La Commune de Paris par ceux qui la firent

mardi 26 février 2013
par  Philippe Landru

La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l’histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l’Assemblée nationale, qui venait d’être élue au suffrage universel masculin, ébaucha pour la ville une organisation proche de l’autogestion. Elle fut une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et à la capitulation de Paris.

De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes monarchiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire. Le régime républicain et la démocratie n’ont été que des expériences passagères.
La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de 1792, ainsi qu’à l’insurrection populaire de juin 1848, sous la Deuxième République, qui a été réprimée de façon sanglante par le gouvernement issu de la Révolution de février 1848.

En grande partie (mais pas uniquement) à partir de plusieurs pages Wikipedia sur le sujet (choisies pour être à fois précises et synthétiques), le but sera de présenter cette page de l’histoire, où le Père Lachaise occupe évidemment une place éminente, sous l’angle de la destination funéraire de ses principaux protagonistes.


Les causes


- Le 4 septembre 1870, à la suite d’une journée d’émeute parisienne, l’Empire est renversé et la République proclamée. Un gouvernement de défense nationale s’installe à l’hôtel de ville de Paris officiellement pour poursuivre la guerre contre les États allemands, dont les troupes occupent le nord du pays. Paris est assiégée et connaît une grave famine au cours de l’hiver 1870-1871. Les Français, humiliés, apprennent que l’Empire allemand a été proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871.


Le gouvernement de défense nationale


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Le Gouvernement de la défense nationale.
De gauche à droite : Adolphe Crémieux, le général Le Flô, Ernest Picard, Martin Fourichon, Jules Favre, [le général Trochu, Gambetta, Dorian, Jules Simon, Joseph Magnin.

Il fut constitué par :
- Le général Louis TROCHU, président. Inhumé au cimetière de La Salle de Tours (37)
- Jules FAVRE aux Affaires étrangères. Inhumé au cimetière Notre-Dame de Versailles (78)
- Léon GAMBETTA à l’Intérieur (jusqu’en février). Inhumé au cimetière du Château de Nice (06) / coeur au Panthéon
- Le Général Adolphe LE FLÔ à la Guerre. Inhumé au cimetière de Ploujean-Morlaix (29)
- Pierre-Frédéric DORIAN aux Travaux publics. Inhumé au Père Lachaise (70ème division)
- Adolphe CRÉMIEUX à la Justice. Inhumé au cimetière Montparnasse (5ème division).
- Emmanuel ARAGO à l’Intérieur (à partir de février). Inhumé au Père Lachaise (4ème division)
- Martin FOURICHON à la Marine et aux Colonies. Inhumé au cimetière de Passy de Paris (12ème division)
- Jules SIMON à l’Instruction publique, aux Cultes et aux Beau-Arts. Inhumé au cimetière Montmartre (21ème division)
- Joseph MAGNIN à l’Agriculture. Inhumé au cimetière de Brazey-en-Plaine (21)
- Ernest PICARD aux Finances. Inhumé au Père Lachaise (8ème division)
- Jules FERRY, secrétaire du Gouvernement. Inhumé au cimetière de Saint-Dié (88).

Furent également membres du Gouvernement, sans ministère :

- Alexandre GLAIS-BIZOIN. Inhumé au cimetière de Cesson de Saint-Brieuc (22)
- Louis-Antoine GARNIER-PAGÈS. Inhumé au Père Lachaise (19ème division)
- Eugène PELLETAN. Inhumé au cimetière des Bois de Saint-Georges-de-Didonne (17)
- Henri ROCHEFORT (démissionnaire en novembre). Inhumé au cimetière Montmartre (17ème division).

Les élections du 8 mars, dominées par le poids du vote rural et bourgeois, portèrent au pouvoir une coalition conservatrice, majoritairement monarchiste, qui mit fin au Gouvernement de la Défense nationale. La nouvelle Assemblée Nationale élut le 13 février Adolphe Thiers chef du gouvernement, en remplacement du général Trochu.


Le gouvernement « légal » d’Adolphe THIERS entre le 18 mars et le 29 mai 1871


- Adolphe THIERS, président de la République. Inhumé au Père Lachaise (55ème division)

- Jules DUFAURE, vice-président du Conseil. Inhumé au cimetière de Grézac (17)

Sont renouvelés : Favre aux Affaires étrangères, Picard à l’Intérieur, Le Flô à la Guerre, Simon à l’Instruction publique et aux Beaux-Arts (voir plus haut).

Nouveaux ministres :
- Louis Pierre-Alexis POTHUAU à la Marine et aux Colonies. Inhumé au Père Lachaise (14ème division).

- Roger SAUBERT de LARCY aux Travaux publics. Mort à Pierrelatte (26), inhumé en un lieu inconnu.

- Félix LAMBRECHT à l’Agriculture et au Commerce. Inhumé sous l’église de Goeulzin (59).

- Augustin POUYER-QUERTIER aux Finances. Inhumé au cimetière monumental de Rouen (76).

- Marc-Antoine CALMON sous secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Inhumé au cimetière de Chateau Renault (37).

- Charles LETELLIER-VALAZÉ sous secrétaire d’Etat à la Guerre. Inhumé au cimetière Montmartre, sa tombe a été reprise.


Les motifs de mécontentement


- La guerre de 1870 a profondément marqué la ville qui a subi un siège très dur et dont la population a souffert de la faim. L’armistice de janvier 1871 paraît insupportable aux Parisiens
- L’attitude du gouvernement n’est pas conciliante, notamment lorsqu’il nomme trois bonapartistes aux postes de :

  • préfet de police : Louis Ernest VALENTIN. Inhumé au cimetière de Saint-Florentin (89),
  • de gouverneur de Paris : le général Joseph VINOY. Inhumé au cimetière de la Miséricorde de Nantes (44).

nominations vécues comme une provocation par les Parisiens. Le 9 mars 1871, le préfet de police interdit les principaux journaux d’extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès.
- Il existe un fossé grandissant, confinant parfois à l’exaspération, entre les provinces et la capitale.
- À Paris, la mixité sociale dans les quartiers, de règle depuis le Moyen Âge, a presque disparu avec les transformations urbanistiques du Second Empire.
- Le nouveau gouvernement se fit une priorité de l’évacuation de l’armée d’occupation allemande ; il vota une loi de finance très restrictive qui déchaîna des émeutes populaires dans la plupart des grandes villes, et provoqua à la mi-mars la proclamation de la Commune de Paris.


Les débuts de la Commune


Le gouvernement fait deux erreurs :
- Thiers organise l’arrestation de BLANQUI qui se reposait chez un ami dans le Lot. De là, il le fait transférer en Bretagne, sous surveillance militaire, avec ordre de tirer en cas d’évasion. (Blanqui fut inhumé dans la 91ème division du Père Lachaise).

- Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris alors qu’il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé à l’époque que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d’enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer. Désarmer les Parisiens, c’est les menacer. Il s’agit de leur soustraire les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent comme leur propriété ces canons qu’ils ont eux-mêmes payés par souscription lors de la guerre contre la Prusse. Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement, évaluant mal l’état d’esprit des Parisiens, envoient au cours de la nuit la troupe sous le commandement du général Lecomte s’emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre.

À Montmartre, au matin, le peuple parisien s’éveille et s’oppose à la troupe venue chercher les canons. Puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Le général Lecomte tente de s’y opposer, ordonne de tirer sur la foule mais ses soldats mettent crosse en l’air. À 9 heures le général est fait prisonnier. Il est rejoint par un autre prisonnier, le général Clément-Thomas, un des commandants de la sanglante répression du soulèvement de juin 1848, qui a été reconnu bien qu’il soit en civil. Un peu partout dans Paris, la population s’en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe.

Les généraux Lecomte et Clément-Thomas sont sommairement exécutés, malgré l’intervention du Comité de vigilance de Montmartre ainsi que du maire du XVIIIe, Clemenceau (inhumé au colombier de Mouchamp (85)).

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Général Claude Lecomte
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Général Jacques Clément-Thomas

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36 rue du chevalier-de-la-Barre
Vue actuelle. Ancienne rue des Rosiers, elle se trouve désormais à l’arrière du Sacré-Coeur.

Les généraux Lecomte et Clément-Thomas furent exposés sur le lieu de leur supplice durant deux jours, puis furent enterrés au cimetière Saint-Vincent de Montmartre, avant de rejoindre le Père Lachaise. Ils reposent dans un imposant monument élevé par souscription nationale, sur une concession gratuite par arrêté préfectoral en date du 25 novembre 1871. Avec l’imposante tombe de Thiers, ce mausolée apparaît à juste titre comme un manifeste de la victoire écrasante de la république conservatrice sur la république sociale. Il fut réalisé en granit par le sculpteur Louis Léon Cugnot.


Les représentants élus du Conseil de la Commune


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Les hommes de la Commune

Après la journée du 18 mars et le retrait sur Versailles des autorités légales, ce fut le Comité central de la garde nationale qui détint le pouvoir de fait dans la capitale. Surpris de cette facile victoire et peu enclin à assumer les responsabilités politiques de la situation, le Comité central décida rapidement d’organiser de nouvelles élections municipales qu’il fixa au 22 mars, reportées au 26 mars. 92 postes de conseillers furent à pourvoir au scrutin de liste par arrondissement.

Parmi les membres finalement élus, je ne présenterai ici que ceux dont le lieu d’inhumation a été identifié, tombe visitée ou non. Pour la liste complète, on pourra se référer à la page Wikipedia afférente.

- Charles AMOUROUX (1843-1885) : ouvrier chapelier, syndicaliste contraint de s’exiler sous le Second empire. Nommé secrétaire du Conseil, il fut chargé des Relations extérieures. Les Versaillais l’arrêtent le 21 mai, mais il réussit à s’évader du ponton en rade de Brest. Repris, il est condamné, en juin 1872, aux travaux forcés à perpétuité et déporté en Nouvelle-Calédonie. En 1878, il participe à la répression de la révolte des Canaques et est gracié en mai 1880. Revenu en France, il devient journaliste. En mai 1885, il fut élu député d’extrême-gauche par le département de la Loire.

Il est inhumé dans la 76ème division du Père Lachaise, sous un médaillon en bronze de Jules Dalou.

- Arthur ARNOULD (1833-1895) : journaliste d’opposition, il se réfugia après la Semaine sanglante en Suisse et ne revint en France qu’après l’amnistie de 1880. Il a écrit L’État et la Révolution.

Crématisé au Père Lachaise.

- Augustin AVRIAL (1840-1904) : ouvrier mécanicien, il fut l’un de ceux qui organisa le coup de force contre Thiers contre l’enlèvement des canons de Montmartre. Pendant la répression, il se réfugia à Londres. De 1874 à 1876, il dirigea une usine de construction mécanique en Alsace, mais il fut expulsé en 1876 et se réfugia en Suisse. Après l’amnistie de 1880, il revint en France, devient contrôleur du matériel à la compagnie des Chemins de fer de l’État. Parallèlement il mena une activité d’inventeur (en particulier un motocycle à pétrole).

Inhumé dans la 91ème division du Père Lachaise. Sa tombe est devenue quasiment illisible.

- Charles BASLAY (1795-1878) : doyen d’âge du Conseil. Il fonda une usine de machine à vapeur, où il essaya d’appliquer les idées de son ami Proudhon sur l’association du capital et du travail. Après la Révolution de 1848, le gouvernement provisoire le nomma Commissaire de la République dans le Morbihan. Il fut élu à l’Assemblée constituante, où il se montra partisan de la répression contre les insurgés de juin 1848. Sous le Second Empire, il se ruina en créant une banque d’échange et d’escompte selon les idées proudhoniennes. Il adhéra en 1866, à l’Association internationale des travailleurs. Délégué de la Commune auprès de la Banque de France, il put se réfugier en Suisse après l’échec de la Commune.

Inhumé en Suisse, il fut rapatrié au Père Lachaise, dans une division qui m’est pour l’instant inconnue.

- Adolphe CLÉMENCE (1838-1889) : Ouvrier relieur, il adhéra à l’Association internationale des travailleurs. Membre de la minorité au sein de la Commune, il vota contre la création du Comité de Salut public. Après la Semaine Sanglante, il se réfugia en Suisse. Il rentra en France en en 1885 et collabora à la Revue socialiste de Benoît Malon.

Inhumé dans une concession provisoire du cimetière parisien de Bagneux (92).

