1940. Elle devint l’amie et confidente d’Eleanor Roosevelt. Rentrée en France à cinquante-trois ans, elle reconstruit de zéro une nouvelle carrière journalistique et connut une nouvelle notoriété grâce à la radio, encore active jusqu’à 93 ans.


28ème division


- La comédienne Aimée TESSANDIER (1851-1923), de la Comédie française, qui joua dans toutes les grandes salles parisiennes de l’époque (Gymnase, Porte St Martin, Vaudeville, Odéon), et qui tourna à la fin de sa carrière dans quelques films.


29ème division


- Fedir Stepanovitch AKIMENKO (1876-1945) : compositeur ukrainien, ancien élève de Mily Balakirev et de Nikolai Rimsky-Korsakov, il s’installa en France après la Révolution russe. Il fut le premier professeur de composition de Stravinsky.

- Fernand CHARPIN (1887-1944) :éternel second-rôle du cinéma français des années 30 et 40, il joua dans la plupart des films de Pagnol (ou adaptés de son oeuvre). Son rôle le plus fameux est évidemment celui de maître Panisse dans la trilogie (César, Marius, Fanny).

- Micheline FRANCEY (Micheline Gay-Bellile : 1919-1969) : comédienne de théâtre et de cinéma (elle eut beaucoup de seconds rôles mais fit partie de la distribution du Corbeau), elle se tourna ensuite vers la radio où elle fut meneuse de jeu.

- La poétesse Emilie MARIOTTE (1882-1956), qui fut « couronnée par l’Académie française ».

- Gilbert VÉDY (1902-1944) : Résistant français, il organisa dès juillet 1940 la Résistance à Cherbourg et ses environs. Il devint un des responsables du Mouvement C.D.L. (Ceux de la Libération). Après plusieurs liaisons dangereuses entre la France occupée, Londres et Alger, il fut arrêté par le Commissaire de Police des Grandes Carrières qui le livra pour interrogatoire à la Brigade Spéciale : il se suicida dans leurs locaux sans avoir parlé.

- Michel TAGRINE (1922-1944) : violoniste, premier prix du Conservatoire, il entra en 1940 dans un orchestre dirigé par Charles Munch qui recrutait largement afin d’aider les jeunes à échapper au S.T.O. Entré dans un mouvement de résistance étudiant dès 1940, il fut tué lors de la libération de Paris.
- Gilles TAUTIN (1951-1968) : lycéen, il se noya dans la Seine après avoir été poursuivi par les forces de l’ordre près des usines Renault de Flins, en juin 1968, dans le sillage des événements de mai. Il fut l’une des rares victimes du mouvement du printemps 68. Ses obsèques furent suivies par une foule silencieuse considérable.


30ème division


Un médaillon de René Baudichon sur la tombe de Georges Reymondin (1867-1933), « vice président de la société de comptabilité de France ».

Une plaque funéraire étonnante, de la part de la Fédération Nationale de la coiffure française pour E. Long (1868-1936) « pionnier de la permanente et de l’ondulation Marcel » !

- L’homme de lettres Marcel BECTHUM (1878-1934).

- Albert DALIMIER (1875-1936) : Député radical de Seine-et-Oise de 1906 à 1919 et de 1924 à 1936, Sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts entre 1914 et 1917, il fut plusieurs fois ministre entre 1932 et 1934 (du Travail, des Colonies, de la Justice). Il fut mis en cause dans l’affaire Stavisky.

- Charles ESQUIER (1871-1931) : fils d’un acteur, lui-même entré à la Comédie-Française en 1894, il fut l’auteur de poèmes puis de quelques romans et pièces de théâtre, sans s’être fixé sur un genre précis. On lui doit aussi bien des opérettes pour le café-concert (Mam’zelle Chichi, Le Petit Frère de Coquenard,…) que des drames ou des pièces pour le Grand Guignol. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze par M. Fontaine.

- Arnauld GALOPIN (1863-1934) : romancier, il fut l’auteur d’ouvrages pour la jeunesse, de romans de science-fiction et de romans policiers aux titres évocateurs (Le Tour du monde de deux gosses, Un aviateur de 15 ans, Un Poilu de douze ans, Le chasseur de fauves, récit d’aventures exotiques…). Les héros de Galopin sont en général de jeunes garçons, leur principal trait de caractère étant le courage et le dévouement, valeurs partagées par les boys scouts anglo-saxons. Si un tel modèle de personnages renvoie aux jeunes lecteurs de fascicules une image idéalisée d’eux-mêmes, il leur propose en même temps un discours moral et patriotique omniprésent.

