BAGNEUX (92) : cimetière parisien 5/5 : divisions 91 à 115

samedi 3 mars 2018
par  Philippe Landru

Naguère, le cimetière parisien de Bagneux faisait l’objet d’un article unique, mais l’immensité du lieu et le nombre croissant de personnalités qui s’y font inhumer m’a obligé à le saucissonner en 5 et de créer une rubrique pour lui seul car je ne pouvais plus gérer le script de l’article !

En cas de recherche, il vous faudra désormais couvrir les 5 articles qui se décomposent ainsi :

- 1/5 : présentation générale du cimetière. Si vous avez des compléments d’infos, merci de les poster sur cet article sur lequel j’ai laissé tous les commentaires concernant le cimetière quand il faisait l’objet d’un article unique (sauf si vous connaissez la division, en auquel cas vous pourrez l’indiquer dans la tranche concernée).
- 2/5 : divisions 1 à 30
- 3/5 : division 31 à 60
- 4/5 : division 61 à 90
- 5/5 : division 91 à 115

J’ai fait le choix de présenter le cimetière par divisions. A l’intérieur de chacune sont présentés, à la manière des autres articles, les tombeaux notables, les célébrités les plus connues, puis les célébrités bénéficiant d’une aura moins large. Vous pouvez dès lors arpenter l’article en visiteur patient. Pour les plus pressés, un coup de [ctrl+F] vous permettra de vous rendre au plus vite vers la personnalité visée.


91ème division


-  Marcel PLANCHE (1898-1965) et Jeanne LE BONNIEC (1891-1968) : couple d’auvergnats qui accueillit Georges Brassens qui avait fuit le STO en 1944. Il s’installa dans l’inconfort de leur demeure, impasse Florimond dans le 14ème arrondissement de Paris, et y resta…jusqu’en 1965. Il finit même par acheter la maison pour ses protecteurs. Ils formèrent un étrange ménage à trois pendant plus de vingt ans. Ils furent l’inspiration de plusieurs chansons de Brassens (chez Jeanne, la cane de Jeanne, et la fameuse Chanson pour l’Auvergnat).


92ème division


- Christian BLACHAS

-  Le pianiste et compositeur Pierre MAILLARD-VERGER (1910-1968), ancien élève de Paul Dukas, Grand Prix de Rome en 1939.


94ème division


- Jean EUSTACHE

- GUS (Gustave Joseph Viseur : 1915-1974) : accordéoniste belge, il aborda tous les genres du répertoire musette (valse, tango, paso-doble, ...) et a été l’un des premiers accordéonistes de jazz. Évoluant dans les milieux parisiens dès 1930, il forma son langage musical aux côtés des guitaristes manouches, et enregistra son premier disque en 1937. Il accompagna Édith Piaf en 1940. Il est le seul accordéoniste à avoir été membre du célèbre Hot Club de France.

- La peintre expressionniste polonaise Mela MUTER (Maria Melania Mutermilch : 1876-1967) : installé à Paris en 1901, elle devint vite une personnalité de Montparnasse et dès 1902, participa au Salon des Beaux-Arts. Elle fut l’auteur de nombreux portraits de ses amis (Satie, Clemenceau, Ravel, Barbusse, ou encore Rainer Maria Rilke avec lequel elle eut une liaison).


95ème division


- Le peintre et graveur sur bois breton Pierre ABADIE LANDEL (1896-1972).


96ème division


- GRIBOUILLE (Marie-France Gaite : 1941-1968) : chanteuse d’origine lyonnaise, elle monta à Paris où elle se fit progressivement connaître, se produisant au Bœuf sur le toit. Son apparence androgyne et sa voix grave ainsi que ses chansons personnelles et ambiguës lui gagnèrent le public lesbien. On la comparait à Barbara. Elle décéda d’un excès de barbituriques et d’alcool.

- L’acteur grec Tzavalas KAROUSOS (1904-1969).

- L’archéologue Charles VIROLLEAUD (1879-1968), qui fut directeur du Service archéologique près le haut-commissariat de France en Syrie et au Liban et professeur à l’École pratique des hautes études. Il participa notamment aux fouilles d’Ougarit. Il fut élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1941.


97ème division


-  Le flûtiste Roger BOURDIN (1923-1976), l’un des grands maîtres de cet instrument au XXème siècle, qui fut soliste aux Concerts Lamoureux et qui ne dédaigna aucune forme de musique, de ses interprétations classiques au jazz en passant par la variété ou la composition de musiques de films. On lui doit en particulier le solo de flûte d’Il est 5 heures, Paris s’éveille. Sa tombe est en train de s’enfoncer irrémédiablement dans le sol !


