CHANTILLY (60) : cimetière Bourillon

Visité en mars 2013
dimanche 19 mai 2013
par  Philippe Landru

Du cimetière paroissial, qui se trouvait évidemment primitivement autour de l’église, les sépultures furent transférées en 1736 derrière la chapelle Saint-Laurent, dans l’enceinte de l’Hospice Condé. Enclavé entre les bâtiments et les jardins du dit hospice, il fallut rapidement envisager un transfert. En 1840, un terrain situé dans le bois Bourillon fut offert à la ville par la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, afin d’y aménager le nouveau cimetière. Le nom de cette parcelle provient de celui du laboureur Burillon qui possédait ces bois au XVIe siècle.

Dans son site (bordé par la forêt) et par sa configuration (un rectangle aux divisions nettes), il a le même aspect que le cimetière Saint-Pierre de la ville, mais étant plus ancien, il possède un bien plus grand nombre de monuments et de tombes intéressantes.


Curiosités


- La partie droite du cimetière est consacrée au « carré des Anglais » : lads, jockeys et entraîneurs établis à Chantilly y reposent.

- Le monde de la chasse est bien présent également dans cette forêt giboyeuse, comme l’atteste la présence d’un « piqueur de SAR le duc d’Aumale », mort à 42 ans en 1893.

- Sur l’un des murs du cimetière figurent plusieurs listes, rangées par années, des concessions reprises.

- L’imposant mausolée de style néo-grec édifié par François Wells, diamantaire parisien (1846-1922), se remarque d’emblée avec ses colonnes en granit rose et ses sculptures. De son vivant, ce généreux donateur offrit des subventions aux écoles, aux sapeurs pompiers et à la musique municipale. Il légua à sa mort un important capital destiné aux familles nécessiteuses et à diverses associations, dont la société de gymnastique. C’est lui qui offrit à Chantilly la fontaine Wallace qui se trouve sur la place Versepuy.

- Cimetière bourgeois oblige, sculptures et bas-reliefs sont très présents.

- Le cimetière abrite une tombe insolite, apparemment encore vide, garnie de symboles égyptiens.

-  Le 25 mars 1912, la bande à Bonnot arrivent à Chantilly à bord d’une automobile qu’il vienne de voler et s’arrêtent près de l’agence de la Société Générale. Bonnot reste au volant. Cinq braqueurs descendent, quatre se précipitent dans la banque. A l’intérieur le caissier est abattu ainsi qu’un autre employé, un troisième est blessé. Les braqueurs font alors main basse sur près de 50 000 francs, et remontent précipitamment dans l’automobile. Ce nouveau hold-up frappa l’opinion publique et poussa les plus hautes autorités de l’Etat à intervenir. Parmi les victimes, le jeune Raymond Legendre, alors âgé de 18 ans, qui tenta de s’interposer. Il repose dans ce cimetière. Sa tombe indique qu’il fut « victime de bandits à la Société Générale ».

- Le cimetière abrité la tombe familiale Champollion dans laquelle reposent en particulier l’épouse et une fille du célèbre égyptologue.


Célébrités : les incontournables...


- André VERCHUREN


... mais aussi


- Plusieurs membres de la famille du maréchal Bessières, dont son frère Bertrand, reposent ici : on consultera l’article global sur cette famille.

- Les footeux, et particulièrement les inconditionnels du RC Lens, l’imaginent sans doute davantage dans l’ouvrière commune de Lens : c’est pourtant dans la très bourgeoise Chantilly que repose Félix BOLLAERT (1855-1936). Ingénieur, il fut directeur de la Compagnie des mines de Lens. Avec son épouse, il créa plusieurs prix et fondations. Il était le beau-frère du maire de Chantilly, Omer Vallon, et il s’installa dans cette ville à la fin de sa vie, ce qui explique sa présence dans ce cimetière. Soucieux de favoriser le développement des clubs sportifs de la région lensoise, c’est lui qui décida en 1931 la construction du stade qui porte désormais son nom.

- L’architecte Léon BOUTEILLE (1842-1920).

- Le vice-amiral Georges Charles CLOUÉ (1817-1889), qui, après avoir participé à l’expédition du Mexique, fut gouverneur de la Martinique puis ministre de la Marine et des Colonies de 1880 à 1881.

- François Anatole GRUYER (1825-1909) : ingénieur et chimiste de formation, il bifurqua vers l’art et devint inspecteur général des Beaux-Arts. Conservateur du département des peintures au musée du Louvre, il fut nommé en 1897 conservateur du musée Condé. Il était membre de l’Institut.

- Le peintre allemand Helmut KOLLE (1899-1931), installé en 1924 à Paris et mort de maladie à 32 ans seulement. On reconnaît dans son travail des influences de Pablo Picasso, Georges Braque et Henri Rousseau. Son oeuvre homoérotique est composée essentiellement de portraits de jeunes hommes. Il fut l’amant du marchand et collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhde, celui qui découvrit Séraphine de Senlis. Dans le film tourné sur cette dernière, on voit très clairement l’ensemble des protagonistes, dont Helmut Kolle.

- Le peintre Fernand LAMBERT (1868-1934).

- Gustave MACON (1865-1930) : secrétaire particulier du dernier duc d’Aumale et archiviste du château de Chantilly entre 1883 et 1892, il devint par le vœu exprimé par Henri d’Orléans dans son testament, premier conservateur-adjoint du musée Condé, fonction qu’il occupa à vie. Gustave Macon étudia les documents conservés dans les archives du château et en tira des publications sur le château lui-même, ainsi que sur la ville de Chantilly et ses environs.

- Le général polonais Casimir MALACHOWSKI (1765-1845), qui participa à la révolution de 1830 puis s’exila en France après la chute de Varsovie. Sa tombe, refaite en 2005, est ornée d’un buste mais également de ses attributs de militaire (épaulettes, sabre...).

Cette tombe est loin d’être unique : il existe plusieurs tombes de patriotes polonais dans ce cimetière.

- Le chanoine Eugène MÜLLER (1834-1918) : archéologue et historien local amateur de l’Oise, il consacra l’essentiel de son œuvre à l’étude de l’art roman et gothique du département, ainsi qu’à l’histoire de Senlis et de ses environs.

- Charles VERSEPUY (1869-1896) : il n’avait que 23 ans, lorsqu’en 1892, il partit pour un premier long voyage de l’Italie vers l’Égypte, les Indes, la Birmanie, Java, le Siam, le Japon et les États Unis.
A son retour il fut chargé par le ministère de l’Instruction publique, d’une mission scientifique en Afrique. Il en rapporta des documents sur la faune, la végétation et les tribus rencontrées. Quelques jours après, l’explorateur mourut suite à une maladie qu’il avait contracté pendant ses voyages. Une des places centrales de la ville de Chantilly porte son nom. Sa belle chapelle, fort dégradée, est en reprise.


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