ROSTRENEN (22) : cimetière

Visité en décembre 2017
mardi 27 octobre 2020
par  Philippe Landru

A l’entrée du cimetière se signale la chapelle Saint-Jacques : il s’agit d’une fondation des barons de Rostrenen, mentionnée en 1483, puis restaurée au XVIe et partiellement reconstruite au XVIIIe. Elle fut mutilée à la Révolution. De part et d’autre de l’entrée ouest de la chapelle, deux statues en granite ornent les angles du pignon actuel. Il s’agirait de Saint Pierre et de Saint Paul, seuls rescapés du porche de la collégiale à la Révolution.

Dans le secteur de cette chapelle se tenait tous les ans la Foire Saint-Jacques pendant laquelle avaient lieu des luttes, des danses ainsi que le jeu de « papégaut », un oiseau artificiel placé en haut d’un mât : les arquebusiers allaient tirer et le meilleur d’entre eux recevait le titre de « roi du papégaut » pour un an avec, durant cette période, certains privilèges dont l’exemption d’impôts.

Le cimetière se présente sous la forme de trois enclaves disposées en fonction des agrandissements du cimetière. Les tombes intéressantes se trouvent dans la première, la plus ancienne.

Ici, l’art se fait dans le granit.

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Un petit clin d’œil à l’actualité...

Concernant les personnalités, ce sont deux assez peu conformistes qui nous attendent :

- L’écrivain Auguste BONCORS (1905-1971), qui écrivit sous divers pseudonymes : Potr Rostren et Aogust Bongorz. Il fut également un néodruide sous le nom d’Eost (signifiant août et moisson en breton) ou Eostig (rossignol en breton) Bongorz. Rebelle et casse-cou (au collège, il s’était fait exclure pour avoir été surpris nu dans une malle), il multiplia les actes excentriques. Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo en août 19431, envoyé au STO, déporté à Auschwitz, Buchenwald, Dora et Niederhausen, d’où il revint.

- L’écrivain polyglotte Armand ROBIN (1912-1961), inclassable, libertaire, poète, qui traduisit en français, depuis une vingtaine de langues, une centaine d’auteurs. Anticommuniste depuis un voyage en Russie, il se mit à écouter les radios étrangères dans le but de rédiger des bulletins d’écoute, se spécialisant dans l’analyse de la situation politique internationale, entre mai 1941 et juillet 1943 comme collaborateur technique au ministère de l’Information du Régime de Vichy (tout en renseignant occasionnellement la Résistance), puis pour son propre compte à partir d’avril ou mai 1944. Ayant collaboré à la NRF de Drieu La Rochelle, il est inscrit sur la liste noire complémentaire du Comité national des écrivains dominé par les intellectuels communistes. En 1945, il adhéra à la Fédération anarchiste, dont il devint une des figures du groupe du 15e arrondissement de Paris, où militait également Georges Brassens, qui racontera : « Il avait pris l’habitude de téléphoner tous les soirs au commissariat de son quartier. Il demandait le commissaire, déclinait son identité, donnait son adresse et disait : « Monsieur, j’ai l’honneur de vous dire que vous êtes un con ». Il continua ses écoutes radiophoniques sur ondes courtes, toutes les nuits, durant vingt-cinq années, jusqu’à sa mort. Captant des nouvelles d’apparence anodine, il annonça, avec parfois douze mois d’avance, des événements notables, par exemple l’arrivée de Khrouchtchev au pouvoir, ou le « refroidissement » sino-soviétique. Arrêté le 28 mars 1961 après une altercation dans un café, il fut conduit au commissariat de son quartier, puis à l’infirmerie du dépôt de la préfecture de police. Il mourut le lendemain dans des conditions jamais éclaircies.


Commentaires

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ROSTRENEN (22) : cimetière
jeudi 19 novembre 2020 à 23h10 - par  cp

Personnage assez bizarroïde, Armand Robin cultivait le mystère, aussi, à sa mort, subite, ceux qui pénétrèrent dans son appartement constatèrent une chose étrange : On ne trouvait pas les mystérieux récepteurs radio qui lui auraient permis d’« écouter » le monde... De là à supposer que ses bons tuyaux tenaient de la fulgurance divinatoire, il n’y avait pas des kilocycles !
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Celui qui racontait cette anecdote a sa fiche sur le présent site. Il était radio-amateur et était fort intéressé par la dimension technique de la radio. Il s’appelait Jean Ferré, et après avoir tenu la chronique radio dans le « Figaro Magazine », à l’époque de la FM privée qui explosait, il fonda Radio Courtoisie. En tant que radio-amateur, son titre de gloire était d’avoir eu pour correspondant américain un illustre sénateur, devenu célèbre sur le tard, il tenta l’investiture présidentielle, Ferré parvînt à l’approcher un jour où celui-ci visitait la France. Se présentant à lui, l’autre aussitôt répliqua en l’apostrophant avec son indicatif de radio-amateur ! Ainsi le droitissime Jean Ferré se gonfla d’orgueil d’avoir été reconnu par l’ultra droitier républicain Barry Goldwater, autre radio-amateur...

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vendredi 14 février 2014

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