- Jean-Baptiste CLÉMENT : inhumé au Père Lachaise (76ème division).

- Gustave CLUSERET : inhumé à l’ancien cimetière de Suresnes (92).

- Gustave COURBET : inhumé au cimetière d’Ornans (25).

- Frédéric COURNET (1837-1885) : rédacteur au Réveil, il fut chef d’un bataillon de la Garde nationale de Montmartre pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870, mars 1871). Il participa au mouvement insurrectionnel du 31 octobre 1870, contre la politique jugée capitularde du Gouvernement de la Défense nationale. Le 8 février, il fut élu député du XIXe arrondissement de Paris à l’Assemblée nationale. Après le soulèvement parisien du 18 mars, il tenta, avec les autres députés et maires de Paris, une infructueuse conciliation entre les Communards et le gouvernement. Le 26 mars 1871, il fut élu au Conseil de la Commune par le XIXe arrondissement, il démissionna de sa fonction de député.Pendant la Semaine sanglante, il tenta de s’opposer au massacre des otages de la rue Haxo. Réfugié à Londres, il fut condamné à mort par contumace. Il revint en France après l’amnistie de 1880, continua de militer dans les rangs blanquistes et reprit le journalisme.

Il est inhumé dans la 95ème division du Père Lachaise. Sa tombe est ornée d"un buste en bronze par Marguerite Syamour.

- Charles DELESCLUZE (1809-1871) : après avoir joué un rôle éminent dans la révolution de juillet en 1830, il fut poursuivi pour complot républicain et forcé, en 1836, de se réfugier en Belgique. Après la révolution de février 1848, il proclama la République à Valenciennes : en retour, le gouvernement provisoire le nomma commissaire de la République pour le département du Nord. Il s’installa à Paris, où il lança le journal La Révolution démocratique et sociale. Condamné pour ses articles à la prison, il connut l’île du Diable, séjour des détenus politiques. Revenu en France, très affaibli physiquement mais toujours aussi combatif, il s’attela aussitôt à une nouvelle entreprise : la publication d’un journal radical, Le Réveil, qui affirmait les principes de l’Association internationale des travailleurs plus connue sous le nom d’« Internationale » : il fut l’un des principaux journaux d’opposition au Second Empire. Élu en novembre 1870 maire du XIXe arrondissement, il démissionna le 6 janvier 1871, appelant à « la lutte armée contre les capitulards » (c’est-à-dire le gouvernement de la Défense nationale). Membre du Conseil de la Commune, il donna sa démission de député. Lors de l’entrée des Versaillais dans Paris, il en appela le 24 mai à une guerre des quartiers. Le lendemain, désespéré, il ne fit rien pour éviter la mort sur une barricade au Château-d’Eau, ne voulant en aucun cas « servir de victime ou de jouet à la réaction victorieuse ».

Il repose dans la 49ème division du Père Lachaise.

- Louis Simon DEREURE (1838-1900) : crématisé au Père Lachaise, ses cendres furent placées dans la case 1262 qui fut reprise.

- Emile EUDES : inhumé au Père Lachaise (91ème division).

- Théophile FERRÉ : inhumé au cimetière de Levallois-Perret (92)

- Gustave FLOURENS : inhumé au Père Lachaise (66ème division).

- Leo FRÄNKEL (1844-1896) : orfèvre, militant syndicaliste et socialiste d’origine juive et hongroise, il s’installe à Paris comme ouvrier-bijoutier et représenta la section allemande de l’Internationale. Condamné en 1870 à deux mois de prison pour complot et appartenance à une société secrète, il fut libéré par la révolution du 4 septembre et devint membre de la Garde nationale. Il échoua en 1871 dans sa candidature de député socialiste révolutionnaire mais fut élu au Conseil de la Commune. Pendant la Semaine sanglante, il fut blessé sur une barricade de la rue du Faubourg-Saint-Antoine et sauvé par Élisabeth Dmitrieff, fondatrice de l’Union des Femmes. Il réussit à échapper aux soldats versaillais, se réfugia en Suisse puis en Angleterre, et fut condamné à mort par contumace.
En Angleterre, il rejoignit Karl Marx et l’Internationale. Il voyagea dans ce cadre en Europe et en particulier en Hongrie où il organisa le Parti ouvrier. En 1890, il revint en France et participa au Congrès fondateur de la Deuxième internationale. Son corps fut finalement transféré à Budapest en 1968.

Il repose, selon sa volonté, enveloppé dans un drapeau rouge, dans la 96ème division du Père Lachaise. Sa tombe, sur une concession gratuite, a été financée par une souscription internationale des Socialistes d’Allemagne, d’Autriche et de Hongrie.

- Pascal GROUSSET : inhumé au Père Lachaise (89ème division).

- Fortuné HENRY (1821-1882) : Considéré comme l’une des figures les plus marquantes de la Commune, il est pourtant méconnu. Ouvrier gagné aux idées fouriéristes, il collabora à plusieurs journaux de cette tendance, écrivant des poèmes dans lesquels il exprimait ses convictions philosophiques, sociales et politiques . Installé à Paris en 1846, il combattit sur les barricades en 1848. Il fut ensuite interné à Sainte-Pélagie. En 1867, il fonda avec les militantes féministes Louise Michel et Marguerite Tinayre la Société des équitables de Paris, une société coopérative de consommation et d’éducation.
Il prit évidemment part à la Commune : élu au Conseil municipal, il ne fut pas un extrémiste et demanda la reprise des négociations avec Versailles, puis il se radicalisa et participa à la destruction de la colonne Vendôme sur les ruines de laquelle il prononce un discours vengeur contre Versailles. Le lendemain il vote pour la mise en exécution du décret des otages. Pendant la Semaine sanglante, il fut l’un des derniers à combattre. Le 27 mai il combattait encore rue Haxo à Belleville puis il parvint à échapper à la répression versaillaise en se déguisant en peintre en bâtiment. Il se réfugia en Espagne sans abandonner ses idéaux révolutionnaires. Il revint en France après l’amnistie de 1880. Ses fils devinrent, à l’image de Emile Henry, guillotiné pour avoir commis plusieurs attentats, des anarchistes célèbres.

Il fut inhumé au cimetière d’Ivry (où sa tombe devint un lieu de pèlerinage du mouvement ouvrier), puis son épouse s’installa à Brévannes (94) où elle fit transférer la dépouille de son époux au cimetière de Brévannes, où sa tombe semble avoir disparu.

- Gustave LEFRANÇAIS (1826-1901) : enseignant empêché d’enseigner en raison de ses idées politiques, il participa à l’insurrection du 31 octobre 1870 contre le Gouvernement de la Défense nationale, ce qui lui valut la prison. Pendant la Semaine sanglante, il combattit sur les barricades et parvint à se réfugier à Genève. Il fut condamné à mort par contumace. Il collabora ensuite à divers journaux anarchistes et devint un des collaborateurs d’Élisée Reclus. Il rentra en France après l’amnistie de 1880. Eugène Pottier lui dédia son poème L’Internationale.

Il repose dans la 76ème division du Père Lachaise, son médaillon en bronze étant de Louis Dejean.

- Charles LONGUET : inhumé au Père Lachaise (76ème division).

- Benoît MALON (1841-1893) : militant ouvrier d’origine modeste mais éduqué, il adhéra en 1865 à l’Association internationale des travailleurs, d’obédience marxiste. Devenu un des dirigeants de cette organisation, il connut plusieurs fois la prison. Pendant le Siège de Paris, il organisa avec Eugène Varlin l’assistance publique pour les Parisiens les plus pauvres. Maire-adjoint du 18e arrondissement, il fut en février 1871 élu député socialiste révolutionnaire de la Seine, mais il démissionna, avec Victor Hugo et d’autres députés républicains, pour protester contre la cession de l’Alsace-Lorraine. Elu au Conseil de la Commune, devenu maire de l’arrondissement des Batignolles, il organisa la défense pendant la Semaine sanglante. Après la Semaine sanglante, il s’exila à Lugano, en Suisse, puis en Italie, où il participa au mouvement ouvrier. Lors de cet exil, il devint le compagnon de la féministe André Léo. Rentré en France après l’amnistie de 1880, il présida le congrès socialiste de Saint-Étienne (1882), qui vit la rupture entre réformistes (possibilistes) menés par Paul Brousse, dont il faisait désormais partie, et guesdistes (« marxistes »). Socialiste indépendant, il publia de nombreux ouvrages, dont Le Socialisme intégral (1891), qui influença toute une génération de militants.

À sa mort, 10 000 personnes accompagnèrent son corps au cimetière du Père Lachaise. Crématisé, ses cendres reposèrent un temps dans la case 1167 du columbarium avant d’être transférées en 1913 dans le monument érigé face au Mur des Fédéré, dans la 76ème division de ce même cimetière. Le bas-relief en marbre est une oeuvre de Albert Bartholomé.

- Jules MIOT (1809-1883) : pharmacien, il fut élu député de la Nièvre à l’Assemblée législative en 1849. Déporté en Algérie à la suite du coup d’État de 1851, gracié en 1860, il fonda à Paris le journal Le Modéré et une société secrète anti-bonapartiste. De nouveau arrêté et emprisonné, il s’installa à Londres où il adhère à l’Association internationale des travailleurs. Il revint à Paris après la proclamation de la Troisième République. Elu au Conseil de la commune par le XIXe arrondissement, il eut l’idée du Comité de Salut public en 1871. Après la Semaine sanglante, Jules Miot se réfugia en Suisse. Rentré en France après l’amnistie de 1880, il finit son existence en menant une vie discrète de rentier.

Il repose dans la 52ème division du Père Lachaise.

- Henri MORTIER (1843-1894) : ouvrier tourneur sur bois blanquiste, il fut membre de l’Association internationale des travailleurs. Il fut élu au Conseil de la Commune de Paris par le XIe arrondissement. Après la Semaine sanglante il se réfugia à Londres où il continua de militer dans les rangs blanquistes.

Il repose dans la 76ème division du Père Lachaise.

- Ulysse PARENT (1828-1880) : dessinateur en objets d’art, militant républicain opposé au Second Empire, il fut nommé maire adjoint du 9e arrondissement pendant le siège de Paris par les Allemands. Elu au Conseil de la Commune le 26 mars, il en démissionna le 5 avril. Arrêté pendant la Semaine sanglante, il fut accusé d’avoir incendié le quartier de la Bourse, mais fut acquitté. À sa mort, il était conseiller municipal de la ville de Paris.

Inhumé au Père Lachaise dans une concession gratuite, division inconnue.

- Eugène POTTIER : inhumé au Père Lachaise (95ème division).

- Eugène PROTOT (1839-1921) : avocat défenseur des opposants au Second Empire (ce qui lui valut la prison), il fut appelé par le Conseil de la Commune pour devenir le délégué de la Justice : il entama une ambitieuse réforme de celle-ci, afin de lui enlever son caractère aristocratique. Il combattit sur les barricades pendant la Semaine sanglante. Blessé il parvint à s’échapper et se réfugia en Suisse. Il revint en France après l’amnistie de 1880, mais le conseil de l’ordre des avocats refusa sa réintégration au barreau. Adversaire déterminé de Jules Guesde et des marxistes, son combat se cristallisa contre la célébration de la Fête du Travail (1er mai) par les socialistes marxistes du Parti ouvrier français.

Il fut inhumé dans son village natal de Carisey (89), non pas au cimetière mais dans une propriété privée au bord d’un chemin.

- Félix PYAT : inhumé au Père Lachaise (46ème division).

- Arthur RANC (1831-1908) : journaliste et essayiste politique, républicain et révolutionnaire, il était en 1851 sur les barricades pour s’opposer au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il fut nommé maire du IXe arrondissement de Paris. Pendant le siège de la capitale, il rejoignit en ballon monté Léon Gambetta qui anima une délégation du Gouvernement de la Défense nationale à Tours. Il participa brièvement à la Commune de Paris avant de s’en éloigner. Elu en juillet 1871 au conseil municipal de Paris avec son ami Clemenceau, il dut néanmoins s’exiler en Belgique après une condamnation, en 1873, par le Conseil de guerre. Amnistié en 1880, il fut ensuite élu député puis sénateur, fondant notamment la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen dans le contexte de la menace boulangiste. De 1905 à 1908, il remplaça Clemenceau à la direction du Journal l’Aurore.

Il fut inhumé au Père Lachaise (36ème division).

