VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis

Visité en avril 2006
dimanche 27 mars 2011
par  Philippe Landru

La création de ce cimetière remonte en 1770. Il fut établi sur un terrain offert par Louis XV à la paroisse et gagné sur les bois de Satory, ce qui en fait l’un des plus vieux cimetières urbains de France. Il est aujourd’hui longé par la ligne de chemin de fer.

Si les célébrités qui y reposent ont moins d’envergure qu’aux Gonards ou à Notre-Dame, la présence de tombes anciennes rend la visite de ce cimetière intéressante.


Curiosités


On notera que ce cimetière est le témoignage des derniers feux d’une époque : on ne compte pas les écuyers de Louis XVIII, garde du corps de Charles X, les pages de ses Majestés, les mousquetaires du roi... Beaucoup de défunts sont nés « en le palais royal de Versailles » (sic). Le rôle traditionnel de la noblesse y est bien visible : on exagère à peine si on dit qu’une tombe sur deux contient la dépouille d’un aristocrate officier de l’armée !

Le cimetière est marqué par la présence de victimes de trois événements très violents :

- Contre le mur, une petite colonne surmontée d’une fleur de lys. Une plaque attenante signale qu’il s’agit du monument élevé sur les tombes des victimes des massacres de septembre 1792. Le 9 septembre 1792, les prisonniers d’Orléans furent massacrés au lieu-dit « les Quatre Bornes » (au croisement des rues de l’Orangerie et de Satory). Le maire de Versailles, Hyacinthe Richaud, tenta en vain d’empêcher le massacre. Cette scène donna lieu à une peinture de Jules de Rigo, Dévouement héroïque de Hyacinthe Richaud.

Les corps mutilés et dépecés furent inhumés en vrac à cet endroit.

Parmi les victimes reposent sous la petite borne :

    • Jean-Arnaud de CASTELLANE (1733-1792), évêque de Mende de 1767 à 1792.
    • Louis Hercule Timoléon de COSSÉ-BRISSAC (1734-1792) : ancien gouverneur de Paris, garde Constitutionnelle du Roi, il avait été l’amant de Mme du Barry. Il se défendit héroïquement mais tomba sous le nombre.
    • Charles de FRANCQUEVILLE d’ABANCOURT (1758-1792) : neveu de Calonne, il fut nommé ministre de la Guerre le 23 juillet 1792, mais ne remplit ses fonctions que pendant 19 jours, au bout desquels il fut décrété d’accusation le 10 août.
    • Claude-Antoine de VALDECK de LESSART (1741-1792) : contrôleur général des finances, puis à partir de 1791 ministre de l’Intérieur (tout en conservant le portefeuille des finances), il se révéla durant l’affaire de Varennes un exécutant docile des ordres de l’Assemblée législative. Il se vit ensuite confier l’intérim du ministère de la Marine en septembre 1791 et les Affaires étrangères en octobre 1791. Impopulaire, incapable en vain d’arrêter la marche de la guerre voulue par Brissot, il fut mis en accusation sous la pression des Girondins, le 10 mars 1792.

- Dans le contexte de répression de la Commune, Le 28 novembre 1871, Rossel, Ferré et Bourgeois furent fusillés à Satory puis enterrés dans ce cimetière, dans le carré des suppliciés surnommé poétiquement « l’enclos des rossignols » Ils eurent droit à une fosse séparée surmontée d’une croix de bois portant leur nom. Ultérieurement, Ferré fut transféré à Levallois-Perret et Rossel au cimetière protestant de Nîmes. En revanche, la dépouille du sergent Bougeois ne fut réclamée par personne, ses parents étant décédés.

- C’est enfin dans ce cimetière que repose le jeune Emmanuel Maillart, qui fut enlevé et assassiné en 1967 par un adolescent de 14 ans. A l’époque, l’affaire fit grand bruit.

- A l’entrée du cimetière, comme au cimetière Notre-Dame, un ossuaire contient les restes issus des concessions récupérées.

- Au centre de la partie ancienne, une enclave circulaire regroupe un très grand nombre de personnalités ecclésiastiques.

