MAULE (78) : cimetière

Visité en octobre 2017
lundi 6 novembre 2017
par  Philippe Landru

Surplombant le village, le cimetière de Maule s’est organisé à partir de la chapelle Saint-Jacques. Il dessine des terrasses qui descendent en pente douce ; la partie la plus basse étant la plus contemporaine.


Curiosités


La principale curiosité du cimetière est la chapelle Saint-Jacques qui s’y trouve. Edifié au XIIIe siècle, par le baron Henri de Maule, mort vers 1304, l’oratoire actuel date probablement du XVe siècle. Elle servit en 1280 de sépulture aux victimes de la peste.
Elle devint chapelle de cimetière en 1766, et fut légèrement remaniée au XIXe siècle.
Elle est inscrite à l’inventaire des monuments historiques le 17 octobre 1988. Sous son porche (construit plus tardivement) est installée la tombe de Mademoiselle Landouiette de Logivière, avant-dernier seigneur de Maule, décédée en 1770 : cette tombe est désormais recouverte d’une massive croix. L’édifice est soutenu par sept contreforts en saillie, le dernier, au niveau du chevet plat de l’oratoire, est absorbé par le tombeau de l’abbé Jean-Baptiste Réal. L’intérieur de l’oratoire, divisé en deux travées, et voûté d’ogives reposant sur six culs-de-lampes sculptés d’angelots et de motifs floraux. L’entrée de la chapelle a longtemps servi de remise pour le corbillard de la commune, à l’époque où il était tiré par un cheval.

Sur les murs extérieurs apparaissent - comme c’est le cas dans de nombreuses églises d’Ile-de-France, de nombreux graffitis anciens.

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Le médaillon de Julia Grosperrrin par Pierre Charles Lenoir.

Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


- André DEMAISON (1883-1956) : après avoir travaillé dans une maison de commerce bordelaise implantée en Afrique occidentale française, où il acquit la maîtrise de plusieurs langues africaines, il se mit à son compte, affréta une goélette et devint collectionneur d’animaux sauvages pour le compte du Zoo d’Anvers en Belgique. Cette activité qui le familiarisa avec toute la côte de l’Afrique occidentale jusqu’au Nigeria, lui inspira son ouvrage La Nouvelle Arche de Noé. Après la guerre, il se révéla un écrivain prolifique sur les thèmes des civilisations africaines et des interactions entre l’homme et les animaux sauvages. C’est avec la publication du Livre des bêtes qu’on appelle sauvages en 1929 qu’il attint la grande notoriété. Il fut également l’auteur du Guide de l’Exposition Coloniale de 1931. De surcroît il fit de grands reportages, notamment aux États Unis pour le quotidien Paris-Soir dirigé par Pierre Lazareff, pendant les années 1930. Nommé directeur de la Radiodiffusion nationale sous le régime de Vichy en 1942, il était aussi membre du Conseil national. Condamné par la justice en 1945 pour sa participation au régime de Vichy, il fut finalement amnistié et réhabilité dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Il continua à publier après la guerre, notamment aux Presses de la Cité.

- Daniel DEMAISON (1930-2016), fils du précédent, qui fut maire UDF de Maule durant 43 ans, de 1965 à 2008.

- Claude GUY (1915-1992), officier connu principalement pour avoir été l’aide de camp de Charles de Gaulle entre 1946 et 1949. Son Journal est une source précieuse de connaissances sur le De Gaulle intime. Il repose sous une croix de Lorraine.

-  Luc LAFNET (Lucien Lafnet : 1899-1939) : peintre, second Prix de Rome en 1917, il décora plusieurs églises des environs de Paris. Il fut l’assistant du dessinateur Rob-Vel sur les premières aventures de Spirou. Une incertitude demeure quant au rôle exact tenu par Luc Lafnet dans la création de Spirou : il est possible qu’il soit le véritable auteur de la toute première planche de Spirou, où le dessinateur qui donne vie au personnage ressemble à un auto-portrait de Lafnet et non pas à Rob-Vel. Une autre version veut que Rob-Vel ait dessiné uniquement le personnage de Spirou, laissant le reste de la planche à Lafnet. Il est surtout connu pour ses illustrations de nombreux ouvrages érotiques tirés à petit nombre, voire uniques, dont Baudelaire, Sade, Théophile Gautier.

- Henri LORIN (1857-1914) : issu de la grande bourgeoisie parisienne catholique et monarchique, il fut avec Albert de Mun et René de La Tour du Pin, l’un des principaux animateurs du catholicisme social. Il s’impliqua dans « l’Œuvre des Cercles » fondée par de Mun et fut souvent reçu par le pape Léon XIII, défenseur de la doctrine sociale de l’Église avec la lettre encyclique Rerum Novarum en 1891.

- Le coureur cycliste Jean MARÉCHAL (1910-1993), qui fit l’essentiel de sa carrière dans les années 30 (vainqueur du Paris-Tours en 1930).

- L’écrivain Claude OLIER (1922-2014), qui publia son premier roman en 1955. En 1958, il publia La mise en scène pour lequel il fut lauréat du premier Prix Médicis. Après s’être illustré dans le mouvement du Nouveau roman, il développa une œuvre originale, imprégnée de son expérience propre.

- Le diplomate Emile REAUX (1836-1896) (il fut consul général de la république de San Marin) qui fut également l’auteur d’une histoire de Maule et d’ouvrages sur le département. Le buste qui ornait sa tombe a malheureusement disparu.


Merci à Jean-Michel Albert pour la photo Maréchal.


Commentaires

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MAULE (78) : cimetière
mardi 4 décembre 2018 à 08h55 - par  Monique DEMAISON

Veuve de Daniel DEMAISON je vous demande d’ajouter :

Docteur en droit - sciences po Paris - Conseiller général des Yvelines 1992-2004.

Vous pouvez vérifier avec l’article paru sur le bulletin municipal de Maule, rédigé par Laurent Richard, maire actuel après son décès.

Merci.

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vendredi 14 février 2014

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