- Raoul RIGAULT (1846-1871) : blanquiste, il devint à la suite de la révolution du 4 septembre 1870 et de la proclamation de la République, commissaire chef de la police politique. Il prit part aux soulèvements d’octobre 1870 contre le Gouvernement de la Défense nationale. Après le début du soulèvement communaliste, il fut nommé à la tête de la préfecture de police, puis fut élu au Conseil de la Commune par le VIIe arrondissement. Il fut le responsable de l’arrestation des otages, parmi lesquels Georges Darboy, archevêque de Paris, et de nombreuses perquisitions dans les églises de la capitale. Pendant la Semaine sanglante, il se combattit en grand uniforme au Quartier latin. Il fut abattu à bout portant par un officier versaillais qui le prit pour un officier communard. Des soldats dépouillèrent son cadavre et des passants l’outragèrent.

Les sources ne sont pas claires : il semblerait que sa dépouille ait été inhumée au cimetière Montmartre, peut-être anonyme au milieu des autres communards tués.

- Jean-François Eugène ROBINET : inhumé au Père Lachaise (20ème division).

- Louis Augustin ROGEARD (1820-1896) : opposant au Second Empire, ses pamphlets l’obligèrent à partir en exil. Il revint en France après la proclamation de la République en septembre 1870 et fut élu au Conseil de la Commune par le VIe arrondissement. Après la Semaine sanglante, il se réfugia en Alsace puis à Vienne, et en Hongrie. Il ne revint en France qu’après l’amnistie de 1880. Il parvint à redevenir professeur mais vécut dans la pauvreté.

Il fut inhumé dans la 95ème division du Père Lachaise, mais il semble que sa tombe ait été reprise.

- Albert THEISZ (1839-1881) : Ouvrier ciseleur sur bronze, adhérent de l’Association internationale des travailleurs depuis 1867, il anima la grève des ouvriers bronziers parisiens de 1867. Le 26 mars 1871 il fut élu au Conseil de la Commune, par les XIIe et XVIIe arrondissements. Il combattit sur les barricades pendant la Semaine sanglante, puis se réfugia à Londres. Il profita de l’amnistie de 1880 pour rentrer à Paris, où il mourut peu après.

Inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen, il fut transféré au Père Lachaise dans une division qui m’est pour l’instant inconnue.

- Raoul URBAIN (1837-1902) : instituteur, il occupa durant le soulèvement du 18 mars 1871 la mairie du VIIe arrondissement. Le 26 mars 1871, il fut élu au Conseil de la Commune par le VIIe arrondissement. Il se montra partisan résolu de l’exécution des otages. Après la Semaine sanglante, il fut arrêté et condamné aux travaux forcés à perpétuité par le conseil de Guerre. Il revint à Paris après l’amnistie de 1880, et s’occupa du mouvement coopératif.

Il repose dans la 90ème division du Père Lachaise. La plaque indiquant son identité a disparu. Le médaillon en bronze qui orne sa tombe (et permet ainsi de l’identifier) est de H. Cuzin.

- Edouard VAILLANT : inhumé au cimetière-ville de Vierzon (18).

- Jules VALLÉS : inhumé au Père Lachaise (66ème division).

- Eugène VARLIN (1839-1871) : ouvrier relieur, il adhéra à la section parisienne de l’Association internationale des travailleurs dont il devint un des dirigeants. Quelque temps emprisonné au début de 1870, il se réfugia en Belgique, d’où il ne rentra qu’à la chute de l’Empire. Commandant de la Garde nationale parisienne, il appartint au Comité central provisoire des vingt arrondissements de Paris, puis fut élu membre de la Commune de Paris. Pendant la Semaine sanglante, il tenta en vain de s’opposer à l’exécution des otages de la rue Haxo, et participa aux combats à Belleville.
Le 28 mai, au dernier jour de la Semaine sanglante, reconnu par un prêtre rue Lafayette, il fut arrêté et amené à Montmartre où il fut lynché, éborgné par la foule et, finalement fusillé à l’endroit même où l’avaient été Lecomte et Thomas. Il fut sans doute avec Louise Michel l’une des figures centrales de la Commune.

Il ne possède pas de tombeau et repose en une fosse commune inconnue.

- Auguste VERMOREL (1841-1871) : journaliste, il publia un certain nombre d’écrits à portée révolutionnaire et dirigea des journaux. il connu plusieurs fois la prison, puis fut élu au Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement. Pendant la Semaine sanglante, il combattit sur les barricades où il fut grièvement blessé le 25 mai 1871. Il fut transféré comme prisonnier à Versailles, où il mourut lentement faute de soins.

Sa mère rapporta sa dépouille dans le cimetière de son village natal de Denicé (69).


Rapidement, le Conseil de la Commune se divise en « majorité » et « minorité » :
- les majoritaires sont les jacobins, les blanquistes et les indépendants ; pour eux, le politique l’emporte sur le social ; se voulant les continuateurs de l’action des « montagnards » de 1793, ils ne sont pas hostiles aux mesures centralisatrices, voire autoritaires ; ils voteront cependant toutes les mesures sociales de la Commune ;
- les minoritaires sont les radicaux et les « internationalistes » proudhoniens ; ils s’attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires ; ils sont les partisans de la République sociale.

Ces tendances se cristallisent le 28 avril à propos de la création d’un Comité de Salut public, organisme que les minoritaires refusent comme contraire à l’aspiration démocratique et autonomiste de la Commune. Les majoritaires en imposent la création

Dès le 29 mars, le Conseil de la Commune forme en son sein dix commissions : exécutive, militaire, subsistances, finances, justice, sûreté générale, travail, industrie et échanges, services publics et enseignement.

Le 21 avril le Conseil décide de nommer un membre de la commission exécutive « délégué » auprès de chacune des neuf autres commissions pour en diriger les travaux.
- Gustave Cluseret (voir plus haut) : délégué à la Guerre (remplacé le 1er mai par Louis Rossel (inhumé au cimetière protestant de Nîmes (30), lui-même remplacé le 10 mai par Charles Delescluze (voir plus haut)
- Eugène Protot (voir plus haut) : délégué à la Justice
- Auguste Viard (lieu de décès inconnu) : délégué aux Subsistances
- Édouard Vaillant (voir plus haut) : délégué à l’Enseignement ;
- Raoul Rigault (voir plus haut) : délégué à la Sûreté générale (où il fut remplacé le 24 avril par Frédéric Cournet (voir plus haut) , puis le 13 mai par Théophile Ferré (voir plus haut)
- Léo Fränkel (voir plus haut) : délégué au Travail, à l’Industrie et aux Échanges
- Jules Andrieu (lieu de décès inconnu) : délégué aux Travaux publics.

La Commune administre Paris jusqu’au 20 mai. Des nombreuses mesures prises et appliquées pendant les 70 journées d’une activité législatrice considérable, la plupart seront abolies après sa destruction. Certaines ne seront reprises par la République que plusieurs décennies plus tard.


Quelques figures de la Commune


Honneurs aux dames, dont la Commune fut l’une des étapes historiques de l’émancipation, et qui ne déméritèrent point... Malheureusement, il est souvent difficile de connaître leur lieu de repos

- Victorine BROCHER (1838-1921) : ouvrière, elle intégra avec son mari le bataillon pour la défense de la République, et fut en charge du mess des officiers mais bien vite, étant donné les combats, elle reprit ses fonctions d’ambulancière. Elle combattit sur les barricades pendant toute la semaine sanglante. Arrêtée, elle fut condamnée à mort comme incendiaire de la Cour des Comptes. Elle parvint à se réfugier en Suisse, puis revint à Paris en 1878 où elle prit part au mouvement anarchiste. Elle se remaria à Lausanne en 1887 avec Gustave brocher. Ils adoptèrent cinq orphelins de la Commune. Elle fut en 1890 institutrice dans une Ecole libre initiée par Louise Michel. En 1909, elle publia ses mémoires sous le titre Souvenirs d’une morte
vivante
. Elle mourut à Lausanne

J’ignore où elle fut inhumée.

- Elisabeth DMITRIEFF (Elizaveta Loukinitcha Koucheleva : 1851- 1910) : fille illégitime d’un officier tsariste, elle milita très jeune dans les cercles socialistes de Saint-Pétersbourg. En 1868, elle émigra en Suisse où elle participa à la fondation de la Section russe de l’Internationale Ouvrière. Déléguée à Londres, elle se lia à Karl Marx qui l’envoya en mission d’information à Paris en mars 1871, comme représentante du Conseil général de l’Internationale. Âgée de vingt ans, elle devint avec Nathalie Lemel, une des animatrices les plus actives de l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Membre du Comité Central de l’Union des Femmes, elle prit activement part sur les barricades du Faubourg Saint-Antoine, aux combats de rue de la semaine sanglante. On ignore comment elle réussit à échapper aux troupes versaillaises, à s’enfuir de France et à regagner la Russie en octobre 1871. Elle y épousa un condamné politique, afin de lui éviter la peine de mort. Elle le suivit en déportation en Sibérie où elle termina ses jours en 1910.

J’ignore où elle fut inhumée.

- Anna JACLARD (1844-1887) : fille d’un Général russe, elle fut demandée en mariage par Dostoievski, mais elle déclina et préféra se rendre à Paris pour étudier la question sociale. Elle fréquenta les milieux blanquistes et en épousa un de leurs plus actifs militants, Victor Jaclard. Elle adhéra à la Section russe de l’Internationale, et ce fut vraisemblablement elle qui traduisit en français le message inaugural de Marx à la Première Internationale. Sous la Commune, elle fonda avec André Leo, le journal « La Sociale », et fut également membre du Comité de Vigilance de Montmartre dans lequel elle milita aux côtés de Louise Michel et de Paule Minck. Elle échappa aux Versaillais et fut condamnée par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Réfugiée en Suisse puis en Russie avec son mari, ils rentrèrent tous deux en France après l’amnistie et continuèrent à y militer.

Elle fut inhumée à l’ancien cimetière de Neuilly (92).

- Nathalie LEMEL (1827-1921) : militante socialiste, elle adhéra à l’Internationale socialiste en 1865. Elle se fit connaître lors des grèves par son éloquence et son opiniatreté, et fut élue déléguée syndicale, fait exceptionnel pour l’époque. Elle se battit notamment pour la parité des salaires entre hommes et femmes. Dès le début de la Commune, elle fut très active dans les clubs des femmes. Avec Elisabeth Dmitrieff, elle fonda l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Pendant la Semaine sanglante, elle fut sur les barricades du côté de la place Blanche et plus particulièrement celle de la rue Pigalle. En plus de se battre contre la troupe, elle soignait également les blessés. Après la défaite de la Commune, le Conseil de guerre la condamna à la déportation et à l’enfermement au bagne de Nouvelle-Calédonie. Elle refusa la grâce demandée pour elle aux autorités par ses amis. Elle fut embarquée dans le même convoi qu’Henri Rochefort et Louise Michel. Lorsqu’il a été question de séparer le lieu de déportation des femmes, Nathalie Lemel et Louise Michel s’y sont fortement opposées. Les deux femmes partagèrent en déportation la même cabane. Il lui fallut attendre la loi d’amnistie de 1880 avant d’être libérée et de revenir en métropole. Elle trouva un emploi au journal L’Intransigeant et poursuivit la lutte pour la condition féminine.
Elle mourut dans la misère et atteinte de cécité à l’hospice d’Ivry-sur-Seine.

J’ignore où elle fut inhumée.

- André LEO : inhumée au cimetière d’Auteuil de Paris (75).

- Louise MICHEL bien évidemment ! inhumée quelques jours au cimetière Saint-Pierre de Marseille (13), elle fut transférée au cimetière de Levallois-Perret (92)

- Paule MINCK : sa crémation au Père-Lachaise donna lieu à une importante manifestation rassemblant socialistes, anarchistes et féministes, et se termina par des affrontements avec la police. Ses cendres furent déposées dans la case 1029, mais celle-ci fut relevée.


Quelques autres figures de communards, dont les tombeaux sont connus.