- Une petite pyramide a été érigée à la mémoire des volontaires de Versailles mort durant le siège de Paris de 1870-71.

- La tombe de la jeune Camille Folie, morte à 18 ans en 1896, ornée d’une lyre et de notes de musique. Elle avait été 1er prix de piano en 1894 et médaille d’or l’année suivante.

- La tombe du jeune officier Etienne de Fontenay, tombé sur le front en 1916, est ornée d’un médaillon en bronze et d’un bas-relief en bronze. Un autre bas-relief en bronze semble avoir disparu : il honorait le vicomte Joseph Louis de Fontenay (1864-1946), qui fut ambassadeur de France dans de nombreux pays (Espagne, Corée, Albanie, St Siège, Portugal, Autriche...) et qui repose également dans ce tombeau, tout comme son grand-père, Gabriel de Fontenay (1784-1855), qui fut également ambassadeur.

- La tombe de l’enseignant Jacques Charles Hueber (+1826) est ornée d’un médaillon par Jean-Charles Chabrié.

- En 1854, le lieutenant de vaisseau Édouard Villaret-Joyeuse, embarqué sur l’Iphigénie, contracta la fièvre jaune à La Havane. Décédé en mer, sa dépouille conservée dans une pièce d’eau de vie fut inhumée à Terre Neuve. L’année suivante, ses restes furent ramenés ici. Son tombeau à Terre Neuve semble encore exister. Sur la colonne ouvragée qui domine sa tombe se trouve les extrémités d’une frégate sculptée.

- L’obélisque Chanot-Defodon, ornée d’un bas-relief.

- Une descente de croix délabrée sur la tombe Zipfel.


Les célébrités : les incontournables...


Aucun, malgré la présence de trois académiciens français !


... mais aussi


- Le journaliste Jean-Baptiste Adolphe ADERER (1832-1886), auteur de quelques pièces et son fils, le romancier Jean-Baptiste Adolphe ADERER (1855-1923), qui fut critique théâtral, auteur de plusieurs romans (Isora) et de quelques pièces. Leur tombe est ornée de deux médaillons.

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Acte de naissance de jean-Baptiste Adolphe Aderer - 1855, La Roche-sur-Yon

- Le musicologue et académicien français Philippe BEAUSSANT (1930-2016). Expert en musique baroque française, sujet sur lequel il a publié plusieurs ouvrages, il fut également le fondateur du Centre de musique baroque de Versailles et membre de l’Académie française.

- Ferdinand de BERTIER de SAUVIGNY (1782-1864) : fils de Bertier de Sauvigny, intendant de Paris massacré en 1789 en compagnie de son beau-père Foullon de Doué, il émigra en 1791 et servit dans l’armée de Condé. Il fonda en 1810, avec son frère et son beau-frère, les Chevaliers de la Foi, société secrète qui oeuvra au retour des Bourbons sur le trône de France. Elu en 1815 député par le collège de département de Seine-et-Oise, il prit place à l’extrême droite et accepta momentanément les fonctions de préfet du Calvados. Ultra parmi les Ultras, il milita pour une politique bigote et réactionnaire.

- Pierre BLAIZOT (1742-1808) : libraire ordinaire et ami de Louis XVI. Editeur de l’Almanach de Versailles créé en 1771, son « cabinet littéraire » offrit à partir de 1773 la possibilité de lire toutes les gazettes de France. Il obtint le monopole de la publication des résumés des séances de l’Assemblée Nationale.

- Le général Gustave BORGNIS-DESBORDES (1839-1900), qui fut l’un des acteurs des conquêtes coloniales françaises. Conquérant du Soudan français, il fut le créateur du chemin de fer Niger-Océan et se distingua contre Samory. IL fonda plusieurs villes, dont Bamako (1881-1883). Il servit ensuite au Tonkin et mourut à Hanoï, d’où il fut rapatrié.

- L’administrateur San Benedetto Jules Priamar BOSELLI (1810-1878), qui mena une carrière préfectorale (Marne de 1848 à 1853, Loiret de 1853 à 1859, Haute-Garonne de 1859 à 1865, Seine-et-Oise de 1865 à 1869).

