COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière

Visité en février 2009
mercredi 24 mars 2010
par  Philippe Landru


La maison de retraite des artistes


Couilly-Pont-aux-Dames à une particularité qui a une conséquence sur son cimetière : la présence sur la commune d’une maison de retraite des artistes, créée par le comédien Constant COQUELIN (1841-1909), dit Coquelin Aîné pour le distinguer de son cadet.

Celui-ci fut l’un des acteurs comiques les plus notoires de son temps. Sociétaire de la Comédie-Française, il donna des représentations en Europe et en Amérique. Il fut ensuite engagé dans divers théâtres parisiens, et prit en 1896 la direction du théâtre de la Porte Saint-Martin. Son titre de gloire, pour l’éternité, fut d’avoir créer le rôle de Cyrano de Bergerac pour Edmond Rostand. Altruiste, il fonda en 1902 la « Maison des Comédiens » de Couilly-Pont-aux-Dames, une maison de retraite pour artistes dramatiques (il fut imité quelques années plus tard par Dranem à Ris-Orangis). C’est là qu’il mourut. Il fut inhumé dans le petit cimetière communal mais peu de temps après, selon son désir, fut transféré dans le parc de sa création.

Son monument, dessiné par René Binet, se trouve une clairière au milieu des fusains. La tombe est composée d’une grande pierre tumulaire sur laquelle est gravée « Qu’il dorme dans son beau jardin. Ses vieux comédiens veillent sur lui », phrase prononcée par Edmond Rostand au cours de l’éloge funèbre. Un banc de pierre l’entoure, au milieu duquel est placée une stèle qui porte le buste de l’artiste réalisé par Auguste Maillard.


Le cimetière de la commune


Depuis, évidemment, plusieurs générations d’artistes (et pas seulement des comédiens) sont décédées dans la maison de retraite. Tous ne se sont pas faits inhumer dans le cimetière de la commune, mais ce fut le cas de pas mal d’entre eux, vivant parfois avec des revenus très modestes. Un recensement attentif mériterait d’être fait avec les archives de la maison de retraite.

Si, comme nous allons le voir, certains artistes disposent d’un tombeau personnel (toujours très modeste d’aspect), il existe dans le cimetière au moins deux pauvres caveaux collectifs destinés à recevoir leurs dépouilles : ils se signalent par quelques plaques, certaines illisibles, datant pour beaucoup d’entre-elles des années 60. Il est évident que tous ne sont même pas signalés par une plaque, d’où la difficulté d’un recensement exhaustif. J’ignore si ces tombeaux, en très mauvais état, sont encore utilisés. On peut penser qu’il serait louable d’ériger une plaque au sein du cimetière sur laquelle, au fur et à mesure, seraient indiquées leurs identités.

Sont donc présents (et retrouvés) dans ce cimetière, en caveau collectif ou en tombe individuelle :

-  Marie BIZET (Germaine Prévost : 1905-1998) : elle se fit connaître au début des années 30 dans un répertoire assez léger. On la vit également chanter dans Ignace avec Fernandel, et jouer dans plusieurs films dans les années 30 et 40. Mais si Marie Bizet mérite de ne pas être oubliée, c’est pour avoir été l’interprète à partir de 1941, du haut de sa voix perchée, de l’inénarrable Hôtel des trois canards !


Connaissez-vous l’Hôtel des Trois Canards ?
Il est dans un petit patelin, quelque part
Comme c’est le seul qu’on puisse y dénicher
Malgré soi il faut bien y coucher
Y’a pas de garage... il faut ranger l’auto
Dans une étable entre une vache et un veau
Et, par les trous qu’il y a dans la toiture
Les pigeons déshonorent votre voiture…

Elle connut assurément le succès avec cette chanson, même si elle interpréta d’autres titres aussi intellectuels (J’y va-t’y, j’y va-t’y pas).

A noter que sur la tombe d’à-côté, on remarque trois canards décoratifs : ont-ils migré d’une tombe à l’autre ?

