Le columbarium : plaques remarquables

mercredi 17 février 2010
par  Philippe Landru

Cet article s’inscrit dans une série de six articles destinés à faire connaître le columbarium du Père Lachaise :
- Le columbarium : présentation générale
- Le columbarium : les personnalités de A à E
- Le columbarium : les personnalités de F à L
- Le columbarium : les personnalités de M à Q
- Le columbarium : les personnalités de R à Z
- Le columbarium : plaques remarquables

Ce petit article à pour but de présenter la diversité qui s’exprimer de plus en plus sur les cases du columbarium. Si le nom et les dates gravés sur une plaque noire restent la norme, on voit apparaître effectivement depuis une vingtaine d’années une personnalisation, au résultat plus ou moins heureux, des derniers habitacles de nos contemporains.

Loin des célébrités, petite promenade sur les chemins de l’évasion poétique funéraire…

Les processus identificatoires

Grande tendance de notre époque, tant sur les tombes que sur les cases de columbarium ! Plus que chercher à se distinguer, ces cases sont finalement plutôt un témoignage post-mortem de son appartenance à une communauté.

Identification par rapport à une région d’origine


A une foi ou à des principes philosophiques


(Père Lachaise)

(Abondanciste fait référence à la théorie selon laquelle les progrès techniques provoquent une abondance permettant de se dégager du travail pénible et de passer à une autre économie d’où personne n’est exclu).

Où plus souvent, comme nous l’avons vu sur l’article de présentation du columbarium, par rejet de l’identité religieuse : cela se fait par des revendications diverses, de son appartenance à la libre pensée à une proclamation de son athéisme militant. Cette caractéristique du columbarium du Père Lachaise est intéressante dans la mesure où cette dimension est très faiblement représentée dans les columbariums des autres villes de France, où le rejet du religieux est beaucoup moins net (peut-être également parce que ce type de message y paraîtrait plus inconvenant).

(Père-Lachaise, Paris)
(Père-Lachaise, Paris)
(Père-Lachaise, Paris)

L’appartenance à la Franc-maçonnerie est souvent indiquée, de manière plus ou moins claire. C’est également vrai pour son appartenance à un courant politique, particulièrement le communisme (les faucilles et marteaux sont nombreux, beaucoup plus rarement par une fleur de lys ou une croix de Lorraine.





L’identité des défunts peux ainsi être évoquée de manières très diverses : l’appartenance à un métier, à un sport, à une passion…








(Père-Lachaise)

Les épitaphes

L’anticonformisme des plaques passent également par les épitaphes : le phénomène n’est pas nouveaux, mais là où les épitaphes, jusqu’à la fin du XIXe siècle, se caractérisaient généralement par des textes longs et très convenus, la formule à notre époque est plutôt celle d’un texte court et percutant, forcément très personnalisé (ce qui rend d’ailleurs certains d’entre eux nébuleux pour ceux qui n’en ont pas la clé), souvent incisif et drôle ! Face à la mort, certains sont l’incapacité à assumer la séparation, d’autres se montrent plus fatalistes…

(Père Lachaise)
(Père Lachaise)
(Père Lachaise)



(Père Lachaise)
(Père Lachaise)
(Père-Lachaise, Paris)




(Père-Lachaise, Paris)
(Père-Lachaise, Paris)
(Père-Lachaise, Paris)
(Père-Lachaise, Paris)

Plaques avec sculptures

L’ornementation à caractère « artistique » se diffuse, par des procédés très variées, suivant ce que l’on peut appeler des « modes » : ainsi, l’usage du bronze et des médaillons, trop coûteux de nos jours, est remplacé par des œuvres en platre, en terre-cuite… Ces « œuvres » sont rarement signées.




(Père-Lachaise, Paris)






















Plaques ornées

Méthode plus classique d’ornementation, l’’incrustation de photos, de dessins ou de mosaïques est devenue la norme, particulièrement chez les individus jeunes. Si certaines sources d’inspiration existent (personnages de bandes dessinées, Le Petit prince…), ce sont la plupart du temps des œuvres originales. Le résultat final est là aussi plus ou moins heureux, mais certaines plaques sont de véritables petits chefs d’œuvres de virtuosité.


(Père-Lachaise, Paris)

Sans doute ma plaque préférée du columbarium : sobre et simple, rien n’évoque davantage la fuite du temps que cet alignement de photos d’une même personne dont on ne sait rien à différentes époques de sa vie.

Parmi les nombreuses photos contenues sur les plaques, certaines captent davantage le regard, telle ce de l’énigmatique Leïlah Mahi, que l’on dirait sortie d’un film muet des années 10.





