Les fusillés de Châteaubriant

mardi 9 janvier 2018
par  Philippe Landru

Le 20 octobre 1941, le responsable des troupes d’occupation en Loire-Inférieure (44), le lieutenant-colonel Karl Hotz, est abattu à Nantes par des résistants. En représailles, les autorités allemandes d’occupation fusillent, le 22 octobre 1941, 48 prisonniers pris comme otages à Châteaubriant, Nantes et Paris. Deux jours après, le 24 octobre 1941, 50 autres otages sont fusillés au Camp de Souge à Martignas-sur-Jalle, près de Bordeaux après l’exécution d’un autre officier, Hans Reimers.

Cet article a pour but de présenter le sort des exécutés de Châteaubriant.


Karl Hotz


De 1929 à 1933, Karl Hotz a travaillé à Nantes comme ingénieur responsable du chantier de comblement de l’Erdre et du percement du tunnel Saint-Félix, dirigeant une équipe de travailleurs allemands mandatés par la société Brand, une entreprise de travaux publics de Düsseldorf, au titre des réparations de la Première Guerre mondiale. Karl Hotz est donc une personnalité connue à Nantes, au moins dans la haute société, lorsqu’en juin 1940, il est affecté dans cette ville comme Feldkommandant, c’est-à-dire responsable des troupes d’occupation du département de Loire-Inférieure. De juin 1940 à octobre 1941, il ne semble pas avoir suscité d’hostilité personnelle particulière au sein de la population.

Le 20 octobre 1941, il est abattu rue du Roi-Albert, à Nantes, par un militant communiste, Gilbert Brustlein, membre d’un commando envoyé de Paris par l’OS (branche armée de la résistance communiste), dans lequel se trouvent aussi Spartaco Guisco, ancien officier des Brigades internationales et le très jeune Marcel Bourdarias.
Leur mission n’était pas d’abattre préférentiellement Karl Hotz, mais n’importe quel officier allemand, en fonction des circonstances. Les membres du commando se trouvent peu avant 8 heures place Saint-Pierre, devant la cathédrale de Nantes. Karl Hotz passe là à ce moment, sur le chemin de la Kommandantur (place Louis-XVI), accompagné de son aide de camp, le capitaine Sieger.

Tandis que l’arme de Spartaco Guisco, qui visait le capitaine Sieger, s’enraye au moment de tirer, Brustlein tire deux balles dans le dos de Karl Hotz. Les deux résistants réussissent à prendre la fuite, tandis que Sieger assiste à la mort rapide de Hotz.

JPEG - 47 ko
1ère sépulture de Karl Hotz

Les obsèques de Karl Hotz ont lieu le vendredi 24 octobre et donnent lieu à une cérémonie importante, dont la presse locale rend compte abondamment, alors qu’elle est très discrète sur les détails concrets de l’attentat et de l’enquête, se contentant de retransmettre les communiqués officiels. Le corps de Karl Hotz est emmené de la Kommandantur, où son bureau a servi de chapelle ardente, au cimetière de la Gaudinière, au nord de la ville. Le passage du cortège est marqué par la fermeture des magasins qui doivent baisser leur rideau.

Après la guerre, la tombe de Karl Hotz a été transférée au cimetière militaire allemand (Deutscher Soldatenfriedhof) de Pornichet (44) où elle se trouve actuellement (bloc 2, allée 21, plaque numéro 655). Ce cimetière est entretenu par la mairie de Pornichet en liaison avec l’organisme allemand responsable des Cimetières militaires.

Le cimetière militaire allemand de Pornichet

Durant la Seconde Guerre mondiale, les bases sous-marines de Lorient et Saint-Nazaire furent la cible d’attaques aériennes des Alliés. Après le débarquement des Alliés et la percée du front défensif allemand, il y a eu de nombreux morts jusqu’au 11 mai 45 à Saint-Nazaire. Les soldats allemands tombés à cette époque ont été enterrés dans le cimetière militaire instauré par la Wehrmacht. Au départ, il y avait 1 753 corps. À la suite d’inhumations réalisées par les autorités françaises, le nombre de soldats enterrés a été porté à 2 672. Puis, en 1955, un accord franco-allemand a permis de pérenniser les cimetières militaires allemands en France. En 1960 et 1961, le service du Volksbund a transféré à Pornichet 2 163 soldats morts au combat, en provenance des départements de la Loire-Atlantique, mais aussi du Maine-et-Loire, de la Vendée et des Deux-Sèvres. S’y ajoutent les corps de civils décédés dans des camps d’internements après la Libération.

Les tombes se composent de quatre plaques en bronze placées sur un socle.