-  Ariane BORG (Lucie Derveaux : 1915-2007) : étonnant destin que celui de cette comédienne ! Originaire de Roubaix, remarquée par Jouvet, Pabst puis D.W. Griffith, elle entama une carrière américaine. Logée chez Mary Pickford (qui voulut l’adopter) et Douglas Fairbanks, Louis B. Mayer décida d’en faire une nouvelle Garbo. Elle fréquenta à cette époque tout le jet set d’Hollywood. Bloquée en France où elle était revenue fêter son anniversaire en 1939, la guerre mit un terme à ses espoirs américains. Commença alors une carrière française de quelques films et pièces de théâtre des années 40 aux années 50. Suivit un inexorable déclin que rien n’arrêta, même si elle maintint une vie mondaine importante, fréquentant toutes les générations d’artistes, de Colette à Thierry le Luron, de Montherlant à Jean-Luc Godart. Sa vie sentimentale ne fut pas plus heureuse : son mariage avec le comédien Michel Bouquet se solda par un divorce très douloureux. La vie d’Ariane Borg fut faite de rendez-vous manqués, et elle ne fut jamais la star qu’elle aurait pu être.

-  Le comédien André CARNÈGE (Eugène Cargemel : 1890-1969), qui tourna des années 30 aux années 50 dans un très grand nombre de films, mais sur lequel il est pourtant difficile de mettre un visage.

- La contralto Marie CHARBONNEL (1880-1969), qui fit l’essentiel de sa carrière dans les salles françaises mais qui connut le succès. Elle créa plusieurs rôles, en particulier celui de Madame Rolland pour l’opéra du même nom à la Gaieté lyrique en 1914.

- La soprano Marguerite CHARPANTIER, de l’Opéra Comique.

- La comédienne Nadia DEBORY (Fernande Durand : 1896-1981).

-  Marfa DHERVILLY (Marthe Dutreix : 1876-1963), elle aussi actrice bien oubliée malgré une filmographie importante s’échelonnant des années 20 aux années 50.

-  Le ténor belge Charles FONTAINE (1878-1955), qui fit carrière à l’Opéra de Paris.

-  La comédienne belge Lucienne LEMARCHAND (1908- 1992), qui connut le succès en France durant sa carrière. Pendant la guerre, elle s’expatria en Algérie, puis en Égypte, où elle fonda sa propre compagnie théâtrale, puis, à la Libération, regagna Paris juste à temps pour participer aux débuts de l’aventure du T.N.P. Elle fut dans les années 60 à Villeurbanne, un des piliers de la compagnie Roger Planchon. Elle tourna pour le cinéma de 1930 aux années 80.

-  Le comédien Daniel MENDAILLE (1885-1963) : acteur de théâtre avant tout (il fut l’élève de Paul Mounet et joua sur les scènes du Théâtre Antoine, de l’Œuvre et de la Renaissance), il tourna pour le cinéma muet mais s’investit plus sérieusement au cinéma avec le début du parlant. Il fut abonné aux rôles de composition : il fut curé dans Maria Chapdelaine avec Madeleine Renaud, médecin dans Andalousie (1950) avec Luis Mariano, patron de guinguette dans Casque d’or (1951) avec Simone Signoret, un capitaine dans Lola Montès (1955) avec Martine Carol, professeur dans Montparnasse 19 (1957) avec Gérard Philipe … Il est inhumé avec son épouse, la comédienne espagnole Leda GINELLY (Geneviève Petry : 1899-1959).

- Le comédien de théâtre Raymond STUDER.

-  Le comédien Charles VISSIÈRES (1880-1960), qui tourna des années 30 aux années 50.

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-  Le comédien Léon WALTHER (1874-1973), au parcours similaire.

La « star » du lieu demeure évidemment le comédien Paul PREBOIST (1927-1997). Contrairement à ce qu’on lit parfois, il ne vivait pas dans la maison de retraite mais aimait venir divertir ses pensionnaires.

