BLANDY-LES-TOURS (77) église et cimetière

Visité en octobre 2011
mercredi 23 novembre 2011
par  Philippe Landru

Pour quiconque ne connaît pas l’endroit, Blandy-les-Tours est un petit bourg bluffant. Son château est remarquable pour trois raisons : en premier lieu parce que depuis sa restauration, il présente un corps de bâtiments et des remparts absolument remarquables et magnifiques, en second parce qu’il se trouve en plein centre du village, ce qui rend sa découverte au détour de la route d’autant plus étonnant, enfin parce qu’avec son église Saint-Maurice, son broyeur à pommes et ses ruelles, il offre une vue quasiment caricaturale de ce que pouvait être une seigneurie médiévale.

Le lieu est également empreint d’histoire, et fut fortement marqué par le protestantisme, dont Blandy fut le bastion dans la Brie.


L’église Saint-Maurice



Attenante au château, son origine remonte au début du Moyen-Âge puisqu’on y retrouva un cimetière mérovingien. Plusieurs pierres tombales des XVIe au XVIIIe siècle ornent l’église : elles sont principalement situées à l’entrée de l’édifice et contre les murs, certaines ayant même été utilisées pour construire les marches menant à l’autel.

Jacqueline de ROHAN-GYÉ (ca1520-1587) fut dame de Blandy, marquise de Rothelin et princesse de Neufchâtel. Elle fut demoiselle d’honneur de la reine Éléonore, puis dame d’honneur de Catherine de Médicis. Convertie au protestantisme à la fin des années 1550, elle organisa le refuge huguenot en Brie. Jacqueline de Rohan eut à subir pas moins de quatre enterrements. Morte en l’an 1587 dans la foi protestante, elle fut, en sa qualité de dame de Blandy et en vertu du droit seigneurial, inhumée dans le chœur de la paroisse Saint Maurice comme une catholique. Sa dalle funéraire est toujours visible sur le sol devant les marches du choeur, mais son identité, ses titres et les éléments qui y étaient gravés ont été effacés à la Révolution.

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La dalle dans l’église Saint-Maurice.

On exhuma son corps au nom de l’égalité (!) et on l’enterra de nouveau, comme simple particulière, dans le cimetière paroissial. Au milieu du XIXe siècle, le village s’agrandit et le cimetière, situé derrière l’église, devint trop petit et encombrant. La municipalité le transféra donc en dehors des zones d’habitations. Devant le refus de l’évêque de Meaux d’accorder sa réintégration dans le chœur de l’église, Jacqueline de Rohan fut inhumée, pour la troisième fois, dans le nouveau cimetière. Considérée comme une hérétique, elle fut enterrée à l’écart, en dehors des terres chrétiennes, tout près du mur de clôture. Pour financer son monument funéraire, on fit appel à sa descendance. La Maison de Savoie refusant de se charger de l’enterrement, c’est la Maison d’Orléans, en la personne du duc d’Aumale, qui fit édifier sa tombe. En 1990, la stèle fut vandalisée. Blandy décida sa restauration. On déplaça sa sépulture de quelques mètres, car elle gênait les manœuvres des fossoyeurs, et on lui réserva une place d’honneur, toujours à l’écart, dans un angle du cimetière où l’on peut, encore aujourd’hui, venir honorer sa mémoire. Il aura fallu plus de quatre siècles pour que Jacqueline de Rohan ait un enterrement protestant : deux pasteurs ont en effet présidé sa cérémonie.

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Tombe actuelle au cimetière.


Le cimetière


C’est à l’extérieur du village qu’il faudra chercher le cimetière de Blandy. Y reposent, outre la sépulture de jacqueline de Rohan :

- Le général de brigade et baron d’Empire Laurent de SCHOBERT (1763-1846). Sa jolie tombe à l’ancienne, enclos et séparée de celle de son épouse par un troène, fut restaurée par les Monuments napoléoniens, mais sa stèle est malheureusement à nouveau cassée. Le nombre incroyable des batailles auxquelles il participa y est indiqué.

- Jean CANOLLE (1919-2009). Auteur de nombreuses pièces de théâtre, il resta surtout dans les mémoires comme le scénariste du feuilleton télévisée “Le Temps des copains”, adapté de son roman éponyme, premier feuilleton quotidien télévisé français diffusé en noir et blanc sur l’unique chaîne de l’ex-RTF à partir de 1961. Ce feuilleton de 115 épisodes de 13 minutes racontait les aventures de trois jeunes étudiants de province partis à la conquête de la capitale : Etienne Chantournel (Jacques Ruisseau), Lucien Gonfaron (Henri Tisot) et Jean Delabre (Claude Rollet). Il donna lieu à des adaptations cinématographiques et à une BD.


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