THIAIS (94) : cimetière parisien

Visité en janvier 2009
samedi 7 février 2009
par Philippe Landru

Ouvert en 1929 (ce qui en fait le plus récent des cimetières « parisiens »), le cimetière parisien de Thiais, avec ses 103 hectares et ses 130 divisions, est le plus grand cimetière de la métropole après Pantin (dont les 107 hectares en font le plus grand cimetière d’Europe). Il souffre d’une image négative de « cimetière des pauvres et des indigents » que les autorités municipales tentent par tous les moyens de dissiper. Pourtant, la dernière fois que Thiais a été médiatisé, c’était pour l’inhumation des victimes de la canicule. Ou encore régulièrement pour celles des SDF. Les autorités ont raison de préciser que contrairement à une rumeur tenace, les fosses communes n’existent plus dans les cimetières français : les victimes de ce type reposent dans des sépultures individuelles. On peut le voir au fond du cimetière (division 50…). Ces concessions sont évidemment très provisoires. Certaines possèdent quelques fleurs discrètes… La plupart n’en n’ont pas…

On ne peut pas nier que Thiais est un cimetière de relégation : quand les Parisiens aisés peuvent encore se faire inhumer au Père-Lachaise ou à Montparnasse, que les plus modestes terminent à Bagneux, Pantin ou Ivry, que dire de Thiais ? Non pas qu’il ne soit pas entretenu : là comme ailleurs, les allées tracés au cordeau ont été plantées d’arbres. La végétation n’y est pas absente sur les pourtours des divisions. Un personnel nombreux y travaille... Mais la réalité des pierres tombales, leur état, le dénuement de la plupart des divisions crient la grande misère de la plupart des situations. Je l’ai visité un jour ensoleillé : tant mieux ! Par temps pluvieux, la déprime eût été assurée.

Le cimetière est loin d’abord : pour s’y rendre, des bus partent de l’extrémité de la ligne 7. Une fois franchie la porte principale, réalisée par l’architecte Charles Halley, une gigantesque allée part vers le fond du cimetière (c’est à cet endroit que se trouve le dépositoire). De part et d’autre commencent les divisions proprement dites, l’essentiel de la superficie du cimetière se trouvant sur la droite.

Les divisions les plus proches de l’entrée sont assez similaires à celles des autres grands cimetières parisiens extra-muros. Quand on s’éloigne de cette zone, les tombes deviennent beaucoup plus clairsemées. De nombreuses divisions offrent un paysage semblable : tombes devenues totalement anonymes, usées, défoncées ou en train de s’affaisser (paradoxalement, on a l’impression que le sol n’était pas adapté à un cimetière). Monticules de terre, stèles illisibles ou petites croix de bois. On a la sensation que quasiment personne n’y fut inhumé depuis les années 50.

Plus loin encore, les divisions sont totalement inutilisées (ça, il reste de la place à Thiais : avec seulement 150 000 concessions vendues pour un tel espace !). Elles se présentent donc sous la forme de vastes pelouses entourées d’arbustes. Certaines sont même utilisées comme lieu de plantation d’arbres qui, on le suppose, repeupleront plus tard les allées.

La caractéristique essentielle de ce cimetière est le cosmopolitisme des défunts qui s’y trouvent. Ici, on joue à fond la carte du communautarisme, et il y en a pour tous le monde : division des iraniens musulmans, des bouddhistes, des roumains orthodoxes, des polonais, des albanais !!! Certaines, appelées « carrés des anges », sont celles des enfants morts en bas âge. C’est également ici que finissent les enfants non viables des hôpitaux ! Hormis quelques tombeaux bouddhistes pharaoniques, c’est l’humilité et la modestie qui règnent. Certaines divisions musulmanes, clairsemées, semblent à l’abandon. D’autres ne possèdent que quelques tombes, serrées les unes contre les autres, dans l’attente d’un peuplement progressif.