Au détour des plaques, une illustration réalisée par le dessinateur Moebius.


(Père Lachaise)

Une simple inversion de lettres, et une plaque d’identité devient une interrogation.





(Disparition -vol ?- constatée de cette plaque en avril 2013)











(case malheureusement reprise)




Commentaires

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Le columbarium : plaques remarquables LEILAH MAHI
mercredi 22 février 2017 à 17h55 - par  Rome

Bonjour,
je fais suite à votre fil pour porter à votre connaissance la nécrologie (très succinte)
de Leila(h) Mahi
parue dans le quotidien Comoedia paru le mardi 16 aout 1932.
4 lignes en bas de page ou il est mentionné qu’elle laisse un roman inachevé intitulé
« LA FEMME ERRANTE ».
quoitidien très facile à consulter depuis chez vous.
www.gallica.fr et le journal du mois et de l’année que vous choisissez de lire.
Et un grand bravo à M.Landru pour sa passion qui s’apparente à un sacerdoce !.

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Alors ?
lundi 5 septembre 2016 à 14h00 - par  un promeneur TRÈS intrigué

Toujours RIEN de nouveau sur Leilah Mahi ?

Malgré tous ces touristes qui vous posent tout un tas de questions dès qu’ils se trouvent devant cette case 5011....

L’autre jour, il y avait même deux touristes américaines qui nous ont demandé si c’était la tombe de Mata Hari (!!!)

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Ce que j’ose conclure sur Leilah Mahi...
lundi 18 janvier 2016 à 14h23 - par  Sir Ivan Gordon Stephen

Bien évidement, nous autres curieux des mystères que renferme le Cimetière du Père Lachaise, nous ignorons, malgré nos demandes persistantes, TOUT ou quasiment tout, de celle qui durant son passage terrestre se prénomma Leilah Mahi...

MAIS...

En conclusion de mes propos, une chose est sure : Leilah Mahi sera certainement plus connue depuis sa présence au Père Lachaise, grâce SURTOUT à sa photographie ornant sa case de colombarium, qu’elle le fût de SON VIVANT, et cela malgré ses tentatives comme « écrivaine »...

Ironie, quand tu nous tiens...

PS : Si notre Leilah vivrait parmi nous de nos jours, je suis certain qu’elle ferait partie de l’équipe des « Collection Arlequin »...

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Au sujet de Leïlah Mahi
samedi 26 décembre 2015 à 15h50 - par  Sir Ivan Gordon Stephen

Il est possible que :

Leïlah Mahi soit, en fait, décédée d’un cancer des voies génitales (utérus, ovaires, etc...) puisque la clinique Saint Hilaire était en 1932 un établissement spécialisé dans l’Obstétrique... MAIS SURTOUT, cet établissement se trouve (encore de nos jours) à « deux pas » de... l’Institut CURIE. Je rappelle, à tout hasard, que dans les années 30, l’Institut CURIE était l’un des rares établissement en France prenant en charge les patients souffrant du cancer (Villejuif ne fut à la pointe des recherches en cancérologie que quelques années après 1932) Puisque dans les années 30 c’était la tuberculose le « mal ennemi public numéros un » qui faisait peur à tout le monde...

Le cancer, lui, n’avait pas et de très loin l’impact médiatique qu’il a de nos jours... les chercheurs et médecins en cancérologie, passaient pour des « marginaux » de la recherche médicale, vers 1930, puisque le cancer était en fait, un mal dont l’existence semblait être ignorée par pratiquement tout l’ensemble de la population...

À noter, que le musicien Claude Debussy fut l’un des patients de l’Institut CURIE vers 1917-18, époque où le cancer était une véritable énigme pour les médecins censés se consacrer à cette maladie...

À l’époque, ces médecins n’avaient à leur disposition, pour seuls traitement curatif (du moins on l’espérait) soit des aiguilles de radium pur (et oui !) soit de la chirurgie tant lourde que sérieusement mutilante, tout cela dans le but tout au moins de maintenir en vie le plus longtemps possible, leurs malheureux patient atteints de cette maladie (le cancer) tant mystérieuse que... impitoyable !!! (encore en 1960, le cancer cela voulait dire que 95 % de ceux qui en sont atteints décèderont dans les moins de trois ans suivant le diagnostic, alors imaginez vers 1932...)

Leïlah Mahi serait en fait décédée du cancer (?) Possible puisque son lieu de décès est proche voisin de l’Institut CURIE... Monsieur Didier Blonde n’aura qu’à orienter ses recherches dans cette direction. Et de ce fait... Il n’y a RIEN de mystérieux dans tout cela...

