Le columbarium du Père Lachaise : F à L

mercredi 10 février 2010
par Philippe Landru

Cet article s’inscrit dans une série de six articles destinés à faire connaître le columbarium du Père Lachaise :
- Le columbarium : présentation générale
- Le columbarium : les personnalités de A à E
- Le columbarium : les personnalités de F à L
- Le columbarium : les personnalités de M à Q
- Le columbarium : les personnalités de R à Z
- Le columbarium : plaques remarquables

- La journaliste Yanne FAGNEN (F. Marette : 1949-1993). Case 40 498.

- Le peintre V. FASANO (1856-132. Case 6757.

- Victor FAY (1903-1991) : militant de gauche et un homme politique franco-polonais, il quitta la Pologne pour s’installer en France en 1925. Militant en vue, il fut désigné de 1929 à 1933 par l’Internationale pour mettre en place et diriger les écoles de cadres du PCF et de la CGTU, où il eut entre autres comme élèves Jeannette Vermeersch, Waldeck Rochet, Jean-Pierre Timbaud. Resté marxiste mais ayant abandonné le stalinisme suite aux procès de Moscou, il adhéra à la SFIO dont il représenta l’aile la plus à gauche. Résistant dès 1940, il devint après la guerre rédacteur en chef de Combat auquel il donna un positionnement anticolonialiste et tiers-mondiste. Avec Michel Rocard, il fonda le PSU. Dans la même case fut inhumé l’urne de son épouse, Paule FAY (1907-2002), qui fut la première femme conseil juridique de France. Case 669.

- Félix FENEON (1861-1944) : critique d’art, il fut un dénicheur de talents en son temps. En matière de talents littéraires, il fit connaître Arthur Rimbaud et ses Illuminations (1886) alors qu’il était rédacteur pour la revue La Vogue. Egalement rédacteur de la Revue Blanche, il publia Verlaine, Mallarmé et Huysmans. Esthète, il fut fervent défenseur de l’impressionnisme et du néo-impressionnisme. Là aussi, il fit la promotion de jeunes artistes tels que Seurat, Pissarro et Bonnaire. Partisan des idées anarchistes, il fonda La Revue Indépendante en 1884 et collabora également à d’autres revues anarchistes. Accusé lors du Procès de Trente, dont le but était de mettre fin aux agissements de la mouvance anarchiste, il fut finalement acquitté. Un prix, suite à un legs de l’auteur à la Sorbonne, porte aujourd’hui son nom et permet de laisser leur chance à des auteurs jugés prometteurs. Case 1597.

- Franck FERNANDEL

- Laurent FIGNON

- Henri FIORI (1881-1963) : député socialiste d’Alger de 1919 à 1924 puis de 1928 à 1942. Case 4614.

- L’artiste céramiste Michelle FISCHER (1947-1996). Case 17 127.

- L’artiste dramatique Armand FOUCHER (1872-1954), dont certains poèmes devinrent des chansons. Case 24 053.

- Pierre FOUGEYROLLAS (1922-2008) : philosophe, sociologue et anthropologue, il fut proche du parti communiste dans la Résistance mais soutint de Gaulle en 1965. Nommé professeur à l’Université de Dakar, il devint un proche du président de la république sénégalaise Léopold Sédar Senghor. Professeur à l’université de Paris VII, il adhèra à nouveau aux thèses marxistes et s’inscrivit en 1974 au groupe trotskiste de l’OCI dont il rédigea avec Pierre Lambert le manuel de base. Ancien collaborateur à la revue Arguments, il fut l’auteur de nombreux essais (La Nation. Essor et déclin des sociétés modernes, La télévision et l’éducation sociale des femmes…). Case 21 189.