Ancien jockey, il se produisit dans les brasseries marseillaises et les hôpitaux en pastichant les chansons de Fernandel et de Noël-Noël. Il entama ensuite une carrière d’artiste dans les théâtres et les cabarets. Il tourna dans 120 films tout de même, des rôles secondaires dans beaucoup de navets, mais pas uniquement. Il y montra à de nombreuses reprises son talent. Il y eut des réalisateurs qui aimèrent à l’employer, tels Lautner,Jean Yanne ou Claude Lelouch. Il promena dans cette filmographie sa silhouette débonnaire dans des rôles comiques pour la plupart, mais pas exclusivement. Sur le tard, il devint la mascotte de Patrick Sébastien, apparaissant sous des grimages parfois étonnants dans les émissions de ce dernier. A sa mort, il fut crématisé au Père-Lachaise. Le caveau fut payé par Patrick Sébastien, très affecté par la mort de son ami. Dans le même caveau repose également son frère, Jacques PREBOIST (1923-1999). Lui aussi fut acteur de second rôle, mais mena une carrière au cinéma encore plus confidentielle, dans l’ombre de Paul.

Dans un tout autre registre que la comédie, on trouve également au cimetière de Couilly

- Une tombe ornée d’un médaillon (Rozoy) sur la dépouille d’une jeune femme morte sans doute accidentellement en 1996 dans les gorges du Cians.

- L’architecte Nicolas Auguste GENUYS (1813-1897).

- Auguste Stanislas LEBOBE (1790-1858) : juge, puis président du tribunal de commerce, il travailla également à l’établissement du tracé du chemin de fer de Paris à la mer. Il fut élu en 1842 député de l’arrondissement de Meaux, et siégea sur les bancs conservateurs jusqu’en 1846. Un médaillon en bronze réalisé par Victor Vilain orne sa tombe.


Sources :
- Dictionnaire des comédiens disparus d’Yvan Foucart
- Historique de la Maison de Retraite de Pont-aux-Dames, plaquette écrite par Sandrine Vallet.
- les deux photos de la tombe Coquelin sont issues du site www.cyranodebergerac.fr


Commentaires

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
dimanche 20 août 2017 à 16h30 - par  Roger Rousselet

Je ne sais si elle y est inhumée, mais elle y est décédée ; pour tous les accrocs à la série « Bd du palais », la maman du juge Lintz, Marie Mergey née en 1922 est décédée le 8 avril, elle débute en 1945 et joue jusqu’en 2010, chez Resnais, Autant-lara... rarement des rôles importants, théâtre, télé et nous avons une carrière de 65 ans. Chapeau l’artiste comme on dit.

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vendredi 10 octobre 2014 à 23h54 - par  cp

« L’acteur Jean-François Calvé, qui résidait à la maison des artistes de Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne), est décédé mercredi à l’âge de 89 ans »

Les playboys meurent aussi. A Couilly, en plus.

COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
vendredi 7 février 2014 à 19h17

Pour être précis, le cimetière de Couilly-pont-aux dames n’accueille qu’une partie des cendres de Paul PREBOIST. L’autre partie repose dans le cimetière de Nizas (Hérault) dans la tombe de Darzy qui résidait dans ce village et y est enterrée.

COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
mardi 17 septembre 2013 à 12h56

@HolyvieR
Félicitations pour vos splendides trouvailles, en particulier Zulma Bouffar. Encore fallait-il trouver la confirmation dans un journal qui devait certainement faire référence en 1909. Mais que dire du sort des archives, brulées bêtement ; un comble quand on pense que ces artistes ont brulé les planches !
H. Lallment

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lundi 16 septembre 2013 à 15h47 - par  cp

Pour avoir une petite idée du genre d’ambiance qui devait régner à Couilly, dans la maison de retraite, on regardera l’excellent film de Julien Duvivier, « La Fin du Jour » (1939), avec Jouvet, Michel Simon et Victor Francen, Dorziat et Ozeray.

Wikipedia trouve que c’est une comédie. Ce film mortifère est complètement tragique…

jeudi 4 septembre 2014 à 19h34

Oui effectivement La Fin du Jour n’est pas ce qu’on peut appeler, à mon sens, une comédie... Heureusement qu’aujourd’hui elle est différente ; mon oncle s’y trouve, et franchement je trouve qu’elle n’a rien à envier aux autres maisons de retraite du secteur.