- Le peintre et graveur Alexandre François CAMINADE (1785-1862), qui après avoir suivit les cours de David se spécialisa dans des compositions religieuses et de la peinture d’histoire. On lui doit également un très grand nombre de portraits des aristocrates de son époque.

- Le général Alexandre CAVROIS (1774-1820), qui s’illustra dans les campagnes de l’Empire et qui fut blessé à Brienne d’un coup de feu qui lui traversa la mâchoire. Il fut créé baron d’Empire en 1811. La sépulture de son épouse est encore visible de nos jours dans le cimetière de Sens (Yonne) avec armes sculptées sur la dalle.

- L’égyptologue François CHABAS (1817-1882). Autodidacte, il apprit plusieurs langues anciennes dont le latin et le grec. Attiré par l’anthropologie, il apprit l’ancien égyptien. Chalonnais d’adoption, il fut l’un des pionniers de l’égyptologie dans la droite ligne de Vivant Denon, et un archéologue distingué. Il fit de Chalon le centre d’une « université européenne », nouant des contacts à la fois amicaux et professionnels avec les plus éminents orientalistes de son temps. Il fut un travailleur infatigable, sa véritable profession était commerçant en vins ! Il était en outre président de la chambre de commerce et d’industrie. Parmi la cinquantaine d’ouvrages scientifiques qu’il publia durant son existence, il est important de signaler qu’il fut le premier à déchiffrer le plus ancien livre du monde, le papyrus Prisse, véritable traité de sagesse égyptienne. Il écrivit aussi Voyage d’un Égyptien en Syrie, Phénicie et Palestine au XIVe siècle avant notre ère.

- Edouard CHARTON (1807-1890) : saint-simonien, il débute en 1833 avec le Magasin pittoresque, hebdomadaire illustré, une fructueuse carrière de directeur de publication. Persuadé que l’illustration est indispensable à la compréhension et à l’agrément, il est à l’origine du renouveau de la gravure sur bois en France et a favorisé les débuts de carrière de plusieurs illustrateurs de renom. Il fut à l’origine en 1843 du lancement de l’Illustration, autre hebdomadaire à succès, dont il quitta rapidement la direction. Député de l’Yonne puis Conseiller d’État, il entra dans l’opposition après le coup d’Etat de Napoléon et publia en 1859 une Histoire de la France illustrée. La chute de l’Empire marque son retour à la politique. Le 6 septembre 1870, il fut nommé préfet de Seine-et-Oise par le gouvernement de défense nationale. Élu républicain de l’Yonne en février 1871, il siégea à l’Assemblée nationale. À partir de 1876, il représenta sans interruption, jusqu’à sa mort en 1890, son département d’origine au Sénat. Fervent promoteur de l’éducation tout au long de sa vie, Il participa à la création du musée d’ethnographie du Trocadéro, ancêtre du musée de l’Homme. Il fut élu en 1876 à l’Académie des Sciences morales et politiques.

- L’architecte Raymond DOSSE (1909-2004).

- Jean-François DUCIS (1733-1816) : poète, auteur tragique, adaptateur en vers de Shakespeare sans connaître l’anglais (il avait trouvé là la veine qui allait le rendre célèbre : mettre au goût du jour et au goût français les pièces du dramaturge anglais), il était secrétaire du comte de Provence. C’est pour calmer l’irritation de ce prince contre l’Académie que l’on choisit son secrétaire pour remplacer Voltaire. On lui doit don toute une série de reprise des pièces de Shakespeare, mais également quelques tragédies personnelles. Le romantisme triomphant du XIXe siècle balaya les pièces édulcorées de Jean-François Ducis qui pourtant par son travail fit découvrir l’œuvre du tragédien anglais.

