BAGNEUX (92) : cimetière parisien 2/5 : divisions 1 à 30

samedi 3 mars 2018
par  Philippe Landru

Naguère, le cimetière parisien de Bagneux faisait l’objet d’un article unique, mais l’immensité du lieu et le nombre croissant de personnalités qui s’y font inhumer m’a obligé à le saucissonner en 5 et de créer une rubrique pour lui seul car je ne pouvais plus gérer le script de l’article !

En cas de recherche, il vous faudra désormais couvrir les 5 articles qui se décomposent ainsi :

- 1/5 : présentation générale du cimetière. Si vous avez des compléments d’infos, merci de les poster sur cet article sur lequel j’ai laissé tous les commentaires concernant le cimetière quand il faisait l’objet d’un article unique (sauf si vous connaissez la division, en auquel cas vous pourrez l’indiquer dans la tranche concernée).
- 2/5 : divisions 1 à 30
- 3/5 : division 31 à 60
- 4/5 : division 61 à 90
- 5/5 : division 91 à 115

J’ai fait le choix de présenter le cimetière par divisions. A l’intérieur de chacune sont présentés, à la manière des autres articles, les tombeaux notables, les célébrités les plus connues, puis les célébrités bénéficiant d’une aura moins large. Vous pouvez dès lors arpenter l’article en visiteur patient. Pour les plus pressés, un coup de [ctrl+F] vous permettra de vous rendre au plus vite vers la personnalité visée.


1ère division


Le monument aux combattants juifs morts pour la France (1939-1945).

- Le neuropsychiatre Henri BARUK (1897-1999), membre de l’Académie de Médecine, qui fut l’auteur de nombreuses publications (biographie et photo de sa tombe sur le site de mon ami Michel Caire).

- Le nouvelliste Ephraïm KAGANOWSKY (1898-1958).


2ème division


- Le poète russe Victor HOFFMANN (1884-1911), qui se suicida.

- Le romancier et dramaturge Albert JEAN (1892-1975), proche du Grand-Guignol. Il fut président de la Société des gens de lettres.

- Jean-Charles RODOLPHE-RADAU (1835-1911) : astronome et géodésien français d’origine allemande, il vint à Paris en 1858 après avoir travaillé à l’observatoire de Königsberg. Tout en étant rédacteur à la Revue des Deux Mondes, il réalisa en grande partie les calculs pour les cartes de l’ouvrage de D’Abbadie intitulé Géodésie d’une partie de la Haute-Éthiopie, paru entre 1860 et 1874. Il fut élu membre de l’Académie des sciences en 1897.


3ème division


- Le comédien Jean TEMERSON (Jean Temersohn : 1898-1956) : second rôle populaire des années 30 aux années 50. Ses deux meilleurs rôles furent sans doute le pianiste virtuose Tartinovitch, face à Fernandel dans Les cinq sous de Lavarède de Maurice Cammage, et le notaire Voltore qui guette la mort de Harry Baur dans Volpone. Le nom sur la tombe est peu lisible.


4ème division


Une division juive aux hauts tombeaux sévères, souvent ornés de médaillons en bronze. On notera, au chapitre des faits divers, la présence de Maurice Apte, qui faisait partie des victimes, en 1903, de l’incendie du métro Couronnes.

- BARBARA
- Marcel BLEUSTEIN-BLANCHET

- Le peintre abstrait Paul ACKERMAN (1911-1981).

- Le flûtiste Gérard SCHAPARAN (1955-2008).

- Le docteur Isidore SIMON (1906-1985), historien de la médecine hébraïque.

- Le réalisateur René STI (Adolf Ornstein : 1897-1951), qui tourna une dizaine de films entre 1926 et 1950, particulièrement avec Fernandel (Le bossu, La porteuse de pain, Ferdinand le noceur). Il réalisa également en association avec Fritz Lang la version française du Testament du docteur Mabuse. Son identité est très discrètement indiquée à la base de la stèle Rosenthal-Dermer.

- L’architecte et urbaniste Henri STOROGE (1908-1974).

