TRÉFLEZ (29) : cimetières

visité en janvier 2018
mercredi 17 janvier 2018
par  Philippe Landru

L’ancien cimetière de Tréflez se trouve encore autour de l’église, ce qui n’est plus si fréquent en Bretagne.

De taille modeste, il contient néanmoins un certain nombre de tombeaux dignes d’intérêt. Ceux-ci sont rassemblées en un alignement de tombeaux familiaux de notables du village, liés par des liens généalogiques.

C’est ainsi que l’on y trouve les sépultures de :

- L’ingénieur des Ponts et Chaussées Louis Gabriel PICHON (1849-1916), qui fut maire de Treflez, député (1897-1898) puis sénateur du département de 1900 à 1916, qui siègea au centre gauche. Avec lui repose son petit-fils, le général Louis PICHON (1916-2002), également maire de la commune, qui appartint à l’état-major particulier du Général de Gaulle à l’Elysée, mais qui fut également un champion de France de pentathlon moderne (1939, 1946 et 1947), qui participa aux jeux olympiques de Londres (1948).

- Armand ROUSSEAU (1835-1896), ingénieur de la Marine à Brest, qui fut député (1871-1876 et 1881-1885) puis sénateur (1895-1896) du Finistère, siégeant avec la Gauche républicaine. Sous-secrétaire d’État aux Travaux publics (en 1882), puis à la Marine et aux Colonies (1885), il termina sa carrière comme gouverneur général de l’Indochine française, où il mourut. Une plaque rappelle sa mémoire au dessus de sa tombe. Depuis 1934, l’avenue Armand-Rousseau à Paris porte son nom en raison de la proximité de l’ancien Musée des colonies du Palais de la Porte Dorée. Avec lui repose son fils, Louis Marie Emmanuel ROUSSEAU (1867-1941), ingénieur général du génie maritime qui appartint au cabinet civil de son père, alors gouverneur général en Indochine, avant d’entrer au Conseil d’Etat. Il fut directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics de 1906 à 1910, puis secrétaire général du ministère de la guerre. Pendant la guerre de 14-18, il préside le conseil des prises maritimes, avant d’être secrétaire général du commissaire général en Alsace Lorraine. Il administra plusieurs instituts financiers dont le Crédit foncier et le Compagnie de Suez. Il était membre de l’Académie de marine et de l’Académie des sciences coloniales.

- Le politologue et historien Jean TOUCHARD (1918-1971), qui appartint, à la Libération, au cabinet du général de Gaulle. Il fut ensuite nommé attaché culturel à l’ambassade de France en Argentine avant d’être nommé, en 1954, secrétaire général de la Fondation nationale des sciences politiques, dont il fit un centre d’enseignement supérieur et de recherches d’une dimension internationale. Dans le cadre de son enseignement à l’Institut d’études politiques de Paris sur « Le mouvement des idées politiques dans la France contemporaine », il fut l’auteur de La gauche en France depuis 1900, directement tiré de son cours à Sciences Po, devenu un classique de l’étude des mouvements politiques en France dans lequel il examina l’évolution de la gauche française, en cherchant à répondre à la question « Qu’est-ce que la gauche ? ». Il fut également l’auteur d’un ouvrage sur le gaullisme.

J’ignorais lors de ma visite récente l’existence d’un cimetière nouveau, pourtant distant de l’ancien de quelques centaines de mètres. Dans ce cimetière nouveau, que je n’ai donc pas visité, reposent :

- Jean CHARBONNEL (1927-2014) : maire de Brive-la-Gaillarde de 1966 à 1995, député de la Corrèze à trois reprises entre 1962 et 1993, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération, sous la présidence du général de Gaulle en 1966-1967, ministre du Redressement industriel sous Georges Pompidou en 1972-1974 (à ce titre, il baptisa la fusée Ariane), il fut le tenant d’un gaullisme social. Il avait démissionné en 1990 du RPR, dont il dénonçait la « droitisation » depuis les années 1970, et avait des relations notoirement conflictuelles avec Jacques Chirac. Ami de Robert Boulin, mort dans des circonstances troubles, Jean Charbonnel déclara à plusieurs reprises ne pas croire à la version officielle du suicide du ministre Boulin. Il ajouta qu’il détenait et s’engageait, si on le lui demandait, à fournir à la justice les noms des deux responsables de ce qu’il qualifiait d’assassinat.

- L’historien médiéviste et essayiste Jean GIMPEL (1918-1996), son œuvre eut notamment pour objet la question des techniques et du progrès ou des régressions civilisationnelles. Ses travaux ont nettement participé à une réhabilitation du Moyen Âge.

- L’organiste Pierre PINCEMAILLE (1956-2018), qui fut plus de trente ans titulaire des grandes orgues de la basilique Saint-Denis. Compositeur pour cet instrument, enseignant (en particulier au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), il réalisa de nombreux enregistrements.


Commentaires

Logo de bagieu
TRÉFLEZ (29) : cimetières
mardi 23 janvier 2018 à 19h24 - par  bagieu

bonsoir, j’aurai voulu savoir en tant qu’organiste, où se trouve la tombe de Pierre PINCEMAILLE ?

Pourquoi ne montrez-vous pas le nouveau cimetiére ?

Merci !

Logo de bagieu
mercredi 24 janvier 2018 à 10h14 - par  Philippe Landru

@Bagieu : il vous faut relire l’article pour répondre à votre propre question :-)

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?