- Jean ALLEMANE (1843-1935) : ouvrier, organisateur de la chambre syndicale des typos parisiens, il participa dès le début à la Commune durant laquelles, officier fédéré, il combattit notamment du 18 mars jusqu’à la « Semaine Sanglante » dans son arrondissement du Quartier Latin. Caché à Belleville mais rapidement dénoncé, arrêté, Allemane fut condamné au bagne de Nouvelle-Calédonie. Il rentra en métropole suite à l’amnistie. Typographe dans l’imprimerie de l’Intransigeant d’Henri Rochefort, il adhéra ensuite au Parti Ouvrier, fondé la même année par Jules Guesde. Il suivit rapidement avec Jean-Baptiste Clément les « Possibilistes » de Paul Brousse . Allemane incarna la lutte active contre le boulangisme (1886-1889). Il fonda après 1890 son propre mouvement, le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) qui préconisait la grève générale comme moyen d’action révolutionnaire. En 1902 fut fondé le Parti socialiste français (PSF), avec Jean Jaurès comme porte-parole, fusion des socialistes indépendants, de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) de Paul Brousse et du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) d’Allemane. Jean Allemane, dreyfusard déclaré, fut député de 1901 à 1902, puis encore de 1906 à 1910, pour le XI° arrondissement de Paris. Lors de ce deuxième mandat, il représenta la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dans laquelle s’est fondu le parti ouvrier en 1905. Personnage singulier, Jean Allemane incarna un mouvement syndical et politique original, non marxiste, qui a joué un rôle dans la genèse du mouvement socialiste français.

Mort en 1935, il fut l’un des derniers communards. Inhumé au Père Lachaise (89ème division). Sa tombe a été récemment dotée d’une plaque par le Grand Orient de France.

- Camille BARRÈRE : inhumé au cimetière de Passy (7ème division).

- Henri BRISSAC : crématisé, ses cendres se trouvaient dans la case 2184, mais il semble qu’elle ait été reprise (la plaque actuelle, en ciment, est anonyme).

- Paul BROUSSE : inhumé au Père Lachaise (76ème division)

- Zéphirin CAMÉLINAT (1840-1932) : ouvrier ciseleur de profession, il adhéra à ’l’Internationale ouvrière" et fut nommé par la Commune directeur des postes puis directeur de la monnaie. Sa gestion de l’argent fut un exemple de rigueur et d’honnêteté. Pendant la Semaine sanglante, il combattit sur les barricades, échappa aux Versaillais, se réfugia en Angleterre et fut amnistié en 1879. De retour en France en 1880, il contribua à la renaissance du socialisme et participa à la formation de la SFIO. Député de Paris (1885-1889), trésorier de la SFIO, il se rallia aux majoritaires communistes du Congrès de Tours en 1920, favorisant la naissance du communisme en France. En 1924, à l’âge de 84 ans, il fut le premier candidat communiste à l’élection présidentielle et obtint 21 voix sur l’ensemble des députés et des sénateurs.

Il repose dans le cimetière de son village natal de Mailly-la-Ville (89).

- Le sculpteur Charles-Romain CAPELLARO : inhumé dans la 81ème division du Père Lachaise.

- Charles Louis CHASSIN (1831-1901) : historien, spécialiste de la Révolution et en particulier des guerres de Vendée, ce proche de Vallès (qui en fit un personnage dans le Bachelier) fut toute sa vie un révolutionnaire. Acteur de la Commune, il fut arrêté dès le début avril, ce qui lui valut certainement d’échapper à la mort.

Inhumé au Père Lachaise (92ème division), il semblerait que sa tombe ait disparu.

- Emmanuel CHAUVIÈRE : crématisé au Père Lachaise, ses cendres furent déposées dans la case 2655 du columbarium. Elle a été reprise depuis.

- Eugène CLERAY (1828-1882) : insurgé en 1848, transféré en Algérie puis gracié en 1854, il cacha Blanqui chez lui après les évènements de la Villette en juillet 1870 puis lors de la journée du 31 octobre.
Il fut élu adjoint au maire du 3ème arrondissement en novembre 1870, puis conseiller municipal de 1873 à 1877.

Inhumé dans la 71ème division du Père Lachaise, sous un buste de Ferdinand Taluet.

- Jean-Baptiste DUMAY : crématisé, ses cendres se trouvent toujours dans la case 5562 du columbarium. Il est sans doute l’un des rares communards dont les cendres aient été conservées au columbarium du Père Lachaise.

- Pascal FABEROT (1834-1908) : né en Espagne, il devint ouvrier chapelier et milita de bonne heure dans les mouvements socialistes. Sous la Commune, il participa dans les rangs des Fédérés à la prise de la caserne Lobau et de l’Hôtel de Ville. Il s’inscrivit après 1880 dans le courant socialiste allémaniste. Il fut député de la Seine de 1893 à 1898.

Inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen, puis transféré au Père Lachaise (76ème division), il semble que sa tombe ait disparu.

- Jules JOFFRIN : inhumé dans la 95ème division du Père Lachaise.

- Pierre LAVROFF (1823-1900) : écrivain russe, mathématicien, philosophe et sociologue, le colonel qu’il était fut destitué en raison de ses affinités avec les socialistes révolutionnaires et fut contraint de s’exiler en France en 1870, juste avant la Commune dont il fut un des délégués à Bruxelles et à Londres. Il se réfugia ensuite à Genève. Revenu en France, il fut expulsé en 1882 pour avoir créé une société de secours aux prisonniers politiques et déportés russes.

Inhumé dans la 27ème division du cimetière Montparnasse sous un bloc de granit rouge.

- Maxime LISBONNE : inhumé au cimetière de la Ferté-Allais (91)

- Prosper Olivier LISSAGARAY : crématisé au Père Lachaise (plus de 2000 personnes assistèrent à cette crémation), ses cendres furent déposées dans la case 1385 du columbarium. Elle a été reprise depuis.

- Louis LUCIPIA (1843-1904) : Journaliste d’opposition sous l’Empire, capitaine pendant le premier siège de Paris, il prit part à la Commune et collabora au Cri du peuple de Jules Vallès et au Père Duchesne. Déporté en 1870 en Nouvelle Calédonie, il revint en 1880 à la suite de l’amnistie générale. Il devint alors rédacteur dans plusieurs journaux. De 1890 à 1900, il fut conseiller municipal de Paris. En 1900, il fut nommé directeur de l’asile d’aliénés de Villejuif.

Inhumé au Père Lachaise (89ème division), le buste en bronze par Jean Boucher qui ornait sa tombe se trouve désormais à la Conservation.

- Auguste OKOLOWICZ (1837-1891) : Chanteur, fils de réfugiés polonais, il fut en 1870 capitaine de la Légion des Volontaires de la France. Sous la Commune, il commanda un bataillon de la Garde nationale. Membre de l’Etat-major de Dombrowski, il fut blessé, fait prisonnier, mais s’évada. Ses quatre frères servirent sous le siège de Paris et la Commune : Georges fut tué à la bataille d’Artenay, Charles fusillé, Ferdinand déporté, Edouard exilé.

Il repose au Père Lachaise (79ème division).

- Ernest PICHIO (1840-1898) : peintre portraitiste, il exposa dans les Salons. En 1870, il y envoya son oeuvre la plus connue et emblématique : La mort du député Baudin sur les barricades. Républicain, il se battit sur les barricades de la Commune et fit par la suite plusieurs évocations du drame de la répression, comme Le Triomphe de l’ordre ou encore La Veuve du fusillé.

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La mort d’Alphonse Baudin

Il reposait dans une tranchée gratuite dans la 76ème division du Père Lachaise, sous un buste de Garraud, mais il y a bien longtemps que sa tombe a disparu.

- Onésime PRUDENT-DERVILLERS (1849-1896) : Ouvrier tailleur, il participa à la Commune de Paris. Membre du Parti ouvrier, conseiller municipal de Paris, il fut député de la Seine de 1893 à sa mort.

Inhumé dans une concession gratuite du Père Lachaise (76ème division). Une photo, hélas disparue, ornait autrefois sa tombe (empreinte).


On peut également citer quelques personnalités qui s’illustrèrent dans la Commune même si elle ne fut pas l’essentiel de leur parcours : l’écrivain Henri Baüer, fils naturel d’Alexandre Dumas, qui fut officier des troupes communardes et qui fut déporté en Nouvelle Calédonie (inhumé au cimetière de Charonne à Paris) ; le sculpteur communard Jules Dalou, qui fut officier des Fédérés, administrateur du Louvre durant la Commune, et contraint à l’exil après mai (inhumé au cimetière Montparnasse) ; le dessinateur André Gill, qui fut administrateur du Musée du Luxembourg sous la Commune (inhumé au Père Lachaise) ; le socialiste Jules Guesde, dont la Commune fut un jalon important du parcours politique (cendres au columbarium du Père Lachaise) ; Victor Hugo, qui désapprouva avec force la répression des communards (inhumé au Panthéon) ; le peintre Edouard Manet, qui se désolidarisa des excès de la Commune mais regarda avec horreur le caractère sauvage de la répression : il peignit plusieurs toiles représentant les victimes des barricades (inhumé au cimetière de Passy) ; le géographe anarchiste Elisée Reclus, engagé volontaire

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Tombe des frères Reclus à Ixelles.
Il semble qu’en réalité, ils aient été tous les deux inhumés dans une fosse commune du cimetière, selon leur volonté. Ultérieurement, cette plaque avec leur identité signala leur présence à cet endroit. Ils ne figurent pas, malgré leur importance, dans les listes et autres guides des célébrités des cimetières.

dans la Garde nationale, et arrêté dès avril 1871 par les Versaillais, condamné ensuite au bannissement (inhumé au cimetière d’Ixelles de Bruxelles, en Belgique), son frère l’ethnologue Elie Reclus, brancardier puis directeur de la Bibliothèque nationale durant la Commune, condamné par contumace mais exilé à l’étranger (inhumé avec son frère, dans la même tombe, au cimetière d’Ixelles en Belgique) ; le poète Arthur Rimbaud, qui accueillit avec enthousiasme la Commune qu’il célébra dans son oeuvre (inhumé au cimetière de Charleville-Mézières (08)), ou encore Paul Verlaine qui partagea assez ses sympathies pour les Fédérés pour devoir se cacher après la Semaine sanglante (inhumé au cimetière des Batignolles à Paris).


La semaine sanglante


La Semaine sanglante, du 22 au 28 mai 1871, est l’épisode final de la Commune de Paris, où celle-ci est écrasée et ses membres exécutés en masse.

Les belligérants principaux : du coté des Versaillais

- Patrice de MAC MAHON (1808-1893) : deux ans avant d’être élu président de la République par la majorité monarchique et conservatrice, il fut nommé en 1871 à la tête de l’armée dite « versaillaise » qui réprima sévèrement la Commune de Paris en tuant 30 000 personnes, emprisonnant 38 000 et déportant au bagne 7 000 autres. Inhumé en la crypte des Invalides.

- Paul de LADMIRAULT (1808-1898) : général français, il participa activement à la conquête de l’Algérie, puis aux guerres du Second Empire (campagne d’Italie). Sénateur du Second Empire, il dirigea la répression contre la Commune. Nommé Gouverneur militaire de Paris en 1871, il siègea au sein du Conseil supérieur de la guerre, et succèda à Mac Mahon à la tête de l’armée de Versailles.

Inhumé au cimetière de Sillars (86).

- Ernest COURTOT de CISSEY : inhumé dans la 21ème division du Père Lachaise.

- François-Charles du BARAIL : inhumé dans l’ancien cimetière de Meaux (77).

- Félix DOUAY (1816-1879) : Il fut le premier à entrer dans Paris, comme commandant du 4e corps d’armée organisé pour marcher contre la Commune, et sauva le Louvre de la destruction.

Inhumé au cimetière Montparnasse (1ère division).

- Justin CLINCHANT (1820-1881) : général français, il s’illustra à la bataille de Solférino, puis dans la campagne du Mexique et dans la guerre contre la Prusse (où il fut le principal adjoint de Bourbaki). Il se mit ensuite à la disposition du gouvernement de la défense nationale. De retour à Versailles, il reçut le commandement du 5e corps d’armée chargé de liquider la Commune de Paris. En reconnaissance des services rendus, le gouvernement d’Adolphe Thiers le nomma gouverneur militaire de Paris, poste qu’il devait conserver jusqu’à sa mort en 1881.

Inhumé dans la 49ème division du Père Lachaise.

- Joseph VINOY (1800-1880) : gouverneur militaire de Paris, contre l’avis de plusieurs membres du gouvernement de la Défense nationale, il entreprit les premiers pourparlers de capitulation. Il fut au cours de la Commune de Paris à la tête d’un corps d’armée versaillais. Il s’opposa à la sortie des communards qui pensaient prendre Versailles et, le 4 avril, ordonna de fusiller certains des officiers capturés, dont le général Duval, son chef d’état-major et le commandant des volontaires de Montrouge. Cet exemple donné par le commandant en chef de l’armée de Versailles fit des émules dans son armée. Il s’empara le 23 mai du Palais des Tuileries en flammes et du Louvre.