Il fut inhumé dans ce cimetière. Pourtant, les sources postérieures ne sont pas claires : Jacques Hillairet indique qu’il fut transféré peu de temps après au cimetière Montparnasse, où, si elle exista, sa tombe a disparu. Dans tous les cas, sa sépulture de Versailles, une pierre plate, est toujours présente mais à en revanche perdu la grille qui l’entourait. Sa très médiocre épitaphe dit ceci :

Jean-François Ducis
(à la mémoire de sa femme)
Dans cette enceinte sacrée où reposent les corps
de sa mère et de sa fille aînée, Marie-Madeleine
Moreau sa femme a été déposée
sous cette tombe le 25 avril 1815,
elle étoit décédée le 21 précédent dans sa
79 e année, elle lut mariée en premières
noces à Marie-Joseph Peire, contrôleur
des Bâtiments du Roi
Femme, bonne mère tendre, épouse prétieuse,
elle sut réunir les plus douces
affections de la nature,
elle attend ici son mari âgé de 82 ans, lequel
n’a d’autre désir que de se joindre à elle
pour jouir dans le sein de la
Divinité du bonheur
immuable que leur a mérité le sang
prétieux de Jésus-Christ.
 
Ci-git le bon Ducis
(Jean-François)
l’un des Quarante de l’Académie française,
né à Versailles le 22 août 1733
rue de la Paroisse-Notre-Dame n° 
125, nouveau 7s,
décédé le 31 mats 1816.

- Louis Etienne DUSSIEUX (1815-1894) : professeur d’histoire au collège Sainte-Barbe de Paris, puis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il fut également éditeur de mémoires historiques (Dangeau, le duc de Luynes) et auteur de biographies de grands personnages (Richelieu, Colbert, Sully).

- Le peintre et architecte Félix Nicolas ESCALIER (1843-1920), qui connut un grand succès grâce à ses aquarelles et ses panneaux décoratifs d’inspiration italienne. En tant qu’architecte, on lui doit à Paris l’Hôtel Sarah Bernhardt et surtout l’hôtel particulier qui devint le musée Jean-Jacques Henner. Sa tombe précise qu’il fut un ancien combattant de 1870.

- Léonce d’ESCAYRAC de LAUTURE (1786-1867) : marquis et officier, il participa en 1815 à la campagne de Vendée pour Louis XVIII. Il épousa Adèle de Portal, fille du ministre de la Marine, qui repose avec lui. Fait pair de France en 1837, il siégea à cette chambre de 1837 à 1848. Il occupa encore les fonctions de député du Tarn-et-Garonne jusqu’en 1831. Avec eux repose leur fils, Stanislas d’ESCAYRAC de LAUTURE (1822-1868), qui fut un voyageur et explorateur français qui entreprit de nombreux voyages en Afrique et en Orient, et qui en laissa d’intéressants ouvrages. Ainsi, en 1856, il fut appelé par le vice roi d’Égypte, à conduire une expédition chargée de rechercher les sources du Nil. La chapelle de famille qu’ils occupent est anonyme de l’extérieur.

- François FRANCHET-D’ESPEREY (1778-1863) : jeune, il participa au sein des congrégations à la restauration de la vie chrétienne. Son soutien à Pie VII lui valut de connaître l’incarcération à Sainte-Pélagie durant le règne de Napoléon. A la Restauration, il se vit attribuer en 1821 lors de la formation du gouvernement ultraroyaliste la direction générale de la Police, poste qu’il conserva jusqu’à la formation du ministère Martignac. Il quitta la France avec Charles X et devint son ambassadeur à Berlin. Il fut le grand-père du maréchal Louis Franchet-d’Esperey.

- Albert FRANQUET de FRANQUEVILLE (1809-1876) : ingénieur, il fut directeur général des Ponts et chaussées et des chemins de fer de 1853 à 1876. Il prit en main l’aménagement du chemin de fer français, à travers le développement du réseau et concentration des compagnies. Dans la même chapelle repose également le général Jean-Louis DUBRETON (1773-1855), qui fit les campagnes révolutionnaires et celle de l’Empire. Il s’illustra particulièrement à Saint-Domingue, puis en Espagne (siège de Burgos). SOus la Restauration, il fut fait baron et Pair de France.

- L’ancien directeur du collège Sainte-Barbe, le Saint-simonien Aimé GODART (1837-1923), qui fonda à Paris l’école Monge qui, donné à la ville, devint par la suite le lycée Carnot.