- Jean-Jacques VITAL (Jean-Jacques LEVITAN : 1913-1977) : animateur de radio et comédien (La famille Duraton).

- Jean WALL (Jean Wallenstein : 1899-1959) : comédien de théâtre et de cinéma, il fut également metteur en scène de pièces. Il tourna dans une trentaine de films de 1931 à sa mort. Il repose de manière anonyme dans le tombeau Willard-Benguigui.


5ème division


- Louis DELLUC
- Eve FRANCIS

- Auguste TRUELLE (1849-1928) : agronome et vulgarisateur scientifique français, il soutint une thèse sur la cidrerie qui lui valut la grande médaille d’or des thèses. Il s’établit alors à Trouville et y continua ses recherches sur le sujet. Ces travaux lui valurent d’être élu membre de l’Académie d’Agriculture. Son épitaphe le déclare « pomologue », c’est-à-dire…spécialiste des pommes !


6ème division


- Wilhelm NYLANDER (1822-1899) : botaniste et un entomologiste finlandais, il fut le premier professeur de botanique de l’université d’Helsinki de 1857 à 1863 avant de venir s’installer à Paris où il travailla comme attaché auprès du Muséum national d’histoire naturelle. Nylander est considéré comme l’un des principaux spécialistes des lichens de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il en décrivit 3 000 espèces. Dans une division très verdoyante, le style nordique de sa tombe donne au cimetière des petits airs exotiques.


7ème division


- L’ancien métropolite orthodoxe de France Meletios Ier KARABINIS (1914-1993). Dans ce caveau repose également l’archiprêtre Panayotis SIMIYATOS (Pierre Simiaut : 1936-2001), qui fut recteur de Saint Stéphan de Paris.


8ème division


- Jules LAFORGUE

- L’écrivain Alfred VALLETTE (1858-1935), qui fonda avec le vivier de la génération symboliste (Moréas, Charles Cros, Albert Samain…) le Mercure de France, qu’il dirigea avec sa femme, la romancière Rachilde, de 1890 à 1935. Il renonça alors définitivement à sa propre carrière littéraire pour se consacrer à sa tâche de directeur de la revue puis de la maison d’édition. Il est inhumé avec son épouse, l’écrivaine RACHILDE (Marguerite Eymery : 1860-1953), qui s’habillant et se coiffant à la garçonne, s’intéressa très tôt aux questions d’identité sexuelle et d’inversion, que reflète son roman le plus célèbre, Monsieur Vénus (1884), qui lui valut une célébrité immédiate et largement sulfureuse. Romancière prolifique, elle écrivit plus de soixante romans.


10ème division


- Marcelle HENRY (1895-1945) : employée au Ministère du Travail, elle s’engagea dans la Résistance où elle joua un grand rôle. Arrêté, elle fut déportée. Elle revint des camps mais mourut peu de temps après des suites des mauvais traitements et des privations. Elle fut l’une des six femmes Compagnon de la Libération.


11ème division


- Léon DEUBEL (1879-1913) : poète pauvre, inadapté à la vie sociale, il se suicida en se jetant dans la Marne après avoir brûlé tous ses manuscrits. Il est considéré comme le dernier des poètes maudits. Il fut l’ami de Louis Pergaud, qui le considérait comme son maître littéraire. Etonnant que dans un tel contexte, sa tombe soit encore là !

- Ernest DUMONT (1877-1941) : parolier injustement oublié de la chanson française, il est inséparable du compère avec lequel il travailla, Ferdinand-Louis Benech, sans que l’on puisse savoir toujours avec exactitude qui composait la musique, qui les paroles. Ils furent des touche-à-tout qui, à leur époque, ont donné à la chanson française ce dont elle avait besoin : une quantité énorme de refrains populaires, faciles à retenir. Si la plupart sont oubliés de nos jours, on leur doit cependant quelques succès toujours fredonnés : Nuits de Chine (Nuits câlines...), Du Gris (immortalisé par Berthe Sylva), l’Hirondelle du Faubourg et Riquita (jolie fleur de Java), deux titres interprétés par Georgette Plana, ou encore la Femme aux bijoux (celle qui rend fou). Il faut de bons yeux pour déchiffrer sa tombe.