Inhumé au cimetière de la Miséricorde de Nantes (44).

- Gaston de GALLIFET, le « massacreur de la Commune » : inhumé dans la 21ème division du cimetière Montparnasse.

Les belligérants principaux : du coté des Communards

- Charles DELESCLUZE (voir plus haut)

- Paul Antoine BRUNEL (1830-1904) : officier, il prit part pendant le siège de Paris par les Allemands au soulèvement blanquiste (octobre 1870) contre le gouvernement de la Défense nationale. Le 18 mars 1871, au début du soulèvement des Parisiens contre le gouvernement, il s’empara de la caserne Prince-Eugène. Le 24 mars 1871, il fut nommé général de la Commune. Elu au Conseil de la Commune, il fut chargé de la difficile réorganisation de la défense du fort d’Issy. Grièvement blessé au combat pendant la Semaine sanglante, il parvint à se réfugier en Angleterre. Il y resta et devint professeur à l’école navale de Dartmouth.

Inhumé en un lieu inconnu.

- Emile EUDES : inhumé au Père Lachaise (91ème division).

- Emile Victor DUVAL (1840-1871) : Ouvrier fondeur en fer, militant mutualiste, adhérent de l’Association internationale des travailleurs en 1867, il fit partie des groupes de combat blanquistes. Il participa aux mouvements insurrectionnels du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871, contre le gouvernement de la Défense nationale. Pendant le soulèvement du 18 mars il se rendit maître d’une grande partie de la rive gauche de Paris et de la Préfecture de police. Le 3 avril 1871, il fut nommé général de la Commune. Contre son gré, sous la pression des gardes nationaux il lança avec Théophile Ferré et Émile Eudes, l’offensive désastreuse en direction de Versailles. Arrêté sur le plateau de Châtillon, il fut fusillé au Petit-Clamart sur ordre du général Vinoy, lors de son transfert à Versailles.

Inhumé en un lieu inconnu.

- Napoléon LA CÉCILIA (1835-1878) : fils d’un avocat d’origine espagnole et d’une mère corse, il s’engagea en 1860 dans le Risorgimento aux côtés de Giuseppe Garibaldi et participa à l’expédition des Mille avec le grade de capitaine du génie, avant d’assumer les fonctions de chef d’état-major du général Avezzana. Mêlé à l’opposition républicaine à la fin du Second Empire, il s’engagea après le 4 septembre 1870 dans l’armée de la Loire, et participa à la défense de Châteaudun et aux batailles de Coulmiers et d’Alençon. Après le soulèvement du 18 mars 1871, il devint chef d’état-major du général Émile Eudes. Le 24 avril, nommé général, il prit le commandement de l’armée de la Commune qui opèrait entre la rive gauche de la Seine et la Bièvre. Pendant la Semaine sanglante, il combattit sur les barricades. Après la défaite de la Commune, il parvint à se réfugier à Londres, où il enseigna. Il mourut en Egypte.

J’ignore où il fut inhumé.

- Jarosław DOMBROWSKI (1836-1871) : général polonais, il participa à l’insurrection de 1863 contre la Russie, fut condamné à la déportation en Sibérie, et s’évada pour la France. Il se mit à disposition de la République de 1870 mais ne réussit, comme beaucoup d’internationalistes, qu’à se faire arrêter, deux fois de suite. Le 18 mars, il se rallia à la Commune et reçut le 6 avril le commandement d’une légion de la Garde nationale à la tête de laquelle, dès le 9 avril, il mena avec succès la défense de Neuilly attaqué après la défaite de Courbevoie. Thiers, qui craignait sa valeur, tenta en vain de le suborner. Il était avec Walery Wroblewski le seul officier supérieur à avoir reçu une formation militaire. Le 22 mai, alors que la Semaine sanglante avait commencé et que les versaillais étaient déjà à l’Opéra et à l’Arc de Triomphe, il apparut, alors qu’on le croyait mort, sur son cheval noir conduisant à travers la rue de Rivoli un bataillon qui chantait le Chant du Départ et fonça au pas de course à l’ennemi depuis l’Hôtel de ville. Il fut tué le lendemain au pied de la barricade de la rue Myrrha, à l’est de Montmartre.

Il fut enterré deux jours plus tard par son frère dans un linceul rouge au Père-Lachaise, à un endroit non identifié où il se trouverait encore, à moins qu’il n’ait été transféré au cimetière d’Ivry.

- Walery WROBLEWSKI (1836-1908) : issu d’une famille de la petite noblesse polonaise, il prit part à l’insurrection polonaise de 1863, puis s’exila à Paris où il exerça des petits métiers. En 1870, pendant le siège de Paris par les Allemands, sa proposition de créer une légion polonaise fut rejetée par le Gouvernement de la Défense nationale. Après le soulèvement du 18 mars 1871, le Conseil de la Commune le nomma commandant des fortifications entre Ivry et Arcueil. Pendant la Semaine sanglante, il défendit en vain la Butte-aux-Cailles, puis le quartier de la Bastille. Après ces deux échecs, il lui fut proposé le commandement en chef de ce qui restait de l’armée des Communards. Il le refusa, arguant du peu d’hommes restants capables de se battre de manière disciplinée, et termina la Semaine sanglante en se battant comme simple soldat. Il se réfugia ensuite à Londres. Revenu en France après l’amnistie de 1880, il y vécut difficilement.

Il fut inhumé en face du mur des Fédérés, dans la 76ème division du Père Lachaise.

- Louis ROSSEL (1844-1871) : issu d’une famille cévenole républicaine, il s’opposa à la ligne défaitiste imposé par Thiers et Bazaine lors de la guerre de 1870. C’est donc par patriotisme qu’il fut le seul officier supérieur de l’armée française à avoir rejoint la Commune de Paris en 1871. Le 3 avril, il devint chef d’état-major de la Commune. Il considèra alors que cette dernière courait à sa perte si ses soldats ne s’organisaient pas. En effet, la plupart désertaient ou refusaient tout combat alors même que l’armée régulière des Versaillais, très entraînée, se trouvait aux portes de la capitale. Louis Rossel devint président de la cour martiale mais démissionna, ulcéré par son manque de moyens et d’écoute. La Commune, allant dans son sens, le nomma le 30 avril délégué à la Guerre en remplacement de Cluseret. Cependant, les moyens lui manquaient. Louis Rossel ne souhaitant pas prendre le pouvoir total, démissionna avec éclat, mais ne fuit pas la Commune. Il resta à Paris, caché jusqu’au 7 juin, puis fut arrêté, et jugé deux fois. Adolphe Thiers proposa à Louis Rossel de le gracier s’il s’exilait à vie. Il refusa, voulant assumer ses responsabilités, ne voulant pas trahir son pays et ses convictions ni soulager la conscience de Thiers. Il fut fusillé le 28 novembre 1871, à l’âge de vingt-sept ans, au camp de Satory en même temps que Théophile Ferré et le sergent Pierre Bourgeois.

Il fut inhumé au cimetière protestant de Nîmes (30).

Chronologie de la semaine sanglante

21/05

Dimanche après-midi : profitant du fait qu’elle n’était pas gardée, un nommé Ducatel, piqueur des Ponts et Chaussées, ouvre la poterne du bastion 64, entre la Porte d’Auteuil barricadée et la porte de Saint-Cloud, aux armées versaillaises.

- Jules DUCATEL : on sait peu de choses de lui. Fonctionnaire des Ponts et Chaussées, il permit donc aux armées fédérées de pénétrer dans Paris. Fait prisonnier par les Fédérés, il allait être fusillé devant l’Ecole Militaire lorsqu’il fut sauvé par l’arrivée des Versaillais. Le Figaro ouvrit une souscription auprès de ses lecteurs, ce qui lui rapporta 125.000 francs or !

J’ignore évidemment où il fut inhumé. Parions que si l’information avait été connue, sa tombe aurait connue plus d’une profanation depuis 1871 !

Alors que les Versaillais prennent pieds dans la ville, le Conseil de la Commune, qui est en train de juger Cluseret, n’envoie aucun renfort demandé par Dombrowski qui commande le secteur. En fin de soirée, un concert a lieu au Louvre au bénéfice des « veuves et orphelins ».

22/05

Une bonne partie de l’Ouest parisien est reprit par les Versaillais. Le reste de Paris apprend enfin la nouvelle par une affiche signée de Charles Delescluze. Suite à cette proclamation, une grande partie des combattants de la Commune se replie alors dans son quartier pour le défendre, abandonnant toute lutte coordonnée. Les Allemands autorisent les Versaillais à traverser la zone neutre au nord de Paris, ce qui leur permet de prendre les Batignolles à revers. En fin de journée les Versaillais occupent l’Élysée, la gare Saint-Lazare, l’École militaire, où sont stationnés les canons de la Commune. Leur progression est lente, dans ces quartiers qui leur sont acquis, car il semble que les officiers freinent leurs soldats pour faire monter la tension et pour procéder à des exécutions sommaires.

23/05

La butte Montmartre tombe pratiquement sans combat du fait de la désorganisation. Dombrowski est tué rue Myrrha. La résistance persiste, en particulier à la Butte-aux-Cailles (avec Walery Wroblewski) et au Panthéon (avec Lisbonne). Les Versaillais occupent l’Opéra, le faubourg Montmartre et la Concorde, ils atteignent l’Observatoire et procèdent à des exécutions massives à Montmartre, au parc Monceau et à la Madeleine. Début des grands incendies qui ravagent plusieurs monuments parisiens (dont le palais des Tuileries, arrosé de pétrole et de goudron).

Ce même jour fut fusillé Gustave CHAUDEY (1817-1871). Légataire de Proudhon et membre de l’Internationale, il défendit, en tant qu’avocat, Proudhon lors d’un procès, en 1858, suite à sa publication de De la justice dans la Révolution et dans l’Église. Il fut également l’avovat d’un groupe d’étudiants blanquistes, futurs communards, parmi lesquels figurait Raoul Rigault. Devenu maire-adjoint du IXe arrondissement de Paris en septembre 1870, il ordonna en janvier 1871 à la troupe de tirer sur la foule protestant contre la cpaitulation à l’Hôtel de Ville. Ce fait lui valut son arrestation, le 14 avril 1871, par les Communards, et son incarcération à la prison de Sainte-Pélagie, puis son exécution sur ordre du procureur de la Commune ... Raoul Rigault.

Inhumé au cimetière de Montmartre (29ème division), sa belle tombe est ornée d’un haut-relief en bronze par Jules Renaudot. En dessous, il porte pour épitaphe « Si quelque balle récriminatrice nous est réservée, nous n’aurons qu’à tomber en faisant des voeux pour la République. Chaudey, Siècle du 24 mars 1871 ».

24/05

Les incendies du 23 se poursuivent Les dirigeants communards évacuent et font incendier volontairement l’Hôtel de ville, la Préfecture de police et le Palais de justice. Les trois collections de l’Etat civil parisien partent en fumées, tout comme une partie importante des archives de France. Les Versaillais occupent la Banque de France, le Palais-Royal, le Louvre, la rue d’Assas et Notre-Dame des Champs. Le quartier latin est attaqué ; il est occupé le soir et ses défenseurs (près de 700) sont exécutés rue Saint-Jacques. La poudrière du Luxembourg saute. A la fin de la journée, les Communards ne tiennent plus que le 9e, le 12e, le 19e et le 20e arrondissements, plus quelques îlots dans le 3e, le 5e et le 13e (la Butte-aux-Cailles).

À la prison de la Roquette, les Communards exécutent l’archevêque de Paris Georges Darboy et cinq autres otages (dont le président Bonjean qui s’était illustré lors de la répression anti-populaire de juin 1848).

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Exécution des six otages - Prison de la Roquette

Furent fusillés ce jour là :

- Georges DARBOY (1813-1871) : nommé par Napoléon III (et contre l’avis de Pie IX) d’abord évêque de Nancy, puis archevêque de Paris (1863-1871), il fut aussi grand aumônier de la Cour, sénateur en 1864, et membre du conseil privé en 1869. Il fut donc l’un des rouages du pouvoir impérial. Il épousa les contradictions de la politique impériale envers Rome avec d’autant plus de facilité qu’il était gallican. Il fut opposé à l’infaillibilité pontificale. Il demeura dans son diocèse pendant l’avancée des troupes allemandes, puis il vécut la Commune et le siège de Paris au milieu de ses diocésains. Arrêté le 4 avril 1871 sur l’ordre de la Commune de Paris, il fut enfermé à la prison de Mazas. Tous les efforts de ses amis ne parvinrent pas à le sauver, le gouvernement versaillais ayant refusé toutes les propositions d’échange formulées par la Commune, notamment celle de Blanqui.