- Henri LAMBERT (+1934), qui fut l’une des neuf victimes de l’émeute du 6 février 1934.

- Le grand reporter Géo LONDON (Georges Samuel : 1883-1951), qui fut un chroniqueur judiciaire apprécié. Sa tombe fut nettoyée récemment.

- Léo POLDÈS (Léopold Szeszler : 1891-1970) : journaliste pacifiste, il créa le Club du Faubourg, lieu de rencontre du Tout-Paris républicain et de gauche.

- Le comédien Maurice TEYNAC (Maurice Garros : 1915-1992).

- Georges VORELLI (Georges Desmoulins : 1883-1932) : chanteur lyrique de formation, il commença par se faire applaudir dans des concerts mondains et dans les salons parisiens, avant de passer à l’Eldorado dès 1911. Il s’y fit remarquer par son répertoire de charme (tout un programme : Rien qu’une nuit, Femmes que vous êtes jolies, Quand les papillons..., Je vous aime... et j’en meurs !). Sa tombe est ornée d’un médaillon de Pierre-Victor Dautel.


31ème division


- Jean FAUCONNIER (1909-1965), qui fut préfet de la Meuse.

- Alfred HEURTAUX (1893-1985) : ancien pilote de la Première Guerre mondiale, il commanda l’escadrille des Cigognes. Député de la Seine-et-Oise entre 1919 et 1924, fortement nationaliste, il s’engagea dans la résistance après la défaite de 1940. Arrêté par les Allemandes, il fut détenu dans différentes prisons avant d’être déporté à Buchenwald où il fut libéré par les Alliés. Il fut fait Compagnon de la Libération.

- Arnaud LANGER (1919-1955) : engagé dans l’armée de l’Air, il parvint à rejoindre l’Algérie, puis l’Angleterre en 1940. Il rejoignit les Force françaises aériennes libres et participa à plusieurs missions, tant en Afrique qu’au Moyen-Orient. Il mourut dans son avion frappé par la foudre au Tchad. Il fut fait Compagnon de la Libération.

- Jacques LANGLOIS de BAZILLAC (1912-1950), qui servit en Afrique durant la Seconde Guerre mondiale et qui fut aide de camp de Leclerc. Il fut fait Compagnon de la Libération.

- La peintre Jeanne LAUVERNAY-PETITJEAN (1875-1955), qui peignit surtout des natures mortes et des bouquets de fleurs. Elle était l’épouse du peintre Edmond Petitjean, qui décora le restaurant le Train bleu de la gare de l’Est, mais ce dernier ne semble pas inhumé dans ce caveau.

- Clément VAUTEL (Clément Vaulet : 1876-1954) : écrivain, il fut l’auteur de célèbres romans humoristiques, satiriques et quelques fois pamphlétaires au titre souvent étonnants (Mon curé chez les riches (1923) –qui fut un best seller, plusieurs fois adaptés au cinéma–, Mon curé chez les pauvres (1925), Voyage au pays des snobs (1928), Les Maris, les amants et la femme, Histoire des cocus célèbres depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours (1951) .

- Michèle VERLY (Michèle Houillon : 1909-1952) : comédienne de l’Odéon, elle fut également une actrice de cinéma des années 20 et 30. Elle mourut dans l’accident d’avion qui causa également la mort de l’actrice Lise Topart et la danseuse Harriet Toby.


32ème division


Il y a bien un Hector FORMICA qui repose dans cette division, mais contrairement à ce qu’on pouvait lire anciennement dans les guides et les plans du cimetière, il n’est pas à l’origine de cette mélamine très prisée à partir des années 50, son origine provenant de « for-mica » (à la place du mica).

La surprenante tête de cheval sur la sépulture Papon, accompagnée d’une épitaphe à méditer : Il dépend de celui qui passe que je sois une tombe ou un trésor.