- Elisabeth LESUEUR, en procès de canonisation.

- Le commandant Sylvain RAYNAL (1867-1939), qui s’illustra pour avoir résisté en 1916 face aux Allemands alors qu’il était avec ses hommes assiéger dans le fort de Vaux. Il dut néanmoins se rendre après un des sièges les plus terribles de la Première Guerre mondiale.


12ème division


- Le communard Gilbert LAVALETTE (1829-1905), qui fut membre du Comité Central de la Garde nationale en 1871, exilé loin du quartier du Père Lachaise où il résidait.

- Le peintre aquarelliste allemand Konrad STARKE (1870-1911). Son œuvre se compose essentiellement de paysages et de lithographies.

- Théophile CAILLEUX (1816-1890) : avocat belge de métier, ce passionné d’Homère bâtit une théorie très élaborée dans laquelle il plaçait les lieux de la saga non pas en Méditerranée, mais dans l’Atlantique : Troie en Angleterre, Ithaque en Espagne… Les découvertes qui suivirent de Schliemann ruinèrent ses aspirations à être pris au sérieux.


13ème division


- Charles LAPICQUE (1898-1988) : ingénieur de formation, il se fit connaître comme peintre de la Nouvelle Ecole de Paris. Ses œuvres furent déterminantes, entre 1939 et 1943, pour le développement de la peinture non figurative. Féru de philosophie comme de sciences expérimentales, l’art était pour lui aussi bien une question de physique des couleurs que de métaphysique de l’âme. Par le jeu des perspectives et des espaces multiples, par le traitement peu conventionnel de la couleur, du gestuel et de l’abstrait, il aboutit à une nouvelle interprétation figurative de l’apparence. Avec lui repose son épouse, Aline Perrin, fille du Nobel de physique Jean Perrin.

- Le peintre polonais Wladimir de TERLIKOWSKI (1873-1951), ancien élève de Jean-Paul Laurens, qui fut un portraitiste et un paysagiste à l’œuvre fougueuse inspirée du fauvisme.


14ème division


- L’écrivain anarchiste Georges DARIEN (Georges Adrien : 1862-1921), auteur de romans et de pièces de théâtre placés sous le signe de la révolte. En 1883, son insoumission durant son service l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. Il en fit le sujet et le titre de son roman le plus fameux. Il fut admiré par Jarry et Breton.

- La peintre Fanny ICART (1897-1970). La tombe est ornée d’un médaillon représentant Célestine Volmers.

- Joseph-Achille LE BEL (1847-1930) : chimiste français, il est considéré comme le précurseur de la stéréochimie moderne, c’est-à-dire l’étude de l’arrangement spatial relatif des atomes au sein des molécules. Il devint président de la Société Française de Chimie en 1892, puis membre de l’Académie des sciences en 1929.

- Le peintre Marius ROY (1833-1921), nommé maître de dessin à l’Ecole polytechnique, qui se spécialisa dans la représentation de la vie militaire dans ses aspects les plus simples.


15ème division


- Le peintre néo-impressionniste Victor BRUGAIROLLES (1869- 1941), que toutes les sources Internet font mourir en 1941 ! Cet ancien élève de Cormon se spécialisa dans la peinture des littoraux, marins (Hollande, Bretagne, Normandie…) ou fluviaux (rives de la Seine).

- Le Compagnon de la Libération Albert CHAVANAC (1909-1972) , qui servit en Syrie et en Libye avant de participer à la libération de l’Italie. Il fut également sénateur de Paris en 1968.

- Le suédois Per Ambjörn SPARRE (1828-1921), qui fut un touche-à-tout : député dans son pays, inventeur dans de nombreux domaines (machines à voler, bicyclette…), imprimeur de timbres… Il fut également un aérostier. Installé en France, il y mourut très âgé et se retrouve inhumé ici.


