RODMELL (Royaume-Uni) : Monk’s House

visité en juillet 2016
mardi 19 juillet 2016
par  Philippe Landru

Monk’s House est le nom d’un cottage du XVIIIe siècle situé dans le village de Rodmell, près de Lewes, acheté en 1919 par l’écrivaine Virginia WOOLF (1882-1941) et son mari, l’activiste politique, journaliste et éditeur Leonard WOOLF (1880-1969).

Les conditions de vie étaient sommaires à l’origine (ni eau, ni électricité), mais il y eut des changements et des rajouts au fil des ans. De fait, le couple s’y plut : fan de botanique, Leonard pouvait y assouvir sa passion dans le magnifique jardin et Virginia s’y reposer des tumultes de Londres. Au départ, la maison avait été achetée pour devenir un lieu de séjour occasionnel, mais les Woolf passèrent de plus en plus de temps à Rodmell, jusqu’à y vivre à temps plein à partir de 1940, quand leur appartement londonien fut endommagé pendant un raid aérien. Le couple y recevait des visiteurs célèbres liés au Bloomsbury Group, tel que T. S. Eliot, E. M. Forster, ou encore Lytton Strachey.

C’est dans une petite cabane en bois au fond du jardin que Virginia mit en forme plusieurs de ses romans. Son dernier roman, Entre les actes, publié de façon posthume en juillet 1941, est rempli de références à Rodmell, et aux traditions et valeurs de ses habitants.

On s’accorde aujourd’hui à penser que l’auteur de Mrs Dalloway et d’Orlando était bipolaire. Le 28 mars 1941, elle écrivit une lettre à sa sœur et une autre à Leonard. Dans cette dernière, elle lui dit : « J’ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. [...] »

Derrière le parking où les touristes qui veulent visiter sa maison se garent part un chemin : c’est celui qu’emprunta Virginia ce jour de mars. Il traverse plusieurs champs à l’allure de landes. Au bout de deux kilomètres environ, le chemin achoppe sur la rivière Ouse : loin de certains clichés sur le suicide de Virginia (je pense au film The Hours par exemple) où cette rivière prend des aspects de rivière charmante bordée par des arbres, Virginia cédant la place à une improbable Ophélie, l’Ouse à davantage le profil d’un canal sévère qui n’a certainement pas changé depuis 1941. Virginia posa sa canne et son chapeau, remplit ses poches de pierres et se jeta dans la rivière. Son corps fut retrouvé trois semaines plus tard près d’un pont par des enfants.

Leonard Woolf enterrera ses cendres dans le jardin de Monk’s House. Il continua de vivre à Monk’s House jusqu’à sa mort en 1969, et joua un rôle actif dans la vie de son village. Il mourut dans la maison et ses cendres rejoignirent celle de Virginia dans le jardin de leur propriété.

Leurs cendres furent déposées au pied d’un muret, celles de Virginia sous un arbre. Sur la partie gauche, un buste et une plaque rappelle le souvenir de Leonard. Un buste à l’identique pour Virginia se trouve sur la partie droite.


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