BERLIOZ Hector (1803-1869)

Montmartre - 20ème division
dimanche 3 février 2008
par Philippe Landru

Compositeur et critique musical français, élève de Lesueur et Reicha, Berlioz, tout en respectant les harmonies classiques, fut à l’origine de tonalités nouvelles qui ne furent pas toujours comprises par ses contemporains mais qui eurent beaucoup d’influence sur ses successeurs (de Wagner à Richard Strauss). Auteur de musiques symphoniques et religieuses, mais aussi d’opéras, on lui doit un Te Deum, la Symphonie fantastique et les Troyens, pour citer ses œuvres majeures.

Berlioz aimait se promener dans ce cimetière. Il mourut des suites d’une chute de cheval à Monaco. Ses obsèques furent célébrées à la Trinité : les cordons du poêle étaient tenus par Ambroise Thomas, Gounod, Reyer, Nugent et Saint-Laurens.

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Acte de décès de Hector Berlioz - Paris.

Berlioz fut inhumé dans la 7ème division de ce cimetière : il fut ramené dans cette division plus centrale en 1969 avec ses deux femmes Harriett Smithson (1800-1854) et Marie Martin dite Recio (1814-1862). Le médaillon de Godebski qui orne sa tombe est issu du tombeau original. Le nom de « Berlioz » au dessus de la première tombe fut transféré au cimetière de La-Côte-Saint-André (38), et placé au dessus des tombes de ses parents.

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Ancien tombeau.
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Tombeau actuel.

Il fut question de le transférer au Panthéon en 2003, mais le projet fut finalement ajourné.


Dans ses Mémoires, Berlioz raconte l’exhumation sordide de sa première épouse : « Je me suis remarié... je le devais... et au bout de huit ans de ce second mariage ma femme est morte subitement, foudroyée par une rupture du cœur. Quelque temps après son inhumation au grand cimetière Montmartre, mon excellent ami, Édouard Alexandre, le célèbre facteur d’orgues, dont la bonté pour moi s’est toujours montrée infatigable, trouvant sa tombe trop modeste, voulut absolument acheter pour moi et les miens un terrain à perpétuité, dont il me fit don. On y construisit un caveau et je dus assister à l’exhumation de ma femme et à son installation dans le caveau neuf. Cela fut d’une tristesse navrante, je souffris beaucoup. Mais qu’était-ce en comparaison de ce que le sort me réservait ? Il semble que j’aie dû connaître tout ce qu’il peut y avoir de plus affreux dans une cérémonie de ce genre. Peu après cette époque, je fus averti officiellement que le petit cimetière de Montmartre, où reposait ma première femme, Henriette Smithson, allait être détruit, et que j’eusse en conséquence à faire transporter ailleurs les restes qui m’étaient chers. Je donnai les ordres nécessaires dans les deux cimetières, et un matin, par un temps sombre, je m’acheminai seul vers le funèbre lieu. Un officier municipal chargé d’assister à l’exhumation m’y attendait. Un ouvrier fossoyeur avait déjà ouvert la fosse. À mon arrivée il sauta dedans. La bière enfouie depuis dix ans était encore entière, le couvercle seul était endommagé par l’humidité. Alors l’ouvrier, au lieu de la tirer hors de terre, arracha les planches pourries qui se déchirèrent avec un bruit hideux en laissant voir le contenu du coffre. Le fossoyeur se baissa, prit entre ses deux mains la tête déjà détachée du tronc, la tête sans couronne et sans cheveux, hélas ! et décharnée, de la poor Ophelia, et la déposa dans une bière neuve préparée ad hoc sur le bord de la fosse. Puis, se baissant une seconde fois, il souleva à grand-peine et prit entre ses bras le tronc sans tête et les membres, formant une masse noirâtre sur laquelle le linceul restait appliqué, et ressemblant à un bloc de poix enfermé dans un sac humide... avec un son mat... et une odeur..... L’officier municipal, à quelques pas de là, considérait ce lugubre tableau... Voyant que je m’appuyais sur le tronc d’un cyprès, il s’écria : « Ne restez pas là, monsieur Berlioz ; venez ici, venez ici. » Et comme si le grotesque devait avoir aussi sa part dans cette horrible scène, il ajouta en se trompant d’un mot : « Ah ! pauvre inhumanité !... » Quelques moments après, suivant le char qui emportait les tristes restes, nous descendîmes la montagne et parvînmes dans le grand cimetière Montmartre, au caveau neuf déjà béant. Les restes d’Henriette y furent introduits. Les deux mortes y reposent tranquillement à cette heure, attendant que je vienne apporter à ce charnier ma part de pourriture. ».