Evidemment, ce tour du monde du funéraire fait que les divisions ne se ressemblent pas à Thiais. Dans le domaine de la diversité, il est le cimetière le plus intéressant à visiter d’Ile-de-France. Mais cette diversité n’empêche pas l’extrême conformisme des tombeaux, se référant plus ou moins clairement aux coutumes locales :

  • Ici les divisions musulmanes, offrant des petits monticules de terre, des petites stèles frappées de l’étoile et du croissant…
  • Là, les divisions orthodoxes, dont les croix et les bulbes donnent à Thiais un petit air slave…
  • Où encore les carrés bouddhistes : monumentalité des tombeaux, écritures chinoises, sculptures quasi systématiques dont les fameux dragons, et petits autels à offrandes au pied du tombeau.

Curiosités

  • La statuaire du cimetière est quasiment inexistante : elle se réduit, pour un si grand cimetière, à quelques bustes et médaillons. On notera dans la division la présence d’un jeune communiant en bronze.
  • Le cimetière contient deux monuments érigés à la mémoire de victimes de catastrophes aériennes :
    • Celle d’Ermenonville : un DC 10 de la compagnie Turkish Airlines s’écrasa le dimanche 3 mars 1974 en forêt d’Ermenonville près de Senlis (Oise) peu de temps après avoir décollé de l’aéroport de Paris-Orly en direction de Londres. Les 346 passagers et membres d’équipage périrent dans l’accident. Près de la plaque commémorative se trouvent des plaques individuelles ainsi que les tombes de quelques unes des victimes (16e division).
    • Celle de Brazaville : un vol Air France Brazzaville - Paris s’écrasa en Libye dans le désert du Sahara après que le Lockheed Starliner se fut cassé en deux. La catastrophe fit 78 victimes. Huit membres de l’équipage reposent dans un caveau collectif dans la 22e division.
  • Thiais possède un monument dédié à tous ceux qui ont donné leur corps à la science. Plusieurs plaques leur rendent hommage, et une d’entre-elles présente un texte expliquant l’importance de ce don. Tout autour, plusieurs massifs végétalisés sont recouverts de plaques individuelles, offrant un lieu de recueillement aux familles concernées. Un monument similaire existe au cimetière de Rennes.

Parmi les célébrités concernées par le don du corps, et qui ne possèdent donc pas de tombe, on citera les comédiens :

  • Bernard BLIER (1916-1989), auquel reste attaché le cinéma d’Audiard, les films noirs avec Jean Gabin, mais également quelques comédies truculentes.
  • Pauline CARTON (Pauline Biarez : 1890-1974), qui sut jouer de son physique disgracieux. Elle tourna beaucoup pour Guitry et fut l’extraordinaire interprète, avec Koval, de Sous les palétuviers. Évoquant sa décision de faire don de son corps à la faculté de médecine, elle avait déclaré : Je ne peux pas dire que je ferai un beau cadeau aux étudiants. J’ai même pensé à me faire tatouer autour du cou, « Tant pis pour vous ! »
  • Marie DÉA (Odette Deupès : 1919-1992), qui tourna de 1938 à 1979 et qui mourut accidentellement des suites d’un incendie.
  • Lise DELAMARE (Jolyse Delamare : 1913-2006), qui fut avant tout une comédienne de théâtre (elle était sociétaire de la Comédie-Française et professeur au Conservatoire). Elle tourna cependant pour le cinéma (elle était Marie-Antoinette dans La Marseillaise de Renoir).
  • Max DESRAU (1918-2001), comédien de seconds rôles pour le théâtre, la télévision et le cinéma.
  • Alain JANEY (1926-1998), qui tourna beaucoup pour la télévision.
  • Madeleine LAMBERT (1892-1977), dont la filmographie s’épanouit des années 20 aux années 60.
  • Guy LAROCHE (1925-2008).
  • Gina MANÈS (Blanche Moulin : 1893-1989), qui fut l’une des vamps du cinéma muet mais qui ne connut que des seconds rôles avec l’arrivée du cinéma parlant.
  • Michel PEYRELON (1936-2003), second rôle dont le visage reste bien connu, que l’on vit au cinéma mais également à la télévision.
  • Jean ROUGERIE (1929-1998), autre second rôle populaire du cinéma et de la télévision (mais il fut également comédien de théatre), jouant invariablement les ahuris dans les comédies et les personnages équivoques dans les drames.
  • Madeleine SOLOGNE (Madeleine Vouillon : 1912-1995), dont l’apogée de la carrière fut également son chant du cygne : le rôle de Nathalie dans l’Eternel retour de Cocteau.
  • Le réalisateur Jean-Paul LE CHANOIS (Jean-Paul Dreyfus : 1909-1985), auteur des Misérables (à la distribution prestigieuse), ou encore du Jardinier d’Argenteuil.
  • Le socialiste Daniel MAYER (1909-1996), qui fut député, plusieurs fois ministre, puis président du Conseil Constitutionnel.
  • Le sculpteur, maître mouleur et inventeur BAHRAM (Mohammad Hossein Bahramian : 1941-2006).
  • Le dessinateur et caricaturiste SIRO (Pierre Rollot : 1914-2000), qui travailla pour de nombreux journaux (L’Equipe, l’Aurore, le Figaro).

