SAINT-SEVER (40) : cimetière

Visité en juillet 2019
lundi 5 août 2019
par  Philippe Landru

Je suis allé à Saint-Sever en sachant y trouver la pyramide Durrieu. Je ne savais pas si j’y trouverais autre chose. Dans un vieux cimetière qui a conservé une bonne partie de ses anciens tombeaux, me voici à la tête d’un inventaire à la Prévert : une floppée de parlementaires anciens dont la plupart ne marquèrent pas l’histoire, des hauts-fonctionnaires, un champion de courses landaises, un gouverneur de l’Algérie et un scientifique spécialisé dans les arthropodes ! La liste pourrait être plus glamour, mais c’est dans ce genre de cas que l’on peut saisir tout l’intérêt de la taphophilie : faire resurgir des pages du passé enfoui, certaines anecdotes allant avec, et le plaisir de fureter sur des pierres illisibles qui n’attendaient que cela !

Ce cimetière ouvrit ses portes entre 1840 et 1844, en remplacement, chose classique, de l’ancien cimetière du Touron devenu trop exiguë.


Curiosités


- Le tombeau des Ursulines de Saint-Sever, orné d’une Pietà en régule.

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Colonne de Jean Capdeville
Conscrit de 1807, il entre dans le régiment des fusiliersgrenadiers de la Garde Impériale. Caporal en 1809, fourrier après Wagram, sous-lieutenant (1813) au 9e tirailleur, puis à Waterloo comme lieutenant avec le 3e voltigeurs : A la mémoire de / J. Capdeville / officier de la Garde Impériale / né à Saint-Sever / le 13 janvier 1787 / décédé le 19 janvier 1852 / Prusse/ Pologne / 1807 / Espagne / Allemagne / 1809 / Espagne en 1810 / 1811 / 1812 / Saxe en 1813 / Belgique / en 1814 et 1815

Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


- L’écarteur Jérôme ATANO (Jérôme Gimenez : 1919-1995), qui des années 30 au début des années 70 fut un champion de la course landaise.

- Un enclos funéraire clôturé par une banquette de pierre en piteux état abrite les tombes de deux branches de la famille de Basquiat, les barons de Toulouzette et les barons de Mugriet, bourgeois ayant obtenus la noblesse qui jouèrent un grand rôle dans la vie sociale de Saint-Sever aux XVIIIe et XIXe siècles, époque où elles donnèrent trois maires à la ville. Parmi eux repose ici Alexis de BASQUIAT-MUGRIET (1757-1844) qui fut également député du Tiers-Etat aux Etats généraux de 1789. Il prêta le serment du Jeu de Paume puis rentra à Saint-Sever. Président du Conseil général des Landes pendant la Convention, il tint durant la Terreur et jusqu’en 1801, un poste de professeur de Physique et de Chimie expérimentales des écoles centrales de la Convention nationale. Maire de Saint-Sever de 1800 à 1805, il fut délégué au couronnement de l’empereur. Dans cet enclos repose également François MARRAST (1799-1880), qui fut quasiment sans discontinuité député des Landes de 1848 à 1863.

- Jean Arnaud CABANNES de CAUNA (1783-1829), ancien maire de la commune, député des Landes de 1827 à 1829, siégeant au centre droit.

- Le peintre Pierre CASTELNAU (1899-1985) et son frère, le journaliste Philippe CASTELNAU (1903-1991).

- Jean-Marie COMMENAY (1924-1998) : avocat, maire de la commune, il fut député des Landes de 1958 à 1978 (année où il est battu par Henri Emmanuelli).

- Pierre-Henri Edmond DUFAUR de GAVARDIE (1823-1910), magistrat qui fut député (1871-1876) puis sénateur (1876-1888) des Landes, où il siégea à l’extrême-droite. Il s’était fait une réputation nationale pour ses manquements à la discipline parlementaire : ses interruptions de séances étaient souvent sanctionnées et citées dans la presse en raison de l’hilarité qu’elles occasionnaient. Il devait ainsi s’en prendre un jour à l’indécence des nymphes républicaines « sans culottes » qui décoraient les jardins et les monuments publics et proposa de remédier à ce fléau en créant une chaire de théologie à l’École des beaux-arts. Il repose avec son père, le baron Pierre Jean-Alexis DUFAUR de GAVARDIE (1775-1842) qui fut lieutenant-Colonel des grenadiers de la Garde Impériale.

- Le médecin et entomologiste Léon DUFOUR (1780-1865), dont les recherches s’inscrivirent dans une vision nouvelle de l’Histoire naturelle, débarrassée de l’empreinte du sacré. Il s’engagea comme médecin militaire lors de l’expédition d’Espagne et rapporta une collection importante de plantes et d’insectes. En 1832, il participa à la fondation de la Société entomologique de France. Il repose sous un imposant bloc minéral.

- Le général des armées napoléoniennes Antoine Simon DURRIEU (1775-1862), qui sous la Restauration fit les campagnes d’Espagne et de Morée. Fait baron puis Pair de France, il fut député des Landes entre 1851 et 1852. On ne risque pas de manquer la pyramide qui lui sert de tombeau (il avait fait les campagnes d’Egypte), récemment rénovée, et sous laquelle repose également son neveu et héritier le baron Alfred DURRIEU (1812-1877), également général de brigade, qui fut brièvement gouverneur de l’Algérie en 1870.

- Le baron Ernest LE ROY de BOISEAUMARIÉ (1810-1872), qui fut préfet des Landes puis de la Seine Inférieure avant de devenir sénateur en 1857 [1].

- Jean du SAULT (1890-1977), qui fut ambassadeur de France au Portugal entre 1944 et 1951.


[1Dans l’enclos familial repose également sa mère, Mélanie Belloc, sœur du peintre Jean-Hilaire Belloc (voir famille Belloc).


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