Comme souvent dans les cimetières militaires allemands, de grands arbres enserrent le lieu sacré, en l’occurrence des cèdres pour Pornichet. Et, au milieu, se trouve la clairière. Devant les sépultures, une croix a été érigée en granite, à 10 m de haut, veillant sur les près de 5 000 corps.

Et les assassins ?

- Marcel BOURDARIAS (1924-1942) était le plus jeune du groupe. Engagé dans les Bataillons de la Jeunesse, organisation de Résistance d’obédience communiste, il parvint à quitter Nantes après l’attentat et participa à Paris à d’autres opérations. Arrêté, torturé, jugé, il fut fusillé au Mont-Valérien. Il est enterré au cimetière d’Ivry-sur-Seine (carré des fusillés) (94).

- Gilbert BRUSTLEIN (1919-2009) : militant communiste, il se rendit célèbre par sa participation, auprès de Fabien, à l’attentat anti-allemand du métro Barbès, le 21 août 1941, puis à celui de Nantes. Traqué, il fut identifié (son portrait était affiché sur tous les murs de Paris) tandis que sa mère fut déportée. Il parvint à franchir la zone libre puis rejoindre l’Espagne. Pris en charge par les Britanniques et transféré en Angleterre via Gibraltar, il s’engagea dans l’armée de la France libre en novembre 1942 et resta par la suite à Alger, revenant en France à la fin de 1944. Après la guerre, il travailla dans la comptabilité tout en militant au PCF qu’il quitta finalement en 1952, s’estimant « renié » par le parti qui refusait, selon lui, de reconnaître son rôle dans la Résistance. Il fut inhumé au cimetière parisien de Pantin (93).

- L’Italien Spartaco GUISCO (1911-1942) était un militant communiste français, combattant des Brigades internationales. Après l’attentat, il parvint à quitter Nantes et à revenir sur Paris. Appréhendé Rue de la Gaîté le 10 février 1942, torturé, il ne lâcha rien sur l’attentat de Nantes (il semble ne jamais avoir été identifié comme membre du commando). Jugé avec vingt-six autres résistants par un tribunal militaire allemand, lors du procès de la Maison de la Chimie (en même temps que Bourdarias), il fut condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien. Son corps fut enterré au cimetière parisien d’Ivry. Il fut plus tard transféré dans le caveau familial du cimetière de Villeparisis.

Réaction des autorités allemandes

La nouvelle de l’attentat est transmise à Hitler par von Stülpnagel ; Hitler envisage l’exécution immédiate de 100 à 150 otages, chiffre que von Stülpnagel ramène le 21 octobre à 100, divisés en deux groupes : 50 dans l’immédiat, puis 50 autres, si les coupables n’ont pas été pris le 23 octobre.

Le 22 octobre 1941, 48 personnes (au lieu de 50) sont exécutées à Châteaubriant, Nantes et Paris.

Entre temps, le 21 octobre, un autre militant de l’OS, Pierre Rebière a abattu à Bordeaux le conseiller d’administration militaire Hans Reimers. Ce nouvel attentat entraîne l’exécution, le 24 octobre, de 50 otages au camp de Souge en Gironde.
Malgré cela, les 50 otages envisagés en deuxième instance à Nantes vont bénéficier d’un report, puis d’une suspension de l’ultimatum.

Pierre Pucheu est chargé d’établir une première liste de 50 otages ; en fait, il va fournir une liste de 61 personnes (laissant aux Allemands le soin d’en retirer 11), des prisonniers communistes ou militants syndicalistes du camp de Châteaubriant. Il a tout fait pour que soient désignés des communistes plutôt que des « bons Français ».

JPEG - 45.4 ko
Rédacteur des listes de fusillés, Pierre Pucheu, alors ministre de l’Intérieur de Vichy, repose dans la 18ème division du cimetière parisien de Thiais (94)

Les Allemands amendent la structure de cette liste de façon à ce qu’elle soit plus « représentative » et que l’ensemble de la population française se sente concernée : elle devra comprendre 30 communistes (du camp de Châteaubriant) et 20 résistants de Nantes. Pierre Pucheu établit une seconde liste de 36 otages de Châteaubriant (curieusement, cette liste de 36 comprend de nouveaux noms par rapport à celle de 61, notamment Guy Môquet et Claude Lalet), dont les Allemands retiendront finalement 27 noms (dont les deux jeunes gens).