Maintenant, s’il existe encore des mystères concernant le cas Leïlah Mahi... C’est :

Leïlah Mahi née en 1890 à Beyrouth, à l’époque territoire Syrien, bon... Mais alors, cette femme avait donc 20 ans vers 1910, alors QUAND est-elle arrivée en France ??? Et pourquoi ?

De quelles ressources financières a-t-elle vécu : riche mariage (???) Ou commerce façon « Belle Otéro » (???)

Et n’oublions pas que pour les femmes vivants au début du XXème siècle, il n’y avait que DEUX POSSIBILITÉS : Mère de famille ou... P... (là, ce n’est pas moi qui l’a décrété, c’est malheureusement la triste vérité historique...)

MAIS... il est sur que si le portrait de Leïlah Mahi n’existait pas sur la case 5011, cela ferait depuis TRÈS longtemps que cette Dame serait bien oubliée....

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Leilah Mahi
lundi 19 octobre 2015 à 20h18 - par  Mila Saint Anne

Sur Leilah Mahi, il y a une page Wikipédia en anglais et l’émission http://www.franceinter.fr/emission-lhumeur-vagabonde-lecrivain-didier-blonde

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jeudi 10 décembre 2015 à 14h49 - par  Sir Ivan Gordon Stephen

Je viens de lire le livre de ce Didier Blonde, concernant Leïlah Mahi,

Et bien... pour résumer ce livre, il n’y a qu’un seul mot : RIEN !!!

En effet, le livre de Blonde n’a STRICTEMENT RIEN à nous apprendre de nouveau concernant Leïlah Mahi, puisque TOUT ce qui la concerne se trouve déjà INTÉGRALEMENT dans le message d’un certain Jean Philippe DÉJÀ POSTÉ ICI :

depuis le... mardi 18 mars 2014 à 17h28
Bonjour ! Voici quelques informations supplémentaire concernant Leilah Mahi, en effet je viens de recevoir son acte de décès de la mairie du 5e arrondissement ! (N 1120 de l’année 32) Cette jeune femme de lettre née à Beyrouth en septembre 1890 et décédée à la clinique saint Hilaire à Paris le 12 aout 1932 ! Son domicile était au 13 rue Shakespeare à Nice !
Jean Philippe

Donc la SI attendue dernière page du prix Renodeau accordé à ce D. Blonde, ne vous en apprendra PAS PLUS à Vous tous qui vouliez savoir « MAIS... QUI ÉTAIT LEILAH MAHI ? » !

Bref 100 et quelques pages pour ne STRICTEMENT RIEN écrire de plus sur la Mahi, RIEN DE PLUS de ce que nous savions déjà...

Vous voici prévenu, vous qui voulez vous procurer l’ouvrage de Didier Blonde, tout en espérant que cet ouvrage vous révèle ENFIN le mystère de la « belle crématisée » du Père-Lachaise...

En bref, LE MYSTÈRE LEILAH MAHI RESTE ENTIER !!!

PS : Comme je suis Ecossais d’origine, je vais essayer de faire tourner mon guéridon de spiritisme cette nuit (je suis sérieux)... Pour tâcher de capter l’Esprit de Leilah Mahi... Autant interroger la Principale intéressée sur qui elle fût vraiment durant son passage parmis les vivants... Seulement après 83 ans d’Au-Delà... La communication risque d’être quelque peu... Perturbée...

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Le columbarium : plaques remarquables
jeudi 20 mars 2014 à 05h18 - par  un passionné des belles dames du temps jadis...

Il est vrai que la photo de Leilah Mahi, présente sur sa plaque cinéraire, fascine toujours autant le visiteur malgré le fait que la magnifique Leilah Mahi n’est plus que cendres depuis plus de 80 ans...

Je ne vous écris pas combien de personnes s’arrêtent fixés tous les jours sur ce portrait, en posant tout un tas de questions rien que pour essayer de découvrir qui était Leilah Mahi...

Je ne vous écris pas toutes les légendes, plus ou moins fausses, et toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, qui courent sur feu Leilah Mahi... Cela est certainement dû à son magnifique portrait cinéraire, n’oublions pas qu’en 1932, la photo cinéraire était chose rare (surtout à un tel format)... Leilah Mahi continuerait-elle à autant intriguer le visiteur tanathophile si ce portrait n’aurait pas existé ? Leilah Mahi était-elle narcissique, même arrivée dans l’au-delà ?

