BOUQUEVAL (95) : cimetière

Visité en novembre 2011
jeudi 8 décembre 2011
par  Philippe Landru

Au pied de l’église, le minuscule cimetière de Bouqueval serait charmant s’il ne subissait pas deux préjudices importants : le bruit incessant des avions (Bouqueval n’est qu’à quelques kilomètres de l’aéroport de Roissy) et celui de la barre de pylônes électriques qui longe la commune !

Jusqu’à présent, le cimetière a su conserver ses tombes anciennes et l’endroit est charmant, mais la présence encore une fois exagérée des plaques de reprises laisse présager qu’il n’y en a plus pour longtemps ! Et de se poser la sempiternelle question : comment peut-on ignorer à ce point la réalité d’un paysage urbain et d’un patrimoine ?

Parmi les ancienne tombes, un monument dénote par sa taille et son esthétique : c’est celui de Jean Joseph SUE (1760-1830). Issu d’une lignée de médecin depuis le XVIIe siècle (son père était professeur au Collège royal de chirurgie et à l’École royale de peinture et de sculpture), il devint lui-même chirurgien et récupéra après la mort de son père sa chaire d’anatomie à l’Ecole royale de peinture et de sculpture. Il délivra ses soins à une clientèle florissante, dans son propre cabinet.

Pendant la Révolution, il s’insurgea contre la guillotine, convaincu de la souffrance du décapité dans chacun des morceaux de son corps une fois la tête séparée de son corps. A partir de 1800, il fut nommé par Bonaparte, alors consul, médecin en chef de l’hôpital de la Garde. Pendant dix ans, il parvint à y rester et à éviter le front. En 1812, Napoléon décréta qu’il souhaitait un médecin chef qui accompagne sa Garde partout au feu où elle se trouvait. Très vite malade, Sue fut de retour dans la capitale en juin. Sur le dossier militaire, une note signale qu’il ne savait pas monter à cheval. Sa berline ne pouvant suivre les troupes sur le champ de bataille, son rôle devint ainsi dérisoire aux yeux de l’Empereur.

Aussi, il ne parvint pas à dépasser le grade de chevalier que lui octroya Napoléon en 1808, malgré les interventions répétées de Joséphine de Beauharnais dont il était le médecin (il était aussi le médecin ordinaire du ministre Joseph Fouché sous l’Empire).
A la restauration, il devint le chirurgien consultant de Louis XVIII et intégra à partir de 1820 l’Académie royale de médecine.

En 1804 naquît son fils, Marie-Joseph Sue, futur Eugène Sue, auteur des fameux Mystères de Paris (1842-1843) et du non moins célèbre Juif errant (1844-1845) : il eut alors Joséphine de Beauharnais comme marraine et Eugène de Beauharnais en tant que parrain !

C’est sous l’Empire qu’il acheta le château de Bouqueval pour y établir sa résidence d’été, d’où sa présence dans ce cimetière. Sa tombe est ornée d’un buste en ronde-bosse anonyme qui a l’originalité d’être peint, tout comme les armoiries de famille.

Eugène ne repose pas là en revanche, mais au cimetière de Loverchy d’Annecy (74).

On trouve également dans ce cimetière la tombe de l’architecte Charles Antony VARÉ (1859-1910), qui repose dans le caveau de famille de son épouse, née Sainte-Beuve, lointainement apparentée au célèbre écrivain.


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