Célébrités : les incontournables...

La tombe de la comédienne Mady BERRY (1887-1965), inhumée dans ce cimetière, a disparu suite à la date d’expiration de la concession.

Le modèle Kiki de Montparnasse (Alice Prin : 1901-1953), l’égérie de toute une génération d’artistes pour lesquels elle posa, avait été inhumée dans la 75e division mais sa tombe fut malheureusement relevée en 1974. Seul Foujita avait assisté à son enterrement. Reste d’elle les fameuses photos de Man Ray !

Le corps de l’éditeur Robert DENOEL (1902-1945), compromis dans la collaboration et assassiné dans des conditions mystérieuses, fut inhumé dans une fosse commune de la 90e division. Il n’en reste absolument plus rien : cette division est désormais dévolue aux tombes de confession musulmane.

Certains furent inhumés dans ce cimetière avant d’être transférés ailleurs : c’est le cas de la chanteuse Marie DELNA (1875-1932), qui y demeura quelques temps avant son transfert au Père-Lachaise, du Compagnon de la Libération René-Georges WEILL (1908-1942), qui fut transféré à Montpellier après la guerre, de Jean BASTIEN-THIRY (1927-1963), l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart, qui le quitta pour le cimetière de Bourg-la-Reine, ou encore de l’écrivaine Eva de VITRAY-MEYEROVITCH (1909-1999), spécialiste du soufisme, qui fut inhumée en 2008 à Konya en Turquie.

Ce fut également le cas de l’abbé Franz STOCK (1904-1948) : premier étudiant allemand admis à l’Institut Catholique de Paris depuis le Moyen-Âge, Franz Stock fut recteur de la mission catholique allemande de Paris de 1934 à 1939. Aumônier des prisons de Paris de 1941 à 1944, il apporta un soutien moral et spirituel aux détenus, prépara et accompagna les condamnés à mort jusqu’au Mont Valérien, lieu d’exécution de nombreux résistants. De très nombreux témoignages établirent qu’il apportait le réconfort à ceux qui voulaient le recevoir et qu’à ses risques et périls il servit de messager entre les familles et les résistants emprisonnés. En 1945, il fut chargé de l’instruction des séminaristes allemands prisonniers de guerre. Le « Séminaire des barbelés » fut définitivement installé dans le camp 501 de Coudray, près de Chartres. Inhumé très simplement à Thiais, il fut exhumé le 13 juin 1963, la veille de la ratification du traité d’amitié franco-allemand par l’Assemblée nationale. Son cercueil fut inhumé deux jours plus tard en l´église Saint-Jean-Baptiste de Rechèvres à Chartres. Sa tombe à Thiais, désormais vide, est toujours présente et une plaque la signale à l’attention.

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Tombe actuelle de l’abbé Stock

Les « célébrités » de Thiais témoignent, à leur manière, de la relégation générale du cimetière : anciens collabos qu’ont a voulu noyer dans l’immensité du cimetière, personnalités secondaires totalement oubliées…et puis toujours cet aspect cosmopolite (on remarquera les origines diverses de ceux qui suivent…).

... mais aussi

NB : lorsque les divisions ne sont pas indiquées, c’est que je ne les connais pas encore.