Le columbarium : plaques remarquables
mardi 18 mars 2014 à 17h28

Bonjour ! Voici quelques informations supplémentaire concernant Leilah Mahi, en effet je viens de recevoir son acte de décès de la mairie du 5e arrondissement ! (N 1120 de l’année 32) Cette jeune femme de lettre née à Beyrouth en septembre 1890 et décédée à la clinique saint Hilaire à Paris le 12 aout 1932 ! Son domicile était au 13 rue Shakespeare à Nice !
Jean Philippe

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jeudi 20 mars 2014 à 14h42 - par  Roger Rousselet de Colombes

En ce qui concerne les demandes d’actes auprès d’une mairie, il faut savoir que les actes de naissances et de mariages -complets- ne peuvent être délivrés qu’après 75 ans à partir de l’écriture de l’acte, mais un acte de décès -même de la semaine dernière- peut être demandé. Ceci pour toutes personnes étrangères ou même simplement éloignée des personnes dont parle l’acte. Mais il faut parfois faire avec les services municipaux -surtout en ce moment- qui ont d’autres priorités surtout dans les petites communes.

Logo de un passionné des belles dames du temps jadis...
jeudi 20 mars 2014 à 05h17 - par  un passionné des belles dames du temps jadis...

Vous écrivez que Leilah Mahi était une jeune femme, MAIS 1932 moins 1890 égal 42 ans !

Nous sommes plus en présence d’une femme mure, donc avec un vécu, plutôt qu’en face d’une jeune fille arrachée à la vie juste au moment de la découvrir... Quel fût ce vécu ? A-t-elle laissé des souvenirs à Nice , si oui... Lesquels ? Peut-être pourrez-vous un jours nous instruire sur le sujet...

Logo de un passionné des belles dames du temps jadis...
jeudi 20 mars 2014 à 05h13 - par  un passionné des belles dames du temps jadis...

Encore une fois, merci à vous Monsieur Jean Philippe de venir nous éclairer sur le mystère Leilah Mahi.

Seriez-vous autre que Monsieur Philippe Landru ? Ou... un un autre Philippe...

Sinon, comment avez-vous pu découvrir que Leilah Mahi est décédée dans le cinquième arrondissement de Paris ?

Je croyais en fait, que l’avis de décès était un document STRICTEMENT confidentiel qui ne devait être remis qu’à la famille du défunt concerné (?)

À cette occasion, la cause du décès y est-elle mentionnée ?

Logo de Mireille P.
Le columbarium : plaques remarquables
lundi 15 avril 2013 à 19h54 - par  Mireille P.

Cher Philippe,

Grâce à votre article je suis partie explorer les sous-sols du columbarium qui me
rebutaient à vrai dire un peu ; bien m’en a pris, car j’y ai découvert des merveilles.
Malheureusement, la plaque 22.482 avec la licorne a dû être volée car il n’en reste que les
traces de colle.

Merci Philippe, à quand les prochaines visites ?? Bientôt, je l’espère
Bien amicalement
Mireille P.

Le columbarium : plaques remarquables
dimanche 1er août 2010 à 22h56

Et bien moi j’y suis passé aux Archives Nationales de Paris, dans le but d’en apprendre d’avantage sur Leïlah Mahi, et là deux charmantes bibliothécaires m’ont dirigé sur la bibliothèque « François Mitterand ». Et j’ai ainsi pu retrouver les deux ouvrages de Leïlah Mahi sur... Microfiches !

À noter que ce système de lecture de microfiches n’est qu’un antique bazard de loupes grossissantes, assez mal foutu et tout juste digne des appareils à diapos des années 50 : les images rendues sont floues et l’utilisation de l’engin est fort mal aisée. À notre époque de l’informatique et d’Internet c’est un comble que l’on se retrouve encore confronté à des trucs comme cela ! C’est un peu comme si demain vous commandez un taxi par téléphone, et que l’on vous envoie un Taxi de la Marne de 1914 pour votre trajet...

Mais revenons à notre sujet : l’oeuvre littéraire de Leïlah Mahi, ou ce qui nous est resté d’elle en dehors de sa plaque de columbarium. Ces deux livres écrits par Leïlah Mahi qui sont de facture semblable l’un par rapport à l’autre, ne sont en fait que deux romans d’amour, malgré leurs titres à l’aura de mystère : l’un c’est « en quête du bonheur » et l’autre surtout qui peut faire penser à un livre d’ésotérisme : « la prêtresse sans dieu ». Livres où l’on retrouve les mêmes protagonistes tout au long des deux récits (qui ne semblent n’en faire qu’un...) Deux romans d’amour qui rappellent surtout ceux produits par « la Collection Arlequin » dans leur style et genre « eau de rose »... Grosso modo, Leîlah y parle d’une jeune femme (elle ?) qui s’ennuie sur une plage du Deauville des années 1925-30, pendant que son amoureux un certain Alain (un jeune et riche oisif) est plus préoccupé lui par les performances de sa chère automobile... Bref nous sommes en présence d’un récit en deux parties et sans grand intérêt où évoluent nos protagonistes tant aisés que superficiels... Le genre de bouquin à deux sous, aussi vite lu et jeté, qu’oublié... Vous savez, ce genre de truc acheté dans une gare et qui n’a pour vocation que de vous faire paraître votre voyage en train moins long, mais qui n’a certainement pas l’ambition de faire partie un jour des « Classiques »...