16ème division



Le double médaillon expressif de la famille Millner signé Xavier Ranel.

- Le peintre Raoul-Henri DREYFUS (1878-1966), ancien élève de Bouguereau, qui exposa au Salon.

- Roman GHIRSHMAN (1895-1979) : archéologue, explorateur et historien français d’origine ukrainienne. Il s’établit à Paris en 1917 afin d’étudier l’archéologie et les langues anciennes, s’intéressant particulièrement aux ruines archéologiques de l’Iran. Avec plus de 300 publications et 20 ouvrages, Ghirshman devint et reste un des experts les plus respectés sur le sujet de l’Iran ancien. Il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.


17ème division


- Le peintre espagnol Fermin AGUAYO (1926-1977), dont la peinture, qui s’apparentait au départ au cubisme, évolua peu à peu vers la peinture figurative.

- L’occultiste François-Charles BARLET (Albert Faucheux : 1838- 1921), qui fut l’un des premiers membres de la branche française de la Société Théosophique. Il travailla dans l’ombre de Papus. Il collabora à de nombreuses revues, parmi lesquelles L’Anti-Matérialiste, revue spirite où il écrivit sous le pseudonyme de Glyndon. Compte-tenu de l’état de sa sépulture, on peut penser qu’il est moins visité que ses coreligionnaires des cimetières parisiens.

- La compositrice et professeur de musique Berthe GUÉRIN (1880-1915).


18ème division


- Le peintre Alfred THESONNIER (1898-1973) : enfant de l’Assistance publique, il fit les Beaux-arts de Dijon puis travailla à Paris. Il obtint des récompenses aux Salons des Artistes Français et des Indépendants. Il vint en Auvergne comme professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Clermont-Ferrand et réalisa de très nombreux portraits de personnalités locales.


21ème division


La sépulture des intellectuels arméniens

- Lucienne BOYER

-  Robert CHAUVIGNY (1916-1963) : compositeur et chef d’orchestre proche d’Édith Piaf, dont il fit la connaissance à l’été 1944, il a fréquemment travaillé à ses côtés comme accompagnateur, et a notamment participé à la composition de la musique d’Hymne à l’amour. Il mourut peu de temps après elle.

- Justin GODART (1871-1956) : avocat lyonnais, il se lança en politique au début du siècle : député radical-socialiste de Lyon (1906-1926), puis sénateur du Rhône (1926-1940), il se consacra aux questions sociales. Ministre à cinq reprises entre 1915 et 1932 (en particulier sous les gouvernements de son ami et compatriote Edouard Herriot), il créa en 1929 l’Hôpital Foch à Suresnes. Résistant et défenseur des juifs qu’il cacha durant la Seconde Guerre mondiale (il ne vota pas les pleins pouvoirs à Pétain. Il reçut après la guerre le titre de Juste), il fut maire de Lyon entre 1944 et 1945. Il lutta toute sa vie pour le salut des plus fragiles, et milita pour la décolonisation.


22ème division


- Raoul COMBES (1883-1964) : botaniste français, il dirigea le laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau (1937), de l’École pratique des hautes études (1937) et enseigna à l’École normale de Saint-Cloud (1937). Il était membre de nombreuses académies, dont celle des Sciences.

- Louis CROS (1908-2000) : inspecteur général de l’Instruction publique, fut un haut fonctionnaire très engagé dans ce qu’il convient de nommer la rénovation de l’enseignement. Directeur de l’Institut pédagogique national (dont il fut le fondateur). Il fut l’auteur de l’expression (et du petit ouvrage) l’Explosion scolaire.

- Le réalisateur Sébastien GRALL (1954-2013). [1]

- Jean LEC (1899-1964) : affichiste, dessinateur de mode, il devint finalement chansonnier et se produisit au Grenier de Montmartre et au Caveau de la République.

- Le peintre et sculpteur polonais d’origine juive Marek SZWARC (1892-1958), qui vécut à la Ruche avant la Première Guerre mondiale puis qui s’installa définitivement à Paris après la Seconde.