- FRAGSON

- André FRAIGNEAU (1905-1991) : écrivain et éditeur français, il participa en 1941 à un groupe d’écrivains français qui se rendirent à la rencontre de Joseph Goebbels au Congrès de Weimar, aux côtés de Jacques Chardonne, Marcel Jouhandeau, Pierre Drieu La Rochelle, Robert Brasillach, Ramon Fernandez et Abel Bonnard. Cela lui valut, après 1944, d’être mis à l’index par le Comité national des écrivains. Après-guerre, il fut l’un des auteurs de prédilection des écrivains de la génération des hussards, dont plusieurs comme Michel Déon et Antoine Blondin le considérèrent comme un maître en littérature. Homosexuel, il repoussa les avances de Marguerite Yourcenar. Case 22 068.

- Marie FRANCEY (1899-1984) : comédienne particulière puisque comédienne de doublage, son visage est inconnue mais pas sa voix. Elle fut la voix française de très nombreuses actrices américaines, en particulier celle de Bette Davis, mais aussi celle de la sorcière dans Blanche Neige et les sept nains et, plus près de nous, la voix de ET (et oui : ET téléphone maison, c’est elle !). Case 23 096.

- Pierre FRANK (1905-1984) : dirigeant trotskiste français (il fut un temps secrétaire de Trotski), il rejoignit la direction du Parti communiste internationaliste (PCI). Il fut élu au Secrétariat unifié de la Quatrième Internationale en 1963 et devint un des éditeurs de la « Presse Intercontinentale ». Quand le PCI se transforma en Ligue communiste en 1968, puis en Ligue communiste révolutionnaire en 1973, il resta un de ses dirigeants et ce jusqu’à sa mort. Case 2080.

- Léon de FUISSEAUX (1841-1906) : député libéral belge, il fut le promoteur du suffrage universel en Belgique. Case 1225, cendres relevées.

- Loïe FULLER

- L’écrivain Jacques GABRIEL (Jacques Gabriel Barthélémy : +2001). Case 7611.

- La peintre Anne-Marie GAIGNON (1946-1998). Case 17 629.

- Le comédien Roger GAILLARD (1893-1970), dont la carrière cinématographique s’étala pour l’essentiel des années 30 aux années 50. Case 4193.

- Lucien GAMBLIN (1890-1972) : footballeur français, il compta 17 sélections en équipe de France de football entre 1911 et 1923 et fut capitaine du Red Star. Il devint par la suite journaliste sportif. Case 14 591, cendres relevées.

- L’architecte roumain Stéfan GANE (+1988), fondateur dans son exil parisien en 1985 de l’Association internationale pour la protection des monuments historiques et sites de Roumanie chargée de dénoncer les méfaits du mégalomane Ceausescu. Case 5399.

- Le romancier et dramaturge Serge GANZL (1925-1991), qui fut également scénariste pour la télévision. Case 40 388.

- Le peintre et poète Jean GAUDRY (1933-1991). Case 40 042.

- La critique d’art Paule GAUTHIER (1925-1993). Case 22 304.

- La chanteuse de l’Opéra comique Annie GERBEAU (Annie Pontois : 1916-2008). Case 8642.

- Le judoka Jean-Louis GEYMOND (1966-1991), détenteur de nombreux titres en junior avant de devenir en 1991 champion de France. Il mourut peu de temps après, foudroyé par un cancer. Case 40 079.

- Paul GIBAUD (1883-1955) : figure importante du syndicalisme au sein des PTT, son action dans la Résistance lui valut de devenir préfet de l’Yonne de 1944 à 1946. Case 6166.

- Le comédien Ange GILLES ( ?). Case 19 494, cendres relevées.

- Le sculpteur Jean-Pierre GIOVANNETTI (1905-1992). Case 40 251.

- Le peintre polonais Georges GOLDKORN (1905-1977). Case 1144.

- Le compositeur roumain Stan GOLESTAN (Stan Goleşteanu : 1875-1956), qui étudia avec Vincent d’Indy, Albert Roussel et Paul Dukas de 1897 à 1903. Il fonda en 1905 la revue L’Album Musical. Critique musical au Figaro, il fut également professeur de composition à l’École normale de musique de Paris. Ses compositions s’inspirent du folklore de son pays. Case 1540.