Maintenant, on peut savoir pourquoi Leïlah Mahi est aujourd’hui bien oubliée, ou tout au moins s’en douter : n’aurait-elle été qu’une « poseuse » , comme on peut le penser à la vue de sa photo... Cette photo funéraire, où elle semble nue (si l’on regarde celle-ci bien en détail) excepté son turban inattendu sur la tête d’une européenne (dans ses livres elle ne fait pas allusion a des hypothétiques origines orientales) Turban qui lui lui donne cet air, plutôt vaniteux, de femme déguisée en ce qu’elle n’était pas : une artiste et une orientale... Et surtout, était-elle aussi superficielle que ses deux bouquins semblent le laisser supposer... N’était-elle en fait qu’une jeune femme qui se mourait d’ennui (avant de mourir tout court) parce que trop protégée par trop d’aisance matérielle dans son milieu social feutré et fortuné... Jeune femme qui pour tromper son oisiveté, aurait inventé son personnage de Leïlah Mahi et se serait fabriqué une vocation artistique et littéraire, vocation tant usurpée qu’illusoire ? Vocation littéraire qu’elle aurait tentée d’entretenir avec deux petits bouquins probablement publiés à compte d’auteur et de façon confidentielle parce que trop peu intéressants pour être considérés comme de la vraie littérature et dignes d’être retenus par la postérité, même pour des lecteurs de 1930...

Alors, qui était vraiment Leïlah Mahi ? Cette belle jeune femme du début des années 30 qui semblait tant aimer jouer à l’orientale et à l’écrivaine... Et bien, ma recherche à la Bibliothèque Nationale ne m’a apporté aucune réponse ! En effet tout ce qui semble être resté de cette mystérieuse Leïlah Mahi (probablement un pseudo) est contenu dans ces deux petits livres gentils mais sans aucun intérêt pour quelqu’un qui n’en a rien à faire des snobs du Deauville des années 30... Et dans cette bibliothèque, comme nul part ailleurs, Il n’existe de fiche biographique de Leïlah Mahi qui aurait pu m’éclairer dans ma recherche : qui était vraiment Leïlah Mahi ? où a t-elle vécu et comment ? et surtout pourquoi est-elle morte si jeune ?

J’ignore si cette Leïlah Mahi a réussi sa courte vie, et à satisfaire son ambition littéraire (pour cette dernière question je pense que non...) Mais une chose est sure, Leïlah Mahi, quelle que fut sa vie, a en quelque sorte réussi sa mort en devenant la légende la plus troublante du Columbarium du Père-Lachaise ! Combien de promeneurs intrigués par cette photo de fausse orientale depuis ce 12 Août 1932 ? Après tout n’est ce pas l’ambition de tous ceux et celles qui se livrent à la Littérature de devenir des légendes ?

PS : si quelqu’un en sait plus que moi sur Leïlah Mahi, je l’invite vivement à se faire connaître en nous faisant part de ses découvertes tout en me répondant sur ce site (à condition que tout ce qui sera écrit soit véridique ! Preuves à l’appui...)

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Le columbarium : plaques remarquables
mercredi 16 juin 2010 à 22h18 - par  Quelqu’un qui a soif de savoir...

Cher Monsieur Philippe Landru,

Je voudrais savoir ce que vous pensez de mon idée d’aller chercher des renseignements sur Leïla Mahi, et de retrouver des traces de ses deux livres, aux Archives Nationales de Paris. Croyez-vous que l’on peut y trouver une piste intéressante ?

J’y serais bien aller moi-même, et après je vous aurais fait le compte-rendu à vous tous du site, sur ce que j’aurais pu y trouver (ou non) sur Leila Mahi, femme écrivain des années 20-30... Seulement les Archives Nationales de Paris sont d’un accès interdit au public...

Les Archives Nationale de Paris sont interdites au public SAUF aux professeurs et historiens, donc puisque vous Monsieur Philippe Landru vous avez LE droit d’accès à ces chères archives, envisagez vous d’avoir un jour la bonté d’y aller enquêter sur Leïla Mahi afin de nous faire un petit texte pour nous apprendre qui elle fut vraiment ?