- Lucien BOSSOUTROT (1890-1958) : aviateur français, il effectua en 1919 le premier vol commercial international avec passagers de Paris à Londres à bord d’un bimoteur Goliath Farman. Il remporta de très nombreux records du monde de distance, de durée et de vitesse. Socialiste, il fut également élu député de la Seine en 1936 dans le contexte d’émergence du Front populaire : il s’investit dans le développement de l’aéronautique populaire en soutenant la création d’aéro-clubs. Après avoir voté les pleins pouvoirs à Pétain, il entra rapidement dans la Résistance mais ne retrouva pas de mandat parlementaire après la guerre.

- René DORIN (1891-1969) : chansonnier français, il fit des tours de chant sur toutes les grandes scènes de la capitale, des Deux-Anes à l’Olympia en passant par le Palace. Ses revues, dans les années 30, connurent un grand succès. Il fut le librettiste de l’Auberge du cheval blanc. On l’entendit également beaucoup à la radio. Il était le père de Françoise Dorin.

- L’écrivain Marcel GAULTIER (1900-1960), auteur de L’étrange aventure de Ham Nghi, empereur d’Annam et de plusieurs romans ayant pour cadre l’Asie.

- Paulette LEBERT (1913-1959) : artiste lyrique et chorégraphique.

- L’écrivain Roger LUTIGNEAUX (1894-1957), qui fit également des chroniques radiophoniques. Sa tombe est ornée d’un bas-relief le représentant.

- L’aviateur Louis MASQUELIER (1898-1961), qui fut membre du groupe de bombardement Lorraine, et qui fut fait Compagnon de la Libération.

- Claire MOTTE (1937-1986) : Danseuse étoile à l’Opéra de Paris (1960-1979), elle s’est fait remarquer tant dans le répertoire classique que dans le répertoire moderne (Notre-Dame de Paris, de R. Petit ; Phèdre, de M. Sparemblek ; la Péri, de G. Skibine).

- Paul POSTAIRE (1915-1962) : entré dans la Résistance, affecté dans les chars, il fut envoyé en AEF, puis en Tripolitaine et en Tunisie. Il fit ensuite le débarquement en Normandie, puis participa à la libération de Paris. Il fut fait Compagnon de la Libération.

Y sont également inhumés (division inconnue) :

- Le danseur et chorégraphe italien Gaetano SARACCO (1856-1922)


Si vous avez le moindre complément d’information (photo, numéro de division, célébrité ou monument non répertoriés...), n’hésitez pas à me le faire parvenir. Merci par avance.

Merci à Michel Schreiber pour la localisation de la tombe de M. Francey. Merci à Herbert pour les compléments d’infos. Merci à Didier Brunet pour les tombes Heurtaux, Langlois de Bazillac et Rolland. Merci à Bruno Suarez pour la tombe Toyen.


Commentaires

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lundi 19 mai 2014 à 15h41, par  SAC59

Cela fait plusieurs années que je recherches les dates et lieux de décès des soeurs Gindre. Je viens de découvrir qu’elles étaient inhumées au cimetière des Batignolles mais la mairie refuse de me répondre.
Auriez-vous quelques infos ???
Merci.

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dimanche 18 mai 2014 à 12h44, par  Aérophile

Également présent au cimetière des Batignolles (24ème division) : l’ingénieur aéronautique Jean HUBERT (1885-1927), concepteur de plusieurs avions de record et de l’ « Oiseau Canari », qui réussira peu de temps après sa mort la première traversée Française de l’Atlantique Nord.

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jeudi 1er mai 2014 à 10h04, par  David Tong

Bonjour !

Lisant le journal « Historia » (avril 2014) et consultant d’autres ouvrages par la suite, j’ai appris que le cousin de José Maria de Heredia, Severiano de Heredia (fils d’une mulâtresse et d’un père semble-t-il inconnu), qui fut « maire de Paris » (c’est-à-dire président du conseil municipal) en 1879, devenant le premier maire de la capitale d’origine étrangère, avait été enterré le 13 février 1901 au cimetière des Batignolles.

Quelqu’un en saurait-il plus ? La concession serait une concession à perpétuité.

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samedi 8 février 2014 à 22h26, par  HolyvieR

Petite rectification concernant les dates de naissance et de mort de la cantatrice Jeanne Clémence FLORIET dite Jane MARGYL. Elle est née le 17 juillet 1874 et est décédée le 12 août 1907 à seulement 33 ans (et non 1862-1939 ! :-O)
Elle avait débutée à l’Opéra de Paris seulement 2 ans à peine avant sa mort, le 22 septembre 1905 dans SAMSON ET DALILA. En 1906, chante AÏDA et LA WALKYRIE. Un destin brisé ! :’-(
Le jour de ses obsèques au cimetière des Batignoles, le 17 août 1907, étaient présents Camille Saint-Saens et une foule très nombreuses dans laquelle se trouvaient les grands noms de l’Opéra venus lui rendre un dernier hommage.