- Henri-Constant GROUSSAU (1851-1936) : député du Nord de 1902 à sa mort, ce monarchiste convaincu se rallia à la République suite à la prise de position de Léon XIII. De ce fait, il fut très proche du catholicisme social. Sa haute compétence juridique fit de lui le principal défenseur des intérêts de l’Église et de la liberté religieuse à la Chambre des députés. Groussau fut en effet l’interlocuteur politique et le consultant juridique de la plupart des évêques et cardinaux français. Ses contributions les plus importantes concernèrent les lois sur les Congrégations, la loi de séparation avec les inventaires et la dévolution des biens ecclésiastiques, les lois scolaires avant et après guerre. Bien introduit au Vatican, il y plaida, aves succès, le refus par le Pape de la loi de Séparation.

- Antonin GUILLOT VALETON de SAINBRIS (1820-1887) : ancien élève du Conservatoire, il ouvrit en 1840 à Paris une classe de chant pour les altistes se destinant au théâtre : il eut les ténors Poultier et Michot comme élève. En 1866, il fonda la Société chorale d’amateurs. Comme compositeur, on lui doit quelques mélodies et de la musique religieuse. Sa tombe est ornée d’un buste et d’un très joli haut-relief en bronze par Frédéric Bogino.

- Le comédien Pierre de GUINGAND (Octave-Pierre deguingand : 1885-1964), qui tourna des années 10 aux années 30, en particulier dans les épopées historiques de Diamant-Berger et de René Leprince.

- Augusta HOLMES (1847-1903) : compositrice française d’origine irlandaise, certains pensent qu’elle ait pu être la fille naturelle d’Alfred de Vigny. Elle commença à publier sous le pseudonyme de Hermann Zenta. En 1871, Holmès prit la nationalité française et ajouta un accent à son nom de famille. Fervente admiratrice de Wagner, elle a écrit elle-même les textes de ses mélodies, oratorios, symphonies vocales, et de son opéra La Montagne noire. Elle montra ses compositions à Franz Liszt, et étudia auprès de César Franck. Camille Saint-Saëns lui demanda plusieurs fois de l’épouser. Augusta Holmès ne se maria jamais, mais vécut avec le poète Catulle Mendès, avec qui elle eut cinq enfants. En 1889, elle composa une Ode Triomphale pour célébrer le centenaire de la Révolution française. A la fin de sa vie, elle s’engagea auprès des antidreyfusards. Elle fut la belle-mère d’Henri Barbusse, qui avait épousé sa fille.

Son tombeau, orné d’un médaillon et d’une statue par Auguste Maillard, a pour épitaphe deux vers d’Augusta Holmes : La gloire est immortelle et la tombe éphémère / Les âmes ne font point d’adieu....

- L’homme de lettres André KOSZUL (1878-1956), qui enseigna durant trente ans à l’Université de Strasbourg. Traducteur (en particulier de Shakespeare), il laissa une oeuvre importante dont une Anthologie de la littérature anglaise en deux volumes.

- Jean-Baptiste Antoine LASSUS (1807-1857) : architecte français, il fut un des spécialistes de l’architecture du Moyen Âge, et fut le premier à réintroduire ce style en France. Il fut chargé de nombreuses restaurations (la Sainte-Chapelle et Notre-Dame, Saint-Séverin et Saint-Germain-l’Auxerrois, les cathédrales de Chartres et du Mans, et de nombreux édifices bretons), mais construisit également de nouvelles églises (Saint Nicolas de Nantes, Sacré-Cœur de Moulins, Saint Pierre de Dijon, Saint Saturnin de Cusset, Saint Jean-Baptiste de Belleville à Paris). Il repose dans une très belle chapelle polychrome hélas désormais très endommagée.

- Le peintre-verrier Claudius LAVERGNE (1814-1887), ancien élève de Ingres. Il fut inspecteur des monuments historiques pour Prosper Mérimée et exposa aux Salons de 1838 à 1878. Il créa un atelier de peinture sur verre d’où sortirent de nombreux vitraux, en particulier pour la cathédrale de Genève ou l’église Saint-Augustin de Paris. Avec lui repose son épouse, l’écrivaine Julie LAVERGNE (1823-1886) : fille de l’écrivain Georges Ozaneaux, elle écrivit de nombreux contes et nouvelles, évoquant souvent l’histoire et les paysages de sa Normandie.

