BESANÇON (25) : cimetière Saint-ferjeux

visité en août 2017
samedi 7 octobre 2017
par  Philippe Landru

Le cimetière Saint-Ferjeux, à proximité de la basilique du même nom, est plus récent (1868), moins connu et moins monumental que le cimetière des Chaprais, le grand cimetière de Besançon. Plat, peu arboré, il ressemble à tant de nouveaux cimetières des villes moyennes, érigés sans aucune recherche de grâce. Il recèle néanmoins quelques sépultures intéressantes, en particulier dans la partie gauche du cimetière, la plus ancienne.

La statuaire est rare dans ce cimetière, le plus souvent sous forme uniquement ornementale.

Saluons la très grande amabilité du conservateur.


Célébrités : les incontournables...


Aucun incontournable.


... mais aussi


- Le sculpteur Just BECQUET (1829-1907). Remarqué par Franceschi, il monta à Paris étudier auprès de Rude et de Carpeaux. Il exposa pour la première fois au salon de Paris en 1857. Il exécuta un grand nombre de statues, bustes et frontons : parmi les plus célèbres figurent la statue de Victor Hugo au parc Granvelle de Besançon, le monument commémoratif du colonel Denfert-Rochereau à Montbéliard, ou encore Le Dieu Pan et un tigre du square du palais Galliera, Paris. Il fut aussi violoncelliste et joua au Théâtre Français. En 1878 il fut élu à l’académie de Besançon. Une statue de lui se trouve au bout de l’allée principale du cimetière, qui donne sur un petit espace militaire.

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Statue de Just Becquet

- Le bibliothécaire, historien et archéologue Auguste CASTAN (1833-1892), qui s’intéressa à l’histoire de la Franche-Comté, particulièrement dans l’Antiquité. Il prit part à la polémique sur l’emplacement d’Alésia. Il publia de nombreuses études sur la région. Il fut nommé membre correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1875 et membre associé de l’Académie royale de Belgique en 1881.

-  Le Compagnon de la Libération Henri FERTET (1926-1943) : résistant français, membre du Groupe Guy Mocquet, il fut arrêté par les Allemands et fusillé le 26 septembre 1943 à l’âge de 16 ans, avec 15 de ses camarades. Si Henri Fertet a bien été inhumé dans ce cimetière de Saint-Ferjeux, son corps a été exhumé et incinéré après la guerre. Ses cendres ont été dispersées avec celles de son père à Sermoyer dans l’Ain.

- L’officier de marine, peintre et illustrateur Henri GERVÈSE (Charles Millot : 1880- 1959), qui en 1921 fut nommé peintre de la Marine. Il fournit des dessins à différents journaux comme Le Rire, Fantasio et La Vie parisienne. Il est connu pour ses séries de cartes postales et dessins humoristiques sur la Marine dans l’inspiration de l’autre dessinateur humoristique célèbre de la Marine Sahib. Né à Vesoul et mort à Buenos Aires, c’est ici qu’il repose.

- Le Compagnon de la Libération Paul GRENIER (1914-1945) : officier prisonnier des allemands, il s’évada et entra dans la Résistance. Il devint un maillon essentiel de celle-ci dans la région. Il prit la direction du plan « Tortue », qui visait à neutraliser la progression des Panzer Divisionen le jour « J » (secteurs Nord et Ouest de la France ). Grâce à son dispositif, dans l’ensemble de la région de Normandie, près de six cents véhicules ennemis furent détruits. Il se tua en voiture en service commandé le 4 mai 1945 à Mulhouse.

- Le coureur cycliste Jean de GRIBALDY (1922-1987), qui après une modeste carrière de coureur cycliste professionnel (de 1945 à 1954), devint directeur sportif d’équipes cyclistes (de 1964 jusqu’à la fin de sa vie). Au cours des années 1970 et 80, il se fit notamment connaître comme un « découvreur de talents », et devint l’un des plus fameux directeurs sportifs du monde du cyclisme. D’origine aristocratique, il était surnommé « le vicomte », ce qu’il était effectivement.

- Jules HAAG (1882-1953) : professeur de mathématiques spéciales, puis de mécanique rationnelle à la Faculté des sciences de Besançon ; sa carrière fut centrée sur la mécanique rationnelle qui est la base de la Chronométrie et de la mécanique appliquée. il fut directeur de l’Institut de chronométrie dont il fit une véritable école d’ingénieurs. Il devint membre de l’Académie des sciences en 1946.

- L’architecte Pierre-Adrien PÂRIS (1745-1819), qui passa beaucoup de temps à Rome où il fut pensionnaire à l’Académie. En 1785, il fut nommé architecte de l’Académie royale de musique (Opéra de Paris) et, deux ans plus tard, pour la duchesse de Bourbon, il travailla aux aménagements intérieurs du palais de l’Élysée. Il reçut ses lettres de noblesse en 1789 et travailla au projet et l’aménagement de la salle de l’Assemblée des États-généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles dont l’ouverture eut lieu le 5 mai. En octobre, Pâris devient architecte de l’Assemblée nationale en remplacement des Menus-Plaisirs. Son poste de dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi supprimé fin décembre 1792, il se réfugia dans le Doubs pendant la Terreur. Retraité ensuite en Normandie, il consacra 13 ans à la rédaction d’ouvrages sur les monuments antiques, au jardinage et à la réalisation d’un catalogue de sa collection. Une seconde carrière l’attendait : il assura en 1807 le directorat par intérim de l’Académie de France à Rome. Entre 1808 et 1809, il organisa l’enlèvement et le transport des antiquités de la Villa Borghèse pour le compte de Napoléon qui venait d’acheter la collection et souhaitait la rapatrier au Louvre. Il fut enfin chargé de diriger les fouilles du Colisée à partir de 1811. J’ignore où il fut inhumé en un premier temps (Champs Bruley ?) mais sa tombe, une colonne désormais très abimée sous échafaudage lors de ma visite (une éventuelle restauration ?).

- Charles WEISS (1779-1866) : ami d’enfance de Charles Nodier, il se livra de bonne heure à la littérature, cultiva la poésie, ce qui lui valut d’être admis à l’Académie de Besançon, en 1807. En 1812, il fut nommé conservateur administrateur de la bibliothèque de cette ville, qu’il dirigea de 1812 à 1866. Il fut l’auteur de travaux érudits, notamment sur Besançon et la Franche-Comté.


Merci à Nicolas Badin pour le complément photos.
Photo Haag : Bertrand Beyern


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vendredi 14 février 2014

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