- L’actrice russe Véra GOREVA ( ?), qui travailla avec Stanislawski. Elle était professeur de théâtre à Paris. Case 20 771.

- Le comédien Jean GOSSELIN (César Gosselain : 1919-2000). Il repose avec Robert Vidalin. Case 20 079.

- Le musicien Gilbert GOVAERTS (1931-2002). Case 17 942.

- Tony de GRAAFF (1916-1989) : ancien secrétaire de Jean Moulin, il fut le fondateur, en 1976, d’Hôpital Sans Frontière. Case 6947.

- Marcel GRANET (1884-1940) : sinologue français, spécialiste de la Chine ancienne, il fut professeur à l’École des Hautes Études et à l’École des Langues Orientales. Ancien élève de Durkheim, ami et collègue de Marcel Mauss, il fut l’un des premiers à apporter des méthodes sociologiques à l’étude de la Chine. Case 22 339.

- Stéphane GRAPPELLI

- GREG

- Jacques GRELLO (Jacques Greslot : 1915-1978) : chansonnier français, il fit partie des émissions télévisées La Boîte à sel et Le Grenier de Montmartre et officia souvent avec son comparse Robert Rocca. Il fut l’un de ceux qui fit connaître Georges Brassens. Case 19 281, cendres relevées.

- L’homme de presse et spéculateur George GRILHÉ (1866-1945). Case 16 652.

-  Louis Edouard GRIMAUX (1835-1900) : chimiste, pharmacien et docteur en médecine, il fut membre de l’Académie des Sciences. Républicain convaincu, ami de Gambetta et de Clémenceau, il s’engagea lors de l’Affaire Dreyfus. Crématisé, ses cendres furent déposées dans la case 1211 mais furent transférées en 1926 dans le caveau de sa femme au cimetière protestant de Sainte-Hermine (85).

- Jules GUESDE

- L’homme de lettres Maurice GUILLEMOT (1856-1931) : ancien sous-préfet, il se lança dans le journalisme et collabora à de nombreuses publications satiriques (le Charivari, La lune rousse, le Pierrot…). Il fut un chroniqueur de la vie mondaine parisienne. Case 4103.

- Michel HAAR (1937-2003) : philosophe et traducteur français, professeur d’histoire de philosophie moderne et contemporaine à l’Université de Paris XII, puis Professeur de philosophie à l’ Université Paris I-Panthéon-Sorbonne, il était un spécialiste (et traducteur) de Friedrich Nietzsche, de Martin Heidegger et de la phénoménologie. Case 233.

- Le poète Pierre HALARY (1863-1935). Case 627.

- Le peintre Adolphe HELBLING (1878-1950). Case 6369.

- Jacques HELIAN

- Florence HENRI (1893-1982) : photographe et une peintre suisse d’origine franco-allemande, elle rejoignit la scène artistique parisienne et créa son propre studio où elle se consacra au portrait, à la photo de mode et publicitaire. Elle développa une œuvre très personnelle, en s’appuyant sur des expériences utilisant des miroirs et des prismes, et son style oscilla entre Bauhaus, Dadaïsme et Surréalisme, n’hésitant pas à adopter des angles de vue originaux et à produire des images fragmentées, comme les cubistes. Case 6971.

- Le peintre et sculpteur d’origine espagnole Alexis HINSBERGER (1907-1996), auteur de natures mortes, de peintures de comédiens ou de personnages du cirque, dans un caractère populiste, sous des éclairages accentuant l’opposition expressionniste des lumières et des ombres. Case 10 244.

- Guy HOCQUENGHEM (1946-1988) : essayiste, romancier et militant homosexuel français, il participa dans les années 70 à divers mouvements de libération gaie, essentiellement le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR). Il fut ainsi le premier homosexuel à faire dans la presse française un coming out pour afficher publiquement son orientation sexuelle. Son œuvre, tant écrite que visuelle (il coréalisa le documentaire Race d’Ep !), porte essentiellement sur la dénonciation de l’oppression de l’homosexualité. Il mourut du SIDA. Case 407.