- Henri LE SIDANER (1862-1939) : peintre, il fut troublé par l’impressionnisme et la peinture de Manet. Il suivit les cours de Cabanel, exposa au Salon, et voyagea beaucoup. Proche, selon les époques, des néoimpressionnistes, des symbolistes et des pointillistes, il n’appartint pourtant à aucun de ces mouvements. Il se fixa longtemps à Gerberoy, petit village de l’Oise, son « Giverny » à lui, dans lequel il puisa une grande inspiration. Sa peinture est d’une très grande délicatesse : peinture intimiste dont se trouve exclue la figure humaine ; jardins déserts, tables servies pour d’ hypothétiques hôtes, campagnes solitaires, expriment une vision silencieuse et paisible, expriment une vision silencieuse et paisible avec une technique néo-impressionniste et un chromatisme retenu aux nuances chaudes, à la tonalité raffinée et douce qui nimbent ses scènes moins de mystère que d’ une espèce de religiosité.... Il joua avec les lumières de la journée, celle des saisons... Il était le cousin de l’auteur dramatique Albert Willemetz dont il fit le portrait en 1937, et sa soeur Marthe épousa en 1908 le peintre Georges Rouault, inhumé dans ce même cimetière. Dans sa tombe repose également son fils, l’écrivain et critique Louis LE SIDANER (1898-1985).

5 ans séparent ces deux photos (2006 et 2011) : un bon nettoyage serait nécessaire. Au delà, on voit bien ici la rapidité avec laquelle une tombe peut donner l’impression d’être antédiluvienne !

- Le contre-amiral Charles Alexandre Léon DURAND, comte de LINOIS (1761-1848) : contre-amiral français, sa vie fut marquée par sa lutte contre l’Angleterre (il fut fait plusieurs fois prisonnier et fut finalement échangé). Il remporta en particulier une victoire sur eux à la bataille d’Algésiras en 1801. A partir de 1803, où Napoléon le nomma au commandement des forces françaises dans l’océan Indien, il harcela les navires marchands britanniques à travers l’océan et dans les mers de Chine. Après la restauration, Louis XVIII le nomma gouverneur de la Guadeloupe , mais comme Linois soutint Napoléon durant les Cent-Jours, il fut contraint de démissionner après la bataille de Waterloo. Il fut traduit en cour martiale, mais fut acquitté en 1816.

- Jean-Baptiste MATHIEU (1762-1847) : compositeur, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles, il fut maître de musique du roi. Il repose dans un beau tombeau orné d’un médaillon et d’un bas-relief, hélas en très mauvais état.

- Le docteur Hippolyte Guillaume MAURIN (1786-1842), qui fut chirurgien en chef de l’Hospice royal de Versailles, et l’un des membres fondateurs de l’Académie des Sciences Morales des Lettres et des Arts de Versailles.

- Le chef de musique du 1er Génie, Georges MEISTER (1848-1902), qui fut également compositeur de musiques militaires.

- Le peintre Anders OSTERLIND (1887-1960) : peintre français d’origine suédoise, il suivit la formation de son père, le peintre-graveur-aquarelliste Allan Osterlind. Il passa sa vie entre la région parisienne, la Bretagne, la Creuse et la Côte-d’Azur. Il fut un paysagiste échappant à toute école. A la fin de sa vie, marqué par la mort de son fils, il évolua vers une peinture plus religieuse.

- Le général Paul PEIGNÉ (1841-1919), qui fut l’inventeur de la boussole portative qui porte son nom et le promoteur de l’artillerie sur voie ferrée. Il présida le Comité technique de l’artillerie et fut compromis par la célèbre affaire des Fiches. Il repose dans la sépulture Paris.