98ème division


- L’écrivain Nicos ANDREOU (1902-1977).

- L’écrivain Marc BERNARD (1900-1983), qui fut lauréat du prix Interallié pour Anny en 1934 et du prix Goncourt en 1942 pour Pareils à des enfants. Fervent défenseur d’une littérature prolétarienne, il fonda en 1932 « Le groupe des écrivains prolétariens ».

- Louis BUGETTE 1904-1975) : un autre second rôle de cinéma, issu du music hall, qui tourna de 1949 à 1972.

- La peintre Baladine KLOSSOWSKA (Elisabeth Dorothea Spiro : 1881- 1969), qui fut la mère de l’écrivain Pierre Klossowski et du peintre Balthus. Elle fut également le grand amour de Rainer Maria Rilke.

- Boris de SCHLŒZER (1881-1969) : écrivain, musicologue et traducteur français d’origine russe, il émigra en France après la Révolution d’Octobre. Il participa à la Nouvelle Revue française, et surtout traduisit de nombreux auteurs russes. Passionné de musique, il écrivit des monographies sur des compositeurs, parfois en collaboration avec sa sœur Tatiana, qui fut l’épouse d’Alexandre Scriabine.


99ème division


- Le diplomate belge d’origine italienne Arturo ALFANDARI (1888- 1969), qui développa dans les années 30 une langue artificielle fondée sur une simplification de l’Esperanto, le Neo. Celle-ci ne survécut pas à son auteur.

- André PETIOT (1886-1973) : compositeur et musicologue, il appartint aux Concerts Colonne.


103ème division


- Le peintre russe Serge FOTINSKY (1885-1971), qui s’exila en France après la révolution russe de 1905 à laquelle il participa.

- Jacques NORVAL (1914-1998), qui dessina au Père Lachaise la tombe des sœurs Carita. Il fut l’époux de Maria Carita. La tombe est ornée d’une œuvre imposante de Yasuo Mizui.


105ème division


- Le photoreporter Philippe LETELLIER (1936-1970), qui fut tué lors d’une mission.

- Le Compagnon de la Libération Pierre SONNEVILLE (1911-1970), qui fut commandant de sous-marin durant la guerre.


106ème division


- Marcel DALIO
- Rose LAURENS

- Le comédien Henri CZARNIAK (1937-1986), qui tourna de 1965 à sa mort des rôles de truands un peu brutes.

- Le musicien Bernard HAULTIER (1926-2002) : chef d’orchestre, violoniste, clarinettiste, compositeur et directeur artistique des éditions musicales Hortensia, il fut également pédagogue et compositeur. On lui doit en outre plusieurs ouvrages didactiques.


107ème division


- Charles DENNER


108ème division


- Le grand reporter Michel GORDEY (1913-2005), qui fut longtemps l’un des piliers du France-Soir de Pierre Lazareff, et un très bon connaisseur de l’Union soviétique et des Etats-Unis. Né en Russie, il fut longtemps interdit de séjour dans son pays d’origine, il finit par pouvoir y revenir à la fin des années 50 et par en ramener un grand reportage, publié ensuite dans la collection « Air du temps », chez Gallimard, sous le titre Visa pour Moscou.

- Mihail et Aleksander SALKIND

- Le pianiste Efraïm TCHERNIAVSKY (1892-1971).


109ème division


- Ginette MATHIOT

C’est dans cette division qu’avait été inhumé le comédien SINOËL (Jean Biès : 1868-1949), qui fut un irremplaçable second rôle du cinéma des années 30 et 40. Il ne mesurait que 1,53 mètre ! Sa tombe fut hélas reprise en 1997.


113ème division


- Emmanuel COLOMBIER

- Robert SELLER (1889-1967) : acteur français, il tourna pour le cinéma entre 1928 et 1963, en particulier dans de nombreux films et pièces de théâtre de Sacha Guitry. Sa tombe n’est quasiment plus lisible.


115ème division


- Bernard FRANK

- Michel BERNHOLC (1941-2002) : musicien et arrangeur français, il travailla avec de très nombreux artistes et dirigea les enregistrements de Starmania. On lui doit la musique des Bronzés (1er opus) de Patrice Lecomte. Il se suicida.

- Hersch FENSTER (1892-1964) : formé à Vienne, il fut dans un premier temps journaliste. Il s’installa à Paris en 1922 et fit la connaissance des artistes émigrés à Paris. Il arriva à échapper, avec sa famille, à la déportation et se réfugia en Suisse. Dès ce moment, il conçut le projet d’honorer la mémoire des artistes morts en déportation. Au terme d’enquêtes très poussées, d’un travail inlassable, il parvint à reconstituer leurs itinéraires et publia en 1951, à compte d’auteur, Undzere Farpainikte Kinstler (Nos artistes martyrs).