  • Le guitariste manouche Djuri ADLER (1924-1992), qui tint à Paris un cabaret de musique tsigane (24e division).
  • Robert ARNOUX (1899-1964) : comédien de cinéma et de théâtre, il tourna des années 20 aux années 60. (21e division).
  • André BERLEY (André Obrecht : 1890-1936) : comédien des années 30, il se produisit également dans des tours de chants.
  • Le comédien Camille BERT (Camille Bertrand : 1880-1970), qui sut s’adapter au cinéma parlant, et qui tourna de 1911 à 1956.
  • Francesc BOIX-CAMPO (1920-1951) : photographe républicain espagnol exilé en France, il fut déporté au camp de Mathausen. Ses clichés lors de la Libération et son témoignage furent déterminants lors des procès de Nuremberg pour rendre compte de la réalité des camps nazis. Il mourut peu de temps après des suites de ses conditions d’internement. (70e division).
  • René BOUVRET (1920-1944) : résistant, il contribua au développement des liaisons radio en zone sud. Traqué par la gestapo, il se suicida avant d’être arrêté. Il fut fait Compagnon de la Libération. Inhumé à Hauteville, il fut ultérieurement transféré à Thiais.
  • Marcel BUCARD (1895-1946) : ancien combattant, il fonda en 1933 le Mouvement franciste inspiré du fascisme italien. Il participa à l’agitation des Ligues dans les années 30 et adhéra à la collaboration en 1941. Il fut l’un des cofondateurs de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Arrêté à la Libération alors qu’il cherchait à gagner l’Espagne, il fut condamné à mort et fusillé (23e division).
  • Jean CASSOU (1897-1986) : Passionné d’art moderne, secrétaire de Pierre Louÿs, il tint la chronique Lettres espagnoles, dans le Mercure de France à partir de 1921. Militant antifasciste, Rédacteur en chef de la revue Europe dans l’entre-deux-guerres, Jean Cassou fut inspecteur des Monuments Historiques dès 1932 et dut se consacrer à la sauvegarde du Patrimoine National devant l’avance des troupes allemandes. Engagé dans la Résistance, il reprit après la guerre dans les Musées Nationaux sa fonction de conservateur en chef et fut nommé, en octobre 1945, conservateur en chef du Musée National d’Art Moderne, poste qu’il occupa jusqu’en 1965. Il fut fait Compagnon de la Libération (21e division).
  • Georges CATROUX (1877-1969) : officier français, il participa à la préparation de la conquête du Maroc, sous les ordres de Lyautey (1906-1911). Gouverneur de la province de Damas (1920) attaché militaire à Constantinople (1923-1925), il regagna le Levant (1926), où il plaida pour l’indépendance de la Syrie et du Liban, sous mandat français. Il exerça ensuite des commandements en Algérie et au Maroc. Nommé gouverneur général de l’Indochine (juillet 1939), il fut révoqué par Vichy et rallia la France Libre. Commandant en chef et délégué de la France libre au Moyen-Orient, il proclama l’indépendance de la Syrie et du Liban et fut nommé Haut commissaire au Levant (juillet 1941). Gouverneur général de l’Algérie, commissaire d’Etat du CFLN (1943), il devint ministre d’Etat chargé de l’AFN au sein du GPRF (septembre 1944), puis ambassadeur de France en URSS (janvier 1945). Il était Compagnon de la Libération. Bien qu’inhumé dans la 20e division, je n’ai pas retrouvé sa tombe (20e division).
  • Paul CELAN (Paul Antschell : 1920-1970) : Originaire d’une famille juive parlant allemand, il fit des études de littérature et de langues romanes en Roumanie. En 1942 ses parents furent déportés. Après la guerre, il quitta son pays pour Vienne, puis Paris où il devint lecteur à L’ENS et traducteur. Bien que Celan ait publié ses premiers poèmes vers 1948, c’est en 1952 avec Pavot et Mémoire qu’il commença à atteindre une certaine célébrité. Il fut par la suite consacré comme le plus grand poète de langue allemande de l’après guerre. Il connut la difficulté, pour un juif, d’écrire en Allemand après la guerre. Il se jeta dans la Seine. Avec lui repose son épouse, l’artiste Gisèle LESTRANGE (1927-1991) qui illustra un bon nombre de ses œuvres. Leur tombe est toujours visitée, comme en témoignent les nombreux petits cailloux déposés (31e division).