- L’avocat et écrivain Albert IMBERT (1900-1978). Case 8294.

- La danseuse et chorégraphe indienne Nyota INYOKA (1896-1971). Case 4794.

- Isidore ISOU (Jean-Isidore Isou Goldstein : 1925-2007) : écrivain français d’origine roumaine, il s’installa à la fin des années 1945 à Paris et lança sa théorie poétique : le Lettrisme, un mouvement avant-gardiste proche du dadaïsme. Il se posa rapidement en théoricien de son mouvement et en explora tous les champs artistiques. Le lettrisme, renonçant à l’usage des mots, s’attachait au départ, à la poétique des sons, des onomatopées, à la musique des lettres. Au cinéma, il fit scandale avec son Traité de bave et d’éternité. Dans le milieu des intellectuels, certains le prirent pour un génie, et d’autres comme un fumiste. En 2004, Isidore Isou publia un de ses derniers ouvrages, La créatique ou la novatique, plus de 1300 pages explorant le Savoir. Case 24 193.

- Edmond JABÈS (1912-1991) : écrivain de langue française né en Égypte, il fut contraint, à cause de ses origines juives, de quitter l’Egypte, pays où il avait toujours vécu. En 1967, il opta pour la nationalité française. D’éducation française, il commença très jeune à écrire. Max Jacob, qu’il rencontra à Paris en 1935, le conseilla et le guida. Proche des poètes surréalistes, il se refusa néanmoins à faire partie de leur groupe. En 1959, Edmond Jabès publia, sous le titre Je bâtis ma demeure ses poèmes et aphorismes écrits entre 1943 et 1957. Case 1971.

- JEAN JERÔME (Michel Feintuch : 1906-1990) : Engagé très jeune dans la lutte révolutionnaire, il adhéra au Parti communiste dès 1925. Il s’engagea dans l’action syndicale et politique et devient un membre actif de la MOE, puis de la MOI dont il fut membre de la Commission exécutive. Poursuivi pour ses activités militantes, il fut expulsé de France en 1931, mais il revint très vite pour participer activement à l’action et au développement du Front populaire. Il fut un des hommes qui organisa activement la solidarité avec les Républicains espagnols et les volontaires des Brigades internationales. En 1939, il participa à la reconstitution illégale du Parti communiste français et prit une part très active à la Résistance. Arrêté, il fut libéré en 1944. Dès lors, il déploya son activité comme collaborateur du Comité central, notamment dans le domaine des Editions. Case 10 277.
- Le peintre paysagiste Nicolas JÉRÉMITCH (1886-1953). Case 22 217.

- L’anarchiste Maurice JOYEUX (1910-1991), qui fut une figure marquante de l’anarchisme français. Il adhèra à l’Union Anarchiste en 1935, et fut condamné à six mois de prison pour violence à agents. En 1936, il participa aux occupations d’usines et anima le Front Révolutionnaire. En 1938, il fit encore six mois de prison pour violences. Réfractaire à la guerre, il fut arrêté en 1940 et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré au Fort Montluc (à Lyon), il s’évada après avoir fomenté une mutinerie, mais il fut repris et finalement libéré en 1944. Dès la Libération, il s’employa à la reconstruction de la Fédération anarchiste et à l’édition du « Libertaire ». Il milita aussi activement dans le syndicat (CGT-FO) et ouvrit une librairie à Paris « Le Château des brouillards ». Avec sa compagne et le groupe Louise Michel, il créa « La Rue », revue d’expression culturelle libertaire. Sa compagne, Suzie CHEVET (Suzanne Chevet : décédée en 1972) repose avec lui. Jeune, elle adhéra au Parti socialiste et fut de la tendance Marceau Pivert qui donna naissance en 1938 au Parti socialiste ouvrier paysan. Elle s’occupa des Auberges de la jeunesses et participa également aux comités d’aide lors de la guerre civile d’Espagne. Très active dans la Résistance, c’est après la Guerre qu’elle connut son époux : elle milita dès lors à ses côtés à la Fédération anarchiste où dès 1947 elle faisait partie du Comité national. La même année, elle prit part à la fondation de Force Ouvrière.

