PROUVÉ Jean (1901-1984)

Cimetière de Préville de Nancy (54)
mardi 2 mai 2023
par  Philippe Landru

Fils du peintre et sculpteur Victor Prouvé et de la pianiste Marie Duhamel, filleul d’Emile Gallé, il commença sa carrière comme ferronnier d’art en suivant le mouvement artistique de l’École de Nancy, mais délaissa progressivement le style Art nouveau pour s’engager, dans les années 1930, dans une voie plus expérimentale, avant-gardiste et moderne, qui utilisait des matériaux nouveaux tels que l’acier inoxydable. Après avoir travaillé pour Mallet-Stevens et Le Corbusier, il fit partie des membres fondateurs en 1929 de l’Union des artistes modernes. Durant les années 1930, après plusieurs prototypes, il conçut de nombreux éléments de mobilier alliant métal et bois, mais combinant confort et économie de production ; ceux-ci restant, avant tout, destinés à une utilisation familiale. En 1934, il créa pour l’École des sciences politiques de Paris la chaise type « standard », un modèle capable de supporter de lourdes charges qui fut produit jusque dans les années 1950, ou encore le tabouret tripode. JPEGNous avons tous utilisé son mobilier sans rien connaître de lui. Il fut l’un des précurseurs des constructions en murs-rideaux avec la Maison du Peuple de Clichy. Entré dans la Résistance, il fut nommé maire de Nancy, de la Libération jusqu’aux élections municipales de 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, en lien avec le programme de reconstruction en France, il développa plusieurs concepts d’habitat préfabriqué, maisons en série pouvant être produites rapidement, afin de faire face aux grands besoins de logement dans les régions bombardées.

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La maison des jours meilleurs

À la suite de l’appel lancé par l’abbé Pierre, il conçut également un prototype de maison à bas coût pour les démunis, la Maison des Jours Meilleurs. Entre 1957 et 1970, Prouvé occupa la chaire d’Arts appliqués du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Il collabora avec quatre architectes et trois ingénieurs pour concevoir les structures en aluminium du Musée-Maison de la culture du Havre, créa la façade de verre de l’aérogare d’Orly-Sud en 1959, participa à l’élaboration de l’hôtel de ville de Grenoble, de la tour Nobel à Paris-La Défense, du siège du Parti communiste français à Paris avec Oscar Niemeyer en 1971, aménagea la structure du Palais omnisports de Paris-Bercy ou la tour-radar d’Ouessant. En 1971 il fut nommé président du jury international pour le concours du Centre national d’art et de culture voulu par le président Georges Pompidou. Il imposa le projet de Renzo Piano et Richard Rogers.

Relativement mal aimé de son vivant, Jean Prouvé bénéficie d’un regain d’intérêt post-mortem et devient l’un des designers français les plus cotés.

Dans la sépulture de famille de son épouse (Schott), il repose avec son fils, l’architecte Claude PROUVÉ (1929-2012).


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