Dans l’église Saint-Ferdinand des Ternes, où eu lieu la cérémonie d’obsèques, « ses camarades avaient tenu à chanter à ses côtés une dernière fois, et leurs voix, auxquelles la pauvre Margyl ne répondait plus, produisaient dans tous les coeurs une angoisse que rien ne saurait rendre, en rappelant précisément les scènes où marquaient encore l’autre semaine sa beauté rayonnante et l’éclat de son talent. »

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mardi 7 janvier 2014 à 18h13, par  Jambay37

J’ai trouvé dans la division 32 la tombe d’un certain Baron Armand Thiéry, dont les dates (1899-1981) sont à 1 an près les mêmes que celles du fondateur de la chaine de magasins de vêtements du même nom après une recherche rapide sur Google (1899-1980). Ce dernier serait mort dans les environs de Bordeaux, soit bien loin des Batignolles, mais qui sait... S’agit-il d’un homonyme ?

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mercredi 27 novembre 2013 à 17h50, par  jambay37

@HolyvieR

sur vos indications très précises, et tout à fait intéressé par votre narration de la recherche de la tombe de Blanche Dufrène, je suis allé lui rendre hommage cet après-midi. il y a donc maintenant un deuxième caillou de taphophile sur sa tombe ;)

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jeudi 21 novembre 2013 à 16h21, par  Roger Rousselet de Colombes

Dans la série « quoi de neuf aux Batignolles » on trouve le pianiste-accompagnateur, secrétaire, chauffeur, martyr* d’Y. Montand, Bob Castella (1910-93), à ses cotés, ses parents, sa soeur Esther & son oncle maternel.
Vous le trouverez en 27è Div. 4è ligne & 29è tombe, rien de spécial sauf que son père, chevalier de la légion d’honneur avait fondé une amicale & une mutuelle pour les représentants de commerce...
* selon Pierre Bouteiller.

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jeudi 21 novembre 2013 à 15h50, par  Roger Rousselet de Colombes

Au sujet de Blanche Dufrêne, j’ai trouvé sur le coté gauche sa 2ème fille Alice Renée Grolleron (1899-1975) mariée à un M. Robert Habasque que je n’ai pas vu inscrit, mais il commençait à pleuvoir... Là encore le père est « non dénommé », née en juillet, sa mère la reconnaît en février 1900.
En résumé nous trouvons Bl. Dufrêne, ses 2 filles, 1 gendre & son frère (?).
La tombe était fleurie.

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lundi 18 novembre 2013 à 21h37, par  HolyvieR

@ H. Lallment : Merci et bravo pour vos recherches. J’ai encore quelques autres noms à vous donner pour les Batignolles ;-)

Concernant Charles WIENER, heureusement que vous avez oublié de le demander à la Conservation car cette personnalité oubliée m’intéresse beaucoup (j’ai consulté aujourd’hui en librairie un ouvrage récent sur les explorateurs et il consacre un chapitre entier à ce monsieur). La recherche de sa tombe me tient particulièrement à coeur. J’aimerais chercher moi même sa localisation et avoir la primeur de ce scoop ! :-P

vendredi 15 novembre 2013 à 16h13

@HolyvieR
Voici déjà quelques fruits de nos recherches combinées
J’ai été à la Conservation de Batignolles. Accueil on ne peut plus professionnel.

KALITOWITSCH Division 8 1° ligne en partant de l’Avenue Ppale, et 1ère tombe en partant de la gauche
Son nom n’y apparaît pas, les autres noms étant probablement ceux des concessionnaires, mais illisibles. Concession 826 P (perpétuelle) 1879.
DOCQUOIS Division 26 6° ligne en partant de l’Avenue Lacombe, et 3ème tombe en partant de la gauche, (c’est la position « administrative ») ou 4ème si on part de l’Avenue ppale. Conc. n° 53 P 1927
BELHOMME Division 24 15° ligne en partant de l’Avenue ppale, et 15ème tombe en partant de la
gauche (position « administrative ») ou 16ème en partant de l’Avenue Lacombe. Conc. 105 P 1923

d’AUDIFFRET : transféré à Saint-Raphaël en 1981.