Les otages fusillés à Châteaubriant


Ce sont des responsables communistes victimes de la rafle d’octobre 1940, organisée sans doute sur ordre de Himmler, mais réalisée par la police française. Les militants arrêtés à ce moment se sont trouvés handicapés par l’absence de moyens sérieux pour passer dans la clandestinité. Cette erreur est liée à la ligne du Parti, qui se veut alors neutre par rapport à l’Allemagne. Ces responsables sont incarcérés à Paris, puis à Clairvaux ou Fontevrault et sont transférés au camp de Choisel [1]en mai 1941. Il y a aussi des militants arrêtés par la police française sur dénonciation (Guy Môquet) ou pour collage de papillons ou à la suite de la manifestation du 13 août 1941. Tous ces otages vont former la troisième partie du camp (à côté des Romanichels et des droits communs).

La liste des fusillés est publiée dans la presse le 23 octobre 1941 sous le titre « AVIS » ; elle indique simplement le nom, le prénom, la localité d’origine et le motif de l’arrestation ou de la condamnation de l’otage. Les otages sont numérotés de 1 à 48 ; l’ordre est établi en fonction des motifs de condamnation, quoique de façon pas totalement cohérente.

Cinq motifs sont retenus :
- député communiste (1 cas) ;
- secrétaire de « Syndicat communiste » (4 cas) ;
- communiste (26 cas) ;
- violences contre des soldats allemands (2 cas) ;
- action en faveur de l’ennemi (15 cas).

Les 27 fusillés de Châteaubriant, tous communistes ou proches du parti, sont étrangers à l’attentat de Nantes : la majeure partie des communistes ont été arrêtés en août 1939 après l’annonce du pacte germano-soviétique. Certains autres par la police de Vichy au cours de l’hiver 1940-1941. C’est par exemple le cas de Guy Môquet.

27 personnes furent fusillés à la carrière de la Sablière.

La carrière des fusillés

La Carrière des Fusillés est la sablière, située dans la commune de Châteaubriant.

Le mercredi 22 octobre 1941, jour de marché à Châteaubriant (il y a donc beaucoup de monde en ville) les otages, partis du camp de Choisel en camions, chantent La Marseillaise pendant tout le trajet. On leur a donné 30 mn pour écrire une lettre à leurs proches. Tous refusent d’avoir les yeux bandés face aux 90 SS du peloton d’exécution. Ils sont fusillés en trois groupes de neuf, à 15 h 55, 16 h et 16 h 10.

Dès le dimanche ayant suivi les exécutions, des habitants de Châteaubriant sont venus se recueillir dans la carrière malgré l’interdiction faite par les autorités allemandes.

JPEG - 52.6 ko
Le 6 août 1944, lendemain de la libération de Châteaubriant, la population de la ville vint en cortège à la sablière. Des drapeaux de toutes les troupes alliées y furent déposés.

Grâce à plusieurs souscriptions nationales et aux dons de ses adhérents, l’« Amicale de Châteaubriant Voves-Rouillé » regroupant d’anciens internes politiques camps de castelbriantais, put acquérir différents lots de terrain dit « Le champ de la Sabliére » :
* le 21 juin 1948, achat du champ (lieu d’exécution) ;
* le 6 décembre 1963, achat de la parcelle où fut édifié le monument des 27 otages ;
* 18 avril 1978-16 avril 1980, acquisition de parcelles complémentaires ;
* 17 octobre 1986, achat de la ferme.

Un monument situé sur le lieu même de l’exécution, réalisé par le sculpteur Antoine Rohal, fut inauguré le 22 octobre 1950.

En dessous, des alvéoles sous forme de hublots contiennent de la terre provenant des lieux d’exécutions et des camps de la mort de toute l’Europe.

Face aux monuments, 27 panneaux présentent le visage et une rapide biographie des fusillés de Châteaubriant.

