Les Lanneluc : moi, j’aime le cacolac...

samedi 26 février 2022
par  Philippe Landru

À la fin du XIXe siècle, la Benauge, aujourd’hui quartier de Bordeaux, était essentiellement plantée de vignes et de prairies. C’est là que se trouvait depuis 1860 la laiterie de Marie Bacquey. Son gendre, Dominique LANNELUC (1867-1940), reprit et développa la laiterie de la ferme familiale et produisit dès 1896 trois cents litres de lait à l’heure dans les nouvelles chaudières de cuisson au bain-marie. Les installations furent complétées en 1910 par une écrémeuse centrifuge puis en 1932 par une machine frigorifique pasteurisatrice d’une puissance de deux mille litres à l’heure. Le lait fut mis en bouteille par une installation semi-automatique.

En 1928, la SARL Laiterie de la Benauge - Dominique Lanneluc et Fils vit le jour, dirigée jusqu’en 1933 par le père puis par les trois fils, Roger (1900-1969), Albert (1902-1971) et Charles (1912-1995). L’entreprise devint Laiterie de la Benauge – Lanneluc Frères en 1938. À la Libération, elle stérilisa et mit en bouteille le lait, qui arrivait de toute la région pendant la Guerre, et le commercialisa dans l’agglomération bordelaise. Elle développa également la production de produits laitiers.

En 1947, la raison sociale de l’entreprise devint Lanneluc Frères et Lauseig réunis après absorption de la Laiterie Lauseig de Pompignac (33) et la SARL fut transformée en SA en 1956 : Charles Lanneluc en était président directeur général, tandis que ses frères Albert et Roger, et Robert LAUSEIG (1923-2012), étaient administrateurs délégués.

En 1954 furent créées par l’entreprise les marques Stabilait, pour le lait pasteurisé, et surtout Cacolac (association des noms de ses deux principaux ingrédients : le cacao et le lait), après la découverte par Robert Lauseig et Albert Lanneduc du lait chocolaté lors d’un voyage aux Pays-Bas. La boisson au lait aromatisé devint rapidement célèbre grâce aux camionnettes itinérantes qui sillonnaient les villes et villages des alentours. Le Cacolac commença également à être distribué dans les bars et cafés par l’intermédiaire des distributeurs de bières et limonades.

En 1970, Robert Lauseig était l’actionnaire majoritaire : la société devint Cacolac SA. Pour faire face à une demande toujours plus importante, la société décida de construire une usine, célèbre pour son imposante tour de stérilisation, sur le site de la Benauge. Le Cacolac, désormais conditionnable en boîte, d’abord en acier puis en aluminium, partit à l’assaut des grandes surfaces via des campagnes de publicités.

Dans les années 1990, la marque connut un rajeunissement de son image avec notamment le sponsoring du bateau de course Cacolac d’Aquitaine et le navigateur Yves Parlier. Par le biais également d’un fort réseau de son directeur général dans le milieu du football, la société Cacolac s’est vu offrir une publicité gratuite quasi quotidienne durant les années 1990. En effet, la marionnette du footballeur Jean-Pierre Papin des Guignols de l’info fut présenté comme un grand amateur de la boisson.

- Dominique Lanneluc repose dans le tombeau de famille de son épouse, Marie Duprat, elle même fille de la laitière des origines, Marie Bacquey, au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux (33).

- Roger, son fils aîné, repose avec son père dans ce même tombeau.

- Albert, le cadet, repose au cimetière de Talence (33).

- Charles, le benjamin, repose également au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux mais dans un tombeau distinct de celui de son frère.

- Robert Lauseig repose au cimetière de Pompignac (33).


Merci à l’association Véronique et Nicolas Badin pour les trouvailles et les photos.


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