DELTEIL : je me suis trompé d’année, j’ai fait chercher en 1928, sans penser à 1927. En tout cas, il n’y est pas en 1928. A revoir à l’occasion.

WIENER : oublié de demander

H. Lallment

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jeudi 14 novembre 2013 à 17h26, par  Roger Rousselet de Colombes

Rectificatif à mon texte du 17 6, Joseph Drunet dit Lisenay (1856-1914) était directeur des Folies nouvelles, c’est son fils qui eu des fonctions au casino de Paris ; La femme de Joseph Drunet, Jeanne Henriette Bénévent (1866-1932) était la tante de Noël Roquevert et donc soeur de Verdannes.
Enfin il n’y a pas de jardinière devant la tombe de Paul d’Ivoi, mais la plaque est encore moins lisible.

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mardi 5 novembre 2013 à 02h27, par  HolyvieR

..........

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mardi 5 novembre 2013 à 02h18, par  HolyvieR

P.S. : La très riche iconographie de « Pérou et Bolivie - Récit de voyage » a inspiré Hergé qui y a tiré plusieurs illustrations pour les albums de Tintin : Le temple du soleil, Les 7 boules de cristal et L’oreille cassée ! :-O

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mardi 5 novembre 2013 à 01h47, par  HolyvieR

Un personnage très intéressant qui repose également au cimetière des Batignolles (dont il faudrait retrouver la sépulture)...

Parmi les explorateurs français qui participèrent à la redécouverte de l’Amérique latine au cours du XIXe siècle, un intérêt tout particulier doit être accordé à Charles WIENER (1851-1913). Né à Vienne, en Autriche, puis installé avec sa famille à Paris alors qu’il avait une quinzaine d’années, Charles Wiener poursuivra des études classiques pour devenir professeur de langues (français, allemand, anglais) dans plusieurs lycées londoniens et parisiens à partir de 1870. C’est très certainement à cette époque qu’il découvre le passé ancien du Pérou et se passionne pour la société Inca. Il en fait d’ailleurs le sujet de sa thèse, soutenue en 1874.
Jeune homme brillant, bénéficiant d’appuis politiques et académiques solides, il est chargé par le ministère de l’Instruction d’une mission scientifique, la première et probablement la plus célèbre d’une longue carrière de voyageur. Entre 1875 et 1877, Charles Wiener arpentera (le mot n’est pas trop fort) le Pérou et la Bolivie à la recherche des vestiges des civilisations précolombiennes.

De retour en France, avec une moisson impressionnante (plus de 4000 objets et des centaines de dessins, plans et photographies), la célébrité et les honneurs l’attendront, et lui
autoriseront une belle carrière de diplomate en Amérique latine (Guayaquil, Santiago, Mexico, Asunción, Caracas). Wiener assurera ainsi d’importantes missions d’exploration
dans les Andes, en Amazonie et au Brésil, ou il décédera (Rio).

« Hier, à bord du paquebot Cap-Finistère, est arrivée à Boulogne-sur-Mer la dépouille mortelle de M. Charles Wiener, ministre plénipotentiaire en retraite, décédé le 9 décembre dernier, à Rio-de-janeiro » (LE GAULOIS, 30 décembre 1913)

"Les obsèques de M. Charles Wiener, ministre plénipotentiaire, officier de la Légion d’honneur, décédé le 9 décembre dernier, à Rio-de-Janeiro, ont été célébrées hier matin, à dix heures, en l’église Saint-François de Sales.
L’inhumation a eu lieu au cimetière des Batignolles." (LE GAULOIS, 4 janvier 1914)

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mardi 5 novembre 2013 à 01h25, par  HolyvieR

@ Philippe & Herbert :

Jules-Alexandre Kalitowitsch dit Montbars, acteur du théâtre du Palais Royal, de l’Odéon et du Châtelet. Mort le 19 octobre 1882 à l’âge de 38 ans, inhumé au cimetière des Batignolles le 21 octobre.

Le comte Raoul d’Audiffret, dit Raoul Ralph (1861-1911), auteur dramatique inhumé au cimetière des Batignolles le 2 septembre 1911.

Moricet (1875-1914), acteur et artiste de music hall, inhumé au cimetière des Batignolles le 17 février 1914.