Son corps fut retrouvé le 28 mai dans la fosse commune du Père-Lachaise. Il reçut des obsèques nationales. Il repose dans la cathédrale Notre Dame de Paris, dans le déambulatoire sud près de l’autel du Saint Sacrement. A l’intérieur de Notre-Dame, une statue de JM Bonassieux lui tient lieu de cénotaphe. A l’arrière, sur des plaques en marbre, sont inscrits les fusillés de la Commune.
La cellule de Monseigneur Darboy, et le mur devant lequel eurent lieu les fusillades, furent démontés lorsque la Grande Roquette fut démolie en 1900 et reconstruits dans la crypte de la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice à Issy les Moulineaux (92) où ils se trouvent encore.

- L’abbé Jean-Gaspard DEGUERRY (1797-1871), qui était curé de la Madeleine.

Inhumé dans la crypte de l’église de la Madeleine, une plaque rappelle sa mémoire à l’intérieur de l’édifice.

- Les jésuites Léon DUCOUDRAY (1827-1871) et Alexis CLERC (1819-1871), inhumés tous les deux dans la crypte de l’église Saint-Ignace de la rue de Sèvres à Paris (75).

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L. Ducoudray
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A. Clerc

- L’aumônier des ambulances Jean-Michel ALLARD (1845-1871). Inhumé en un lieu inconnu.

- le magistrat Louis-Bernard BONJEAN (1804-1871), député à la Constituante de 1848, il fut un éphémère ministre de l’agriculture en 1851. Sénateur du Second empire, il fut premier Président - à titre provisoire - de la Chambre de cassation. Inhumé avec les autres dans une fosse du Père Lachaise, ses restes furent transférés dans la chapelle de son chateau d’Orgeville (27).

25/05

Combats acharnés à la Butte-aux-Cailles, où résiste Wroblewski, et place du Château d’Eau, où Charles Delescluze, délégué à la Guerre de la Commune, est tué.

Les cinq dominicains d’Arcueil et neuf de leurs employés sont soupçonnés de travailler pour « Versailles ». Arrêtés le 19 mai, ils sont abattus le 25 dans la rue. Photomontage du massacre des dominicains d'Arcueil.

On compte le Révérend Père Louis-Raphaël Captier (1829-1871), qui avait fondé le collège. Avec lui furent exécutés quatre prêtres de son ordre : les Pères Thomas Bourard, Constant Delhorme, Henri Cottrault et Pie-Marie Chatagneret, et huit laïcs qui étaient leurs auxiliaires au collège : Louis-Eugène-Antoine Gauquelin (professeur de mathématiques), François-Hermand Volant (surveillant), Aimé Gros (domestique), Antoine Gézelin Marce (domestique), Théodore Catala (surveillant), François-Sébastien-Siméon Dintroz (infirmier), Marie-Joseph Cheminal (domestique) et Germain-Joseph Petit (économe).

Leurs corps restèrent abandonnés à l’air libre durant une quinzaine d’heures. Après avoir été identifiés, il furent, dans un premier temps inhumés sans cercueil dans une fosse creusée dans le cimetière. Ils furent ensevelis en juillet dans le parc de l’école, à Arcueil, dans une sorte de rotonde en forme de grotte. Sous cette grotte fut creusé un caveau , et on y grava la devise « Pour le Bon Dieu ». Une porte en fer, ajourée, ferme l’entrée. Sommés d’abandonner les lieux suite à la loi sur les Associations de 1901, le terrain fut vendu mais les religieux sauvèrent le tombeau, en achetant la portion de terrain qui le contenait. Clos de murs, le monument se pouvait visiter, en empruntant la clé au Curé d’Arcueil.

En 1937, en raison de travaux de voirie, il fut nécessaire de transporter les restes dans la sépulture collective des religieux d’Albert-le-Grand, au cimetière de Cachan (94). A ce moment là fut fait, sur ordre de Rome, la reconnaissance des corps. Dans une salle des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, les cercueils furent ouverts et, en présence d’un notaire ecclésiastique et de plusieurs religieux, les cadavres furent identifiés et décrits par des médecins. Les restes des corps furent de nouveau renfermés avec les vêtements, dans les cercueils originaux en plomb, et inhumés près des religieux décédés durant les quarante années d’existence du collège, près des restes du Père Didon. Actuellement, la grotte et le caveau ont été démolis, et une maison s’élève sur l’emplacement du tombeau.

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Caveau des religieux - cimetière de Cachan

26/05

50 personnes détenues à la prison de la Roquette, 10 prêtres, 36 soldats versaillais prisonniers et 4 civils travaillant ou manipulés par la police, furent transférées à la limite des fortifications, rue Haxo. À cet endroit (« villa des Otages », rue Haxo), ces personnes ont été fusillées par un peloton d’exécution, avec l’approbation de la population présente. Ce fut un véritable carnage.

- L’ensemble des laïcs fusillés fut inhumé dans une fosse du cimetière de Belleville, où un obélisque rappelle leur souvenir.

Concernant les 10 ecclésiastiques :
- Les Jésuites Pierre Olivaint, recteur de la maison de la rue de Sèvres, Jean Caubert et Anatole de Bengy, furent, après transferts, inhumés dans la crypte de l’église Saint-Ignace de la rue de Sèvres à Paris (75).

- Le prètre Mathieu-Henri Planchat fut inhumé dans la chapelle Notre Dame Réconciliatrice de l’église paroissiale Notre-Dame de La Salette, dans le 15ème arrondissement de Paris.

- Les quatre prêtres de la congrégation des Sacrés-Coeurs (Ladislas Radigue, Polycarpe Tuffier, Marcellin Rouchouze et Frézal Tardieu) furent inhumés dans la chapelle du cimetière de Picpus (75).

- L’abbé Paul Seigneret, séminariste de Saint-Sulpice, fut inhumé dans la crypte de la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (94).

- Le prêtre Jean-Marie-Noël Sabattier, vicaire à Notre-Dame de Lorette, fut inhumé au cimetière de Chastel-Marlhac (15).

Un oratoire sommaire fut édifié à l’emplacement des exécutions (81 rue Haxo) dès 1889, puis remplacé en 1894 par une chapelle d’environ 250 places agrandie quatre ans plus tard. A la suite de l’urbanisation du quartier, une véritable église fut construite entre 1936 et 1938 par l’architecte Julien Barbier : Notre-Dame des Otages.

Le même jour, exécution, par les versaillais, de Jean-Baptiste Millière, fusillé à genoux sur les marches du Panthéon de Paris.

Jean-Baptiste MILLIÈRE (1817-1871) : journaliste, opposé à l’Empire, il devint en 1869 rédacteur en chef de la Marseillaise d’Henri Rochefort. Au cours du siège de Paris par les troupes prussiennes, il commanda le 108e bataillon de la Garde nationale et participa au soulèvement du 31 octobre 1870 contre le gouvernement. Il fut élu député en février 1871 et soutint la Commune de Paris lorsqu’elle s’imposa, mais ne prit pas part aux hostilités. Il se trouvait chez son beau-père, rue d’Ulm, voisine du Panthéon, lorsque les Versaillais reprirent Paris. Arrêté, il fut sur ordre du général de Cissey fusillé. On l’obligea à s’agenouiller sur les marches du Panthéon, exécution sommaire illégitime en raison de son immunité de parlementaire. J’ignore où il fut inhumé.

Le 26 au soir, les Communards ne tiennent plus qu’un « quadrilatère » : canal de l’Ourcq, bassin de la Villette, canal Saint-Martin, boulevard Richard-Lenoir, rue du Faubourg Saint-Antoine et porte de Vincennes.

27/05

Trois derniers otages trouvèrent encore la mort sur la place de la Roquette :

- Le vicaire général Auguste-Alexis Surat, archidiacre de Notre- Dame de Paris, massacré près de la Roquette. Transféré dans l’ancien cimetière de Charenton (94), son beau tombeau se trouve désormais en l’église Saint-Pierre de Charenton-le-Pont (94).

- L’abbé Émile-Victor Bécourt, curé de Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Inhumé au cimetière de Villejuif (94) [1].

- Le prêtre Jean-Baptiste Houillon, des Missions Etrangères. Missionnaire en Chine, il y contracta une maladie qui l’obligea à rentrer en France en 1869. Rétabli, il se disposait à retourner au Se-tchoan, lorsqu’il sortit dans les rues de Paris. Il fut arrêté par les Fédérés. Incarcéré au dépôt de la préfecture de police, puis à Mazas, puis à la Roquette, il fut libéré par les Fédérés le 27 mais sur le boulevard Richard-Lenoir, d’autres Fédérés l’arrêtèrent et le massacrèrent.
Le lendemain matin, son corps défiguré fut rapporté à la Roquette. On ne le reconnut pas et il fut enterré au cimetière Montmartre sous la mention : prêtre inconnu. Après de nouvelles recherches, le genre de chaussettes qu’il portait permit de l’identifier en décembre. Le 2 janvier 1872, on l’inhuma au cimetière Montparnasse (7ème division), dans le caveau du Séminaire des Missions Etrangères.

Au même moment, au cimetière du Père-Lachaise, on combat à l’arme blanche entre les tombes.

Cette gravure représente les derniers combats des Communards. On remarque bien des détails qui permettent de voir que l’artiste avait prit connaissance du lieu : de part et d’autre, la tombe de Nodier (désormais en partie cachée par une chapelle) et le buste de Balzac. On repère bien entre les deux le profil sculpté de la tombe Sarazin. En revanche, il a un peu « triché » avec la tombe Souvestre (dont on reconnaît au premier plan la forme qui n’a rien de classique) : il l’a faite plus petite, pour ne pas occulter les combats du second plan.

On montre les impacts de balles dans le coin, particulièrement sur la tombe de Nodier.

A l’issue de ses combats, 147 communards furent fusillés au mur dit « des Fédérés », puis inhumés dans une fosse au pied de ce même mur. De nombreux autres fédérés, tombés dans d’autres quartiers, y furent également enterrés. Ce mur n’est donc non seulement un monument symbolique mais également une tombe.

Le mur n’a sans doute plus grand moellons d’origine. Paradoxalement, c’est de l’autre coté du cimetière, dans le square Samuel de Champlain qui longe l’avenue Gambetta, qu’il faudra aller chercher des pierres du mur initial : Il accueille le Monument aux victimes des Révolutions, datant de 1909, réalisé par Moreau-Vauthier avec les pierres du mur original des Fédérés portant les traces des impacts de balles. Une femme semble vouloir protéger des silhouettes fantomatiques qui se dessinent dans la pierre. C’est à l’évidence l’une des sculptures publiques les plus intéressantes de la capitale, et elle est pourtant très mal connue.

Il est vrai qu’elle fut boudée : elle devait se trouver dans le cimetière mais en fut rejetée. L’auteur, par souci rassembleur, fait apparaître dans ses fantômes toutes sortes de victimes, en particulier un ecclésiastique qui semble bien être Mgr Darboy... Bref, une composition qui ne pouvait séduire personne !...

28/05

Belleville est désormais quasiment la dernière poche de résistance intra-muros de la part des communards. En début d’après-midi, les Versaillais prennent la dernière barricade des Communards (selon certaines sources, ce fut celle de la rue Ramponeau, selon d’autres, celle de la rue Fontaine au Roi). Quoiqu’il en soit, elles furent vraisemblablement les deux dernières.

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Plaque commémorative de la dernière barricade
Elle se trouve au 17 rue de la Fontaine-au-Roi.

Le lendemain, à 10 heures du matin, la prise du fort de Vincennes marqua la fin définitive de la résistance des communards. La terrible répression pouvait commencer.

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Une rue à Paris en mai 1871
Tableau de Maximilien Luce

Bilans et répressions


Concernant l’armée versaillaise, le nombre de victimes fut officiellement de 877 tués, 6 454 blessés et 183 disparus, auxquels on peut ajouter la centaine d’otages fusillés par les communards.