Le columbarium : plaques remarquables
jeudi 10 juin 2010 à 12h14

Cher Monsieur Ph. Landru,

Je tiens tout d’abord à vous féliciter, et à vous remercier, pour la rapidité de votre réponse et aussi pour sa pertinence. En effet rien ne prouve, après tout, que Leïlah Mahi n’était personne d’autre qu’une garçonne européenne déguisée en orientale, allez donc découvrir pourquoi...

Je crois que la meilleure façon de découvrir la vérité sur Leïlah Mahi, serait d’une part de retrouver son certificat de décès (avec l’aide de la conservation du Père-Lachaise ?)

Et d’autre part, de retrouver trace des deux ouvrages que Leïlah Mahi aurait légués à une postérité en perte de mémoire à son sujet. Nos écrits nous trahissent, et ce n’est pas à un littéraire que je vais apprendre cela...

Comme vous êtes un historien, et un professeur, je voudrais savoir si (sans vouloir vous obliger) vous avez des facilités d’accès à certaines archives inaccessibles au grand public.

- Des documents genre actes officiels (naissance, mariage, décès...)

- Archives et fiches d’anciennes maisons d’édition n’existant plus de nos jours, par les Archives de Paris, où seraient conservés tout ce qui a été imprimé (depuis plusieurs siècles ! ) mais dont l’accès n’est réservé qu’aux enseignants et chercheurs tels que vous.... Les traces de Leïlah Mahi y dorment peut-être depuis environ quatre vingt ans, et vous y attendent, afin que dans votre vocation de nous instruire, vous aller les y cueillir pour les offrir à notre curiosité... Une curiosité qui n’est point voyeuse (nous ne sommes pas dans « Voici ») mais avide d’en savoir toujours plus sur les mystères du Père-Lachaise...

Les cimetières sont là pour nous rappeler à notre devoir de mémoire !

Et puis, peut-être que Leïlah Mahi (comme beaucoup) ne mérite pas l’oubli où elle est plongée depuis ce 12 août 1932, et de la où elle serait désormais, elle nous demande de l’en faire sortir, allez savoir pourquoi...

Ah, ce mystère des beautés des temps jadis....

Logo de Quelqu’un qui fait une enquête sur Leïlah Mahi
Le columbarium : plaques remarquables
mercredi 9 juin 2010 à 15h19 - par  Quelqu’un qui fait une enquête sur Leïlah Mahi

Je suis quelqu’un qui fait une enquête sur Leïlah Mahi, et je peux vous affirmer mon cher promeneur (et sans vous remettre en cause) que votre espèce de moustachu bizarre rencontré il y a vingt ans, sous un portique du Columbarium, était soit un gentil (?) illuminé, soit un type qui allait trop souvent au cinéma (ce qui revient au même...) avec ses histoires de danseuse indoue adultère et de cocu flingueur qui fini par partir nourrir les requins de Cayenne... Et j’en passe...

Parce que... moi j’ai retrouvé des traces sur GOOGLE en tapant Leïlah Mahi (et oui) et là, des indications m’ont mis sur la piste de la belle crématisée (décédée le 12 août 1932, et non en 1929) puisque vous l’appelez comme cela (seriez vous tombé « amoureux » d’une morte d’y a plus de quatre vingt ans ? Epoque, où nos mères n’étaient pas encore nées elles-mêmes... Ah... ces si belles dames des temps jadis ! Dixit G. Brassens... Enfin là, c’est votre problème à vous seul...)

Bon maintenant je vous fait un résumé sur ce que je crois savoir sur notre Leïlah Mahi (merci Google)

Et bien en fait, Leïlah Mahi n’était pas une danseuse indoue mais... UNE FEMME ÉCRIVAIN !!!

Probablement originaire du Maroc (celui-ci était encore un protectorat français en 1932) Leïlah étant un prénom féminin marocain (et d’ailleurs c’est celui de mon épouse originaire de Casablanca, et c’est elle qui m’a mis sur la piste...)

Une chose m’intrigue alors fortement dans le cas de Leïlah Mahi, c’est... POURQUOI LA CRÉMATION ???

En effet, notre Leïlah Mahi était probablement musulmane, puisque maghrébine du Maroc, et l’Islam interdit la crémation ! alors ?...

Femme écrivain, parce que sur GOOGLE, il est indiqué que Leïlah Mahi serait l’auteur de deux livres (aujourd’hui TOTALEMENT oubliés et perdus) dont voici les titres (ainsi que les années de parution) :

(Voici d’ailleurs le lien qui m’a dirigé sur cette voie : www.lekti-ecriture.com/.../Bibliographie-lacunaire-des-éditions-Louis-Querelle)

- En quête du bonheur (paru en 1929)

- la prêtresse sans dieu (paru en 1931)

Et voilà, je crois avoir trouvé quelque chose d’intéressant sur Leïlah Mahi, mais... c’est tout ! D’où ma sincère frustration !!!