  • Le comédien André DEED (André Chapais : 1879-1940), qui après avoir commencé sa carrière en tant qu’acrobate et chanteur de music-hall, fut remarqué par Georges Méliès et devint un des plus célèbres acteurs comiques du cinéma muet. Il tint le premier rôle dans une longue série de comédies dans lesquelles revenaient Boireau, personnage qu’il campait, et qui fut adapté dans plusieurs pays du Monde. Il fut également réalisateur. On a du mal à prendre conscience de la popularité qu’il connut, mais qui déclina dès la fin de la guerre. A la fin de sa vie, il était devenu accessoiriste pour les studios Pathé !
  • La journaliste France-Presse roumaine Tatiana DIMITRIU (1908-1996) (106e division).
  • Albert FOSSEY « François » (1909-1958) : éditeur de formation, il s’engagea dans la Résistance où il s’illustra dans de nombreuses missions, en particulier la libération de la Creuse. Il fut fait Compagnon de la Libération. Ayant intégré après la guerre l’armée d’active, il participa à toutes les campagnes de son temps : Indochine, Algérie, opération de Suez en 1956. Il mourut accidentellement en sautant en parachute lors d’un meeting à l’aéroport de Mérignac.
  • Kurt GERSTEIN (1905-1945) : officier nazi allemand, il fut affecté au cours de la Seconde Guerre mondiale à l’Institut d’Hygiène de la Waffen-SS de Berlin ou il organisa l’achat du gaz pour le camp de Auschwitz. Fait rare parmi les SS, il prit conscience du crime auquel il est en train de participer, et décida de rédiger des rapports et d’informer du génocide des représentants de la Suède et de la Papauté. En 1945, il se livra aux Alliés en croyant à une remise en liberté mais fut en fait battu et torturé peu de temps après par ses geôliers français. Le 25 juillet 1945, son corps fut retrouvé pendu à la prison du Cherche-Midi. On conclut au suicide, à moins qu’il ne fût assassiné par ses codétenus SS, ou par ses gardiens. Il fut réhabilité 20 ans après sa mort. Son destin inspira la pièce de Rolf Hochhuth Le Vicaire ainsi que le film de Costa-Gavras Amen. Il fut inhumé à Thiais sous le nom de Gastein, peut-être dans la 14e division, mais il ne reste plus rien de sa tombe aujourd’hui.
  • Eugène GRAFF (1862-1935), qui fut fondateur d’un foyer pour sourds. Sa tombe est ornée d’un bas-relief en bronze (11e division).
  • Etienne HADJU (1907-1996) : sculpteur roumain d’origine hongroise, il s’installa à Paris en 1927 où il suivit les cours de Bourdelle. L’abstraction apparut dans son œuvre dès 1932-1934, mais c’est à partir des années 1950 qu’il créa son style particulier (formes liées par des ondulations et des courbes souples) qui en fit un des représentants de la nouvelle Ecole de Paris. Il réalisa des sculptures, bas-reliefs et hauts-reliefs en bois, marbre et onyx, bronze et plomb, aluminium et cuivre mais aussi des « estampilles » sur papier ainsi qu’un nombre important de décors et de formes pour la Manufacture nationale de Sèvres. Il repose sous l’une de ses étonnantes œuvres intitulée Je suis amoureux et datée de 1957 (20e division).
  • Krikor HAGOPIAN : cofondateur arménien d’une organisation fondée à Constantinople en 1918 et dédiée à l’athlétisme et au scoutisme. Sa tâche était d’harmoniser les activités de toutes les sections présentes dans le monde et d’organiser des évènements internationaux, pour favoriser les rencontres de la jeunesse arménienne. Il repose sous un bas-relief en bronze le représentant (20e division).
