VAILLANT Edouard (1840-1915)

Cimetière Ville de Vierzon (18)
lundi 11 mars 2013
par  Philippe Landru

Issu d’une famille aisée, ingénieur diplômé de l’École centrale en 1862, docteur ès sciences de la Sorbonne, docteur en médecine, il fréquenta à Paris Charles Longuet, Louis-Augustin Rogeard, Jules Vallès. Il découvrit les thèses de Joseph Proudhon, qu’il rencontra, et adhéra à l’Association internationale des travailleurs. La déclaration de guerre franco-allemande le contraignit à rentrer à Paris, abandonnant sa formation.
Il participa ainsi à l’avènement de la République le 4 septembre 1870. C’est pendant le siège de Paris qu’il fit la connaissance d’Auguste Blanqui. Il fut à l’origine du Comité central républicain des Vingt arrondissements, participa aux soulèvements refusant les négociations d’armistice. Le 5 janvier 1871, il fut des quatre rédacteurs de l’Affiche rouge, qui appellait à la formation d’une Commune à Paris. Elu au Conseil de la Commune dans le XXe arrondissement, il devint délégué à l’Instruction publique. Il parvint à réorganiser les écoles primaires qui subissent la désaffection d’une bonne part des religieux. Il voulut instaurer la laïcité à l’école en interdisant l’enseignement confessionnel. Il tenta aussi de valoriser l’éducation des filles et l’enseignement professionnel, mais la répression versaillaise ne lui en laissa pas le temps.

Dès la fin de la Semaine sanglante, sans attendre sa condamnation à mort par contumace, en juillet 1872, il partit pour l’Angleterre, en passant par l’Espagne et le Portugal. À Londres, il entra au secrétariat de l’Internationale où il continua à militer dans la tendance blanquiste. Mais il rompit en 1872, trouvant que l’Internationale n’était pas assez révolutionnaire.

De retour en France après l’amnistie de 1880, il tenta d’unir les courants du socialisme, mais la montée du boulangisme provoqua une nouvelle division avant même l’affaire Dreyfus et la question de la participation socialiste au gouvernement qui divisait Jean Jaurès et Jules Guesde. Dans la lutte entre les « révolutionnaires » et les « réformateurs », il adopta une position intermédiaire. À partir de 1893, il fut élu député et régulièrement réélu jusqu’à sa mort.

Dirigeant du Parti socialiste révolutionnaire, il participa en 1901 à la fusion avec le Parti ouvrier et l’Alliance communiste révolutionnaire au sein de l’Unité socialiste révolutionnaire, qui devint en 1902 le Parti socialiste de France. Le PSdF fut en 1905 une des deux composantes de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont il devint le représentant à la Chambre : interventions en faveur des libertés communales, de la journée de huit heures, de l’extension des assurances maladie, chômage, invalidité.

Il fut candidat de la SFIO à l’élection présidentielle de janvier 1913, et arriva troisième. Comme la grande majorité des socialistes, il se rallia à l’Union sacrée après l’assassinat de Jean Jaurès.

Il fut inhumé dans sa ville natale de Vierzon.


Merci à Patrice Billon pour les photos.


Commentaires

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VAILLANT Edouard (1840-1915)
mardi 12 mars 2013 à 00h34 - par  cp

Le 21 novembre 1939 Mlle Sophie Vaillant (1916-1999), petite-fille d´Edouard Vaillant, épousa Marcel Bleustein (Pas encore Blanchet), ce qui permettra à Elisabeth Badinter, leur future fille, de pouvoir se targuer d’avoir pour arrière-grand-père un grand révolutionnaire ! De Vaillant à Publicis, quel périple...