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
lundi 16 septembre 2013 à 14h15 - par  HolyvieR

Pour en revenir à la maison de retraite de Pont aux Dames...

J’ai pu admirer et photographier sur les murs des bâtiments en meulière les médaillons en mosaïques bleues et dorées avec le profil des grandes figures du théâtre d’autrefois (mais aussi d’artistes lyriques). J’ai voulu faire des recherches pour savoir qui était le mosaïste qui avait réalisé ces oeuvres splendides et j’ai su grâce à l’article suivant trouvé dans Le Gaulois qu’elles avaient été réalisées par un certain A. Biret (qui était le gendre de maître mosaïste italien Giandomenico Facchina, célèbre pour avoir décoré, entre autres, l’Opéra Garnier) d’après des portraits des artistes dramatiques peints par Louis-Edouard Fournier (connu pour ses fresques réalisées en mosaïques pour la décoration du Grand Palais et de la basilique de Lourdes).

"La maison de retraite de Pont-aux-Dames va
recevoir un précieux souvenir de carrière artis-
tique. Ce sont les médaillons en mosaïque de
Mmes Sarah Bernhardt, Bartet, Réjane, Hor-
tense Schneider, et de MM. Mounet-Sully et
Got.
Ce sont de grands médaillons décoratifs,
peints par M. Louis-Edouard Fournier, avec
son talent bien connu et avec un soin tout par-
ticulier de ressemblance et d’expression. Ils ont
été exécutés par le maître mosaïste Biret, qui a
su fidèlement traduire la pensée du peintre.
Pont-aux-Dames deviendra peu à peu un vrai
musée d’art théâtral, et l’on y vivra encore le
passé dans la contemplation de ces souvenirs."
(Le Gaulois, 8 octobre 1912)

Au cas où ça en intéresserait certains, j’ai établi la liste des noms des 29 artistes représentés sur les mosaïques réalisées par A. Biret (quelqu’un connait son prénom ?) qui décorent les murs de la maison de retraite et qui en font un lieu chargé d’histoire et de mémoire. De gauche à droite, on peut admirer les portraits de :

Mounet-Sully (1841-1916), Julia Bartet (1854-1941), Sarah Bernhardt (1844-1923), Edmond Got (1822-1901), Hortense Schneider (1833-1920), Réjane (1856-1920), Louis Delaunay (1826-1903), Caroline Miolan-Carvalho (1831-1895), Louis-François Person dit Dumaine (1831-1893), François-Joseph Regnier (1807-1885), François-Louis Lesueur (1820-1876), Frédérick Lemaître (1800-1876), Etienne Mélingue (1812-1875), Virginie Dézajet (1797-1875), Rachel (1821-1858), Achille Raucourt (1804-1855), François-Joseph Talma (1763-1826), Charles Potier (1775,1838), Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), Mademoiselle Mars (1779-1847), Marie Dorval (1798-1849), Pierre-Martinien Tousez dit Bocage (1797-1863), Joseph Samson (1793-1871), Etienne Arnal (1794-1872), Hugues Bouffé (1800-1888), Gilbert Duprez (1806-1896), Cornélie Falcon (1812-1897), Adelina Patti (1843-1919), Jean-Baptiste Faure (1830-1914)

"J.-D. Facchina (légion d’honneur) et A. Biret, gendre.
Mosaïste, entrepreneur.
Lauréat de la Société centrale des Architectes.
47, rue Cardinet PARIS 17ème
Médaille d’or aux Expositions Universelles de 1867, 1878 et 1889
Exposition Universelle de 1900, membre du jury d’admission, GRAND PRIX.
Mosaïque de marbre vénitienne et romaine pour dallages et décoration.
Mosaique bizantine en émaux et or pour décoration murale.
Mosaïques du nouvel Opéra, figure et ornements du Trocadéro
et du Comptoir d’Escompte de Paris, etc."
(Annuaire du bâtiment des travaux publics et des arts industriels, 1903)