- Philippe JULLIAN (Philippe Simounet : 1919-1977) : petit-fils de l’historien Camille Jullian, dessinateur et esthète, il se fit connaître par ses biographies (dont Montesquiou, Wilde…) et plus encore par ses chroniques mondaines qui décrivirent avec désinvolture la société littéraire frivole et peu concernée par la guerre des années 40. On lui doit également le Cirque du Père Lachaise, ou la comédie des vivants se poursuit dans le cimetière. Il mit fin à ses jours. Case 2565.

- L’harmoniciste de jazz Dany KANE (David Chivici : 1919-1997). Case 18 098.

- Le réalisateur marocain Idriss KARIM (1936-2009), enseignant à l’institut des arts dramatiques à Paris et à l’Ecole nationale supérieure de cinéma, et également réalisateur à la télévision marocaine et à France 3. ( Case 2428.

- Vahé KATCHA (Vahé-Karnik Khatchadourian : 1928-2003) : né à Damas en 1928, il passa son adolescence au Liban puis s’installa en France, tout en conservant la nationalité syrienne. Après avoir suivi à Paris des études de cinéma, il publia son premier roman, Les Mégots du dimanche, à l’âge de 20 ans. De son deuxième livre, Œil pour œil, André Cayatte fit un film, avec Curd Jurgens. Vahé Katcha fut l’auteur de vingt-cinq romans, deux pièces de théâtre et quinze scénarios de films (Galia, A cœur joie, Le Maître nageur ou La Grande Sauterelle). Il a aussi travaillé avec la MGM sur l’adaptation de son livre L’Hameçon et participé à l’écriture des scénarios des films d’Henri Verneuil Le Casse ou Mayrig. Case 7623.

- L’écrivain et scénariste Wolfe KAUFMANN (1905-1970). Case 13 503.

- Le dramaturge Patrick KERMANN (1959-2000), qui écrivit pour le théâtre (dont La mastication des morts) et pour l’Opéra. Il mit fin à ses jours. Case 7959.

- Le poète hongrois Istvan KESZEI (1935-1984), qui se réfugia en France pour fuir la répression de 1956. Il était le père de la chanteuse Clarika. Case 17 993.

- Théodore KOENIG (1922-1997) : poète, céramiste et collagiste belge surréaliste. Case 21 738.

- La philanthrope Louise KOPPE (1846-1900), fondatrice en 1891 de la « Maison maternelle », destinée à aider les enfants appartenant à des familles frappées par le chômage ou la maladie. Hébergés, nourris, vêtus, ils étaient rendus à leurs parents lorsque la situation matérielle de ces derniers s’était améliorée. Case 1235, ses cendres ont été relevées et reposent désormais dans la 90ème division.

- Le peintre et sculpteur argentin installé en France Rodolfo KRASNO (Rodolfo Krasnopolsky : 1926-1982). Case 1334.

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Nouvelle apparence de la plaque -2012

- František KUPKA (1871-1957) : peintre tchèque formé à Prague et à Vienne, il s’installa à Paris en 1896. Il gagna sa vie comme illustrateur et affichiste, et se fit connaître comme dessinateur satiriste pour des revues comme L’Assiette au beurre. Exposant ses toiles au Salon d’Automne, Kupka développa un style personnel, fondé sur un emploi arbitraire des couleurs. En 1909 il fut profondément impressionné par le manifeste futuriste : son travail s’orienta résolument vers l’abstraction, en associant mouvement, couleur et musique. Peu de temps après, Kupka exposa au Salon des Indépendants avec les peintres cubistes, bien qu’il ne voulut être assimilé à aucun mouvement. Le terme d’« orphisme » fut créé par Guillaume Apollinaire en référence à ses compositions circulaires (Les Disques de Newton), similaires à celles de Robert Delaunay, mais Kupka n’adhère pas non plus à ce concept. Après la guerre, à laquelle Kupka participa au sein des rangs français, il amorça de nouvelles recherches vers une peinture plus figurative. Dans les années 1920, il poursuivit ses recherches sur la lumière et le mouvement, et au début des années 1930, fut l’un des membres-fondateurs du groupe « Abstraction-Création », créé en opposition à la peinture de la Nouvelle Objectivité allemande et au surréalisme. Il évolua vers une peinture en noir et blanc, strictement orthogonale. Son œuvre fut plus amplement reconnue après la guerre. Case 22 696.