En effet, de quoi pouvaient bien parler ces deux livres (dont l’auteur ne serait autre que votre belle crématisée) Quel genre abordaient-ils ?

Romans d’amour ? Essais philosophiques ? Voir... ésotérisme ? (d’ailleurs, au Père Lachaise cela ne manque pas l’ésotérisme... alors là, tout finirait par se regrouper !!!)

Et puis qu’est-ce qui a fait venir la marocaine (?) Leïlah Mahi en France, était-elle connue de son vivant , et dans quel cercle littéraire ? Et dans ce cas, elle aurait-elle été la première écrivaine maghrébine de l’histoire (n’oublions pas que dans le Maroc du siècle dernier, les femmes n’avait pas accès à la culture, voir à l’école élémentaire...) Comment aurait-elle pu surmonter les préjugés du Maghreb de l’époque coloniale ? À moins, qu’elle soit venue en France durant son enfance où elle aurait été éduquée et instruite... À l’époque des colonies, certains maghrébins, souvent dans la bourgeoisie (grande comme petite) des villes d’Afrique du nord, choisissaient « de jouer la carte française » et se retrouvaient ainsi totalement « francisé » dans leur mode de vie... Mais ceci est un autre sujet...

Et puis pourquoi, Leïlah Mahi en tant qu’écrivaine, est de nos jours passée sous un TEL SILENCE DE PLOMB ???

J’aurait pu oser écrire un silence de cendres... mais...

La preuve, personne ne s’en souvient (même pas les bibliophiles les plus érudis, ou alors...) Et ses deux livres sont introuvables... Même chez les bouquinistes de la Seine...

Et puis surtout, qui était Leïlah Mahi ??? Décédée probablement encore jeune femme, à en juger par le portrait qui orne sa plaque cinéraire (plaque qui a du en intriguer plus d’un depuis ce 12 août 1932, et faire naître moult légendes des plus farfelues...) Et puis décédée de quoi et comment ???

Quelqu’un sur ce site en saurait-il encore plus que ce que je viens de découvrir, au sujet de Leïlah Mahi, sur Google ?

Quelqu’un aurait-il pu retrouver au moins l’un de ces deux livres écrits (?) par Leïlah Mahi, à l’occasion d’un vide grenier par exemple ? Et avoir l’amabilité de venir nous le faire (re)découvrir...

Auquel cas, on pourrait fonder un petit club d’enquête sur Leïlah Mahi, cela à condition que toute piste fournie par ceux qui veulent participer à ce club soit une piste bien réelle, AVEC PREUVE TANGIBLE À L’APPUI ! Et non une histoire à dormir debout comme celle du moustachu à l’accent « parigot » !

Comme preuve du passage terrestre de Leïlah Mahi, et éventuellement des éclairages sur les divers éléments qui furent sa vie (Où vivait-elle, et comment ? qui voyait-elle ? Que voulait-elle ?)

découvrir un certificat de décès ou de naissance à son nom (si on peut encore les retrouver... et où ?)

Peut-être que Monsieur Philippe Landru, qui est un professeur d’histoire, aura l’amabilité de nous répondre...

C’est bizarre, mais... j’ai l’impression que cette photo de plaque remarquable vient nous dire

« je vous attend... Allez, venez donc me redécouvrir... »

Logo de Quelqu'un qui fait une enquête sur Leïlah Mahi
jeudi 10 juin 2010 à 01h35 - par  Philippe Landru

Je n’ai pas d’info supplémentaire à fournir sur Leilah Mahi : j’avais effectivement trouvé la mention des deux ouvrages (au passage, c’est « En marge du bonheur »), soit peu de choses en somme. Une chose est certaine : la très belle photo qui orne sa tombe explique à la fois sa conservation et la fascination qu’elle exerce sur un grand nombre de photographes (sa plaque se trouve sur de nombreux blogs de cimetières). En revanche, rien ne donne d’indication sur ses origines et sa religion. J’ai bien du mal à croire qu’une musulmane ait été crématisée en 1932 !! Fût-elle originaire du Maghreb (on peut également imaginer une Européenne prenant une identité « exotique » prisée dans les années 20), on peut également envisager un cas certes très marginal mais néanmoins possible d’une femme de lettres installée en France (dans quel contexte ?) et totalement « assimilée », au point d’affirmer son athéïsme. Son portrait évoque davantage une garçonne émancipée des années 20 chère à Victor Margueritte. Le mystère reste donc entier pour l’instant...

