CHARENTON-LE-PONT (94) : ancien cimetière

visité en octobre 2010
mardi 16 novembre 2010
par  Philippe Landru

C’est à la lisière du Bois de Vincennes, où il fut transféré en 1848, que se trouve le petit cimetière de Charenton-le-Pont, et on le trouve souvent mentionné sous le nom de cimetière de Conflans. Il est le cimetière de la commune, et ce point mérite d’être réaffirmer dans la mesure où l’on donne parfois ce nom au cimetière de Saint-Maurice (les deux communes n’en faisaient qu’une à l’origine), mais aussi au cimetière parisien de Valmy (appelé régulièrement « cimetière de Valmy-Charenton »).

De taille modeste, il offre un cadre bucolique et dépaysant : on a du mal à croire que si près se trouve le boulevard périphérique ! L’enclos, vite visité, s’organise autour de divisions proprettes ne laissant aucune chance à un relief accidenté où à une végétation exubérante.

Curiosités

- Quelques œuvres en bronze :

— Le médaillon du poilu Jean Moreau (+1918), par Jean Descomps.

— Le buste d’Arthur Dussault (+1929), qui fut maire de la commune de 1919 à 1925, fut réalisé par Rouveyre.

— Le bas-relief de Léontine Vassel (+1931), « directrice des écoles publiques de Charenton de 1907 à 1929 », réalisé par Joseph Lamasson.

- Une stèle recouverte de mosaïques (Bailly, fond du cimetière).

- Le bas-relief ouvragé de la chapelle Many.

- La tombe de l’aviateur Erwine Boudry (1918-1944) : engagé dans les Forces aériennes françaises libres, il participa au débarquement de Normandie, mais périt quelques temps plus tard abattu à bord de son avion au dessus des Pays-Bas. Grâce à une souscription publique, la population locale put ériger un monument sur la tombe du pilote français portant l’inscription suivante : « Ici repose le Lieutenant aviateur Boudry Erwin, Armée de l’Air, Groupe Ile-de-France, tombé pour son pays et la libération de la Flandre Zélandaise ». Sur le lieu de la chute de l’appareil, une pierre commémorative portant la même inscription fut aussi posée.

Célébrités : les incontournables…

- Louis TOFFOLI

… mais aussi

- Zyg BRUNNER (Zygmunt Léopold Brunner : 1878-1961) : dessinateur et caricaturiste polonais, il émigra en France et exposa au Salon d’Automne à partir de 1905 et au Salon des Humoristes de 1911 à 1913. Il collabora aux revues satiriques aussi bien qu’aux revues de mode et réalisa des illustrations de livres d’enfants ainsi que des ouvrages grivois. Il consacra également d’autres dessins à Montmartre, aux salles de bal, aux bars… Il décora des cabarets artistiques de la Butte. Son style est réellement charmant.

- Raymond CORDY (Victor Cordioux : 1898-1956) : comédien français, sa filmographie fut considérable entre 1930 et sa mort, mais essentiellement dans des rôles de bidasses dans des comédies de l’entre-deux-guerres. Il tourna néanmoins beaucoup avec René Clair qui lui donna ses meilleurs rôles.

- La soprano de l’Opéra-Comique Germaine EPICASTE (1899-1974).

- L’abbé Louis ESQUERRÉ (1863-1931), prêtre de la paroisse Saint François Xavier de Paris, qui consacra sa vie au service des jeunes et de leur formation humaine par le sport, les loisirs. Il fut le fondateur en 1894 de l’œuvre du Bon-Conseil, association loi 1901 ayant pour but d’aider les familles dans leur mission éducative. Un square parisien porte son nom.

- Le ténor Pierre GIANNOTTI (1910-1986), qui commença par l’opérette avant d’être engagé par l’Opéra-comique. Sa carrière se déroula des années 30 aux années 50. Il prit part à de nombreux concerts radiodiffusés et c’est sa voix que l’on entend au début du film Volpone (1940). Avec lui repose son épouse, Raymonde NOTTI-PAGÈS (Raymonde Viguier-Gianotti : 1914-1999), qui appartint également à la troupe de l’Opéra-Comique. Mezzo-soprano, elle débuta en 1942 dans Werther et interprèta un grand nombre de rôles, participant à des créations, tel celle de Ciboulette.

-  Jean-Marie Joseph HEYREND (1919-2005) : agent de renseignements pour la Grande-Bretagne au début de la Seconde Guerre mondiale, il fut enrôlé malgré lui du côté allemand en 1941, comme habitant de la Moselle occupée. Arrêté mais évadé à plusieurs reprises, torturé et condamné à mort, ce miraculé participa à la mise en place du maquis de Seine-et-Oise. Il reçut le titre de Compagnon de la Libération. Il repose dans le tombeau Salomon.

- Achille JOINARD (1889-1957) fut un militant nationaliste et un dirigeant sportif : il fut l’un des cofondateurs de la Ligue de la Rose Blanche, dont il prit la présidence, « Ligue de Jeunesse catholique et patriote » de tendances royaliste et antimaçonnique. Antisémite et antidreyfusard, il adhéra à la Ligue des patriote où il organisa un groupe cycliste, sa seconde passion. Plus tard, il créa le club cycliste des Jeunesses populaires et sportives (1933), lié à l’extrême-droite nationaliste.

-  L’historien Claude LEPELLEY (1934-2015), spécialiste de l’Antiquité tardive et de l’Afrique romaine. Il enseigna dans plusieurs universités, dont la Sorbonne et Paris-X Nanterre.

- Henri MICHEL (1857-1930) : enseignant, avocat et journaliste, il fut député des Bouches-du-Rhône de 1898 à 1910, sénateur des Basses-Alpes de 1910 à 1921, puis député des Basses-Alpes de 1924 à 1928. Parlementaire actif, il siégea avec l’extrême gauche radicale-socialiste. Sa tombe est ornée d’un buste en pierre.

- Charles PORCHER (1872-1933) : pharmacien de l’école vétérinaire de Lyon (qu’il dirigea de 1926 à 1931), il fut inspecteur général des écoles vétérinaires de 1931 à sa mort. Il réalisa de nombreux travaux sur le lait et son hygiène, et préconisa l’utilisation du lait d’ânesse comme substitut du lait maternel. Son beau profil de bronze est l’œuvre de Jean Chorel.

- Yo SAVY (Yvonne Serre-Meyer : 1911-2003) : Fille de Marcel Duchamp (ce qu’elle ne sut qu’en 1960) et du modèle Jeanne Chastagnier, elle devint elle aussi peintre et étudia dans l’atelier d’André Lhote dans les années 1930. Esprit indépendant, son œuvre ne peut se rattacher à aucune école. Vers la fin des années 50, elle choisit de prendre des chaises, des divans, des bancs, comme modèles.


Commentaires

CHARENTON-LE-PONT (94) : ancien cimetière
jeudi 20 novembre 2014 à 13h50

Paal Laszlo (en hongrois le nom de famille précède le prénom). Mais pourquoi traduire son prénom, et pourquoi par Ladislas ? Louis serait beaucoup plus simple !!! En tout cas, il reste Laszlo Paal !!! Ah ! cette manie française de vouloir tout franciser !!!

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CHARENTON-LE-PONT (94) : ancien cimetière
vendredi 12 septembre 2014 à 08h32 - par  Grand-mere

Existe t-il encore la tombe du peintre Ladislas de Paal ?

Site web : Ladislas de Paal

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vendredi 14 février 2014

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