GRETZ-ARMAINVILLIERS (77) : cimetière

Visité en février 2009
vendredi 29 mai 2009
par  Philippe Landru

Le cimetière de Gretz-Armainvilliers a été sous le feu des projecteurs en janvier 2007 : on y enterrait l’ancien haut-fonctionnaire Maurice Papon avec sa croix de commandeur de la Légion d’honneur, ce qui lui avait été interdit par décret en 1999, en raison de sa condamnation à dix ans de réclusion pour complicité de crimes contre l’humanité.

Symbole de la France de Vichy, Maurice PAPON (1910-2007) était issu d’un milieu bourgeois : scolarité à Henri IV, école d’administration, fonctionnaire au ministère de l’Air, rédacteur au ministère de l’Intérieur, sous-lieutenant au régiment de l’infanterie coloniale à Tripoli puis en Syrie.

La Seconde Guerre mondiale lui fit afficher ses convictions politiques en rejoignant le gouvernement de Pétain. Préfet de Gironde où il dirigeait les Questions juives, il signa les arrêts de déportation conduisant des milliers de personnes au camp de Drancy. Il entra dans la résistance par la suite, cette « famille » de résistants que l’historien Jean-Pierre Azéma qualifie de vichysto-résistants, c’est-à-dire de « Français qui ont dans un premier temps, cru en la Révolution nationale, ont souvent servi le régime, mais sont ensuite entrés en résistance sans esprit de retour". De ce fait, le général de Gaulle lui confia au lendemain de la Guerre la préfecture des Landes, celle de Corse en 1947, puis la préfecture algérienne de Constantine. En 1951, il devint secrétaire général de la préfecture de Paris. Après avoir été présent lors de la guerre d’Algérie, Maurice Papon fut nommé préfet de police de la République. Suite aux répressions sanglantes des manifestations du FLN algérien en 1961, puis contre l’OAS en 1962, Maurice Papon quitta ses fonctions en 1967 pour diriger Sud-Aviation.

Député UDR du Cher en 1968, maire de Saint-Amand-Montrond de 1971 à 1983, il fut ministre du Budget de 1978 à 1981 sous Raymond Barre. A ce poste, il commit l’erreur d’ordonner un contrôle fiscal au Canard Enchaîné. La riposte ne se fit pas attendre : le Canard publia des documents prouvant l’implication de Papon dans la déportation des Juifs en 1981. Inculpé en 1983, un bras de fer de 17 ans s’engagea jusqu’à l’ouverture du procès qui secoua la France après celui de Nuremberg. Clamant son innocence et se réclamant de la Résistance, il fut condamné en 1999 à 10 ans de prison pour ’complicité de crime contre l’humanité’. En 2002, il quitta la prison de Fresnes pour finir sa peine à domicile, à la colère des anciens déportés et résistants. Il mourut quelques jours après une opération cardiaque.

Papon fut l’unique condamné de ce type en France. D’autres hauts fonctionnaires ayant exercé une responsabilité nationale, tel René Bousquet, passèrent à travers les mailles du filet.


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