RUEIL-MALMAISON (92) : église Saint-Pierre-Saint-Paul

Visité en mai 2006
mercredi 31 décembre 2008
par  Philippe Landru


L’actuelle église date de 1584 : c’est Antoine 1er, roi du Portugal en exil, qui en posa la première pierre (comme le rappelle l’une des plaques). En 1632, sa façade actuelle fut érigée sur ordre de Richelieu, sous la responsabilité de l’architecte Jacques Lemercier. Très abîmée, elle fut refaite en 1857 sur l’ordre de Napoléon III qui voulait ainsi honorer le lieu d’inhumation de sa mère et de sa grand-mère : Saint-Pierre-Saint-Paul est effectivement connue pour abriter les tombeaux de Joséphine et d’Hortense de Beauharnais.

Joséphine de BEAUHARNAIS (Rose Tascher de la Pagerie : 1763-1814), impératrice des Français par son mariage avec Napoléon, fut inhumée dans la chapelle Saint-Nicolas de l’église. Son monument funéraire, oeuvre de Cartellier et dessiné par l’architecte Louis-Martin Berthault, fut réalisé en 1825 : il est surmonté d’une effigie en marbre de carrare de la défunte en « priante », dans une position proche de celle que lui donna le peintre David dans son tableau sur le sacre de Napoléon. Il est intéressant d’ajouter que le gouvernement de la Restauration ayant défendu de représenter Joséphine avec aucun des attributs du pouvoir souverain, le sculpteur a su disposer habilement le peigne de la coiffure de manière à simuler le diadème.

L’Impératrice repose dans le socle du monument, dans trois cercueils, de plomb, d’acajou et de chêne. Ce tombeau a été achevé en 1825, soit plus de 9 ans après la mort de Joséphine qui en attendant, avait été mise dans la cave du presbytère voisin.

En face de Joséphine se dresse le tombeau monumentale de la reine Hortense de BEAUHARNAIS (1783-1837) : fille du premier lit de Joséphine, elle épousa le roi de Hollande Louis Bonaparte, devenant ainsi la belle-soeur de sa mère ! Elle fut à l’origine inhumée à Arenenberg, en Suisse, avant d’être transférée dans cette église.
Son tombeau, érigé de 1854 à 1857, est une oeuvre de Jean-Auguste Barre, réalisée sous la direction de l’architecte Lacroix. Il est surmonté d’une sculpture, œuvre de Barre, qui représente Hortense à genoux, accompagnée d’un ange. A ses pieds, une couronne et une lyre.

Un précédent mausolée avait été réalisé par Bartolini en 1846, mais il avait été refusé par Napoléon III. Il se trouve actuellement dans la chapelle du château d’Arenenberg. Contrairement à sa mère, Hortense ne repose pas dans le socle du tombeau mais dans la crypte de l’église.

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Premier tombeau, aujourd’hui à Arenenberg.

A côté du tombeau de Joséphine se trouve le tombeau de son oncle, Robert-Marguerite TASCHER de la PAGERIE (1740-1806), qui ne fut pas gouverneur de la Martinique contrairement à ce qu’on peut lire (mauvaise traduction de son épitaphe en latin).
A noter enfin que c’est dans cette église qu’avait été inhumé Zaga-Christ, qui se faisait passer pour le fils du roi d’Ethiopie et qui fut reçu en grandes pompes à son arrivée en France. Logé dans la résidence de Richelieu à Rueil, il y mourut en 1638. Son tombeau disparut sous la Révolution française.


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