BOURG-LA-REINE (92) : cimetière

Visité en mars 2006
mardi 1er septembre 2009
par  Philippe Landru

Le cimetière ancien était installé à l’angle de l’actuelle avenue du général Leclerc et du boulevard Carnot. Il fut transféré rue de bièvre en 1820. C’est un très beau cimetière, et la présence de très nombreuses personnalités attirées par le calme de la banlieue sud de Paris rend la visite particulièrement agréable.

Curiosités

- La présence, au XIXe siècle, de plusieurs faïenceries réputées à Bourg-la-Reine explique la présence de plusieurs faïenciers dans le cimetière.

- Témoignage également d’un passé rural pas si ancien, plusieurs horticulteurs devenus fameux pour avoir développé de nouvelles variétés de plans sont inhumés ici (Armand Millet (1845-1920), le rosiériste Jacques Julien Margottin (1817-1892)…)

- Au centre du cimetière, les restes très fatigués du vieux calvaire de 1820.
- L’originale tombe collective des religieuses de Notre-Dame-du-Calvaire.
- Accessit des plus belles toilettes de cimetière pour celles de Bourg-la-Reine, ornées de photographies du lieu !

Célébrités : les incontournables

- CARLOS
- Françoise DOLTO

C’est dans la fosse commune de l’ancien cimetière de Bourg-la-Reine qu’avait été inhumé le célèbre Condorcet. Ses restes ont disparu depuis fort longtemps, aussi est-ce une translation symbolique au Panthéon qui fut organisée en 1989.

… mais aussi

- Hortense ALLART de MERITENS (1801-1879) : écrivaine et essayiste féministe française, elle défendit l’amour libre (elle eut de multiples liaisons, en particulier avec Chateaubriand, Béranger et Sainte-Beuve) et demanda l’amélioration de la condition féminine.
- Léon AZEMA (1888-1978) : architecte, Premier Grand Prix de Rome en 1921, Il construisit plusieurs bâtiments à Alexandrie, en Egypte. En France, on lui doit l’ossuaire de Douaumont, la restauration du parc de Sceaux, et de très nombreuses réalisations à Paris dont l’église Saint Antoine de Padoue dans le 15e arrondissement, le palais de Chaillot à l’occasion de l’Exposition universelle de 1937 ou encore l’hôpital Franco-Musulman (Avicenne) de Bobigny. Architecte des Postes à partir de 1928, il créa le musée du timbre à Paris ainsi que très nombreux centres postaux dans toute la France. Fervent admirateur de Gérard Philipe, il avait souhaité, comme lui, avoir un lierre sur sa tombe.
- Les sculpteurs Aldo (1898-1976) et Daniel (1915-1985) BARTELLETTI.
- Jean-Marie BASTIEN-THIRY (1927-1963) : lieutenant-colonel de l’armée de l’air, partisan déterminé de l’Algérie française, il fut l’organisateur en 1962 de l’attentat du Petit-Clamart destiné à assassiner De Gaulle. Il fut condamné à mort et fut le dernier fusillé français. Sa tombe demeure à dates régulières un lieu de commémoration pour l’extrême droite et pour les nostalgiques de l’OAS.
- Georges BENEDITE (1857-1926) : égyptologue français, il découvrit en1903 le mastaba d’Akhethétep à Saqqarah, le fouilla puis acheta la chapelle pour le Louvre. Il fouilla également plusieurs tombes dans la vallée des rois. Décédé peu après avoir visité le tombeau de Toutânkhamon, il alimenta malgré lui la légende de la malédiction du pharaon.
- Léon BLOY (1846-1917) : romancier et essayiste rentré tard dans la littérature, il fut surtout connu pour la violence de ses polémiques qui lui attirèrent bon nombre d’ennemis. Son œuvre, en particulier son Journal, se caractérise par sa quête mystique du divin au travers de la littérature, sa haine des valeurs bourgeoises, son refus de la modernité dont il dénonça le manque de spiritualité. Il vécu dans la gène, travaillant régulièrement pour des journaux (l’Univers, Gil Blas…) avec lesquels il finit par se brouiller. Sa tombe est ornée d’un bas-relief représentant Notre-Dame de la Salette (Isère), dont Léon Bloy était fervent des apparitions, auxquelles il consacra plusieurs de ses livres. Elle fut sculpté par Frédéric Brou.
- Le philosophe Lucien BRUNELLE (1923-1995).