Il est extrêmement difficile d’évaluer le nombre de victimes du coté fédéré, les chiffres allant de 6 500 à plus de 40 000 ! La plupart des cadavres furent ensevelis dans les cimetières parisiens (voir plus bas), le plus souvent dans des fosses collectives.

La plupart des prisonniers furent acheminés vers Versailles pour être internés au camp de Satory. Le trajet fut pénible, car les prisonniers furent injuriés et battus par des habitants de Versailles, sans que les soldats escorteurs n’intervinrent.

Le camp de Satory fut le lieu de détention de milliers de communards qui vécurent plusieurs mois sans abri ni soin. Un grand nombre moururent de maladie, de blessures ou furent abattus et inhumés sur place, entre l’étang de la Martinière et le « Mur des Fédérés » où subsiste une fosse commune à l’emplacement de laquelle une plaque commémorative a été apposée.

Les vingt-cinq condamnés à mort par le conseil de guerre furent fusillés au polygone d’artillerie, situé au bord de la RN 12. Les plus célèbres furent Louis Rossel (voir plus haut), le militant blanquiste Théophile Ferré (voir plus haut), et le sergent Pierre Bourgeois.

Leur exécution eut lieu le 28 novembre 1871. Un photomontage « Exécution de Rossel, Bourgeois, Ferré, dans la plaine de Satory à Versailles » par Eugène Appert est visible au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis.

On l’a vu, les corps de Louis Rossel (inhumé à Nîmes) et de Ferré (à Levallois-Perret) furent récupérés par les familles. Ce ne fut pas le cas du sergent Pierre BOURGEOIS (1848-1871), qui fut selon toute vraisemblance inhumé dans la fosse commune au cimetière Saint-Louis de Versailles.

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Fosse commune du cimetière St Louis.
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Arrestation de Louise Michel

Louise Michel fut détenue elle aussi au camp de Satory. Cette dernière déclara lors de son procès : « Ce que je réclame de vous qui vous donnez comme mes juges, c’est le champ de Satory où sont tombés nos frères… Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi ! ». On le sait, elle fut condamnée en décembre 1871 à la déportation et envoyée en Nouvelle-Calédonie où elle resta jusqu’en 1880, date de l’amnistie générale.

Des prisonniers fédérés furent transférés dans les pontons et ports de l’ouest de la France ; à Brest, Lorient, Cherbourg et Rochefort ces transferts eurent lieu dans des wagons à bestiaux dans des conditions sanitaires volontairement déplorables. Environ 20 000 y furent détenus pendant plusieurs mois, au moins 1 000 y moururent. Le premier convoi, parti à bord de la frégate La Danaé de Brest le 3 mai 1872, arriva à Nouméa le 29 septembre. Vingt convois se succédèrent de 1872 à 1878, transportant un peu plus de 3 800 personnes, dans des conditions très pénibles.

Les prisonniers étaient enfermés dans de grandes cages dont ils ne sortaient qu’une trentaine de minutes pour prendre l’air sur le pont avec des rations alimentaires faibles et de mauvaise qualité et des punitions fréquentes. En tenant compte des décès, évasions, disparitions, grâces, commutations et rapatriements, sans compter les forçats de l’île de Nou, il y aurait 3 350 à 3 630 déportés en Nouvelle-Calédonie le 31 décembre 1876, après les premiers décrets de grâce d’octobre 1876.

Ce n’est que le 11 juillet 1880, qu’avec l’appui tardif de Gambetta, alors président de la Chambre, qui prononça un discours le 21 juin, l’amnistie pleine et entière fut votée sur un projet du gouvernement déposé le 19 juin par 312 voix contre 136.
Les exilés et les déportés purent alors revenir en France.

Le cimetière d’Ouro des déportés de l’île des Pins

Entre 1872 et 1880, plusieurs convois de déportés accostèrent dans la baie de Kuto, en Nouvelle Calédonie. Parmi eux, des condamnés politiques de la Commune de Paris et des déportés kabyles qui s’étaient opposés à la conquête de l’Algérie en 1871. Plus de 240 déportés sont morts à l’Ile des Pins sur les 3 000 qui y séjournèrent.

Le cimetière a été remanié en 1913 par les derniers déportés qui ont ajouté des pierres pour dessiner les tombes, construit des barrières ainsi que le mémorial. Aujourd’hui, on ne dénombre plus que 188 tombes devenues anonymes, excepté celle d’Ernest Dormoy (âgé de 30ans, décédé le 30 juillet 1877) et d’Eugène de Verteuil (Républicain, février 1879). C’est un cimetière sans croix, restauré en 1968 par l’Association des Amis de la Commune.

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ernest Dormoy (+1877)

Ce cimetière fut classé monument historique en 1995. Une citation, indiquée à l’entrée du cimetière, dit ceci : "J’avais vingt ans quand j’ai débarqué un matin de 1872, dans cette île aux paysages paradisiaques. Je n’ai rien vu de sa beauté, désespéré que j’étais par ma peine, l’exil et la séparation des miens. Beaucoup de mes compagnons, déportés comme moi, sont morts sur cette terre.
Ce cimetière, au pied de la colline, est leur dernière demeure. Quand amnistiés, nous avons quitté l’Ile des Pins, nous avons construit le monument que vous voyez, au centre du cimetière, en espérant qu’ainsi nos compagnons ne tomberaient pas tout à fait dans l’oubli.
Vous qui passez, songez à ces hommes et à ces femmes qui sont morts ici, loin de chez eux, sans avoir revu leur patrie. Un déporté
."

Notons aussi au passage que le personnel civil et militaire de la déportation a payé lui-aussi un lourd tribut à l’exil, mais que le cimetière dans lequel il repose, tout proche, est quasiment ignoré et livré à la brousse.


Symboliques de la Commune dans les cimetières


Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet : je me limiterai donc à quelques considérations.

- On pourrait croire que l’évocation de la commune est forte dans les cimetières parisiens, mais ce serait là un leurre. Pendant très longtemps après la Semaine sanglante, les gouvernements, pourtant républicains, et parfois même assez à gauche, renâclèrent à l’idée de commémorer un évènement considéré comme insurrectionnel, donc illégal.

L’histoire du mur des Fédérés est ici éclairante, et si on le considère aujourd’hui comme incontournable, il faut voir la difficulté avec laquelle l’Etat a accepté cette fonction commémorative. A ce sujet, sur l’opposition entre les gouvernements et le Conseil municipal de Paris, sur toutes les interdictions et vexations faites autour de ce mur (volonté de privatiser les fosses communes, « rénovation » pour faire disparaître les traces de balles, interdictions du fleurissement et de la pose de couronnes...), je renvoie à l’excellent ouvrage de Danielle Tartakowsky Nous irons chanter sur vos tombes, Aubier, 1999.

Cette évocation de la Commune dans les cimetières aurait pu être bien plus importante : en premier lieu, rappelons que la quasi-totalité des cimetières parisiens intra-muros, même les plus petits (on songe à ceux de Belleville ou de Charonne par exemple) possèdent des fosses contenant les corps des fédérés.

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Plaque du cimetière de Charonne

Le cimetière de Charonne possède une plaque discrète rappelant cette présence. On a déjà évoqué le monument du cimetière de Belleville, mais rappelons qu’il célèbre la mémoire des fusillés laïcs de la rue Haxo.

On ne trouvera rien à Passy évoquant la Commune (un seul communard connu y repose, Camille Barrère), ce qui ne nous étonnera pas compte tenu de la dimension bourgeoise et conservatrice du lieu. On ne trouvera rien non plus à Montmartre, ce qui pourrait paraître plus
étonnant compte tenu que la Commune y débuta, qu’il s’agissait d’un quartier populaire à l’époque, et qu’on y enfoui près de 800 fédérés. En réalité, pour quiconque connaît le lieu, cette absence d’évocation n’est pas si étonnante : le cimetière Montmartre est à bien des égards un cimetière conservateur (il l’est par exemple également dans le domaine de l’art). Il est à ce niveau intéressant de voir que la seule évocation importante de la Commune y est la présence d’Henri Rochefort, quand on connaît la suite de son parcours politique !

La Commune peut être ensuite furtivement évoquée, parfois de manière assez émouvante, par la présence de quelques communards oubliés dans les communes de la banlieue proche (il faut rappeler que la mention même de « membre de la Commune » fut interdite, et que certaines mentions au Père Lachaise furent faites illégalement). La réalité est que la plupart des municipalités, passé mai 1871, voulurent se débarrasser au plus vite du souvenir « encombrant » de la Commune. Il est intéressant de noter l’ambiguïté de certains témoignages qui dissimulent l’évocation de la Commune derrière le contexte de la guerre franco-prussienne et de ses morts !

Il n’existe en réalité dans les cimetières parisiens que deux monuments rappelant sans ambiguïté les victimes de la répression :

- le premier et le plus important, malgré la modestie de l’évocation (une simple plaque : Aux morts de la Commune) est évidemment le mur des Fédérés. Il a depuis 1871 été l’un des rares repères symboliques consensuels de l’éclatement des Gauches françaises, et il faut voir le balai des défilés -chacun sous ses bannières- lors des jours anniversaires (mai étant le moi faste, on s’en doute). Ce mur a tellement réussi à cristalliser la « résistance » populaire que certains groupes d’extrême-droite sont parvenus à le récupérer dans la nébuleuse de leur « syncrétisme » idéologique [2]

- Le second est le « monument aux morts de la Commune » du cimetière Montparnasse, acquis de haute lutte par l’Association des Amis de la Commune. Situé dans le « petit cimetière » Montparnasse, au bout d’une allée discrète, l’obélisque repose sur la fosse commune où furent enfouis près de 2000 Communards. C’est ici que se trouve en particulier la centaine de Fédérés blessés ou malades achevés par les Versaillais dans leur lit du poste de soins du séminaire Saint-Sulpice.

Le monument, inauguré en 1910, est dû au sculpteur Antonio Orso qui y a figuré des symboles funéraires et révolutionnaires (palme, flambeau, bonnet phrygien). Il fut rénové en 2008.

Au delà de ces deux monuments, le Père Lachaise demeure évidemment le lieu le plus évocateur de la Commune à Paris. Il l’est tout d’abord parce que son histoire même est liée à celle de la Commune (les derniers combats s’y livrèrent), il l’est ensuite parce qu’il se trouve dans un quartier, au sens large, où se déroulèrent les épisodes les plus notables de cette révolution : proximité avec les quartiers populaires (Belleville, Ménilmontant...) qui armèrent parmi les plus gros contingents de communards, proximité avec la prison de la Roquette et la rue Haxo où se déroulèrent les massacres les plus importants. Ce fut également le quartier qui résista le plus longtemps.

Il l’est enfin par la présence physique des stigmates de la Commune, du mur aux impacts de balles, des fosses communes à la présence des corps des principaux acteurs du mouvement. Ceci étant dit, il faut néanmoins constater une partition symbolique forte du cimetière.

L’espace du Père Lachaise se divise effectivement en deux :
- la partie ancienne (la plus conservatrice ?) du premier Père Lachaise est celle de la victoire des Versaillais. Cela est vrai par la présence de trois tombes fortement symboliques : celle des généraux Lecomte et Thomas, celle, massive, de Thiers, mais aussi, c’est moins connu, celle de Courtot de Cissey (à coté de celle de Thiers) qui fut l’un des principaux officiers répressifs de la Commune. On pourrait en outre y ajouter la présence des divisions où se livrèrent les derniers combats (autour de la 49ème division), souvent représentés dans les peintures et gravures (voir plus haut). Les seuls communards qui reposent dans ces divisions anciennes (Vallès, Flourens...) le sont car ils occupent des sépultures familiales. Ils sont dans tous les cas très minoritaires (la pauvreté de l’essentiel des communards, mais surtout leurs dates de décès, pour l’essentiel au début du XXe siècle, expliquent leur quasi absence des soixante premières divisions [3]).

A l’inverse, le plateau marquant l’extension du cimetière est l’espace des fédérés, très nombreux dans les divisions modernes, et particulièrement a proximité du mur des Fédérés (cette proximité n’avait pas été désirée à l’origine par les communards par souci d’égalité). Ainsi, si Fédérés et Versaillais se côtoient au Père Lachaise, ils ne se trouvent en réalité pas au même endroit. A cet égard, la tombe de Louis Mazet est peut-être d’autant plus incongrue qu’elle se trouve à la lisière des deux espaces symboliques.

