LANDIVISIAU (29) : cimetière

visité en janvier 2018
mercredi 28 octobre 2020
par  Philippe Landru

La pièce maîtresse du cimetière est sa chapelle Sainte Anne, située dans l’enceinte du cimetière actuel mais qui était au moment de sa construction (entre 1610 et 1620), l’ossuaire et la chapelle reliquaire du cimetière de l’enclos paroissial qui entourait l’église. A la Révolution, l’édifice servit de salle communale et de remise à outils. Au début du

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L’Ankou

XIXe siècle lorsque le cimetière devenu trop petit fut déplacé à son emplacement actuel, la démolition fut envisagée mais en 1858, la décision de déplacer la chapelle pierre par pierre au milieu du nouveau cimetière l’emporta. Bâtie sur un plan très simple, cette chapelle possède un décor sculpté qui est un bel exemple de la Renaissance bretonne. Quatre baies en plein cintre sont encadrées de six cariatides surmontant des gaines décorées représentant 3 hommes et 3 femmes, tous d’aspects différents. On y reconnaît notamment l’Ankou (la mort), une femme aux seins nus figurant probablement une sirène (la gaine en queue de poisson est en dessous d’une autre cariatide féminine, témoignant d’une inversion lors du remontage), une femme en costume d’époque avec collerette...

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Intérieur de la chapelle

En face de cette chapelle, un monument fut élevé en 1850 à la mémoire des « reliques transférées de l’ancien cimetière en 1842 ».

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Comme c’est souvent le cas en Bretagne, la statue priante d’un prêtre en granit.

On trouve dans ce cimetière la tombe du sergent parachutiste Gilles Ollivier, décédé à l’âge de 25 ans, le 23 octobre 1983 à Beyrouth, lors de l’attentat contre l’immeuble Drakkar. Ce jour-là à 6 h 20, un camion chargé de plusieurs tonnes d’explosifs sauta sur la rampe d’accès du bâtiment, qui s’effondra entraînant la mort de 58 parachutistes et en blessants 15 autres. Je retrouve régulièrement, lors de mes périples dans les cimetières, des victimes de ce drame.

Le poète et journaliste Xavier GRALL (1930-1981) repose dans ce cimetière. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Il exerça à La Vie catholique, dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien, et au mensuel Bretagne. Revenu traumatisé de la guerre d’Algérie, associant en un même processus colonial le kabyle d’Algérie au paysan breton, il s’orienta vers le nationalisme breton. Au début des années 1970, il fonda le journal La Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Catholique et rebelle mais également volontiers polémiste, il consacra des livres à Mauriac, Bernanos, James Dean ou Arthur Rimbaud. Chaque année une scène du festival des Vieilles Charrues de Carhaix porte son nom. Sa tombe de famille rend également hommage à Joseph Grall (1919-1949). Ordonné prêtre dans le diocèse de Quimper en 1943, il fut admis au Séminaire des Missions Étrangères en 1947. Il partit pour Hué en 1948. Le 12 janvier 1949, alors qu’il se rendait dans sa mission par le train de Tourane à Hué, les Viêtminh attaquèrent le convoi : il fut alors arrêté et exécuté le même jour. Ses ossements, retrouvés seulement en 1957, furent transportés au cimetière de Phu-cam, à Hué.


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vendredi 14 février 2014

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