- L’organiste René BÜRG (1892-1971).

- Elie CALVET (1904-1929) : comédien, 1er Prix de comédie du Conservatoire, il mourut en scène en recevant son prix. Il était le neveu de la célèbre cantatrice Emma Calvé.

- L’affichiste et caricaturiste Roger CARTIER (1893-1971), qui travailla tant pour la publicité que pour le cinéma.
- André COUDER (1897-1979) : ingénieur opticien et astronome français, travaillant au laboratoire optique de l’observatoire de Paris dont il devint le directeur où il acquit une réputation mondiale ; il fut à l’origine de la plupart des parties optiques des instruments français. Il donna son nom à une loi fondamentale des supports primaires de miroir. Il était membre de l’Académie des sciences.

- Elie Frédéric FOREY (1804-1872) : officier français, il prit part aux campagnes de Crimée, d’Italie et commanda le corps expéditionnaire en 1861, envoyé par Napoléon III au Mexique pour y instaurer un empire au profit de Maximilien d’Autriche. Il fut élevé à la dignité de maréchal.
- Evariste GALOIS (1811-1832) : mathématicien recalé à deux reprises au concours d’admission à l’École polytechnique, il entra à l’École normale. Les articles qu’il soumit à l’Académie des sciences furent perdus ou déclarés incompréhensibles et rejetés. Très engagé politiquement contre la monarchie, il fut incarcéré à deux reprises. La veille de sa mort en duel, âgé de 21 ans, il écrivit à la hâte son testament mathématique. Ses manuscrits, publiés pour la première fois en 1846, attirèrent l’attention des mathématiciens mais ne furent pas complètement compris avant 1870. Ses idées furent le point de départ de la théorie des groupes. Les corps de Galois et sa théorie des extensions algébriques sont devenus des concepts fondamentaux de l’algèbre moderne. Les sources ne sont pas concordantes concernant sa sépulture (certaines le disent inhumé dans la fosse commune du cimetière Montparnasse). Son nom est porté sur la tombe familiale à Bourg-la-Reine.
- Roger-Jean GAUTHERET (1910-1997) : biologiste français, il fut l’un des pionniers de la culture de tissus végétaux. Professeur de Biologie cellulaire à la Faculté des sciences de la Sorbonne, il fut président de l’Institut de France.
- Le mathématicien Charles Marie Adrien GUILMIN (1812-1884), inhumé sous un médaillon en marbre par Auguste Paufard. Il semblerait que ce tombeau ait été déplacé du cimetière Montmartre où il se dressait auparavant.
- François HENNEBIQUE (1842-1921) : Ingénieur français autodidacte (il commença sa carrière dans le bâtiment comme apprenti maçon), il déposa en 1892 à Bruxelles le brevet qui fit de lui l’inventeur du béton armé. Il assura le succès durable de ses méthodes en constituant un réseau de concessionnaires, et en menant une politique publicitaire particulièrement efficace. Il réalisa de nombreuses constructions en France et dans le monde.
- Pierre JANET (1859-1947) : à la fois philosophe et médecin, sa carrière fut favorisée par son oncle Paul Janet, philosophe universitaire influent, par Théodule Ribot qui orienta la première psychologie française vers la pathologie mentale, et par Jean Martin Charcot qui l’accueillit dans son service de la Salpêtrière. Il succéda à T. Ribot au Collège de France en 1902 et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et fut considéré comme le plus prestigieux des psychologues français. Néanmoins, Spécialiste de la psychologie pathologique, il proposa une théorie du psychisme qui fut perçue comme concurrente de celle de Sigmund Freud qui finit par l’évincer.
- Georges LAFENESTRE (1837-1919) : poète et critique d’art français, il fut Conservateur du Musée du Louvre et membre de l’Institut. Il fut une personnalité importante du mouvement parnassien. Il était le beau-père de Georges Benedite et leurs deux tombeaux, symétriquement placés de part et d’autre d’une allée, sont similaires.
- Léon LALANNE (Chrétien Lalanne : 1811-1892) : ingénieur des ponts et chaussées, il s’intéressa très vite aux chemins de fer et fut l’un des constructeurs de la ligne de Sceaux (1846). Il dirigea ensuite la construction de chemins de fer en Suisse, puis en Espagne. Rentré en France (1862), il devint inspecteur général des ponts et chaussées, puis, en 1876, directeur de l’École des ponts et chaussées. En 1879, il entra à l’Académie des Sciences. Ayant pris sa retraite en 1881, Léon Lalanne s’intéressa alors à la politique. Soutenu par la gauche modérée, il fut élu sénateur inamovible en mars 1883.

