GROSROUVRE (78) : cimetière

visité en juillet 2008
lundi 23 octobre 2017
par  Philippe Landru

Le cimetière de Grosrouvre, envahi par la végétation, est une merveille de petit jardin qui entoure l’église. Comme nous allons le voir, pas mal de personnalités reposent dans ses allées.

Le dernier en date, et sans nul-doute le plus connu, est l’acteur Jean ROCHEFORT.

Jusqu’à ce qu’il arrive, la « star » du lieu, bien oubliée de nos jours, était Marcelle TINAYRE (Marguerite Chasteau : 1870-1948) ; femme de lettres auteure de nombreux romans d’inspiration catholique. Elle rédigea des articles pour la presse quotidienne, notamment dans Le Petit Journal, pendant la Grande Guerre, fréquenta les salons littéraires et fit partie des cofondatrices du prix Vie heureuse (futur prix Femina). De 1941 à 1944, elle écrivit dans Voix françaises, un journal franchement pétainiste, ce qui suffit sans doute à la plonger après guerre dans les oubliettes de l’histoire littéraire, mais son œuvre est redécouverte ces dernières années.

Elle possédait à Grosrouvre une maison de famille, ce qui explique que dans ce cimetière repose également :

- son époux Julien TINAYRE (1859-1923), illustrateur et graveur sur bois, qui repose sous une stèle jouxtant la sienne. A noter que dans cette tombe repose également sa sœur Caroline Tinayre (1863-1914), qui fut également l’épouse de l’imprimeur et éditeur Edouard Pelletan.

- son beau-frère Louis TINAYRE (1861-1942), illustrateur et peintre officiel du prince Albert Ier de Monaco, océanographe, qui avait sa maison et son atelier à proximité immédiate du village. Il repose dans un caveau de famille distinct.

Outre la famille Tinayre, on trouve également dans ce cimetière les tombes de :

- le poète Raymond BENOIT (1906-1981).

- Georges DEVÈCHE (1903-1974), peintre cartonnier de tapisseries et de vitraux, dont ceux de l’église de Grosrouvre posés entre 1953 et 1955.

- L’éditeur et libraire René HELLEU (1884-1964), qui travailla avec Edouard Pelletan (qui lui repose au Père Lachaise), et qui épousa sa fille, que ce dernier avait eu avec Caroline Tinayre.

- Lucien HERR (1864-1926) : directeur de la bibliothèque de l’École normale supérieure (1888-1926), très influent parmi les intellectuels, il amena Jean Jaurès et Léon Blum au socialisme et se montra ardent défenseur de Dreyfus. Il fut à cette occasion, avec Victor Basch et Ludovic Trarieux, le cofondateur de la Ligue des droits de l’homme. Membre du parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane de 1891 à 1905, il entra avec ce parti en 1905 dans le parti socialiste SFIO, où il resta jusqu’à sa mort. Une simple plaque mentionne sa présence dans ce cimetière.

- Le médecin Fernand LAMAZE (1891-1957), neurologue, obstétricien et résistant reconnu comme le développeur de la méthode d’accouchement sans douleur qui porte son nom. Une voie du XIXe arrondissement de Paris porte son nom. Sa tombe est surmontée d’un buste.

- L’architecte belge Claude LAURENS (1908-2003), fils du sculpteur français Henri Laurens, il grandit dans l’avant-garde parisienne à laquelle son père appartenait. Jusqu’en 1950, il réalisa essentiellement des villas et un immeuble à appartements. Son œuvre se caractérise par une forte prégnance de la plastique, sous l’influence de Le Corbusier et par un souci important du détail. À partir de 1951, Il se rendit au Congo belge où il réalisa de nombreux immeubles à appartements et de tours d’habitations à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Son œuvre contribua à façonner une image moderne à la capitale coloniale alors en pleine expansion. Ses projets furent typiques du « modernisme tropical », terme qualifiant le modernisme brésilien qui se développa dans les années 1950.

- Le bibliographe Adolphe VAN BEVER (1871-1927), secrétaire du théâtre de l’Œuvre, puis de 1897 à 1912, embauché par Alfred Vallette, il occupa la même fonction au Mercure de France. Il se consacra ensuite à ses travaux d’érudition. Il partagea en outre avec son ami Paul Léautaud une passion pour la poésie qui les conduisit à publier conjointement en 1900 leur célèbre anthologie Poètes d’Aujourd’hui (1880-1900), maintes fois rééditée. Il se livra principalement à l’édition critique des poètes et écrivains satiriques, libertins et galants, mais aborda également, par une série d’anthologies régionales, le folklore oral des provinces françaises.

- Le général Pierre WEISS (1889-1970), aviateur, qui réalisa les premières liaisons aériennes entre Paris et Pondichéry, Paris et Addis-Abeba, Paris et Brazzaville. Le premier, il survola le Sahara et effectua la liaison Alger-le Tchad. Il commanda la région aérienne de Tunisie lorsqu’il se rallia à la France libre. En mars 1944, il fut commissaire du gouvernement à Alger. Il fut également un homme de lettres qui laissa plusieurs ouvrages sur son parcours.

Signalons encore un bas-relief en bronze pour une propriétaire d’un élevage de cocker signé Léon Danchin.


Merci à Nicolas Badin pour la photo Devêche.


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