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Le columbarium : plaques remarquables
lundi 7 juin 2010 à 03h27 - par  Un promeneur habitué du Columbarium du Père Lachaise

Un jour, c’était il y a environ vingt ans, un type bizarre abordant des favoris et des moustaches à la Dali, et parlant très rapidement avec un accent des faubourgs de Paris pire que celui d’Arletty, m’a raconté l’histoire de Leïlah Mahi la si belle et si mystérieuse crématisée de 1929...

D’après ce singulier monsieur, il s’agissait d’une danseuse Indo-britannique (les Indes étaient processions anglaises en 1929) qui serait venu à Paris en cette année 1929 pour s’y produire dans un théâtre des Champs Elysées, et à cet occasion présenter des danses sacrées indoues.... Or cette fille avait un amant qui l’avait accompagnée à Paris (à moins qu’elle l’ai trouvé sur place dans notre capitale) et ce type avait la particularité d’être TRÈS jaloux et possessif....

Or Un soir, notre amoureux trop passionné a surpris notre Leïlah en plein commerce charnel au lit avec un riche protecteur (sans doute dans le soucis pour notre danseuse indoue de faire avancer plus vite sa carrière dans le milieu du « show bizz » de l’époque, la promo canapé quoi...)

Si bien que notre amoureux éconduit, et ne supportant pas l’humiliation plus longtemps, sorti un pistolet de sa veste et les flingua TOUS LES DEUX (avant une loi de 1935, les armes à feu étaient en usage libre en France).

Résultat des courses :

Il y eu un procès aux Assises de Paris, bien sur...

Mais la famille TRÈS INFLUENTE du « riche cocufieur » a obtenu que l’on fasse taire toute publicité autour de cette affaire d’adultère, vous pensez bien qu’en 1929, chez les gens « respectables » on ne rigolait pas avec ce genre d’histoire sordide... Si bien que de nos jours personne ne se souvient de cette affaire de moeurs bien vite oubliée, ni non plus des noms des protagonistes c’est à dire ceux du riche flingué et du flingueur si jaloux.

Seul celui de Leïlah Mahi à été retenu de nous autres, habitués des promenades au Père Lachaise, surtout à cause de la photo de sa plaque (à noter qu’en 1929, les photos de défunt sur les tombes étaient une rareté par rapport aux tombes de maintenant) Et, d’après moi, si cette plaque se serait trouvée sans photo, sur que Leïlah Mahi serait définitivement oubliée de nos jours... Après tout, de sont vivant elle n’était pas encore connue comme artiste, et sa mort prématurée mis un terme définitif à sa route vers la gloire... Si elle avait su rester plus prudente dans ses amours, elle serait certainement décédée nettement plus tard après accomplissement d’une carrière à la Josephine Baker par exemple (mais dans un registre différent évidement) MAIS SURTOUT NE JUGEONS PAS....

Et l’amoureux flingueur qu’est-il devenu ? Vous allez me demander...

Et bien, après son procès pour double-meurtre, la justice française lui offrit une croisière...

Vers les îles guyanaises (souvenez vous du film « Papillon » de 1973 avec S. Mc Queen et D. Hoffman) Et une fois arrivé à destination, et au bout de quelque mois de séjour laborieux dans une forêt d’exploitation de bois tropicaux où on lui fit échanger son 7,65 contre des outils de terrassement, notre cocu pas content se prit une malaria qui l’empêcha de jouir pleinement des 20 ans de vacances au soleil que venait de lui payer l’Etat Français dans son grand soucis de justice... Maladie tropicale qui lui assura un destin tant funèbre que définitif de bouffe pour les requins des eaux guyanaises, parce qu’au bagne de Saint Laurent du Maroni, en 1930, il n’y avait pas de cimetière pour les bagnards décédés en cours de peine, alors...

Seulement voilà, afin de conclure ce texte, je vous avouerais, bien humblement, que j’ignore si cette histoire est vraie, alors j’aimerais savoir si quelqu’un sur ce site en saurait plus que ce mystérieux moustachu que j’ai rencontré, il y a déjà vingt ans, par un dimanche ensoleillé devant la plaque de cette si belle et si mystérieuse Leïlah Mahi, crématisée en pleine jeunesse un jour de l’été 1929...

Qui était vraiment Leïlah Mahi ? Et combien de promeneurs à t-elle tant intrigués qu’hypnotisés depuis plus de quatre vingt ans que cette beauté n’est plus que cendres...

Avez vous une piste fiable pour nous éclairer, Monsieur Landru ?

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vendredi 14 février 2014

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