- Louis MAZET (+1871) : lieutenant aux volontaires de Seine-et-Oise (armée de Versailles), il fut blessé mortellement le 23 mai 1871. Sa tombe est ornée d’un médaillon en granit par Léon-Aimé Le Cointe.
On ne peut pas ne pas voir cette tombe à la croisée des chemins.

La famille du soldat a voulu donner à cette tombe une dimension commémorative collective (cela est signifié par l’épitaphe, qui précise : A Louis Mazet, blessé mortellement le 23 mai 1871 en combattant pour la France et aux volontaires tombés avec lui). On peut dès lors comprendre qu’elle ait été -et est encore- le support de rancoeurs tenaces, et la mention « armée de Versailles » qu’elle comporte a été biffé rageusement. De manière générale, la tombe s’est sans doute dégradée plus vite que d’ordinaire.

Les paradoxes de cimetière s’ont ainsi faits que sa tombe se trouve juste devant celle de Robinet, qui fut membre du Conseil de la Commune.

Pour terminer cette évocation symbolique, nous nous attarderons sur une tombe qui interpelle régulièrement les passants en bordure de 97ème division :

- Adrien LEJEUNE (1847-1942) : il ne fut pas une grande figure de la Commune (il semblerait que cet ancien garde national aurait rendu les armes dès l’armistice, et qu’il aurait été contraint par les Fédérés à prendre un fusil, qu’il aurait tenu deux heures sur la barricade de Ménilmontant avant d’être arrêté le 28 mai !), mais sa tombe est néanmoins symbolique, car il passe pour avoir été le dernier communard vivant. Il adhéra au Parti Socialiste en 1905, puis au Parti communiste en 1922. En 1926, il fut « pris en charge » par l’URSS et s’installa à Novossibirsk où il mourut.

Inhumé en un premier temps à , ses cendres furent rapatriées en grande pompes en France en 1971, à l’occasion du centenaire de la Commune, par le PCF dans le cadre d’une opération politique bien orchestrée pour donner à voir la filiation entre la Commune de Paris, l’URSS et le PCF. Après avoir été exposées en mairie de Bagnolet, les cendres furent inhumées au Père Lachaise devant le mur des Fédérés.

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La première tombe - Novossibirsk.

Si la volonté de récupération politique est manifeste, la tombe d’Adrien Lejeune est intéressante car elle est un « pont » symbolique entre deux évocations chronologiquement éloignées des gauches en France : celle de la Commune et de la cristallisation des premiers socialismes français autour du Marxisme d’une part ; celle de l’après Congrès de Tours, et de l’épanouissement du communisme français dans le cadre de la Guerre froide de l’autre.

C’est sur la tombe de ce « dernier » communard que nous terminerons cette évocation funéraire de la Commune.


Photo de la chapelle Darboy et du monument Surat : Topic-Topos
Photo Reclus : nosferatuske
Source cimetière de l’île des Pins : www.despetitscoinsdeparadis.com et http://goutte.a.goutte.free.fr
Photo Dormoy : www.bernard-guinard.com
Photo Allemane : www.parisrevolutionnaire.com
Photo Camélinat : Marie Christine Penin in http://www.tombes-sepultures.com
Photo Ladmirault : Patrice Billon


[1tombe près de la petite porte, en haut à gauche du quart sud-ouest selon la grande porte.

[2On pense, par exemple, à certains communards, tel Louis Rossel, « récupérés » par des groupes identitaires au nom du patriotisme qui l’avait fait adhérer à la Commune.

[3Dans le contexte des lois d’amnistie et du retour des communards, de 1880 à 1905, le Conseil municipal attribua vingt concessions perpétuelles gratuites à divers dirigeants de la Commune. Ces concessions gratuites sont également l’une des caractéristiques de la commémoration de la Commune au Père Lachaise.


Commentaires

Logo de ARIEY-JOUGLARD Jean-Pierre
La Commune de Paris par ceux qui la firent
vendredi 11 août 2017 à 16h33 - par  ARIEY-JOUGLARD Jean-Pierre

Bonjour
Le père Allard est inhumé au cimetière de la commune d’Andrézé dans le Maine-et-Loire.
Information trouvée sur le site du journal Sud-Ouest, article du 2 juin 2013.
Cordialement
J-P Ariey-Jouglard

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
lundi 21 novembre 2016 à 17h58 - par  Nicolas Ropion

bonjour,

un nouveau buste similaire à l’original a été réinstallé sur la tombe de Charles Lucipia au Père-Lachaise.

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
samedi 11 avril 2015 à 19h04 - par  Veritas

Bonjour Landru
Le Président Bonjean a été enterré dans la chapelle de son château d’Orgeville en Normandie.
L’illustration de l’exécution des otages ne correspond pas à la réalité : il ne pouvait se tenir debout en raison d’un grave problème de santé.

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
vendredi 31 octobre 2014 à 16h51 - par  Pincettes

C’est à l’auteur de répondre mais je me permets de donner mon avis. Je ne vois aucun mépris dans les mots : vote rural. C’est dans les campagnes, où vivaient à l’époque, la majorité des habitants, qu’on a voté massivement pour les monarchistes. Ce n’est pas un jugement de valeurs, c’est une précision.
Quant au gouvernement « légal » de Thiers, peut-être Philippe Landru fait-il allusion à la façon dont s’étaient déroulées les élections législatives ? ordonnées par Bismarck et organisées en 3 semaines dans un pays occupé où les réunions publiques étaient presque partout interdites.

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Gouvernement « légal » de Thiers
vendredi 31 octobre 2014 à 14h05 - par  Arriyadus

Eclairez le pauvre étranger que je suis : un gouvernement de gauche est légal, et un gouvernement (élu) de droite est « légal » ? Est-ce je sens aussi un dédain pour « le vote rural » ? Ces imbéciles de paysans qui veulent la paix !

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
samedi 26 avril 2014 à 12h15 - par  Ed AYMIL

Bonjour,
Vous n’avez rien concernant Adolphe COLLOT. Né le 12 novembre 1830 à Montargis (Loiret) ?
Aucune photo ?

6 bis rue Jean Robert
Quartier : Goutte d’Or - Ordener - Arrondissement : 18 - Lieu : Demeure d’Adolphe Collot, menuisier - Personnages : Adolphe Collot, condamné dans le 3ème procès de l’A.I.T. - Événements : Signataire du programme électoral de l’A.I.T. en mai 1869 : « Aux électeurs de 1869 » - Date : 8 juillet 1870

Le 8 juillet 1870, il fut condamné à deux mois de prison et 25 f d’amende pour affiliation à une société secrète, l’AIT. Après expiration de sa peine, il reçut un équipement de garde national et remplit à la mairie du XVIIIe arrondissement (Montmartre) les fonctions de distributeur de vivres, bois et charbons aux indigents du quartier.
Sous la Commune, Adolphe Collot fut envoyé en province.
Cordialement
Ed

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
jeudi 27 février 2014 à 16h20 - par  Patrick

Merci d eclaircir cette page d histoire si lointaine et si proche...

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La Commune de Paris par ceux qui la firent
lundi 2 septembre 2013 à 22h05 - par  ruzankou

merci pour ce travail d’historien qui à mon avis n’a rien à voir avec les collectages de wikimachin.

Logo de Gauthier LANGLOIS
La Commune de Paris par ceux qui la firent
lundi 27 mai 2013 à 12h24 - par  Gauthier LANGLOIS

Merci pour cet article. Une erreur à corriger pour Fortuné HENRY : la photo que vous avez publiée est celle de son fils aîné, qui portait le même nom que son père. Pour plus de précisions sur Fortuné père et voir à quoi il ressemblait , voir l’article que je lui ai consacré sur Wikipédia.

Site web : Fortuné Henry
Logo de Danielle Jacquemin
La Commune de Paris par ceux qui la firent
lundi 4 mars 2013 à 12h54 - par  Danielle Jacquemin

Magnifique travail et quelles recherches ! Merci Monsieur pour ce document extraordinaire de la Commune de Paris. Je suis intéressée par l’histoire et en particulier par cetteépoque, on arrière grand-père alors âgé de 17 ans pourrait, selon la tradition orale de la famille, y avoir participé. Il faisait partie du groupe de Gustave Courbet et de Jean-Baptiste Clément qui lui ont fait quitter Paris juste avant l’entrée des Versaillais

La Commune de Paris par ceux qui la firent
jeudi 28 février 2013 à 10h56

Quel beau boulot ! Un grand merci Philippe...

Claude SCHWAB

La Commune de Paris par ceux qui la firent
mercredi 27 février 2013 à 22h04

@ghislain
on reconnaît bien que là, Ghislain, se trouve votre terrain de prédilection (La Commune). Est-ce que vous avez une idée où ont pu être transférées les cendres de Lissagaray, qui n’a plus sa niche au Columbarium et qu’on dit reposer maintenant dans une tombe. Hélas, l’ancien historien du Père-Lachaise n’a jamais voulu lâcher le morceau, alors que vous, l’initié, possédez peut-être la clé permettant de déverrouiller ce secret bien gardé ?
Cordialement
H. Lallmant

Logo de MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)
mercredi 27 février 2013 à 23h24 - par  MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)

@H.Lallmant :
Je vais contacter dès demain, d’une part le columbarium du Père Lachaise, et d’autre part l’association « Les Amis de la Commune de Paris » , qui pourront peut-être me renseigner sur le devenir des cendres de ce « Michelet de la Commune de Paris » que fut Hippolyte Prosper Olivier LISSAGARAY, ce gascon au tempérament fougueux !

« La Commune de Paris » est l’une des périodes de l’Histoire de France qui me passionne et me fait vibrer, c’est vrai !

Bien cordialement et bonne nuit !

Logo de MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)
La Commune de Paris par ceux qui la firent
mercredi 27 février 2013 à 15h53 - par  MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)

Parmi les nombreuses mesures audacieuses et novatrices prises par la Commune de Paris en deux mois d’existence, qu’elle n’aura malheureusement pas le temps d’appliquer, en voici quelques-unes qui seront reprises par la 3ème République et mises en oeuvre, bien des années après :

1-Lutte rationnelle contre le chômage : que le peuple de Paris vive du travail et non pas de l’aumône !
2-Interdiction du travail de nuit des ouvriers-boulangers.
3-Attribution d’une pension aux veuves et orphelins de guerre.
4-Liberté de la Presse.
5-Séparation de l’Eglise et de l’Etat : fermeture des écoles religieuses, remplacées par des écoles purement laïques.
6-Instruction gratuite, laïque, obligatoire pour les enfants des deux sexes.
7-Emancipation des femmes : droit au travail - Egalité des salaires - Instruction des filles.
8-Fermeture de toutes les maisons de tolérance, au nom de la dignité des femmes.

Et surtout que l’on n’écrive pas comme le jeune Anatole FRANCE que la Commune « fut un gouvernement du crime et la démence », ou comme DAUDET qui vilipendait les « sauveurs du peuple, ces bandes de fripouillards », ou encore George SAND qualifiant la Commune de « Saturnales de la folie » !

Logo de MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)
mercredi 27 février 2013 à 23h17 - par  Philippe Landru

@Ghislain : la position de Daudet, réactionnaire comme le personnage, n’a rien de très originale. L’hostilité de Zola ou de Sand sont effectivement plus décevantes, mais finalement typiques d’une réaction épidermique de classe, horrifiés par les excès de la Révolution. C’est particulièrement vrai pour Sand, qui ne sut pas y voir, ce qui peut s’expliquer, tout ce que ce mouvement avait d’émancipant pour les femmes.

La Commune de Paris par ceux qui la firent
mardi 26 février 2013 à 20h19

Si tu veux la tombe de Camélinat : pas de souci.
MC Pénin

mardi 26 février 2013 à 22h43 - par  Philippe Landru

Merci Marie-Christine, j’avais même pas vu que c’était l’une des tombes que tu avais faite. Je te pique la photo alors.

Logo de Philippe Landru
La Commune de Paris par ceux qui la firent
mardi 26 février 2013 à 19h13 - par  Philippe Landru

J’en profite pour remercier tous mes contributeurs, et en particulier, pour ne citer que les informations récentes, Jacques Ibry qui va toujours droit au but des localisations ;-)

Si vous avez des informations complémentaires sur cet article que j’ai voulu le plus complet possible, ce sera avec joie.

Logo de Jacques IBRY
mardi 26 février 2013 à 19h31 - par  Jacques IBRY

de rien;-)

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