LISBONNE (Portugal) : Couvent des Carmes (Convento do Carmo)

Visité en mai 2013
lundi 7 janvier 2019
par  Philippe Landru

Le Couvent des Carmes (Convento do Carmo) est situé sur le Largo do Carmo à Lisbonne. Il domine le Rossio. Il fut fondé par Nuno Álvares Pereira en 1389, et occupé à l’origine par les frères carmélites de Moura, appelés par Don Nuno pour revenir au couvent en 1392.

Le couvent et l’église furent érigés approximativement entre 1389 et 1423 dans un style gothique, influencé par le Monastère de Batalha. Ce dernier, fondé par Don João Ier était en construction à la même époque.

Le 1er novembre 1755, le tremblement de terre détruisit une grande partie de l’église et du couvent, qui ne furent jamais entièrement reconstruits. Une nouvelle aile du couvent fut construite sous le règne de Marie Ire de Portugal, sans se préoccuper du style original. Elle fut occupée par les frères carmes jusqu’à l’expulsion des ordres religieux, en 1834. Elle fut ensuite convertie en installation militaires en 1836. Le corps principal de l’église et le chœur (dont le toit résista au tremblement de terre), furent réhabilités et abritent depuis 1864 un musée archéologique. Ce dernier possède un certain nombre de témoignages et d’artefacts de l’histoire du pays d’époques très diverses (paléolithique, romaine, wisigothique…) dont certains intéresseront le taphophile.

- Nuno Álvares PEREIRA (1360-1431) était un noble portugais et connétable du Portugal. Il joua un rôle clé dans la crise de 1383-1385, durant laquelle le Portugal préserva son indépendance face à la Castille. Considéré comme le meilleur guerrier portugais et un génie militaire, il remporta toutes les batailles auxquelles il participa, y compris lorsqu’il commandait des forces en infériorité numérique face à ses adversaires. Il a été célébré par Luís de Camões dans son poème épique Les Lusiades.
Devenu veuf, il fit construire ce couvent, distribua tous ses biens, et y entra comme simple frère convers. À son décès, il était considéré comme un saint par la population. Le roi de Portugal lui fit célébrer des obsèques solennelles. Il fut canonisé par Benoît XVI en 2009.

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Sépulture primitive de Nuno Álvares Pereira retrouvé en 1996

À son décès, il fut enseveli devant l’autel de la Vierge, dans l’église de ce couvent. Dix ans plus tard, sa mère l’y rejoignit. Ce tombeau fut rapidement vénéré par la population et enrichi de présents offerts par le roi et le peuple. En 1522, sa dépouille fut exhumée et transportée dans un tombeau d’albâtre richement orné, offert par la reine de France. En 1755, celui-ci fut détruit lors du tremblement de terre de Lisbonne. Sa dépouille fut ensuite déplacée plusieurs fois, et c’est à cette époque qu’un facsimilé de son tombeau datant du XVIIIe siècle fut reproduit et placé dans l’église Saint-Vincent da Fora . Après le décret de béatification en 1918, ses reliques furent transférées dans la chapelle des Tertiaires carmélitains de Lisbonne. En 1953 fut inauguré, à Campo de Ourique (Lisbonne), l’église du Saint-Connétable. Cette inauguration comprit la procession de la translation des reliques au côté des Carmes. En 1961, à l’occasion du 6e centenaire de la naissance du bienheureux, un pèlerinage fut organisé avec le précieux reliquaire en argent dans laquelle les reliques étaient conservées. Peu de temps après, le reliquaire fut volé. Il n’a pas été retrouvé. Dans son tombeau furent alors rassemblés différentes reliques qui avaient été diffusées en d’autres lieux. En 1996, l’emplacement de la tombe originale de Nuno fut découvert dans l’église des Carmes. Celle-ci contenait quelques ossements qui furent authentifiés comme étant ceux du bienheureux.

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Reproduction de son tombeau détruit en 1755, provenant de l’église Saint-Vincent da Fora

Nuno Álvares Pereira est l’un de ceux qui sont honorés par l’un des six cénotaphes du Panthéon national de Lisbonne.

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Cénotaphe au Panthéon

Le musée contient plusieurs autres tombeaux.

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Tombeau de Fernão Sanches (+1384), amiral de Castille

Parmi ceux-ci, on signalera :

- Fernando I (1345-1383) : roi du Portugal de 1367 à sa mort, qui mena une guerre sans fin à la Castille. Il fut le dernier roi de la dynastie de Bourgogne. Selon son vœu, ses restes furent déposés au couvent de San Francisco à Santarém. Au XIXe siècle, la tombe subit de graves actes de vandalisme et de dégradation, tout d’abord à la suite des invasions françaises, lorsqu’une partie importante des murs du sarcophage fut brisée. A la confiscation des ordres religieux en 1834, le couvent fut abandonné. Il est certain que les restes du roi sont perdus, mais on décida en 1875 de transporter ce qui restait du tombeau en ce lieu.

- l’infante Catherine du Portugal (1436-1463), fille du roi Duarte et de la reine Leonor, qui entra dans les ordres. Elle devait épouser Charles IV de Navarre, mais il décéda avant que le mariage puisse avoir lieu.

- Maria-Anna d’Autriche (1683-1754), fille de Léopold Ier du Saint-Empire, qui épousa João (Jean V) du Portugal et devint donc reine du pays de 1708 à 1750. Son carditaphe se trouve dans la kapuzinergruft de Vienne au sein de sa famille de Habsbourg. Ce tombeau se trouvait primitivement au monastère Saint-Jean Népomucène fondée en 1723 par la reine pour des religieux allemands de l’ordre des carmes aux pieds nus qui l’accompagnaient à son arrivée à Lisbonne pour se marier avec João V. Le mausolée était situé dans la chapelle principale de l’église. Il fut réalisé par Joao Jose Elveni, Joachim Leitão et Alexandre Gomes.

On trouve également un caveau du XVIIe siècle de la famille Cabral, même si le célèbre explorateur ne repose pas ici.

Au sein de cet ensemble hétéroclite se trouvent même deux momies péruviennes !


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vendredi 14 février 2014

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