MONT-SAINT-JEAN (72) : église

Visité en décembre 2012
vendredi 25 janvier 2013
par  Philippe Landru

Il existe des personnages historiques qui sont connus de tous, mais pour une unique raison, pour un épiphénomène de la chronologie que la mémoire, souvent étrange, a conservé...

Il en est ainsi de celui dont le coeur est conservé dans l’église de Mont-Saint-Jean, à savoir Henri-Évrard, marquis de DREUX-BRÉZÉ (1762-1829). Grand maître des cérémonies de France sous le règne de Louis XVI, il prépara l’Assemblée des notables convoquée sur ordre du roi par le ministre Calonne. En 1788, ce fut la préparation des futurs états généraux de Versailles en 1789.

Après l’ouverture des États, il devint très vite l’objet de l’hostilité des députés du Tiers état qui lui reprochaient des humiliations volontaires, sur demande de la Cour. L’affrontement culmina lors de la fameuse séance royale du 23 juin 1789, quand Louis XVI décida de disperser l’Assemblée. Devant le refus des députés du Tiers et de quelques députés du clergé, Henri-Evrard de Dreux-Brézé vient rappeler l’ordre du roi à Bailly, doyen du Tiers État.

Le comte de Mirabeau s’avança alors et aurait dit : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » La formulation exacte de cette apostrophe est très contestée.

Peintures, bas-reliefs... La scène fut reproduite un très grand nombre de fois, fixant définitivement dans la mythologie révolutionnaire l’un des jalons de la mise en place de la démocratie parlementaire en France.

Le 6 octobre 1789, il assista à l’émeute des parisiens qui forcèrent la famille royale à quitter Versailles pour Paris et à s’installer au Palais des Tuileries. En juin 1791, peu après l’arrestation de Louis XVI à Varennes-en-Argonne, il fut arrêté puis relâché. Il reprit son service à la Cour des Tuileries et défendit en vain la famille royale lors de l’émeute du 10 août 1792. Il survécut miraculeusement et retourna sur ses terres à la suite de la chute du Palais. En 1793, il émigra néanmoins prudemment en Suisse, d’où il ne rentra qu’en 1800. En 1814, il accueillit Louis XVIII à Calais, reprit ses fonctions de grand maître des cérémonies et fut nommé pair de France. Il conserva sa charge pendant la Restauration.

Sous le choeur de l’église de Mont-Saint-Jean furent inhumés les membres de la famille de Courtarvel, les premiers seigneurs du lieu, depuis la femme de Foulques de Courtarvel, morte en 1466, jusqu’à Louis-René de Courtarvel, mort en 1752. La branche directe prit fin avec lui, et c’est sa soeur, Louise de Courtarvel de Pézé, qui hérita du château : elle était l’épouse de Joachim de Dreux-Brézé, et ils furent les parents d’Henri-Evrard.

Ce dernier fut inhumé au château de Brézé, près de Saumur, mais conformément à son désir, son coeur fut déposé dans cette église.


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