- Pierre LABRY (1885-1948) : comédien de théâtre, il tourna au cinéma quelque 120 films entre 1911 et sa mort, films dans lesquels on exploita sa silhouette massive. Case 17 779, cendres relevées.

- Maurice LACHÂTRE (Maurice de la Châtre : 1814-1900) : fils d’un père baron d’Empire, il adhéra au saint-simonisme et, dans cette optique, devint d’abord menuisier ; puis, désireux de mettre davantage en pratique ses idées sociales et de permettre au plus grand nombre d’accéder à l’instruction (qu’il souhaitait gratuite, obligatoire, professionnelle et laïque), il s’installa en Gironde pour fonder d’abord sa propre école, bientôt fermée faute d’autorisation, puis acheter un domaine dont il fit un phalanstère. Parallèlement à ses activités éducatives et sociales, il écrivit et publia un certain nombre d’ouvrages, de 1852 jusqu’à la fin de sa vie (en particulier les Mystères du Peuple d’Eugène Sue, et le Capital de Marx, qu’il fut le premier à publier en France). Socialiste, républicain et anticlérical, ces différents ouvrages déplurent au pouvoir impérial, et il se vit traîné en justice. Il participa naturellement à la Commune du coté des insurgés. Son œuvre principale fut la rédaction, à la manière de l’Encyclopédie, d’un Dictionnaire universel dans lequel il exposa ses idées : pour renforcer l’aspect pédagogique de l’ouvrage, l’auteur accorda une place de choix à l’illustration, ce qu’il fut l’un des tout premiers à mettre en œuvre. Il utilisa également des techniques de vente très modernes : distribution à domicile, recours massif aux abonnements, facilités de paiement, publication simultanée dans plusieurs pays... Case 1160, cendres relevées.

- Jean-Luc LAGARCE (1957-1995) : disparu prématurément, Jean-Luc Lagarce demeure à ce jour l’un des auteurs dramatiques les plus joués en France. Dès 1978, il fonda le Théâtre de la Roulotte, mettant en scène des classiques comme Labiche, Marivaux et Ionesco. Cela lui permit également d’expérimenter sur scène ses propres textes, comme Carthage encore ou La Place de l’autre. Centré essentiellement sur le discours, le théâtre de Lagarce laisse peu de place à l’intrigue. Au cours de sa carrière, il écrivit sans cesse, (Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale, Vague souvenir de l’année de la peste, Hollywood, Les Orphelins). Il mourut du SIDA et, selon ses dernières volontés, repose dans ce columbarium derrière une case anonyme.