23ème division


- le clown ALEX
- Claude BERRI
- Anne-Marie CARRIERE

- Le catcheur René BEN CHEMOUL (1925-2010). Adulé par la foule, il était surnommé « le Tigre de la Lutte » et figure parmi les grandes vedettes du catch français des années 1950 à 1970.

- Pierre DELARUE-NOUVELLIÈRE (1889-1973) : photographe et illustrateur (il illustra A rebours de Huysmans), ce passionné de train utilisa rapidement son talent pour illustrer les articles des revues concernant le chemin de fer (La Vie du rail) et le modélisme ferroviaire.

- Brigitte GROS (1925-1985) : sœur de Jean-Jacques Servan-Schreiber, elle travailla aux Échos puis en 1953, collabora avec son frère lors de la fondation de L’Express, originellement supplément des Échos. Maire de Meulan, elle fut sénatrice des Yvelines de 1973 à 1985 et vice présidente du parti radical. Elle fut l’auteure de nombreux ouvrages, dont Quatre heures de transport par jour, adapté à l’écran sous le titre Elle court, elle court la banlieue. Son identité est également portée sur la tombe de famille Schreiber au cimetière de Veulettes-sur-Mer(76).

- C’est dans cette division que le père d’Ubu, le poète et romancier Alfred JARRY (1873-1907), fut inhumé. L’existence de sa tombe est problématique : on lit à peu près partout que sa tombe, non renouvelée, a désormais disparu. On sait, grâce à une souscription faite par le Mercure de France [2], où elle se trouvait avec précision : 23ème division, 5ème ligne, 5ème place. Si on se rend à cet endroit, on trouve une tombe anonyme dans un triste état, mais qui ne semble pas avoir bougée depuis bien longtemps. Il y a quelques années, Vincent de Langlade amenait ses visiteurs sur cette tombe en la présentant comme celle de Jarry… Dès lors, que penser ? Cet espace délabré n’est-il pas tout simplement la tombe de Jarry, qui si elle ne fut pas renouvelée, n’en fut pas moins laissée… Si un visiteur du site à plus d’info…

- Le dramaturge juif russe Semeon JUSHKEVICH (1869-1927), auteur, à partir de 1897, de pièces antisémites qui connurent à la fois beaucoup de succès et d’oppositions en Russie. Sa tombe, qui selon la Conservation serait un cénotaphe, est ornée de son profil en bronze.

- Pierre MORHANGE (1901-1972) : né d’une famille juive, professeur de philosophie, il fonda la revue Philosophies et milita au Parti communiste. Il se démarqua du surréalisme et annonça un certain néo-réalisme dès son premier recueil La vie est unique, publié en 1930. Sa poésie porta le témoignage du traumatisme de la Shoah. Avec lui est inhumée son épouse, la peintre Mathilde MORHANGE-CONSTANTINOVSKY (1911-1994) ainsi que le peintre et sculpteur animalier Joseph CONSTANT (Joseph Constantinovsky : 1892-1969), qui fut également écrivain sous le nom de Michel Matveev (il reçut en 1936 le Prix des deux Magots pour le recueil de nouvelles Etrange famille).

- Le scénariste Steve PASSEUR (Etienne Morin : 1899-1966), qui signa les scenarii et dialogue de plusieurs films de Gance ou de Lherbier. Avec lui reposa son épouse, la comédienne Renée PASSEUR (Renée Griotteray : 1905-1975) qui incarna pour le cinéma, des années 20 aux années 60, des personnages excentriques. Ils reposaient dans cette division mais leur tombe a été reprise.

- Maurice RAICHENBACH (Maurycy Rajchenbach : 1915-1998) : juif polonais installé en France à 10 ans, il se mit à jouer au dames et devint en 1933, à 18 ans, le plus jeune champion du monde. Le « Mozart du damier » garda son titre jusqu’en 1939. Devant se cacher durant la guerre, le manque d’entraînement lui fit perdre son titre par la suite.


