LISBONNE : Le Monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos)
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Proche de la fameuse tour de Belem, symbole de la ville, le Monastère des Hiéronymites (c’est-à-dire de l’ordre dédié à Saint-Jérôme) est l’un des joyaux de l’art manuélin [1] Entamé en 1504 sous le règne de Manuel Ier, il s’identifie totalement avec la période de gloire du Portugal, celle d’un empire maritime puissant fondé sur les premières grandes découvertes modernes. C’est d’ailleurs l’or rapporté qui permit de financer sa construction.
Etape incontournable de tout voyage à Lisbonne, il nous intéresse particulièrement dans la mesure où il possède les tombes de quelques grandes personnalités portugaises, connues en France. Lisbonne possède plusieurs lieux pouvant faire office de Panthéon : il n’est donc pas un lieu unique, mais il est à l’évidence le Panthéon de personnalités qui marquèrent l’apogée du Portugal.
Ce monastère sert tout d’abord de panthéon royal pour les quatre derniers souverains de la dynastie des Aviz, à savoir :
Manuel Ier (1469-1521), le grand roi des Portugais dont le règne coïncida avec les grandes découvertes de Vasco de Gama et de Cabral, où les routes commerciales furent mises en place et durant lequel le Portugal devint l’un des plus riches états européens. Il est inhumé auprès de sa seconde épouse, Marie de Castille (1482-1517)
João III le Pieux (1502-1557). Il est inhumé avec son épouse Catherine de Castille.
Sébastiao Ier (1554-1578) : tué à la bataille de Alcacer Quibir au Maroc, ses restes auraient été rapportés et transférés ici en 1582. Ce transfert semble bien symbolique compte-tenu des aléas de l’époque.
Henrique le Chaste (1512-1580), qui fut transféré ici en 1582 après avoir été inhumé dans la chapelle royale d’Almeirim.
Tous reposent dans de somptueux mausolées en alcoves, dans le choeur de l’église.
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A l’entrée de la nef de l’église, deux « tombeaux » se font face. Ce sont ceux de :
Ces deux tombeaux doivent davantage être considérés comme des cénotaphes (c’est particulièment vrai pour le second, dont on perdit la trace à partir de 1578).
A proximité se trouve la tombe du grand écrivain contemporain Fernando PESSOA (1888-1935). Sous diverses identités, et dans plusieurs langues (anglais, portugais et français), ce poète eut la particularité d’être à peine connu de son vivant, laissant son œuvre dans une malle d’où, a priori, ne sont pas encore sortis tous les manuscrits. Inhumé au cimetière des Prazeres de Lisbonne (le grand cimetière de la ville), ses restes furent transférés ici en 1985 pour le cinquantenaire de sa mort. Sa tombe se présente sous la forme d’un bloc de granit abrité sous une arcade gothique.
[1] L’art appelé manuélin (du nom du roi Manuel Ier) est un art typique de la pré-Renaissance portugaise. Art composite, il mélange des éléments traditionnels locaux (où l’on sent les influences arabo-hispaniques), des construction s’apparentant à un gothique tardif, et des influences rappelant la vocation maritime des Portugais : décorations chargées de végétaux tropicaux ou d’ancres de marine par exemple. C’est un art optimiste dans la mesure où il est une célébration d’une période de prospérité et de gloire de la nation portugaise.
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