En recherchant de plus amples informations sur ce monsieur Biret, je suis tombé sur cette page internet qui montre un photo d’une superbe chapelle du Père Lachaise, décorée de mosaïques, celle de la famille FACCHINA - BIRET montrée par Olivier Loudin lors de l’une de ses visites ! :-O
Pourras-tu nous faire une petite fiche sur ces deux personnalités mon cher Philippe ? ;-)

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lundi 16 septembre 2013 à 02h27 - par  HolyvieR

P.S. : En faisant des recherches sur internet, j’ai appris le nom de ces deux artistes inhumés dans le cimetière de Couilly : Anne-Pauline Rosier dite Mademoiselle Granger ou Pauline Granger (1833-1913), sociétaire de la Comédie Française de 1856 à 1883 et de son époux Charles Antoine Métrêne (1828-1906), également acteur à la Comédie Française.

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
lundi 16 septembre 2013 à 02h10 - par  HolyvieR

Mon sacré scoop :-)) concernant ce cimetière c’est la présence dans l’un des grands caveaux dédiés aux artistes d’une célèbre comédienne et chanteuse de la second moitié du XIXe siècle nommée Zulma Bouffar (1843-1909). Elle est décédée le 20 janvier à la maison de retraite, soit 7 jours avant Coquelin Ainé. On l’a surnommait « La Patti de l’opérette ». Elle eu une liaison secrète avec Jacques Offenbach et de cette relation naquirent deux enfants. Elle chanta dans de nombreux opérettes et opéra-bouffe de son amant et fut pressentie par Georges Bizet pour interpréter le rôle de Carmen mais elle fut évincée au profit de Célestine Galli-Marié, Je pense que c’est une des personnalités les plus importantes du cimetière Couilly-Pont-aux-Dames :-O que l’on appelait autrefois le « cimetière de Couilly-Saint-Germain ».

Merci à Mme Claudette Joannis de m’avoir divulgué cette information de 1ère importance. En voulant vérifier ses dires (car l’identification sur les caveaux des artistes est difficile, voir impossible !), j’ai trouvé cet article qui le confirme et qui évoque les obsèques du créateur de Cyrano de Bergerac :

"Les obsèques de Coquelin Ainé auront lieu aujourd’hui. Le corps de Coquelin a été placé sur le lit de la chambre où habitait le grand artiste, au premier étage du « château » de Pont-au-Dames.

Les télégrammes affluent. Sont arrivés, hier matin, ceux de MM. Clemenceau, Barthou, Raymond Poincaré, Paul Hervieu, Jules Claretie, Leygues, de Mme Sardou, de la commission des auteurs, etc. Mme Jane Hading et les artistes de la Porte-Saint-Martin sont venus saluer le corps de leur illustre camarade. Ils étaient tous très émus et quelques-uns pleuraient. On sait que Coquelin Cadet est toujours très souffrant, retenu dans une maison de santé. On ne lui a pas appris la mort de son frère, ordre étant donné d’éviter toute émotion.

Coquelin aîné sera provisoirement inhumé dans le caveau du cimetière de Couilly-Saint-Germain, réservé aux vieux comédiens. Dans ce caveau qui contient une centaine de places, quinze cercueils ont été déjà déposés. Le dernier fut, il y a quelques jours, celui de Zulma Bouffar. Mais la sépulture définitive de Coquelin, sera creusée dans le parc de la Maison des Comédiens.

Les obsèques auront lieu aujourd’hui, à deux heures.

Deux trains spéciaux sont organisés. Le premier, de toutes classes, partira de la gare de l’Est à midi 42 et arrivera à Couilly-Saint-Germain à 1 h. 25, le second partira à midi 50 et arrivera à 1 h. 45.

Des voitures attendront les invités à la gare de Couilly-Saint-Germain pour les transporter à Pont-aux-Dames.

Les discours seront prononcés dans le salon de la maison de retraite de Pont-aux-Dames.

[...] Il est possible que M. Doumergue, ministre de l’instruction publique, assistera aux obsèques."

