BÉART Guy (Guy Béhar-Hassan : 1930-2015)

Cimetière de Garches (92)
lundi 28 septembre 2015
par  Philippe Landru

Ingénieur des Ponts-et-Chaussées à l’origine, Guy Béart se lança dans la chanson à partir de 1954, dans les cabarets parisiens de la Rive gauche, notamment La Colombe de Michel Valette ou Les Trois Baudets de Jacques Canetti, qui le fait signer sur son label de musique Philips en 1957. Il y chante le Bal chez Temporel, dont les paroles adaptent le poème d’André Hardellet. Ce premier succès qui lui apporte, dès 1958, le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros, fut suivi de nombreux autres, comme L’Eau vive ou Les Grands Principes (1965) devenus des classiques. Il enregistra ensuite deux albums de chansons françaises traditionnelles, dont Vive la rose. Il écrit pour de nombreux artistes (Patachou, Zizi Jeanmaire, Juliette Gréco, qui chante Chandernagor et Il n’y a plus d’après).

Devenu producteur et animateur sur la première chaîne de l’ORTF, dans son émission de talk show Bienvenue chez Guy Béart, il reçut à partir de 1966 nombre d’artistes et de personnalités de l’époque.

La mémoire collective gardera sans doute uniquement de lui son altercation avec Gainsbourg concernant la place de la musique dans la hiérarchie des arts !


Merci à Olivier Camus et à Gilles Sébag pour les photos.


Commentaires

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BÉART Guy (Guy Béhar-Hassan : 1930-2015)
jeudi 1er octobre 2015 à 15h09 - par  lenouard

Je ne suis pas certain aussi que Brassens, Brel et autres chanteurs reconnus aujourd’hui ou en leur temps résistent mieux aux ravages du temps ; la postérité est bien ingrate, injuste ; on a retenu le sonnet d’Arvers pourtant quelconque et on a oublié certains poètes pourtant louables : exemple Louis Emié ou plus récemment Luc Bérimont pour ne citer qu’eux ; alors il en est de même pour la chanson ; Brassens,Brel,Ferrat ; dans un siècle ou deux que restera-t-il de leur nom ? et c’est pareil pour Guy Béart injustement, insufisamment reconnu de son vivant. je dirai même qu’un chanteur de variété comme Claude François a potentiellement plus de chances d’être vivant dans les mémoires dans un siècle que tous les chanteurs « à texte » ; c’est triste mais c’est comme ça.

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BÉART Guy (Guy Béhar-Hassan : 1930-2015)
lundi 28 septembre 2015 à 13h37 - par  lenouard

espérons que la mémoire collective retienne autre chose que son altercation avec Gainsbourg ; Béart vaut mieux que ça ; c’est un chanteur de qualité, auteur et compositeur de grand talent, égal de Brassens ou Brel !!!

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jeudi 1er octobre 2015 à 14h48 - par  lenouard

Je ne suis pas certain aussi que brassens brel et autres chanteurs reconnus aujourd’hui ou en leur temps ? la postérité est bien ingrate, injuste ; on a retenu le sonnet d’Arvers pourtant quelconque et on a oublié certains poètes pourtant louables : exemple Louis Emié ou plus récemment Luc Bérimont pour ne citer qu’eux ; alors il en est de même pour la chanson ; Brassens,Brel,Ferrat ; dans un siècle ou deux que restera-t-il de leur nom ! et c’est pareil pour Guy Béart injustement insufisamment reconnu de son vivant. je dirai même qu’un chanteur de variété comme Claude François a potentiellement plus de chances d’être vivant dans les mémoires dans un siècle que tous les chanteurs « à texte » ; c’est triste mais c’est comme ça.

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lundi 28 septembre 2015 à 19h16 - par  cp

La « Complainte de la Butte » n’est pas l’œuvre du seul Jean Renoir. Un nommé Jean Serge l’a co-écrite, et il a touché des droits bien qu’il n’apparaisse pas dans les tablettes. La script du film a confirmé ce détail. Jean Serge était un homme de théâtre au sens large, et proche du milieu du music-hall.
.
Il y a de longues années la veuve du compositeur Van Parys témoignait sur France Inter au micro de Jean-François Kahn pour rappeler comment Renoir avait dû se battre avec le producteur pour imposer cette chanson. Le producteur Deutschmeister s’époumonant, avec son accent roumain ; « J’ai fait grrrrand film, je veux grrrande musique ! », la musiquette du génial Van Parys ne lui semblant pas à la hauteur des sous qu’il avait mis dans la production…
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Moralité, goguenarde, madame Van Parys suggérait que la chanson avait dû rapporter plus que film ! Ce qui serait injuste, car c’est un chef d’œuvre, le dernier grand film de Jean Renoir.

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lundi 28 septembre 2015 à 18h23 - par  Philippe Landru

Égal de Brassens, et surtout de Brel : je vous laisse la responsabilité de cet avis ;-) . En revanche, mon expérience en ce domaine ne me laisse aucune illusion sur le fait que Béart ne laissera pas grand chose, hormis évidemment pour un cénacle d’amateurs nostalgiques. Bal chez temporel est déjà quasiment oublié, et les rares qui s’en souviennent le rattachent à Patachou. Vive la Rose n’est pas de lui, et la chanson poursuivra sa route sans lui. Quand à l’Eau vive, parions qu’elle restera mais que les générations en feront une chanson enfantine à l’instar d’Au Clair de la Lune (dans le même genre, qui se souviens encore que Colchique dans les prés est une chanson québécoise des années 40 ou que La Complainte de la butte date de 1955, écrite par Renoir lui-même pour son film French Cancan ? ... Béart ne se faisait d’ailleurs pas d’illusions là-dessus. Mais comme l’a superbement dit Trenet :

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l’auteur