EPINAY-CHAMPLATREUX (95) : église Saint-Eutrope et cimetière

Visité en novembre 2011
samedi 19 novembre 2011
par  Philippe Landru

L’Eglise d’Epinay-Champlatreux se livre au visiteur après l’ascension d’une pente légère. Encore que : comme désormais quasiment toutes les églises, elle est fermée, privant ainsi de la vue du tombeau de Mathieu de Molé. Une fois encore, on repartira donc frustré et finalement heureux que le patrimoine funéraire ait déménagé des édifices cultuels.

Sur le flanc de l’église, le minuscule et croquignolet cimetière qui a conservé ses vieilles arcatures de tombes rouillées fin XIXe siècle. Aucune tombe ne se signale particulièrement.

C’est donc bien dans l’église, édifiée au XVIIIe siècle en même temps que le château par Chevotet, que l’on évoquera la présence du tombeau du comte Louis-Mathieu MOLÉ (1781-1855).

Ministre de la Justice sous l’Empire, de la Marine et des Colonies sous la Restauration, des Affaires étrangères et président du Conseil (1836-1837) sous la monarchie de Juillet, ce qui témoigne d’une grande souplesse d’échine de la part de ce libéral conservateur.
Une rapide ascension

Lointain descendant de Mathieu Molé (1584-1656), Premier président du parlement de Paris sous la Fronde, et fils d’un conseiller au Parlement de Paris mort sur l’échafaud, destin qui contribua à le rapprocher de François Guizot et de Louis-Philippe, il débuta en littérature par ses Essais de morale et de politique (1806), faisant l’éloge du régime impérial. Préfet (1806), conseiller d’État, directeur des Ponts et chaussées puis comte d’Empire (1809) très en faveur, il devint Grand Juge (1813-1814). Discret sous la première Restauration, il fut nommé à la Chambre des Pairs par Louis XVIII. Après avoir été ministre des colonies, la monarchie de Juillet le vit occuper un rôle de premier plan.

Ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement formé en 1830, il devint président du conseil et ministre des Affaires étrangères et resta au pouvoir de façon quasi continue de 1836 à 1839, à la grande satisfaction de Louis-Philippe qui apprécia son caractère docile (l’ensemble des commentaires de ces contemporains ne sont pas aimables avec Molé, décrit comme servile avec ses supérieurs et despote avec ses subordonnés). Il fut élu à l’Académie française en 1840 et y reçut plus que froidement Alfred de Vigny. En février 1848, Louis-Philippe le chargea, en vain, de former un ministère pour tenter de sauver la monarchie de Juillet. Élu à l’Assemblée constituante en septembre 1848, il siègea à droite et exerça une certaine influence. Il protesta contre le coup d’état du 2 décembre 1851.

C’est lui qui fit bâtir l’actuel château et l’église dans laquelle se trouve sa sépulture.


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