Retour au cimetière Montmartre


Commentaires

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mercredi 15 janvier 2014 à 11h01, par  hugongerard

Je trouves étonnant de ne pas trouver d infos sur une certaine Marie Martin que Berlioz

avait épousé aprés avoir rompu ses fiançailles avec Harriet Smithson , je possèdes

quelques dictionnaires sur les compositeurs et on ne parle nullement de cette Marie Martin

dans la vie du compositeur qui fût interprètée au cinéma par Renée Saint-Cyr dans le film

de Christian-Jaque : La symphonie Fantastique ( 1942) . Marie Martin exerçait la profession de

cantatrice et pianiste.

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vendredi 3 mai 2013 à 17h35, par  bbdu54

La statue en bronze d’Hector Berlioz réalisée par le sculpteur Alfred-Charles Lenoir a été inaugurée le 17 octobre 1886, détruite en 1941 sous l’occupation. Elle fut remplacée par une statue de pierre réalisée par Georges Saupique en 1946.

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vendredi 3 mai 2013 à 17h26, par  bbdu54

La statue se trouve à Paris au square Berlioz dans le 9ème arrondissement. Il en existe plusieurs dont celle-là http://www.hberlioz.com/LaCote/stat...

lundi 5 décembre 2011 à 19h55

le « nouveau tombeau » est bien triste... je préférais l’ancien plus dans le goût de son époque

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mercredi 2 février 2011 à 12h43, par  MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)

Une statue en bronze a été érigée en 1953 sur la place Victor Hugo à Grenoble (Isère).

Oeuvre du sculpteur Claude GRANGE, cette statue a remplacé celle érigée en 1903, qui fut déboulonnée et fondue quarante ans plus tard par qui vous savez !

Est-ce cette statue que vous recherchez ?

Cordiales salutations du pays de Rimbaud.

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mercredi 2 février 2011 à 11h23, par  hugongerard

Je recherche le nom de ce sculpteur qui aurait executé une statue de Berlioz , bien entendu , il

y a un des frères Dantan qui avait executé un buste de lui , cette célèbre statue , on la montre

dans le documentaire sur Delacroix textes dit par Alain Robbe-Grillet documentaire diffusé

sur France 5. Ou se trouve cette célèbre statue ? .

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lundi 27 décembre 2010 à 21h42, par  MARRY Ghislain - EVIGNY ( Ardennes )

Panthéoniser Hector BERLIOZ pour le bicentenaire de sa naissance en 2003 ? Comme Jacques Chirac, je réponds NON !

Qu’a-t-il fait ce grand compositeur , qui ait contribué à la Liberté Française ? Car là est LA question : RIEN !

Ses oeuvres orchestrales sont puissantes, belles à entendre et donnent parfois le frisson. Je pense à sa fameuse « Symphonie fantastique », à son célèbre « Requiem », à sa formidable « Marche funèbre »...

De plus, BERLIOZ ne souhaitait-il pas être enterré à Montmartre avec les deux femmes qui ont compté dans sa vie de plaisirs terrestres.
Alors, pourquoi aller contre ses dernières volontés, juste pour satisfaire un aréopage de personnes qui voulaient qu’il y ait au moins un musicien au Panthéon ?

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lundi 27 décembre 2010 à 16h20, par  hugongerard

Pourquoi le chef de l ’ état qui a l ’ époque était Jaccques Chirac a t-il refusé son transfert au

Panthéon , certains y ont été transférés pourtant pour ne citer qu ’ Alexandre Dumas , Pierre et

Marie Curie , André Malraux Emile Zola( entre autres) , n y aurait-il pas un parti prix dans tout

çà.

Certains peintres et sculpteurs y mériteraient d y être admis aussi pour ne citer que Monet

Picasso , Rodin ces , 3 là en particulier .

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dimanche 26 décembre 2010 à 10h02, par  hugongerard

Pourquoi le projet de le transferer au Panthéon fût finalement ajourné ?.