LÉAUTAUD Paul (1872-1956)

Cimetière ancien de Chatenay-Malabry
vendredi 3 avril 2009
par  Philippe Landru

Ecrivain français, il devint en 1907 sous le pseudonyme de Maurice Boissard critique dramatique au Mercure de France, puis à la Nouvelle Revue française et aux Nouvelles littéraires. Misanthrope, vivant retranché avec une multitude de chats, il n’en fréquenta pas moins le monde littéraire qui comptait. Il rédigea durant soixante trois ans son Journal littéraire, témoignage à la fois biographique mais également panorama de son époque, qu’il décrivit avec beaucoup de cynisme.

Ses positions politiques étaient réactionnaires. Son respect de l’ordre établi, son horreur du désordre et de la nouveauté, son dégoût du peuple, son mépris pour le patriotisme, la violence, la guerre, l’esprit de sacrifice et l’esprit grégaire le conduisirent toujours à adopter les opinions qui lui semblaient le mieux garantir sa tranquillité. Dans son journal d’après-guerre, il regrette l’occupation et se montre antisémite alors qu’il raillait dans sa jeunesse les antisémites et les anti-dreyfusards, il vitupère contre les ouvriers, jugés fainéants, les allocations familiales (car il déteste les enfants), les syndicats et les partis, surtout de gauche. La politique n’était pas son fort : il n’a milité dans aucune faction, n’a jamais voté.

Ses dernières paroles, avant de mourir, auraient été : « Maintenant, foutez-moi la paix ».

Il repose sous une sobre dalle. Son épitaphe (Paul Léautaud - écrivain français) est bien pompeuse et ne rend pas honneur à son cynisme. Lui-même avait rédigé une épitaphe beaucoup plus savoureuse :
Ci-gît Paul Léautaud - Plus connu : Maurice Boissard. - Quand on l’enterra : - « C’est bien tôt ! » - Dirent quelques-uns, mais à part - Beaucoup pensèrent : - « C’est bien tard. Sa tombe est ornée d’un petit chat lové.


Commentaires

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
lundi 2 septembre 2019 à 08h58 - par  goudenhooft didier

Si les lecteurs de Leautaud pouvaient contribuer à sa mémoire selon leurs moyens d’action sans polémique ni haine ou grotesque...Nous devons à Mme Silve l’édition de la modernité de notre écrivain dont elle est une spécialiste reconnue.
« tout ce qui est excessif est niais à noter »

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lundi 2 septembre 2019 à 17h07 - par  cp

Il y a bien longtemps, l’animateur du « Magazine Littéraire », feu Jean-Jacques Brochier, avait formulé l’idée de la création d’une brigade d’état qui dès qu’un écrivain mourrait ferait une descente chez lui pour mettre à l’abri ses écrits pour le bénéfice de ses lecteurs, et surtout mettre hors d’état de nuire les veuves abusives ! Ou leurs enfants, et autres ayants droit formels, plus ou moins légitimes.
Dans son Journal, Léautaud suggère que celui de Jules Renard aurait été élagué par sa veuve. Le presque centenaire André Gillois, mêlé à cette publication, réfutait la chose, renvoyant Léautaud a son éventuelle méchanceté un peu mythomane. Le Canard Enchaîné a en son temps relevé des écarts dans les « Notes et Carnets » de de Gaulle entre certains manuscrits mis en vente et l’édition publiée sous le contrôle de son amiral de fils. On se demande quand même pourquoi il existerait encore des pages du Journal prisonnières de l’égotisme égoïste d’un bas-bleu !

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
dimanche 1er septembre 2019 à 13h30 - par  colonel de guerrlass

J’ai oublié d’écrire que la dalle avait été demoussee depuis peu avant qu’en août je dépose un petit chat en hommage à cet « aristocrate de l’esprit ». Merci à vous.

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dimanche 1er septembre 2019 à 18h53 - par  cp

Qui aurait épousseté la dalle ?... Serait-ce Edith Silve, le dragon qui veille sur l’oeuvre de Léautaud ? Au point de pouvoir être comparée à ce que Jean Beaufret fut pour l’édition française de l’oeuvre de Martin Heidegger, on la suspecte de rétention en laissant en suspens la publication complète des écrits du diariste, elle est parvenue à cette position en devenant grande cheftaine de la SPA, entité héritière à laquelle Léautaud avait confié la gouvernance pour la diffusion de son fond. Toute cette histoire est stupéfiante !