- Jean LORANCHET (1888-1966) : capitaine aux long cours, il s’engagea dans la marine marchande et partit pour une aventure de deux ans qui l’amènera en Australie, en passant par les îles Kerguelen. Il resta de nombreux mois sur ces îles pour les cartographier. Il laissera son empreinte à la péninsule Loranchet et à la pointe Jubié, du nom de l’un de ses oncles chez qui il habitait à Paris. Dans le même tombeau est inhumé son père, le médecin Jean dit Félix LORANCHET (1845-1908), qui fut successivement maire de Gergy (71), conseiller général en 1879, puis député de Saône-et-Loire de 1883 à 1889, siégeant avec la Gauche républicaine.
- Paul MAINGUY (1908-1997) : médecin, maire de la commune de 1947 à 1953, il fut député des Hauts-de-Seine de 1958 à 1973. Il fut enlevé de manière éphémère par l’OAS en 1962. On lui doit en outre quelques ouvrages sur l’histoire de Bourg-la-Reine.
- L’éditeur Albin MICHEL (1873-1943), créateur en 1900 de la maison d’édition qui porte son nom. L’Arriviste de Félicien Champsaur, publié en 1902, devint l’un des grands succès de l’époque. Il connut le succès avec L’Enfer, d’Henri Barbusse (1908), mais aussi grâce à des collections de poche, des romans légers ou sulfureux vendus à grand renfort de pub, des ouvrages historiques, puis de spiritualité ou de sciences humaines. En 1917, il reçut son premier Goncourt avec La Flamme au poing d’Henry Malherbe, puis inventa le « teasing » littéraire avec Pierre Benoît (« Regardez cet homme, demain il sera célèbre », clamait la publicité). Quand, en 1919, Les Croix de bois, de Roland Dorgelès, loupèrent le Goncourt face à Proust, Albin fit composer une bande avec, écrit en gros caractères, « Prix Goncourt » et, en tout petit, « par 4 voix contre 6 ». Il se rattrapa avec Roger Vercel (Capitaine Conan) mais aussi avec des best-sellers comme Je sais cuisiner, de Ginette Mathiot, ou des traductions de Conan Doyle, Kipling ou encore Mark Twain...
- Le pharmacien et chimiste Claude NATIVELLE (1812-1889) qui parvint en 1868 à purifier et à extraire de la digitale la digitaline, substance indiquée pour les maladies cardio-vasculaires.
- Philippe PELLETAN (1747-1829) : chirurgien major à l’Armée des Pyrénées, puis à l’Armée du Nord, membre du conseil de santé des armées, de l’Académie royale de chirurgie, de la Légion d’honneur dès la première promotion (aux Invalides en juillet 1804), professeur à la faculté de médecine dès sa création, chirurgien en chef de l’hotel-Dieu, chirurgien consultant de Napoléon Ier, et de plus membre de l’Institut et membre de l’Académie de médecine dès leur fondation, sa vie fut mêlée de manière rocambolesque aux destinées du cœur de Louis XVII (déposé à Saint-Denis). C’est également lui qui fut appelé sur le cadavre de Marat quelques temps après son assassinat.
- Karin PETERSEN (1945-1982) : comédienne de théâtre et surtout de télévision, elle fut l’héroïne en 1971 de la série La Dame de Monsoreau. Elle se suicida suite à un viol.
- Paul PORTIER (1866-1962) : zoologiste et biologiste français, membre de plusieurs académies (Médecine, Sciences), il étudia avec Charles Robert Richet le phénomène de l’anaphylaxie. Il participa aux campagnes organisées par Albert Ier de Monaco et devint professeur à l’Institut océanographique que le Prince de Monaco venait de créer.