24ème division


- L’avocat, poète et écrivain bolivien Armando CHIRVECHES (1881- 1926), qui appartint à la génération marquée par la transition du romantisme au modernisme. Il s’installa à Paris pour des raisons politiques et mit fin à ses jours. Sur sa tombe, un livre-épitaphe en bronze reproduit les titres de ses principales œuvres.

C’est dans cette division qu’avait été inhumé le compositeur Georges MALEZIEUX (1872-1945), mais sa tombe fut reprise en 2008.


25ème division


- JEHAN-RICTUS
- Jules RIMET

- Agathon LÉONARD (Agathon van Weydeveldt : 1842-1923) : sculpteur d’origine belge naturalisé français, il s’enthousiasma et participa au mouvement Art nouveau, exposant de nombreuses pièces (médaillons, statuettes de bronze et céramiques) finement travaillées, notamment lors de l’Exposition universelle de 1900. Ses œuvres sont principalement centrées autour de la figure humaine, surtout féminine.

- Le comédien de théâtre et de cinéma Henri ROLLAN (Henri Martine : 1888-1967). Membre de la Comédie française, il fut également metteur en scène de théâtre. Sa carrière fut assez longue, puisqu’elle s’étala entre 1910 et 1966.


26ème division


- Gabriel BAUGÉ (1880-1960), qui composa des pièces de vaudeville.


27ème division


- André LEDUCQ (1904-1980) : il fut l’un des champions cyclistes les plus populaires de l’entre-deux guerres. Champion du monde et champion de France, il remporta de nombreuses courses, dont les Tours de France 1930 et 1932. Il mourut d’un accident de plongée sous-marine. Il est représenté sur son vélo sur sa stèle.

- André MALTERRE (1909-1975) : militant syndical, secrétaire général puis président de la CGC de 1956 à sa mort. Il milita pour la place des cadres dans l’entreprise et dans la société, pour une diminution de la pression fiscale, et pour une économie productiviste et moderne. Proche des Gaullistes, il s’opposa néanmoins à la politique mené par De Gaulle en Algérie.


28ème division


- Le sculpteur et graveur René ANDREI (1906-1987), auquel on doit en particulier l’un des seize hauts-reliefs du Mémorial du Mont Valérien (Sienne). Il repose sous un médaillon de Roger Baron.

- Le linguiste et philologue Charles BRUNEAU (1883-1969), qui travailla sur les dialectes wallons. Il reprit l’Histoire de la langue française de Ferdinand Brunot, à la mort de ce dernier, et en publia les tomes XII et XIII. Il enseigna dans des universités prestigieuses et fut recteur de l’Université de Bordeaux. Sa tombe est dans un état lamentable et son identité n’est plus signalée dessus.

- Henry COSTON (1910-2001) : journaliste, éditeur, publiciste et militant d’extrême droite. Antisémite doctrinaire, Coston se réclamait d’Édouard Drumont au point d’avoir voulu relancer La Libre parole à deux reprises. Collaborateur notoire, il fut condamné après la Guerre et gracié en 1955. Toute sa vie, dans ses ouvrages et articles, il s’en tint à cet antisémitisme forcené et à la théorie du complot. Il représente un trait d’union entre l’antisémitisme du début du XXe siècle issu de l’affaire Dreyfus et celui du Front National. Avec lui repose son épouse, Gilberte COSTON (1911-2002), éditrice également, qui travailla en collaboration avec son mari.

- Madame FRAYA (Valentine Dencausse : 1871-1953) : voyante française renommée, elle lut dans les mains de toutes les célébrités de la Belle Époque, de Sarah Bernhardt, à Jean Jaurès. Parmi ses prédictions demeurées, célèbres, elle prédit à Félix Youssoupov qu’il allait assassiner Raspoutine, annonça à Marcel Proust une réussite éclatante, et anticipa la Première guerre mondiale et la défaite de l’Allemagne (elle fut d’ailleurs convoquée et consultée en pleine nuit au ministère de la Guerre !). Elle annonça néanmoins qu’il n’y aurait pas de guerre en 1939 ! Sa tombe garde des adeptes, comme en témoignent les nombreuses plaques de remerciements qui s’y trouvent.