- La poétesse yiddish Perl HALTER (+1974), inhumé avec son époux l’imprimeur Salomon Lewi HALTER (1905-1963). Ils étaient les parents de l’écrivain Marek Halter. Leur tombe est ornée de deux plaques reproduisant leurs traits au crayon et signés Marek Halter.

- L’étonnant Joseph JOANOVICI (ca1905-1965) : ferrailleur français d’origine juive roumaine, fournisseur de métal pour les Nazis, mais également pourvoyeur de la Résistance, il fut peut-être également un agent du Komintern soviétique pendant l’Occupation. Ses activités le rendirent milliardaire, mais il fut condamné en 1949 pour collaboration à 5 ans de prison. Libéré sous conditions, il tenta vainement de s’installer en Israël avant de retourner derrière les barreaux. Il retrouva sa liberté en mai 1962 en raison de son état de santé et mourut ruiné le 7 février 1965 !


pour revenir :
- 1/4 : présentation générale du cimetière
- 2/5 : divisions 1 à 30
- 3/5 : division 31 à 60
- 4/5 : division 61 à 90


Merci à cp pour la tombe Norval.
Merci à Jean-Yves Le Rouzic pour la tombe Bugette.
Merci à Herbert pour la photo Klossowska.


Commentaires

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BAGNEUX (92) : cimetière parisien 5/5 : divisions 91 à 115
dimanche 30 septembre 2018 à 18h25 - par  cp

Division 100 : Henry Deutschmeister (1902-1969). L’un des plus importants producteurs français de cinéma des années d’après guerre, il produisit les plus grands metteurs en scène, d’Ophuls à Renoir, en passant par Becker. Parfois un peu borné, il ne voulait pas entendre parler de « La Complainte de la Butte » pour « French Cancan » de Jean Renoir. Il eut le bon goût de céder…

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BAGNEUX (92) : cimetière parisien 5/5 : divisions 91 à 115
dimanche 20 mai 2018 à 17h56 - par  cp

Division 104 : Inscrit en bas d’une tombe :
« Soleil et la mer »
« Offert par Chantal Norval »
« Sculpteur Mizui »
.
A l’ombre, dans un coin, un imposant objet d’art (Comme on dit dans Astérix), on pense à un gros poisson, ça doit faire deux tonnes et ça pèse sur la pierre tombale semblant empêcher un nommé Jacques Norval (1914-1998) de sortir !. Il doit s’agir du veuf d’une des célèbres sœurs coiffeuses Carita. (Auraient-elles osé lancer « Carita Tifs » ? J’en doute ! Ont été absorbées par l’Oréal, plus tard, après leur retrait et la cession au neveu. Deneuve et Dorléac sont coiffées par elles dans les films de Jacques Demy).

Elles reposent au père Lachaise, et un autre site laisse à penser qu’il y repose aussi, avec le neveu héritier. Dans une tombe qu’il aurait conçue. En fait il est à Bagneux, et je ne sais si Chantal est sa fille, ou sa femme... Mizui était un artiste japonais d’une certaine cote et Norval semble avoir été galeriste.

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BAGNEUX (92) : cimetière parisien 5/5 : divisions 91 à 115
mardi 15 mai 2018 à 18h06 - par  cp

Division 103 : Elle tenait à son sac. Non, il ne s’agit pas de Bernadette Chirac :
.
« Marcelle Gillet Daubin 1917-1972 »
.
Une vieille tombe en ciment avec une plaque toute en dorures sur fond noir qui donne un indice sur un évènement tragique dont elle fut la seule victime :
.
« Ses amis des drugstores Publicis »
« 27 septembre 1972 »
.
Ce soir-là l’établissement phare de l’entreprise de Marcel Bleustein-Blanchet part en flammes. Tout brûle, sauf les fichiers vitaux de la société qu’un directeur informatique, Maurice Lévy, aura sauvegardés sur bandes magnétiques, permettant d’éviter la faillite en repartant comme si de rien n’était. Le fringant informaticien finira sur ce coup inspiré par devenir PDG de Publicis. Pour Marcelle Gillet, née pendant la guerre de 14, son sac, c’était sa vie, vieille école, un portefeuille, des papiers d’identité, elle se précipita dans la fournaise pour tenter de les récupérer...

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vendredi 14 février 2014

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