  • HAN RYNER (Jacques Henri Ner : 1861-1938) : né dans un milieu modeste et religieux, il devint enseignant mais peina à accepter la discipline et l’autorité. En 1896, il adopta le pseudonyme de Han Ryner. Rédacteur en chef de Demain, il apporta sa contribution à de nombreux journaux et magazines et fut l’auteur d’une cinquantaine de livres dont romans, essais, contes, théâtre et poésie. Pacifiste, il défendit l’objection de conscience et, en anticlérical virulent, s’opposa à l’emprise de l’Eglise, surtout sur l’éducation. Sa pensée puise dans la sagesse des Stoïciens grecs, qui incitent l’être humain à accepter ce qu’on ne peut changer. Brillant orateur, Han Ryner prône une libération individuelle et non une révolution sociale violente. Ce ’Socrate contemporain’ se posa en défenseur de victimes telles Alfred Dreyfus, Sacco et Vanzetti, et tous les insoumis, et participa aux mouvements anticolonialistes. (2e division).
  • Jean HÉROLD-PAQUIS (1912-1945) : journaliste d’extrême droite engagé uprès des Franquistes durant la guerre d’Espagne, il se fit connaître pendant l’Occupation, à partir de 1942, avec sa chronique militaire de Radio Paris, tenue après le journal de vingt heures, dans laquelle il acclamait les succès de l’Axe et ridiculisait l’action des Alliés, avec ce célèbre leitmotiv : « L’Angleterre, comme Carthage, sera détruite ! ». Il fut un sympathisant nazi, membre du Parti populaire français et du comité d’honneur de la Waffen-SS française. Il fut arrêté alors qu’il tentait de fuir et fut condamné à mort et exécuté à Châtillon ; Sa tombe à pour épitaphe : Ce n’est qu’un au revoir mes frères… (2e division).
  • Catherine HESSLING (Catherine Heuschling : 1900-1979) : dernier modèle d’Auguste Renoir, elle devint l’épouse du fils de ce dernier, Jean, qui devint cinéaste dit-on juste pour la faire tourner. Adoptant l’apparence des stars américaines de l’époque, elle fut donc comédienne dans quelques films muets, mais sa carrière dans le parlant fut très brève. Elle divorça de Jean Renoir en 1943 et abandonna la carrière artistique.
  • Loumia HIRIDJEE (1962-2008) : styliste malgache d’origine indienne, elle fut la fondatrice de la marque de lingerie féminine Princesse tam.tam. Réinstallée en Inde à partir de 2007, elle trouva la mort dans un hôtel de luxe de Bombay pris d’assaut par des terroristes.
  • Le rugbyman André HIRON (1909-1933) (20e division).
  • Abel JACQUIN (1893-1968) : comédien de théâtre et de cinéma, il tourna de 1921 à 1955, en particulier des rôles d’aviateur. Il fut également l’auteur de fables et de poèmes.
  • Tony JACQUOT (Antoine Jacquot : 1919-2007) : Ancien pensionnaire de la Comédie-Française, il a été à l’affiche de plusieurs films populaires, dont Don Camillo. Il fut l’élève de Louis Jouvet et commença sa carrière théâtrale dans la troupe des Pitoëff.
  • Paul-Clément JAGOT (1889-1962), auteur d’ouvrages sur la psychologie, le magnétisme et l’hypnotisme toujours très lus (18e division).
  • Le peintre Guily KHAJEHNOURIAN (1928-1997) (110e division).
  • Le sculpteur sur bois Jean-Jacques KRAFFT (1910-1997), auteur d’une œuvre religieuse mais également profane (nombreux nus) (9e division).
  • Pierre LAMBERT (1901-1973) : fonctionnaire au Ministère des Finances, adhérent de la SFIO, il s’engagea dans la Résistance : il fut ainsi l’un des organisateurs de la manifestation des étudiants et des lycéens du 11 novembre 1940 à la place de l’Etoile à Paris. En juillet 1943, après l’arrestation de Jean Moulin, il fut chargé, à Lyon, du secrétariat général de la Délégation générale en zone sud en remplacement de Tony de Graff. Sous son impulsion, ce secrétariat devint un organe essentiel de la Résistance. Il coordonna également l’action des divers mouvements de résistance et le départ vers Londres ou Alger de personnalités comme André Le Troquer ou Vincent Auriol qu’il hébergea chez lui quelque temps. Il fut fait Compagnon de la Libération. Après la guerre, il exerça une carrière préfectorale (Lyon, Saône-et-Loire, Oran, Haute-Vienne).
  • Le sculpteur basque Jacinto LATORRE (1903-1986) (2e division).
  • Henri MARAIS (1881-1940) : scientifique de formation, il s’engagea dans la résistance dès 1940 malgré son âge avancé. Membre des services civils, il servit à l’Etat-major des Forces françaises libres à Londres. Il y mit sur pied le service financier, qu’il gèra avec conscience, pendant que son épouse, Jeanne, y officiait comme chauffeur. Il mourut à Londres de maladie. Il fut fait Compagnon de la Libération. Inhumé en Angleterre, son corps fut rapatrié en 1949 dans ce cimetière.