- Albert LAISANT (1873-1928) : militant anarchiste et poète libertaire, il fut le fils de Charles-Ange et le père de Charles, qui reposent dans la case 723. Case 578.
- Charles Ange LAISANT (1841-1920) : père du précédent. Capitaine du génie lorsqu’éclata la guerre de 1870, il assura durant le siège de Paris la défense du Fort d’Issy jusqu’en janvier 1871. Il se trouvait en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est proclamée, mais ses opinions avancées lui valurent d’être muté en Corse puis en Algérie. Il quitta ensuite la carrière militaire pour se consacrer à la politique : député de la Loire inférieure de 1876 à 1885, il siégea alors sur les rangs de l’extrême-gauche. En 1885, il fut élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris sous l’étiquette Boulangiste. Déçu par l’échec du Boulangisme, il renonça ensuite à la politique pour se consacrer à l’enseignement. Parallèlement à son rôle important dans la vie publique, il publia de nombreux ouvrages scientifiques ; dirigea notamment la partie mathématique de la Grande encyclopédie et fonda une importante publication, Intermédiaire des mathématiciens. Il fut un des responsables de la « Ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’Enfance » fondée par Francisco Ferrer. Néo-malthusien, libre-penseur et franc-maçon, il se passionna pour l’espéranto. Il collabora à de nombreux journaux « La Bataille syndicaliste » , « l’Ecole rénovée », « l’Ecole émancipée », « l’Idée Libre », et écrivit également des brochures ou des essais théoriques comme « La barbarie moderne ». Dans la même case se trouve l’urne de son petit-fils, Charles LAISANT (1911-1952), Militant pacifiste, anarcho-syndicaliste et anarchiste, qui collabora aux publications pacifistes « La Patrie Humaine », « l’Echo Pacifiste », « Le Huron ». En 1936, il fit partie du Comité national du Front Populaire de la Jeunesse". Il adhéra ensuite à l’Union Anarchiste où il fut partisan d’une union des diverses organisations libertaires et anarcho-syndicaliste. Case 723.

- Le comédien Jacques LALANDE (1927-1997), qui tourna au cinéma des années 60 aux années 80 (Paris brûle-t-il ?). Case 18 398.

- L’architecte Jean LAMUDE (1954-1996), qui fonda en 1989 l’atelier d’architecture et d’urbanisme Tectône. Il réalisa plusieurs grands immeubles dans Paris. Case 14 725.

- Le peintre Jules LAPARRA (1914-1978). Case 19 631.

- Sunsiaré de LARCÔNE (Suzy Durupt : 1935-1962) : écrivaine française auteur d’un unique roman, La Messagère, paru en 1962. Elle mourut accidentellement dans l’Aston Martin de l’écrivain Roger Nimier, sur l’autoroute A13. Case 20 945.

- Clarence John LAUGHLIN (1905-1985) : écrivain et photographe surréaliste américain, son ouvrage le plus connu est Ghosts Along the Mississippi. Ses images, souvent nostalgiques, reflète l’influence de Eugène Atget. Case 777.

- Francis LAX

- Francis LE BASSER (1889-1974) : Chirurgien de formation, il fut élu sénateur de la Mayenne en 1948. Siégeant d’abord dans le groupe du RPF, il rejoignit l’Union Centriste lors du changement de République. Maire de Laval de 1956 à 1971, président du conseil général, le stade de football de Laval prit son nom. Case 2813.

- Le comédien Marcel LE MARCHAND, sociétaire de la Comédie française. Case 17 369.

- André LE TROQUER

- Georges LEFEBVRE (1874-1959) : historien marxiste, spécialiste de la Révolution française, il édita notamment les Annales historiques de la Révolution française et occupa la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne. Case 6404.

- Darling LÉGITIMUS

- L’acteur polonais Mikolajczyk LESZEK (1953-1998). Case 17 472.

- Roger LIMOUSE (1894-1990) : peintre né en Algérie, il voyagea en Afrique du Nord puis étudia la peinture à Paris. Son œuvre s’apparente au fauvisme.

- Hippolyte-Prosper LISSAGARAY (1839-1901) : journaliste socialiste et républicain, il s’installa à Paris en 1860, fondant une sorte d’Université Populaire. Il s’engagea contre l’Empire et publia, en 1868, à Auch, le journal « l’Avenir », ce qui lui valut de nombreuses condamnations. A la chute de l’Empire, il fut nommé par Gambetta, commissaire de la guerre, à Toulouse. En mars 1871, il participa à la Commune de Paris, et combattit sur les barricades lors de la Semaine sanglante. Il échappa à la répression en trouvant refuge en Belgique, puis en Angleterre. A l’amnistie de 1880, il rentra à Paris où il continua son combat en créant le journal « La bataille », un combat ponctué de condamnations et de duels. Il fut l’auteur d’une « Histoire de la Commune de 1871 ». Il fut fiancé avec Eleanor Marx, la fille de Karl Marx. Case 1385, cendres relevées.