Personnalités diverses qui reposent aux Batignolles :
Georges Marty (1860-1908), chef d’orchestre et compositeur
Alfred Muteau (1850-1916), homme politique
Julien de Narfon (1863-1919), écrivain

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dimanche 3 novembre 2013 à 00h06, par  HolyvieR

A rajouter dans la liste : Le baryton-basse Hippolyte BELHOMME (décédé le 16 janvier 1923 à l’âge de 69 ans) qui a fait plusieurs enregistrements d’opéra (on peut en écouter 2 sur YouTube).

« Le corps de M. Belhomme, l’artiste de l’Opéra-Comique, décédé en janvier dernier à Nice, est ramené à Paris, où l’inhumation aura lieu mercredi prochain, à onze heures, au cimetière des Batignolles. »

(LE GAULOIS, mercredi 24 octobre 1923)

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samedi 2 novembre 2013 à 13h03, par  HolyvieR

Autre personnalité à rechercher au cimetière des Batignolles —> Loÿs Delteil : graveur, lithographe, historien d’art, éditeur, distributeur, éditeur d’une revue sur l’art, compilateur de catalogues graphiques du XIXe siècle.

Il a publié à partir de 1906 les 31 volumes de son Peintre-graveur illustré, abondamment documentés sur les artistes graveurs français du XIXe siècle.

D’après le journal LE GAULOIS, « Loÿs Delteil, si connu dans le monde des arts et parmi les collectionneurs » fut inhumé au cimetière des Batignolles le 9 novembre 1928 (on trouve souvent comme date de décès 11 novembre 1927 ! Etrange !)

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samedi 2 novembre 2013 à 12h01, par  HolyvieR

Une autre personnalité oubliée dont il faudrait rechercher la tombe au cimetière des Batignolles (qui ne semble pas être mentionné sur cette page). Il s’agit de l’auteur dramatique et poète Georges Louis Edmond dit Georges DOCQUOIS inhumé dans ce cimetière le 17 mars 1927.

Source :

"Hier, à midi, en l’église Saint-Michel des Batignolles, ont eu lieu les obsèques de notre regretté confrère M. Georges Docquois. De belles couronnes étaient adressées. par l’Académie de l’humour français, à son président la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, l’Association des journalistes parisiens. Le deuil a été conduit par Mme de Valerie Docquois, sa fille, M. et Mme Georges Auriol, ses sœur et beau-frère.

Une nombreuse et empressée assistance du monde des lettres et du théâtre était présente sous le porche, de l’église ; un discours a été prononcé par M. Michel Carré, au nom de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. M. Raoul Peigné a lu l’adieu suprême adressé par notre collaborateur M. Louis Schneider à Georges Docquois, au nom de l’Association des journalistes parisiens.

L’inhumation a eu lieu au cimetière des Batignolles."

(LE GAULOIS, vendredi 18 mars 1927)

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mardi 30 juillet 2013 à 00h51, par  HolyvieR

@ Roger : Merci à vous pour toutes ces précisions fort enrichissantes sur les occupants de la « fameuse » tombe de Blanche Dufrêne. ;-) Je suis ravi que vous vous intéressiez à « ma belle » ! :-P

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samedi 20 juillet 2013 à 17h07, par  Roger Rousselet de Colombes

En attendant de pouvoir déchiffrer la citation sur la tombe de Bl. Dufrène, voici l’explication des personnes qui y figurent : Bl. dufrène avait 2 filles dont ici Louise Alice Grolleron 22 11 1896-1973, née de père & mère non dénommés, reconnue par sa mère le 26 12. elle naît au 12 rue Oudinot où son grand-père (le peintre) devait décédé, peut-être son atelier ? (en 1901 il habite le XVIIème) Louise était mariée à Pierre Louis Marcel Feuillatre 1901-1976, qui donc figurent sur cette tombe.
Le 3ème est aussi intéressant :Paul Louat-Dufreny (1885-1957) aussi comédien serait le frère de Blanche, né chez son père (M. Louat, représentant de commerce) et reconnu par lui, et ici aussi de mère inconnue (!), en fait on peu penser (comme il est convenu de dire) qu’ il s’agit certainement de Marie Louise Daguet (?) d’où le double nom de son père & du pseudo arrangé de sa mère.
C’est tout.

Brèves

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vendredi 14 février

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