Les fusillés

- Jules AUFFRET, 39 ans, ouvrier gazier, de Bondy, conseiller général communiste de la Seine.
- Henri BARTHÉLÉMY, 58 ans, de Thouars, retraité de la SNCF, militant communiste.
- Titus BARTOLI, 58 ans, de Digoin, instituteur honoraire, militant communiste.
- Maximilien BASTARD, 21 ans, de Nantes, chaudronnier, militant communiste.
- Marc BOURHIS, 44 ans, de Trégunc, instituteur, militant communiste trotskiste.
- Emile DAVID, 19 ans, de Nantes, mécanicien-dentiste, militant communiste.
- Charles DELAVAQUERIE, 19 ans, de Montreuil, imprimeur, militant communiste.
- Maurice GARDETTE, 49 ans, de Paris, artisan tourneur, conseiller général communiste de la Seine.
- Jean GRANDEL, 50 ans, employé des PTT, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération postale de la CGT.
- Désiré GRANET, 37 ans, de Vitry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des papiers et cartons.
- Pierre GUÉGUIN, 45 ans, de Concarneau, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère, communiste critique : refuse d’accepter le pacte germano-soviétique et rompt avec le PCF, puis se rapproche des trotskistes.
- An KHUONG HUYNH, dit « Luisne », 29 ans, de Paris, professeur, militant communiste.
- Eugène KÉRIVEL, 50 ans, de Basse-Indre, capitaine côtier (marin pêcheur), militant communiste.
- Raymond LAFORGE, 43 ans, de Montargis, instituteur, militant communiste.
- Claude LALET, 21 ans,de Paris, étudiant, dirigeant des Jeunesses communistes.
- Edmond LEFEBVRE, 38 ans, d’Athis-Mons, métallurgiste, militant communiste.
- Julien LE PANSE, 34 ans, de Nantes, peintre en bâtiment, militant communiste.
- Charles MICHELS, 38 ans, de Paris, ouvrier de la chaussure, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des cuirs et peaux.
- Guy MÔQUET, 17 ans, de Paris, étudiant, militant communiste, fils du député de la Seine Prosper Môquet.
- Antoine PESQUÉ, 55 ans, d’Aubervilliers, docteur en médecine, militant communiste.
- Jean POULMARC’H, 31 ans, d’Ivry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des produits chimiques, militant communiste.
- Henri POURCHASSE, 34 ans, d’Ivry-sur-Seine, employé de préfecture, responsable de la Fédération CGT des cheminots, militant communiste.
- Victor RENELLE, 42 ans, de Paris, ingénieur-chimiste, militant communiste, créateur du syndicat des techniciens des industries chimiques.
- Raymond TELLIER, 44 ans, d’Amilly, imprimeur, militant communiste23.
- Maurice TÉNINE, 34 ans, d’Antony, docteur en médecine, militant communiste.
- Jean-Pierre TIMBAUD, 31 ans, de Paris, mouleur en bronze, secrétaire général de la Fédération CGT de la métallurgie, militant communiste.
- Jules VERCRUYSSE, 48 ans, de Paris, ouvrier du textile, secrétaire général de la Fédération CGT des textiles, militant communiste.

L’exécution de Châteaubriant est devenue, après la guerre, emblématique pour différentes raisons, mais elle a un peu occulté les autres.

Le poète René-Guy Cadou, qui résidait dans le coin, rédigea un poème intitulé Les fusillés de Châteaubriant, qui évoque les derniers moments des exécutés :

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour
Ils n’ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
[...]
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

Ce qu’il advint des corps


Le lendemain, les corps sont mis en bière, numérotés et acheminés vers les cimetières de neuf communes du pays de Châteaubriant. Ils sont enterrés trois par trois à Noyal-sur-Brutz, Villepôt, Ruffigné, Saint-Aubin-des-Châteaux, Sion-les-Mines, Lusanger, Moisdon-la-Rivière, Erbray et Petit-Auverné. La raison ? En séparant et en répartissant les dépouilles dans ces communes isolées, les Allemands espèrent qu’elles tomberont plus vite dans l’oubli. Mais toutes ces tombes sont fleuries de manière spontanée par la population.

Après la Libération, les 27 otages fusillés ont droit à des funérailles nationales. Leurs familles ont donc pu les inhumer là où elles le souhaitaient. Plusieurs d’entre eux reposent au cimetière du Père Lachaise, à Paris. A priori (énigme du cas Timbaud), seule la dépouille de Raymond Laforge n’a pas quitté le cimetière où elle a été enterrée : celui de Moisdon-la-Rivière. Dans sa dernière lettre, il avait écrit : « Pour ma dépouille, faites comme vous voudrez ».

Une stèle ici, une plaque là, rappellent dans les cimetières des neuf communes le séjour éphémère et imprévisible qu’ont fait en ces lieux des victimes de la barbarie nazie.

Les tombes provisoires

Voici un parcours exhaustif des tombes provisoires :

- dans le cimetière d’Erbray où furent déposés les corps de P. Guéguin, V.Renelle et R. Tellier, Un rocher gravé rappelle la mémoire des trois fusillés.

- dans le cimetière de Lusanger où furent déposés les corps de T. Bartoli, J. Grandel et J. Le Panse, une plaque contre le mur signale leur mémoire.

- dans le cimetière de Moisdon-la-Rivière où furent déposés les corps de C. Delavaquerie, E. Kerivel et R. Laforge, une plaque contre le mur signale leur mémoire. Raymond Laforge n’a pas bougé et repose toujours dans le cimetière (voir plus bas).