- Anatole LITVAK (1902-1974) : réalisateur, producteur et scénariste américain d’origine ukrainienne, il réalisa de nombreux films dont L’Équipage avec Charles Vanel ; Mayerling avec Danielle Darrieux et Charles Boyer. En 1936 il s’installa à Hollywood et prit la nationalité américaine : il réalisa alors de nombreux films, en particulier des films de guerre (Anastasia en 1956 avec Yul Brynner et Ingrid Bergman ; Aimez-vous Brahms ? en 1961 toujours avec Ingrid Bergman, puis en 1966 La Nuit des généraux avec Omar Sharif et Peter O’Toole. Case 15 994, cendres relevées.

-  LORULOT (André Roulot : 1885-1963) : propagandiste anarchiste individualiste, puis libre penseur, il participa en 1905 à la création du journal « L’anarchie », organe des anarchistes individualistes. Réformé du service militaire pour mauvaise santé, il fonda en 1906, avec Ernest Girault et quelques autres une colonie anarchiste communiste à St-Germain-en-Laye. Cette colonie dura deux ans, pendant lesquels il continua à donner des conférences à travers le pays. Son entrée en politique coïncida avec le moment le plus polémique de l’affaire Dreyfus. Il se passionna pour ce combat qu’il mena aux côtés des dreyfusards libres penseurs. Il fut plusieurs fois condamné pour ses propos ou écrits. En 1911, il laissa la direction de « l’anarchie » à Rirette Maîtrejean, puis créa en 1911 la revue « L’Idée Libre ». Ayant rompu avec le milieu illégaliste, il ne fut pas inculpé lors du procès des survivants de la Bande à Bonnot en 1913. Dans les années vingt, favorable à la révolution bolchevique, il s’écarta du mouvement anarchiste. Il participa avec Manuel Devaldes au « Réveil de l’Esclave » mais basa dès lors son combat sur l’anticléricalisme avec la publication de divers journaux « L’Antireligieux » (1921-25) puis « l’Action antireligieuse » (1925) ; La Libre pensée (1928) ; « La Calotte »(1930). Il s’engagea en 1921 dans la Fédération des Libres penseurs, dont il fut un infatigable orateur. Dans les années trente, il participa à « l’Encyclopédie Anarchiste » de Sébastien Faure. En 1958, il fut nommé président de la Fédération nationale des libres penseurs, puis vice-président de l’Union mondiale. Il fut l’auteur de nombreux ouvrages. Case 859.

- LOU BLIC (Yves Boullic : 1959-1995) : homme de communication politique, il fut à la fois poète, écrivain et éditeur. On lui doit certains fameux slogans publicitaires tels que : « Au secours, la droite revient ! ». Atteint d’une maladie incurable, il se suicida. Case 25 382.

- La journaliste Jacqueline LOUVET (1925-2004). Case 1172.

- Charles LUTAUD (1855-1921) : haut fonctionnaire français, il fut tour-à- tour préfet de la Sarthe (1889-1893), de Corse (1893-1895), des Côtes-du-Nord (1895-1897), de Haute-Garonne (1897-1898), d’Alger (1898-1901), des Bouches-du-Rhône (1901-1902), de la Gironde (1902-1907), puis du Rhône (1907-1911). Couronnement de sa carrière, il fut gouverneur général de l’Algérie de 1911 à 1918. Case 5192.


Commentaires

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lundi 25 octobre 2010 à 19h19, par  Eric DONFU

Yves BOULIC, LOU BLIC, vit toujours dans le coeur de tous, comme j’ai pu le constater aujourd’hui en évocant sa mémoire avec un de ses amis.

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