- L’égyptologue Paul PIERRET (1836-1916), qui succéda à Champollion et à E. de Rougé comme conservateur du département égyptien au Louvre. Premier titulaire de la chaire d’Egyptologie à l’Ecole du Louvre, il poursuivit la voie ouverte par Champollion mais, au contraire de ses contemporains, ne se rendit jamais en Egypte. Il laissa de nombreux ouvrages.

- Georges ROUAULT (1871-1958) : ancien élève de Gustave Moreau, il fut nommé en 1903 conservateur du musée Gustave Moreau à Paris. La même année, il fonda avec les peintres Henri Matisse et Albert Marquet, le Salon d’automne. Sa peinture, empreinte de spiritualité, même lorsqu’il s’agit de clowns, d’acrobates et d’autres personnages du cirque, explora les degrés de la souffrance humaine. La touche épaisse et les contours cernés, l’ivresse des couleurs, sont également des constantes dans ses toiles. Profondément chrétien, il reconnut dans cette humanité souffrante le visage du Christ qu’il rechercha dans de nombreuses toiles évoquant sa Passion. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres religieux de son siècle. Il repose avec son épouse, Marthe Le Sidaner (1873-1973) , soeur du peintre Henri Le Sidaner.

- Jean THARAUD (Charles tharaud :1877-1952) : auteur, avec son frère Jérôme, d’une oeuvre à quatre mains, lauréats tous les deux du Goncourt en 1906 pour Dingley, l’illustre écrivain, ils furent tous deux élus à l’Académie française.


Commentaires

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
lundi 29 janvier 2018 à 12h21 - par  cp

Etrange scène hier après-midi au cimetière Saint-Louis alors que je m’apprête à en sortir. Il était désert au moment où y pénètre une troupe précédée d’un drapeau. Ils sont une vingtaine de scouts qui tourne à gauche d’un pas décidé. Arpentant le cimetière de l’autre côté, en haut, j’avais noté une sépulture toute neuve d’un dignitaire scout du Chesnay décédé il y a peu. Un nommé Sorlot, pour cela que j’avais relevé le nom. J’ai pas cherché mais peut-être un descendant de l’éditeur en français d’un livre intitulé « Mon Combat », œuvre contestée d’un jadis peintre viennois... Enfin bref, ils ne vont pas du bon côté. Je suis du regard leur pérégrination, et ils finissent par s’immobiliser au niveau des tombes englobant celle de Jean Tharaud. ils s’alignent et... S’agenouillent ! Et prient. Un marmonnement se fait entendre. Je note qu’ils sont en culottes courtes, on est en hiver et que genoux nus sur le pavé humide, durant vingt minutes, même à 12-15 ans, belle ascèse !
Etant repartis, je remonte vers Jean Tharaud, (Encore un Tharaud de casé, comme persifla Antoine Blondin au lendemain de l’élection à l’Académie du second, à la suite de son frère...), et je tente de décrypter les autres tombes, éventuels objets de cette divination scoutesque : Rien ! Illisibles pour la plupart, un « Comte de Lingis » mort ou né en 1767, amiral lui ou son père ou fils, des époux Masson, des vieilles tombes noires en ciment, encrassées par le temps. Si j’avais su, je leur aurais demandé, aux p’tits gars, je ne voulais pas troubler la ferveur...

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
dimanche 22 janvier 2017 à 08h18 - par  Henri Thyssens

Vous devriez visiter la tombe de la famille LOVITON. Elle contient les corps de :
1. Ferdinand Loviton [1876-1942], éditeur de droit
2. Sa femme, Denyse Pouchard [1876-1935]
3. Sa fille, Jeanne Loviton, dite Jean Voilier [1903-1996], femme de lettres, éditrice, égérie de Paul Valéry, Pierre Frondaie, Jean Giraudoux, Curzio Malaparte, Robert Denoël, et bien d’autres...
Une curiosité.