(L’Humanité, 29 janvier 1909)

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
lundi 16 septembre 2013 à 01h37 - par  HolyvieR

> Un recensement attentif mériterait d’être fait avec les archives de la maison de retraite. [...] Il est évident que tous les artistes ne sont même pas signalés par une plaque, d’où la difficulté d’un recensement exhaustif. J’ignore si ces tombeaux, en très mauvais état, sont encore utilisés. On peut penser qu’il serait louable d’ériger une plaque au sein du cimetière sur laquelle, au fur et à mesure, seraient indiquées leurs identités.

@ Philippe : As-tu déjà visité la maison de retraite des artistes et son musée consacré au théâtre ? C’est un lieu vraiment magique et unique en France si on s’intéresse aux actrices et acteurs (et autres artistes) d’autrefois. Les collections du musée exposées hier étaient impressionnantes (par exemple la cane du chanteur Paulus avec lequel il jonglait lors de ses tours de chant ; une paire de souliers portés Cléo de Mérode et dédicacés par la célèbre danseuse de l’Opéra ; la robe que portait Rachel dans le rôle de Roxanne, la seule robe encore existante de la tragédienne ; le costume de scène de Coquelin Ainé dans son rôle de Scapin ; un buste de la comédienne Sophie Croizette réalisée par le sculpteur Carrier-Belleuse ; un buste du peintre Georges Clarin réalisé par Sarah Berhnardt, le peintre même qui a réalisé le fameux portrait de la Divine que l’on peut admirer au Petit Palais ; et j’en passe ! J’ai même vu une belle photo cartonnée de Virginie Déjazet offerte au musée par notre ami Koval ! :-) )
Dommage que le musée ne soit pas ouvert au public et qu’une petite partie de ses collections ne soit exposée et seulement une fois l’an (tout les ans les objets exposés changent), le dimanche des Journées du Patrimoine.

Claudette Joannis, la conservatrice du musée du théâtre avec qui j’ai longuement discuté ainsi que la conférencière qui nous a fait découvrir le jardin de l’établissement et le tombeau de Coquelin l’Ainé m’ont apporté des informations concernant les archives de la maison de retraite. Hélas, aucun recensement ne sera possible quant aux artistes qui y sont morts et qui reposent dans le cimetière de Couilly-Pont-aux-Dames... car toutes les archives concernant ses célèbres occupants ont disparues ! En effet, un ancien directeur aurait eu le malheur de bruler tous les registres dans un grand feu au fond du jardin !!!!!!!!!!!!!!!!!!! :-(( Par ailleurs, il y a aurait eu un dégâts des eaux au siège des archives de la maison de retraite... alors si il restait encore quelque chose à sauver, il est évident que les archives ont bel et bien disparues. Ainsi, pour savoir qui reposent dans les grands caveaux destinés aux artises cela ne va pas être une mince affaire car comme tu l’indiques, Philippe, ils ne sont pas mentionnés sur les plaques funéraires... et les identités sur les caveaux et les plaques sont presque toutes illisibles ! :’-(
Il ne reste plus qu’à fouiner dans les journaux anciens pour essayer d’en retrouver quelques un(e)s... et là j’ai un sacré scoop ! :-P
Autre chose, ces tombeaux sont en très mauvais car ils auraient été endommagés lors de la fameuse tempête de 1999. Et il ne doit plus y avoir d’inhumations de nos jours. Il ne reste plus que 2 pensionnaires issus du monde du théâtre à la maison de retraite de Couilly-Pont-aux-Dames !

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vendredi 20 février 2015 à 12h42 - par  Libellule

Bonjour, passionnant ce site pour qui s’intéresse aux célèbres acteurs oubliés ! Petite question : il ne reste vraiment plus, en 2015, que deux pensionnaires issus du monde du théâtre à la maison de retraite de Couilly-Pont- aux-Dames ? (votre post remonte à 2013) Comment cela se fait-il ? Il n’y a pas de sélection prioritaire sur dossier pour y entrer afin de lui conserver sa spécificité historique ?