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
lundi 26 août 2019 à 14h21 - par  de guerrlass

Il y a à nouveau un petit chat sur la dalle de Leautaud. Prenez en soin .

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
dimanche 7 janvier 2018 à 21h30 - par  Ganang

Il repose pas très loin du 24 de la rue Guérard à Fontenay, où il a vécu plusieurs décennies. Près de 52 ans après sa mort (février 1956), il y a encore des chats qui rodent dans l’impasse, j’en ai même vu un qui se dorait la pilule au soleil, sur la petite borne en ciment qui lui est dédiée à gauche à l’entrée de l’impasse ! Il se promenait toujours avec un bout de carton accroché autour de son cou sur lequel étaient écrites ses consignes en cas de décès. Il fut le précurseur du « style digressif » et de l’écriture directe, d’un seul trait, sans fioritures qu’il détestait par dessus tout. Personnage fascinant qui clamait haut et fort que sa seule société était celle des animaux...

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mardi 9 janvier 2018 à 12h34 - par  cp

Un « pas très loin » de trois ou quatre kilomètres, tout de même...

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
vendredi 14 novembre 2014 à 22h38 - par  MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)

Sacré Paul LEAUTAUD !
Ce poète-écrivain réactionnaire, « misanthrope-ermite » , à l’instar de notre BB nationale, était l’ami des bêtes !
Dans son jardin-cimetière de Fontenay-Aux-Roses reposent (ou reposaient) quelque 130 chats, 26 chiens, 1 chèvre, 1 singe et 1 corbeau : sa famille  !
Sachez aussi que c’est Sacha GUITRY qui a tenu à payer la dalle funéraire sous laquelle reposent les cendres de cet intellectuel libertaire !

(Sources : « Paris-Match » de l’époque )

LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
vendredi 14 novembre 2014 à 19h28

Il y a quelques années, je rends visite à ma mère qui se meurt d’un cancer.
En face un cimetière, pour me détendre (mais oui !) je vais faire un tour et là, surprise !
Paul Léautaud !
Une vieille tombe, oubliée comme beaucoup d’autres.

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vendredi 14 novembre 2014 à 21h16 - par  cp

Ce grand amateur de modernité et de calme qu’était l’atrabilaire Léautaud aurait aimé le chantier du grand immeuble en construction en bordure du cimetière !

LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
vendredi 14 novembre 2014 à 05h02

Je suis allée sur la tombe de Paul léautaud en septembre dernier, le petit chat lové a disparu...

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jeudi 10 août 2017 à 03h03 - par  marielle

Sur la tombe de léautaud, « écrivain français » n’est pas du tout pompeux. C’est lui-meme qui a voulu que soit écrit cela. Il en parle dans son journal et explique que français est employé là dans le sens de la langue, écrivain de langue française. C’est très logique et très compréhensif quand on sait quelle importance tenait la pratique du français dans sa vie.
Léautaud était un puriste. Il à passionnément aimé sa langue et a toujours mis un point d’honneur à la parler et à l’écrire parfaitement.

LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
samedi 11 juin 2011 à 02h34

Les cendres de Paul Léautaud sont bien dans « sa » tombe, elle n’ a donc rien de symbolique sinon il s’agirait d’un cénotaphe. Il avait d’ailleurs bien précisé, croquis à l’appui, l’endroit du cimetière où il voulait se reposer (voir son Journal Littéraire, fin décembre 1941).

H. Lallmant

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samedi 11 juin 2011 à 22h32 - par  cp

Moi, en matière de tombe, je suis très « charogne »...Et squelette. Enterrant ma grand-mère en 1976, j’ai ainsi pu faire connaissance avec le bassin, et un fémur, de mon arrière grand-père, mort un quart de siècle plus tôt ; grâce à la sollicitude des croquemorts qui tombant sur les restes de l’ancêtre les avait mis dans un sac en plastique (D’engrais). Je vis alors ma grand-tante introduire sa canne dans le sac, pour en écarter les bords, ignorant que se trouvait au fond les restes de son père… La crémation nous aurait fait échapper à cette séquence bunuelienne.

A noter que Robert Mallet refusa de se rendre aux obsèques de sa « découverte » radiophonique.

Par ailleurs, le « Journal Littéraire » est lacunaire : On n’y trouve pas Pierre Perret...

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LÉAUTAUD Paul (1872-1956)
mercredi 2 septembre 2009 à 10h05 - par  CP

Il repose sans reposer car Paul Léautaud a été incinéré. La tombe est symbolique.