POISSY (78) : cimetière de la Tournelle

dimanche 10 février 2008
par  Philippe Landru

Jusqu’ à la fin du XVIIe siècle le cimetière de Poissy est rue de l’ église, entre l’ avenue Messonier et la rue de la Caserne, puis il est déplacé derrière l’ église Notre Dame à l’ emplacement de l’ actuelle rue Saint Louis. Le cimetière actuel, dit des Tournelles, est ouvert en 1827 sur un vaste terrain dominant la ville. Les deux tombes les plus anciennes encore en place datent de 1829 : celles de Marie-Anne Baudelaire, épouse Noverre de Séricourt et d’ Antoine Noverre de Séricourt, contrôleur général des fermes du roi, marquées par deux stèles.

Le cimetière ancien de Poissy s’étire sur le côteau en direction du plateau de Beauregard. Il possède, dans sa partie ancienne, un certain nombre de tombes du XIXe siècle, pas toujours en bon état, qui témoignent des notabilités vivant dans la commune.

Comme dans n’importe quel autre cimetière, maires, curés, résistants et soldats qui donnèrent leur nom aux rues de la ville, y possèdent leur sépulture (Jacob Courant, Roland Le Nestour, Louis Lemelle...)

Deux célébrités plus connues sont néanmoins présentes dans ce cimetière :

Jean Louis-Ernest MEISSONIER (1815-1891) vécut une grande partie de sa vie dans cette commune dans laquelle il avait acquit une propriété dans l’enclos de l’Abbaye, et dont le parc qui porte son nom recouvre une partie du terrain.

Ce peintre très honoré du Second empire, membre de l’Institut, fit fortune car ses oeuvres correspondaient aux goûts d’un public bourgeois en pleine ascension sociale. Il se spécialisa dans les fresques d’épopée napoléoniennes, mais également dans les tableaux de petites tailles dans lesquelles la préciosité des détails séduisait.

Zola eut des mots très durs vis-à-vis de lui :

"... Je compris tout d’un coup le talent, l’immense talent de M. Meissonier. L’admiration des amateurs et du couple bourgeois venait enfin de me faire juger sainement ce peintre qui a le don rare de plaire à tous, même - surtout, allais-je dire - à ceux qui n’aiment pas la peinture.
D’abord, il ne s’agit pas de peinture ici. M. Meissonier emploie des couleurs, il est vrai, mais il emploierait tout autre matière, de vieux bouchons ou des pierres précieuses, qu’il obtiendrait le même succès. Le tour consiste à être habile et à faire joli.

Voici la recette certaine : au milieu de toiles rugueuses, sales et grandes, pendre de tout petits tableaux, très propres, polis comme des miroirs ; mettre dans ces petits tableaux une ou deux marionnettes banales ; éviter avec soin de donner à ces marionnettes une tournure personnelle, un caractère quelconque, qui étonnerait et écarterait la foule ; s’en tenir strictement à une spécialité de pantins élégants, et bien veiller à ce que chaque oeuvre soit une image d’aspect ordinaire, qui, tout en n’effarouchant personne, attire tout le monde par sa netteté.
Dès qu’un tableau a été fait dans ces conditions, il est constamment entouré par la foule, qui accourt à lui en passant, l’intelligence et les paupières closes, devant Le Massacre de Scio de Delacroix, La Curée de Courbet, Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet.

Le mystère m’est donc révélé. M. Meissonier est accablé d’honneurs et d’argent, parce qu’il a un talent à la portée de tout le monde. Chargez un cocher, un commissionnaire, un auvergnat quelconque de distribuer des médailles, et je suis certain qu’il les donnera toutes à M. Meissonier. Les oeuvres de ce peintre contentent pleinement les petits enfants et les grandes personnes, et c’est pour cela qu’il est le maître des maîtres, l’artiste universellement admiré et aimé, celui qui vend le plus cher et qui marche droit à l’immortalité, soutenu par les admirations étroites et mesquines des hommes. Bâtissez sur notre bêtise et notre aveuglement, si vous voulez grandir...".

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La barricade

Symbole, avec Gérome, des peintres « pompiers », Meissonier mérite, malgré l’académisme évident de sa peinture, d’être réhabilité de cette vision très négative. Ses oeuvres sont assez connues dans la mesure où elles ornent régulièrement les manuels d’histoire (la Campagne de France, le Siège de Paris de 1871, la Barricade...).

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La campagne de France

Le peintre repose sous un médaillon le représentant de profil de C. Champlain. Dans un bosquet proche se trouvent les sépultures d’autres membres de la famille.

- Marc TOLEDANO (1917-1986) vécut également à Poissy dont il fut le maire-adjoint. Il est connu pour être l’auteur de plusieurs romans, en particulier du Franciscain de Bourges, ouvrage autobiographique racontant sa recontre, dans l’univers carcéral de la Seconde guerre mondiale, avec le moine Aloïs Stanke qui, bien qu’enrôlé dans l’armée allemande, soulagea et aida de nombreuses personnes arrêtées et torturées dans les prisons de Bourges. De ce roman, Claude Autant-Lara fit un film qui connut un grand succès.

- Le chef d’orchestre Léon DELIANCE (1871-1926) est inhumé sous un buste réalisé par le sculpteur pisciacais Félix Févola.

- Le chirurgien et urologue Félix LEGUEU (1863-1939), membre de l’Académie de médecine, chirurgien à l’hôpital Necker et à l’hospice de Bicêtre, qui mourut intoxiqué par le monoxyde de carbone durant son sommeil. [1]

- La danseuse étoile Wilfride PIOLLET (1943-2015).


[1Il repose dans la chapelle Bonnet (allées A33/A 34).


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