  • L’archéologue belge André MARICQ (1925-1960), qui après s’être illustré dans sa connaissance du monde byzantin, travailla sur les civilisations afghanes et iraniennes préislamiques. La plaque en bronze qui recouvre sa tombe présente les principales fouilles et contributions dont il fut l’auteur (22e division).
  • Pascal MAZOTTI (Pasquale Mazotti : 1923-2002) : comédien de théâtre et de cinéma (on le vit dans Hibernatus), il tourna aussi pour la télévision. Il fut également une voix de doublage, en particulier celle du Roi dans Le Roi et l’Oiseau.
  • L’écrivain basque Jon MIRANDE (1925-1972), qui fut également traducteur.
  • Le poète marseillais Gérald NEVEU (1921-1960), qui fonda la revue Action poétique.
  • Le clown Auguste belge PEPETE (Alfred Pauwels : 1916-1989), héritier des cirques Pauwels (32e division).
  • Le peintre et architecte Martin PINCHIS (1907-2005 : sa date de décès ne figure pas sur la tombe) (20e division).
  • Sacha PITOËFF (1920-1990) : fils de l’homme de théâtre Georges Pitoëff, il fut également avant tout un comédien et metteur en scène de théâtre (il fonda sa propre troupe). On le vit néanmoins dans quelques films qui utilisèrent son physique étrange et inquiétant. Il repose sous une croix orthodoxe de guingois dans une tombe envahie de lierre (98e division).
  • Robert PORTE (1923-1966) : comédien de théâtre et de cinéma, son regard veule, anxieux, l’imposèrent dans des rôles de traîtres ou de psychopathes avant la lettre. Dans un domaine plus populaire, il était Monsieur, frère du Roi, dans la série des Angélique.
  • Le poète spiritualiste Ernest PREVOST (1872-1952), fondateur en 1898 de la Revue des poètes (21e division).
  • Le général de la Marine Dominique RENUCCI (1897-1969), qui fut député de l’Algérie de 1958 à 1962 (19e division).
  • L’écrivain autrichien Joseph ROTH (1894-1939) : installé en France dès 1933, il sombra dans la misère et l’alcoolisme, tout en dénonçant l’Anschluss et la montée du nazisme dans les publications émigrées. Son œuvre la plus célèbre est son roman La Marche de Radetzky, qui retrace la chute de l’Empire austro-hongrois et la désintégration de la société autrichienne à travers trois générations d’une famille (7e division).
  • Léon SEDOV (Lev Lvovitch Sedov : 1907-1938) : fils de Léon Trotski, il fut également l’un de ses plus proches collaborateurs après l’exil en Turquie. Il s’installa par la suite à Berlin mais l’arrivée d’Hitler au pouvoir le contraignit à un nouvel exil à Paris. Il mena un colossal travail de dénonciation des méthodes de Staline, véritable contre procès de Moscou, synthétisé dans Le livre rouge sur le procès de Moscou. Devant être soigné d’une appendicite, il mourut à la clinique, vraisemblablement assassiné par un agent de Staline (22e division).
  • William SIVEL (1908-1982) : ingénieur du son, il a assuré la direction sonore de plus de 100 films pour tous les plus grands réalisateurs de 1933 à 1982. Il obtint deux fois le César du meilleur son, en 1979 pour L’État sauvage et en 1983 pour La Passante du Sans-Souci (20e division).
  • Séraphin SOUDBININE (+1944) : sculpteur russe, il s’installa en France en 1902 où il devint un praticien de Rodin. Il s’intéressa à la céramique, qui devint son activité principale à partir des années 1920. Il mourut dans l’oubli total durant la Seconde Guerre mondiale (11e division).
  • L’écrivain et critique littéraire Marcel THIEBAUT (1897-1961), qui fut directeur de la Revue de Paris (20e division).
  • Evgueni ZAMIATINE (1884-1937) : auteur russe, son roman le plus connu, Nous autres, est une caricature, dès 1920, de l’avenir sombre de l’URSS sous la planification communiste. Contre utopie de science-fiction, il inspira 1984 à George Orwell et Le Meilleur des mondes à Aldous Huxley. Il quitta l’URSS en 1931 et s’installa en France où il mourut. (21e division).