- Le collectionneur d’art Nicolas GOULANDRIS (1891-1957).

- Georges GUÉRIN (1891-1972) : devenu prêtre par vocation tardive, il fut nommé à Clichy-la-Garenne où il créa la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) à l’imitation du mouvement belge du cardinal Cardjin. Il fut incarcéré durant la guerre à Fresnes pour avoir maintenu, malgré l’interdiction des associations, la vie de la JOC.

- Le sculpteur Carlo SARRABEZOLLES

- Le sculpteur, plaquettiste, ciseleur et graveur-médailleur Emile VERNIER (1852-1927).


29ème division


- Jean VIGO

- Médéa FIGNER (1858-1952) : née à Florence, formée en Italie, cette mezzo (qui évolua en soprano) fut formidablement adulée sur toutes les grandes scènes de l’époque. Elle épousa le célèbre ténor russe Nicolaj Figner en 1889, et créa avec lui des rôles principaux de Tchaïkovski (dont La Dame de pique. Elle passa une grande partie de sa vie en Russie, le couple étant très aimé par la famille du tsar (sa tombe proclame qu’elle fut la « soliste de SM l’Empereur de Russie). En 1904, quittée par Figner, elle fit une dernière tournée en Amérique du Sud puis poursuivit sa carrière au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg jusqu’à son spectacle d’adieu de Carmen en 1912. Elle quitta la Russie en 1930 et s’installa à Paris, où elle mourut à un âge très respectable.

- L’aviateur Jules ROSSI (1901-1966).


30ème division


- Ambroise VOLLARD

Un beau médaillon en bronze sur la tombe du danseur de tango René Ronald-Poigt.

- Le compositeur Pierre-Octave FERROUD (1900-1936), qui étudia avec Joseph Guy Ropartz puis Florent Schmitt, dont il fut très proche artistiquement. Il fut critique musicale pour plusieurs revues, et laissa des compositions de grande valeur. Il mourut prématurément, décapité dans un accident de voiture en Hongrie. Il était l’ami de Poulenc, et le traumatisme engendré par la nouvelle joua un rôle important dans la recherche mystique de ce dernier. Dans la même tombe repose le pianiste roumain Filip LAZĂR (1894-1936), qui fut également un compositeur avant-gardiste. Il appartenait à l’ensemble de chambre Triton qu’avait fondé Ferroud.

- Emile GAUTIER (1853-1977) : journaliste anarchiste, il fut impliqué dans le procès, dit « Procès des 66 » en 1883 à Lyon, pour lequel il fit de la prison. Renonçant à la politique militante, il collabora ensuite à divers journaux. Il fut
le premier à avoir employé l’expression « darwinisme social » dans son tract du même nom publié en 1880 à Paris.

- Le physicien Camille GUTTON (1872-1963), qui consacra toute sa vie à la science, alors nouvelle, de la radioélectricité et compta, dans la période 1920-1940, parmi la quinzaine de personnes qui constituèrent le « groupe central » de la Physique française. Il fut membre de l’Académie des Sciences.

-  Georges MADON (1892-1924) : pilote de chasse, il fut l’un des As de la Première Guerre mondiale. Il se tua à Bizerte lors d’une démonstration en écrasant volontairement son avion, en panne sèche, sur le toit d’un immeuble, afin d’éviter la foule.

- L’architecte Dimitrius ROTTER (Dumitru Rotter : 1878-1937), qui réalisa plusieurs églises en France (Paris, Nice, Corse...), dont l’Eglise Saint-Jean Bosco, dans le XXe arrondissement de Paris.


Pour revenir
- 1/5 : présentation générale du cimetière

A suivre
- 3/5 : division 31 à 60
- 4/5 : division 61 à 90
- 5/5 : division 91 à 115


Merci à cp pour la tombe Grall
Merci à Jean-Yves Le Rouzic pour la tombe Ben Chemoul


[16° ligne Nord / 5° tombe Est.

[2N°252 Tome LXX 16 décembre 1907


Commentaires

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?