MONT-DE-MARSAN (40) : cimetière du centre

visité en juillet 2019
dimanche 4 août 2019
par  Philippe Landru

Bien plat -c’est un luxe quand on fait de « l’abattage » de cimetières !- , le cimetière de Mont-de-Marsan ne saurait se limiter à la seule présence de Jacques Pills qui séduira les fans de Piaf. La municipalité a su conserver un grand nombre de tombeaux anciens et de certaines personnalités dont la notoriété dépasse le seul département. Le monde militaire est très présent dans cette ville fortifiée.


Curiosités


- Mont-de-Marsan accueillit à partir du XIXe siècle une part importante de la diaspora polonaise. En 1914, une stèle fut édifiée par l’un d’entre-eux pour rendre hommage à ceux qui moururent en exil.

- Un monument « aux Landais morts en Orient et sur les terres lointaines » réalisé par Cel le Gaucher (voir plus bas).

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La tombe restaurée des frères Darbins
L’un fut tué au combat dans les Ardennes en 1940, l’autre en combat aérien en 1942. Une rue de la ville porte leur nom.

- Dans les cimetières, les dynasties de soldats sont fréquentes. Une tombe dans ce cimetière a ceci de particulier qu’elle renferme les dépouilles d’un blessé à Waterloo (1815), d’un mort suite à ses blessures au siège de Sébastopol (1855), d’un médaillé de 1870 et d’un gazé mort en 1919, tous de la même famille ! On Comprends mieux qu’une des femmes inhumées avec eux se disent « fille, épouse, mère et grand-mère de soldats » ! La Seconde Guerre mondiale et les conflits coloniaux qui suivirent semblent avoir épargnés la famille (familles Le Roch, Massy, Candau, Petitcol).

- Un beau monument célèbre les prêtres de la ville.

Peu d’œuvres d’art dans ce cimetière.

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Portrait de Jean de la Hourtique (+1931) par Cel le Gaucher
Il était juge de paix, chroniqueur et rédacteur en chef du journal « La course landaise ».
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Jean Duprat, fondateur de l’orphéon local.
Réalisé par Cel le Gaucher.
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Sépulture Durrua


Célébrités : les incontournables...


- Jacques PILLS


... mais aussi


- Le général Henri CASTELNAU (1814-1890), qui fut aide de camp de Napoléon III de 1859 à 1870. Ce dernier l’envoya au Mexique avec la mission délicate de veiller à l’exécution de ses instructions pour l’évacuation du pays. Il présida la commission chargée de préparer l’institution de l’École supérieure de Guerre.

- CEL le Gaucher (Marcel Canguilhem : 1895-1949) : dessinateur, il perdit son bras droit durant la Première Guerre mondiale et dut éduquer sa main gauche pour continuer à travailler. Il collabora à diverses publications régionales, et laissa de nombreuses illustrations de soldats sur le front, mais également de sa passion pour la tauromachie. Il fut également affichiste et sculpteur. Un collège d’enseignement secondaire de Mont-de-Marsan porte son nom. Il fut l’auteur du monument aux morts des victimes de la guerre en Orient et de plusieurs ornements dans ce cimetière (voir plus haut).

- Le capitaine Pierre COUZIN (1775-1845), qui fut fait baron d’Empire et fut maire de la ville. Sa belle colonne, à l’entrée du cimetière, a été récemment restaurée.

- Marcel DAVID (1895-1979) : maire de Mont-de-Marsan à la Libération, il fut député socialiste des Landes de 1945 à 1958.

- Le réalisateur André DELCOMBRE (1931-2003). Il repose auprès de son père, Roger Delcombre (+1936), qui fut une figure importante du socialisme landais.

- Le sculpteur Charles DESPIAU (1874-1946) : s’il fut essentiellement un portraitiste à l’esprit archaïsant et aux traits simplifiés, il a aussi reçu des commandes publiques comme celle de l’Apollon pour le palais de Tokyo en 1937. Considéré de son vivant comme un nouveau Donatello et l’égal d’Aristide Maillol, il fut l’un des plus grands sculpteurs de l’entre-deux-guerres. Elève de Jean-Baptiste Carpeaux, puis de Louis Barrias ; ancien praticien de Rodin, il fut professeur à l’Académie de la Grande Chaumière. Dénoncé comme collaborateur en 1944, Charles Despiau fut « mis à l’index » puis condamné a deux ans d’interdiction d’exposer.

- L’aviatrice Andrée DUPEYRON (1902-1988), qui battit le record féminin de distance en ligne droite sans escale. Elle parcourut 4 360 km entre Oran en Algérie et Tel El Aham en Irak. Ce record du monde fit de cette mère de famille de 36 ans, surnommée pour sa vitesse La mère de famille volante, une héroïne dans tout le pays et inspira en 1944 le film Le ciel est à vous de Jean Grémillon.

- Le ministre Victor LEFRANC (+1883) : Républicain modéré siégeant au centre gauche, opposant à Louis-Philippe puis au Second Empire, il devint sous la Troisième République ministre de l’Agriculture et du commerce, puis ministre de l’Intérieur du gouvernement Thiers. Il avait été député des Landes entre 1848 et 1851, puis de 1871 à 1877 ; il en fut sénateur entre 1881 et 1883.

- Le peintre Louis Anselme LONGA (1809-1869) qui fut un peintre de scènes de genre, de scènes religieuses et de portraits. Il étudia en tant qu’élève de Paul Delaroche, et exposa pour la première fois au Salon de 1835. Témoin des goûts de son temps, il semble avoir été quelque peu attiré par la peinture de style troubadour. Intégré à la Commission d’exploration scientifique d’Algérie, il évolua vers l’orientalisme.

- Le naturaliste Edouard PERRIS (1808-1878), qui fut entomologiste et se spécialisa dans les coléoptères.

- L’aviateur Roger RONSERAIL (1894-1925), qui se rendit célèbre au cours de la Première Guerre mondiale pour être « Le Vengeur de Pégoud », en abattant le 18 mai 1916 avec l’aide de son mitrailleur, le pilote allemand qui avait lui-même abattu Adolphe Pégoud « AS de la guerre 1914-1918 » quelques mois auparavant. Il fut tué lors d’un spectacle d’acrobatie aérienne.

- Le peintre paysagiste des Landes Henri TAYAN (1855-1931) (transféré du cimetière de l’asile psychiatrique de Sainte-Anne, dans cette ville).


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vendredi 14 février 2014

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