- André THEURIET (1833-1907) : romancier, poète et dramaturge français, il chanta les terroirs, les forêts, les petites villes bourgeoises dans des romans à l’intrigue conventionnelle et aux personnages stéréotypés qui plurent à l’époque. Maire de Bourg-la-Reine de 1894 à 1900, il fut élu à l’Académie française en 1896. Sa tombe est ornée d’un bas-relief en bronze.
- L’homme de lettres Jules TREFOUEL (1817-1895).
- Arnold VAN GENNEP (1873-1957) : ethnologue et folkloriste français, il est principalement connu pour son travail concernant les rites de passage et pour son monumental Manuel de folklore français contemporain, demeuré inachevé. Il est considéré aujourd’hui comme le fondateur en France du folklore en tant que discipline scientifique. Il resta néanmoins toujours en marge de l’Université française qui ne lui accorda jamais de place en son sein.


Commentaires

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BOURG-LA-REINE (92) : cimetière / Karin Petersen
dimanche 15 juillet 2018 à 16h08 - par  Morand

À cette grande artiste que mon coeur d’adolescent n’a jamais oublié.
À cette femme que j’aurais aimé connaître,
À la Dame de Monsoreau qui toujours nous parlera d’elle !
Pascal Morand (né 1961, ingénieur Supélec)

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à Karin PETERSEN
samedi 5 mai 2012 à 21h41 - par  MACE

A la mémoire d’une actrice exceptionnelle.

Interprète inoubliable de la Dame de Montsoreau.

Regrets éternels.

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BOURG-LA-REINE (92) : cimetière
lundi 13 février 2012 à 19h50 - par  Ridell

Bonjour,

J’ai remarqué qu’il y a présence de la pierre tombale d’Évariste GALOIS au cimetière de Bourg-La-Reine, j’aurai voulu savoir où se trouve exactement le corps d’Évariste GALOIS, au cimetière Montparnasse ou au cimetière de Bourg-La-Reine ?

Merci pour les informations que vous me fournirez.

Site web : Evariste GALOIS
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lundi 13 février 2012 à 20h31 - par  Philippe Landru

Vous avez la réponse juste en dessous de nos messages.

BOURG-LA-REINE (92) : cimetière
samedi 24 septembre 2011 à 00h23

Merci, Jean-Pierre, pour cette précieuse information (Evariste Galois). Il n’est pas si inconnu que cela ; puisqu’il figure dans le « Biographical Index of Astronomy », (Auteur : Wolfgang R. Dick, Berlin, auquel je transmettrai cette nouvelle donnée).
Question subsidiaire : Est-ce qu’on peut encore, de nos jours, situer l’endroit à Montparnasse où se trouvait la fosse commune en 1832 ?
H. Lallmant

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BOURG-LA-REINE (92) : cimetière
vendredi 23 septembre 2011 à 23h49 - par  Ariey-Jouglard Jean-Pierre

La conservation du cimetière Montparnasse confirme qu’Évariste Galois a été inhumé dans la fosse commune du cimetière le 2 juin 1832.
Personnage remarquable, il est heureux qu’il ne soit pas totalement oublié.

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