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
mercredi 18 janvier 2017 à 16h35 - par  BIGNON Nicolas

Merci pour votre site bien documenté et ces belles images . Ce cimetière, je le connais bien, mes grands parents François et Philippine Boutiere qui vivaient rue Carnot y reposent depuis 1995 et 1996. Ils sont là les voisins immédiats et éternels du peintre Le Sidaner . Notre concession est agrémentée d’une hélice d’avion pour honorer François Boutiere qui fut aviateur, (brevet pilote 1923) , participa à la guerre du Riff, instructeur à Washington de 1942/45 (base aérienne de Bollingfield), ...grade de commandant, remise de la médaille d’ officier de la Légion d’honneur place d’Armes à Versailles ...
Je ne regrette qu’une chose pour cet endroit , aucun arbre, aucun cyprès...

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
lundi 11 janvier 2016 à 14h35 - par  Bella di Maggio

Selon le Professeur René Weis, qui a écrit le livre « The Real Traviata : The Song of Marie Duplessis », le fils de la dame aux camélias, Alphonsine Plessis, est inhumé dans ce cimetière. On lui a donné le faux nom « Charles-Yves Deschamps ». Il est mort de la phtisie, à l’ âge de 35 jours.

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Monument au morts de la guerre de 1870
samedi 21 septembre 2013 à 23h26 - par  Acaron171

Merci pour cette page bien remplie sur un lieu méconnu de Versailles : le cimetière Saint Louis.

Mais je tiens à préciser que cet endroit recèle des monuments à la mémoire de la guerre de 1870-1871.
Surtout un obélisque rassemblant tout les noms des soldats morts à Versailles (4 plaques de bronze les recenses).
On aperçoit le monument, en arrière plan, sur votre cliché montrant la tombe pyramidale des soldats morts à La Commune.
Sans les avoir cherché lors de ma dernière visite il y a quelques jours, je me souviens qu’il y a aussi des tombes individuelles concernant des soldats fauchés lors de ce conflit.
C’est assez rare de trouver des témoignages de cette guerre.
Je pense qu’il est important de le signaler.

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
vendredi 3 février 2012 à 14h33 - par  kosmanek

J’ignorais que le père, André KOSZUL, de mon directeur de thèse Jean-Louis KOSZUL, était inhumé à Versailles alors qu’il a enseigné , comme son fils, à l’université de Strasbourg.
J’ai résidé moi-même tout près de Versailles, dans la ville nouvelle de Parly2.
Kosmanek

Site web : kosmosya
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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
dimanche 10 avril 2011 à 00h18 - par  virginie savoye

arrivée par hasard sur votre site parce que j’aime me promener dans les cimetières, je vous remercie de cette visite de St-Louis à Versailles, qui abrite le caveau de notre famille depuis plus d’un siècle, et que je ne savais pas héberger autant de célébrités !
la prochaine fois que j’irai sur la tombe familiale, je regarderai mieux ce qui m’entoure...

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
jeudi 13 août 2009 à 13h01 - par  Sylvie ROUSTIT

Merci pour votre site qui m’a permis d’aller sur la tombe d’un de mes ancêtres Antonin Guillot Valenton de Sainbris lors d’un passage à Versailles la semaine dernière.

Sylvie ROUSTIT
34680 St Georges d’Orques

Site web : Merci
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jeudi 13 août 2009 à 21h50 - par  Philippe Landru

Etant moi-même genealogiste, je suis ravi que vous ayez pu retrouver la tombe d’un ancêtre par le biais de mon site.

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VERSAILLES (78) : cimetière Saint-Louis
samedi 25 juillet 2009 à 14h48 - par  murielleb

Bonjour,
j’aimerai savoir si il est possible d’avoir des infos sur des ancêtres qui seraient inhumés à St louis :
Malvina Adolphine Augustine Souville épouse Blanchecotte décédée en février 1897, femme de lettres.ainsi que de son fils :
Blanchecotte Alphonse Eugène Anatole décédé en 1923 qui était colonel du génie, off. de la LH
si quelqu’un peut m’aider...
remerciements
Muriel blanchecotte à
muriel.blanchecotte@bbox.fr

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lundi 5 octobre 2009 à 01h30 - par  nadine-laure

bonjour murielle
essayez de consulter le site gratuit que doit connaître philippe,
« francegenweb »
c’est une « mine d’or ».
cordialement
nadine-laure horvath

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?