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
jeudi 12 septembre 2013 à 10h55 - par  HolyvieR

Bonjour,

Je tenais à vous faire part de cette visite exceptionnelle le dimanche des Journées du Patrimoine de la Maison de retraite des artistes, de son parc d’un hectare, de la tombe de Coquelin l’Ainé et d’un musée hors du commun, le musée des Artistes (privé, fermé habituellement au public).

Les gens du spectacle, comédiens mais aussi secrétaires particulières, techniciens, artisans qui y ont fini leur vie possèdent des trésors : archives privées, costumes de scène, accessoires, bibelots… légués au lieu qui gère et conserve dans un lieu onirique aménagé sous les combles de la maison de retraite des artistes. Vous y retrouver entre autres des pièces de costumes, des accessoires et des bijoux de la grande Sarah Bernhardt (que vous avez peut-être pu admirer dans l’émission de Stéphane Bern « Secrets d’Histoire » du 6 juillet consacré à la comédienne).

Cette visite est aussi l’occasion unique de pouvoir admirer la tombe du 1er interprète de Cyrano de Bergerac !

Alors qui vient m’y retrouver ce dimanche ? :-)

Pour en savoir plus...

Site web : Cliquez ici !
Logo de Colette GREGOIRE
COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
samedi 7 août 2010 à 21h21 - par  Colette GREGOIRE

bonjour,
Une cousine de ma mère est enterrée dans ce cimetière mais je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller et de visiter sa tombe. Il s’agit de Denise NOËL, ancienne sociétaire de la Comédie Française et qui a tourné dans plusieurs films, notamment « les mots pour le dire » « Clara et les chics types »...elle est décédée à la Maison de retraite des Artistes le 25/11/2003.
Cordialement et merci pour votre site.
Colette GREGOIRE

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COUILLY-PONT-AUX-DAMES (77) : cimetière
dimanche 16 mars 2008 à 16h33 - par  Jean Claude

Bonjour,
Ami de Paul et de quelques proches comme Darzy et les frères HERVE (ex musiciens de Patrick Sébastien), j’étais à ses obsèques.
Patrick Sébastien a bien financé le caveau (sans limite financière), mais c’est Darzy qui s’en est totalement occupée.
Patrick était bien présent au « Père Lachaise », mais pas à « couilly-Pont-aux-Dames », malgré ses promesses de nous y rejoindre, et moi, j’étais là, aux bras d’Élisabeth, la compagne de Jacky Préboist, et j’aimerai bien recevoir une photo de cet instant mémorable, tant il y avait de photographes présents ce jour là !
merci d’avance à celui qui me l’enverra.
Jean Claude.

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mercredi 21 avril 2010 à 22h57 - par  Milene

Chere Donatienne,
j´apprends que vous etes une amie tres proche de Gérard BARRAY et son épouse Teresa. Je ressents aussi beaucoup d´tendresse pour toute sa famille.
Je suis l´admiratrice de Gérard depuis presque 50 ans, actuellement je suis en train de traduire son livre en tcheque.
Ainsi je suivais, des le début, son site oú vous avez participé a sa « construction ».
Ainsi je viens d´apprendre que Gérard résiste au tournage de MITRAILLE pour les raisons personelles.
J´espere de tout mon coeur que cela ne soit pas a cause de sa santé ou de celle d´un membre de sa splendide famille...
Est-ce que vous pouvez avoir la gentilesse de me faire savoir, si vous en etes au courant ?
Croyez-moi, S.V.P., je ne vous dérangerais pas si j´avais une autre possibilité.
Aussi, je lis souvent vos pages et vos articles aux webs, cela me reproche ma jeunesse...Milene (60ans) de Prague.(je m´excuse, mon ordinateur ne possede pas d´accents et apostrophes francais....)

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samedi 29 mars 2008 à 09h43 - par  Donatienne

Je suis collaboratrice au site de cinéma l’encinémathèque, et j’aimerais un jour prochain consacrer une page à ce comédien gentil qu’était Paul Préboist. Le comédien Gérard Barray (San Antonio) se souvient bien de son sympathique « Pinoche »...contactez moi !
Donatienne

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?