SAINT-ARNOULT-EN-YVELINES (78) : Moulin de Villeneuve

Visité en octobre 2017
mardi 14 novembre 2017
par  Philippe Landru

Le moulin de Villeneuve ou Maison Elsa Triolet-Aragon est un ancien moulin à eau du XIIe siècle situé sur la Rémarde à Saint-Arnoult-en-Yvelines, il est entouré d’un parc de six hectares. Il fut construit au XIIe siècle, et fut remanié aux XVIIIe et XIXe siècles. Depuis 1904, il ne servit plus de moulin, mais de résidence campagnarde.
Propriété des écrivains Louis Aragon et Elsa Triolet à partir de 1951, le Moulin de Villeneuve est devenu après leur mort un musée, la Maison Elsa Triolet-Aragon. Le lieu composé d’un appartement-musée, de salles d’expositions, de conférence et de spectacle est un lieu consacré à la mémoire des deux auteurs, de recherche grâce à la bibliothèque de 30 000 volumes et de soutien à la création contemporaine.

Elsa TRIOLET (Ella Yourevna Kagan : 1896-1970), issue de la bourgeoisie russe, rencontra le poète Maïakovski qui l’initia à la poésie mais épousa sa sœur Lyli. Durant ses études d’architecture, elle fréquentera les milieux artistiques moscovites. Afin d’échapper aux dures conditions de vie de la toute jeune Union soviétique, elle quitta son pays natal pour la France en 1918. Vivant à Londres et à Berlin, c’est dans le quartier bohème de Montparnasse qu’elle s’installa finalement au milieu des années vingt. Muse inspirée elle-même par son Pygmalion, Elsa Triolet fut à l’origine des fameux Yeux d’Elsa d’Aragon, qu’elle épousa en 1939. Résistante durant la Seconde guerre mondiale, elle participa à la création du Comité Nationale des Écrivains, et milita aux côtés de son époux surréaliste pour le communisme. En 1945, son roman Le Premier accroc fut couronné par le prix Goncourt.

Louis ARAGON (1897-1982), poète, romancier et journaliste, est connu pour son engagement et son soutien au Parti communiste français de 1927 jusqu’à sa mort. Avec André Breton, Tristan Tzara, Paul Éluard, Philippe Soupault, il fut l’un des animateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme. À partir de la fin des années 1950, nombre de ses poèmes sont mis en musique et chantés par Léo Ferré ou Jean Ferrat, contribuant à porter son œuvre poétique à la connaissance d’un large public (la première chanson tirée d’une œuvre d’Aragon date de 1953 ; composée et interprétée par Georges Brassens, elle reprend le poème Il n’y a pas d’amour heureux.

Avec Elsa Triolet, ils formèrent l’un des couples emblématiques de la littérature française du XXe siècle.

Le 6 juin 1970, Elsa Triolet mourut ici, frappée d’un malaise cardiaque dans les allées du parc. Ayant souhaité être enterrée dans sa propriété, au pied de deux grands hêtres, elle fut enterrée là par dérogation présidentielle. Aragon fit venir quelques jours plus tard le violoncelliste Mstislav Rostropovitch pour interpréter la Sarabande de Bach au pied de la tombe. Il repose depuis son décès dans cette même tombe. Celle-ci se trouve en face de la propriété, un peu en hauteur sur l’autre rive de la petite rivière qui la traverse. A proximité de la sépulture, du Bach est projeté en fond sonore par des enceintes invisibles.

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« Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous réunira pour le meilleur et pour le pire dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur, à toi et à moi. La mort aidant, on aurait peut-être essayé, et réussi à nous séparer plus sûrement que la guerre de notre vivant, les morts sont sans défense. Alors nos livres croisés viendront, noir sur blanc la main dans la main s’opposer à ce qu’on nous arrache l’un à l’autre. ELSA »

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