Si vous avez le moindre complément d’information (photo, numéro de division, célébrité ou monument non répertoriés...), n’hésitez pas à me le faire parvenir. Merci par avance.


Commentaires

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samedi 16 janvier 2010 à 00h10, par  Gilles

Depuis quelques années, les corps donnés à la science ainsi que tous les ossements récupérés dans les cimetieres parisiens, hormis les concessions perpetuelles, sont dirigés vers les fours du crématorium du cimetiere du Pere Lachaise.Les cendres sont dispersées au cimetiere parisien de Thiais.

lundi 28 décembre 2009 à 21h31

Les grandes pelouses au fond du cimetière ... Elles abritent les corps de ceux qui ont fait don à la science... Mon père est là ... Anonyme ... Il voulait que ce soit ainsi ... Aucune plaque nulle part ne dira qu’il est mort ... Et donc qu’il a existé ... Il voulait que ce soit ainsi ... Ce qui lui importait n’était pas l’individu mais les actes collectifs des humains pour changer le monde ...

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mercredi 21 octobre 2009 à 22h55, par  christine Leroy née Boldori

Article très intèressant. J’y suis allée, mais j’étais perdue par la grandeur de ce cimetière. Ma mère morte en 1935 y fut enterrée ; je n’ai pas trouvé de tombe car elle fut enterrée dans une fosse commune

C. Leroy

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mardi 14 avril 2009 à 20h04, par  CHAUVIN

Bonjour ou la la . Mlle sylvie est très fatiguer miss ? . FAUTE orthographe je rectifie très vite cimetière excusez moi .

CORDIALEMENT

SYLVIE CHAUVIN

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mardi 14 avril 2009 à 18h43, par  CHAUVIN

Bonjour

monsieur

je connais votre site qui est vraiment très bien . et par hasard je suis tomber dessus pour le cimetiaire de thiais car je souhaitais savoir si il y avait une association car vraiment le cimetière vraiment dur . par endroit le cimetiaire je l’ai ( visiter ) car je visite beaucoup de cimetiaire désolé mais j’aime bien regarder les personnes disparu celèbre ou pas . MAIS ALORS dur dur thiais je suis sortie la gorge serrer de serrer et les larme au yeux . TROP DUR PAR ENDROIT et j’ai vue don de corp ? ? ? EXCUSER MOI mais cela ne correspond pas a se que vous indiquer moi j’ai vue des emplacement mais pas de tombe . (1)(juste a l’entrée du cimetière a gauche gauche tout est effondrer .et ensuite (2) et en entrant dans le cimetiaire droit devant au fond a droite vraiment dur de dur cela ne donne pas envie de faire don de son corp a la science finir comme cela( un minimum ) je préfère me faire incinerer et disperser les cendres mieux . voila encore merci pour votre site .cordialement

SYLVIE CHAUVIN.

Brèves

Le cimetière de Charonne est fermé

mardi 8 décembre 2009

L’église Saint-Germain de Charonne à Paris, aux assises fragilisées, a été fermée au public, de même que son cimetière et le trottoir qui la longe, a annoncé samedi la Ville de Paris dans un communiqué.

« Construite à flanc de colline, sur un sol argileux, l’église présente, depuis l’origine de sa construction au XIIe siècle, une instabilité chronique », explique la mairie. La décision de cette fermeture a été prise par la préfecture de police. « La Ville assure les fidèles de sa détermination à tout mettre en œuvre pour que l’église puisse être rouverte au culte et au public dans les meilleurs délais », poursuit le communiqué.

La mairie avait engagé en 2007 une étude approfondie sur la stabilité de ce monument classé. Des sondages géologiques et archéologiques ont « confirmé la médiocre qualité du sol et la faible assise des fondations ».

« Pour minimiser les risques liés à la nature argileuse du sol, des travaux de dévoiement des descentes d’eaux pluviales ont été réalisés cet automne par la Ville », poursuit la mairie.