- dans le cimetière de Noyal-sur-Rutz où furent déposés les corps de A. Pesqué, M. Ténine et J. Vercruysse, un cénotaphe rappelle leur mémoire.

- dans le cimetière de Petit-Auverné où furent déposés les corps de J. Auffret, M. Bourhis et G. Môquet, une stèle placée devant l’emplacement où ils furent inhumés rappelle leur mémoire.

- dans le cimetière de Ruffigné où furent déposés les corps de H. Barthélémy, E. David et D. Granet, une plaque contre le mur signale leur mémoire.

- dans le cimetière de Saint-Aubin-des-Châteaux où furent déposés les corps de M. Bastard, A. Huynh Khuong (mal orthographié) et JP. Timbaud, trois monticules accompagnés d’une stèle (de guingois) se trouvent à l’emplacement d’origine. Jean-Pierre Timbaud repose-t-il encore là (voir plus bas) ?

- dans le cimetière de Sion-les-Mines où furent déposés les corps de M. Gardette, C. Lalet et C. Michels, trois monticules accompagnés d’une stèle (en cours d’effacement) se trouvent à l’emplacement d’origine.

- dans le cimetière de Villepôt où furent déposés les corps de E. Lefebvre, J. Poulmarc’h et H. Pourchasse, une plaque contre le mur signale leur mémoire.

Les tombes définitives

- cimetière du centre-ville de Concarneau (29) : Marc Bourhis et Pierre Guéguin, séparés par une tombe.

JPEG - 21 ko
Tombe de Marc Bourhis
JPEG - 37.6 ko
Tombe de Pierre Guéguin

- cimetière de Basse-Indre (44) : Eugène Kérivel

- cimetière de Moisdon-la-Rivière (44) : Raymond Laforge. Si Jean-Pierre Timbaud repose au Père Lachaise, il est donc le seul fusillé à reposer encore dans sa tombe primitive.

- cimetière d’Amilly (45) : Raymond Tellier

- cimetière de la Chauvinière à Nantes (44) (Carré des fusillés) : Julien Le Panse

- cimetière de Digoin (71) : Titus Bartoli

- cimetière du Père-Lachaise de Paris (75) : deux tombeaux de la 97ème division du cimetière, véritable panthéon du communisme, contiennent des dépouilles de fusillés de Châteaubriant.

  • Dans le premier reposent Charles Delavaquerie, An Huynh Khuong, Claude Lalet, Edmond Lefebvre, Guy Môquet, Victor Renelle et Jean Vercruysse.
  • Dans le second reposent Jules Auffret, Maurice Gardette et Charles Michels.

Le cas de Jean-Pierre Timbaud demeure mystérieux : si son nom est bien porté sur le premier tombeau collectif (il y apparaît sous le nom de Pierre Timbaud : les deux prénoms varient régulièrement selon les sources), et que la plupart des sites sous-entendent sa présence au Père Lachaise ; sa fiche Wikipédia précise « Le 23 octobre, les vingt-sept victimes du camp de Châteaubriant sont enterrés par groupe de trois dans neuf cimetières des environs : Jean-Pierre Timbaud dans celui de Saint-Aubin-des-Châteaux, où il repose encore, sa famille n’ayant pas souhaité le transférer ailleurs après la Libération ». Sa présence reste donc à confirmer.

- cimetière de Thouars (79) : Henri Barthélémy

- cimetière d’Antony (92) : Maurice Ténine

- nouveau cimetière de Gennevilliers (92) : Jean Grandel

- cimetière parisien d’Ivry (94) : Désiré Granet, Henri Pourchasse et Jean Poulmarc’h (à confirmer)

- Lieu inconnu : Maximilien Bastard, Emile David, Antoine Pesqué (Aubervilliers ?)


Sources : Wikipédia et www.amicale-chateaubriant.fr

Toutes les photos (y compris celles de la carrière des fusillés) sont les miennes, sauf pour les suivantes :
- railetmemoire.blog4ever.com : tombe d’H. Barthélémy
- www.pcf71-ducharolais.com : tombe de T. Bartoli
- www.ouest-france.fr : tombe de M. Bourhis

Merci à Marie-Christine Penin pour la photo Bourdarias.


[1Camp d’internement situé à Châteaubriant. Après avoir abrité des prisonniers de guerre en 1940, il est connu à partir de 1941 sous le nom de Centre de séjour surveillé de Choisel, dépendant du sous-préfet et mis sous la surveillance des gendarmes français. Il abrite alors des nomades, des détenus de droit commun et des détenus politiques dont la plupart étaient communistes.


Commentaires

Navigation

Articles de la rubrique

  • Les fusillés de Châteaubriant