Pages d’histoire à ciel ouvert ... « balade » dans les cimetières du chalonnais

dimanche 1er novembre 2015
par  Philippe Landru

Cet article et ces photos sont intégralement tirés du blog vivre à Chalon.

Anonymes, personnages publics, artistes ou encore écrivains, militaires, résistants volontaires ou encore anciens combattants médaillés ou non, reposent en paix dans les cimetières du chalonnais.Ne cherchez pas Marguerite Boucicaut ou encore Vivant Denon, ils dorment dans les cimetières parisiens.

Nicéphore Niepce ,lui a été inhumé à Saint Loup de Varennes, les anciens maires que sont Georges Nouelle et Roger Lagrange ne sont plus chalonnais contrairement à Georges Mauchamp ou encore à Julien Satonnet qui dorment au cimetière de l’Est ... alors que Paul Vahé, député poujadiste a été enterré au cimetière de Saint Jean des Vignes, cimetière devenu lui aussi chalonnais, lors de l’annexion de la commune de Saint Jean des Vignes par la ville de Chalon en 1954, dont les morts reposent en grand nombre entre Crissey et Sassenay, depuis le début des années soixante dix ...

DES AIRES DE REPOS ETERNELLES

Au cimetière de l’Est, en empruntant la rue de Saint Jean des Vignes, ex « montée des capucins », la vaste aire de repos est le reflet de ce qu’était la population chalonnaise aux 19 et 20èmes siècles. A Gauche, en entrant, un carré sur lequel ne figure aucune inscription n’est autre que celui des condamnés à mort. Ils n’ont pas de sépulture, ni même de plaque, subiraient-ils encore une seconde condamnation ? Ou cet anonymat préserve t’il, le reste des membres de leurs familles demeurant en vie ?

RAPHAEL FARRE ... LE PEINTRE PHILIBERT LEON COUTURIER ... LE RESISTANT DAMICHEL

Au hasard des tombes, il y a celles des « vieilles familles » chalonnaises et d’autres comme celle de Raphaël Farré (1851-1929), qui n’était autre qu’un « Grand Violoniste » catalan, comme l’indique une inscription ...

Un peu plus loin, la tombe d’Arthur Cornet Auquiet, qui durant trente années a été le pasteur de la communauté protestante chalonnaise (1893-1923)...

Autre tombe, celle de la famille Randé, Jean a été un enseignant, adjoint et fidèle de Roger Lagrange. Une plaque rappelle qu’il a été aussi un membre actif des éclaireurs de France.

Pas très loin, se trouve la tombe de Jean Damichel, instituteur à Saint Jean des Vignes ; ce natif d’Allerey, a été fusillé au Mont Valérien en 1941, à l’âge de 35 ans ...

Peintre, ancien élève des beaux arts à Paris, le chalonnais Philibert Léon Couturier, mort en 1901, repose aussi dans ce cimetière.

Un cimetière d’un peu plus de 2 hectares, dans lequel a été également érigé un monument en mémoire des sapeurs pompiers décédés en juin 1839, lors d’un incendie dans l’ancienne église de Saint Jean du Maizel ...

François Chabas, célèbre égyptologue, président de la C.C.I Chalon-Louhans pas plus qu’Emiland Gauthey, considéré comme le « Haussmanien » chalonnais, ne reposent dans l’un des cimetières de notre ville.

A Saint Jean des vignes se trouvent notamment les tombes de l’ancien compagnon de Jean Marie Le Pen, Paul Vahé, député poujadiste mais aussi celle de l’ancien premier adjoint de Dominique Perben, Robert Beau ou encore celle de la famille Chauche.

C’est dans ce cimetière qu’a été inhumée Jeanne Parent, ancienne pharmacienne et bienfaitrice de la ville en 2009. C’est le plus petit des quatre cimetières Chalonnais, un peu plus de 70 ares...

DES TOMBES COMPAGNONIQUES ET FRANC MACONNES

Parmi les curiosités visibles, la tombe de la fondatrice de l’école « Le Devoir », une école catholique présente depuis de longues années à Saint Jean des Vignes. Deux carrés militaires se trouvent également dans ce cimetière devenu chalonnais, lors du rattachement de cette commune à la ville de Chalon, en 1954.

Parmi les curiosités visibles, au moins une tombe portant des symboles compagnonniques ou encore maçonniques dans chacun des cimetières.

Au cimetière de l’Est, sur la tombe de la famille de Gabriel Meunier, se trouvent les symboles compagnonniques. Gabriel Meunier a été inhumé le mercredi 14 Décembre 1960. Ce garagiste de la rue de la Trémouille, était un compagnon du tour de France et avait appartenu à la loge « Progrès Égalité » de la Grande Loge de France. Ses obsèques civiles se déroulèrent au cimetière de l’Est.

Un triangle et un compas ont pris place sur la tombe de Charles Servy, une autre figure marquante de Chalon, gérant durant de longues années le « Chalet de la Foire », grand amateur de pétanque. Charles Servy décède le 4 Juin 1976, alors que débute la foire exposition de Chalon. Les obsèques se déroulent quelques jours plus tard au cimetière Nord. Charles Servy, était lui un Franc Maçon, de la loge « Bourgogne Progrès Égalité », de la Grande Loge Nationale Française ( G.L.N.F ). Il fréquentait les hauts grades de la Franc Maçonnerie et avait créé « Les amis du Premier Lundi », une association regroupant des commerçants chalonnais dont il était le président.

A CRISSEY-GERGY ET A CHATENOY LE ROYAL EGALEMENT

Une autre tombe, au cimetière nord, porte les symboles de la Franc Maçonnerie. Celle de Roger Perroux. Ce représentant de commerce est entré au conseil municipal en mars 1971, aux côtés de Roger Lagrange. Il est décédé début février 1973. Initié à la loge « Progrès Égalité », il rejoint ensuite l’atelier des « Vrais Zélés » du Grand Orient de France. Ancien gérant d’un bar, Rue Pasteur, Marcel Forestier, mort en avril 1991, était également Franc-Maçon, il repose aussi au cimetière nord. Ses obsèques s’étaient déroulées à l’église Saint Pierre.

Au cimetière de Crissey, se trouve une tombe en forme de pyramide, c’est celle d’un autre franc- maçon, Georges Clerc, artisan couvreur dans la commune, décédé en septembre 1981.

Autre tombe maçonnique, à Gergy, celle de Françis Fernoux. Ce pâtissier, mort en novembre 1969, a été compagnon du tour de France et Franc Maçon. Initié au sein de la loge « Progrès Égalité », en 1965, il rejoint « Bourgogne Progrès Égalité ( G.L.N.F ) dont il sera vénérable ( Président). M.Fernoux a été pâtissier grande rue, il a présidé la Chambre des métiers de Saône et Loire dès 1935, jusqu’en 1967. Il avait été révoqué de ces fonctions par le gouvernement de Vichy en 1941.

Au cimetière de Chatenoy le Royal, c’est une tombe érigée au 19éme siècle qui porte une équerre et un compas, celle de M. David Etienne, décédé le 5 Janvier 1878 à l’âge de 76 ans. Y figure les mentions « Cultivateur à Corcelles ». Il avait toute les vertus d’un citoyen intègre et libéral, de nombreux amis sont venus ici asseoir leur respect à la profonde douleur de la famille.

Entre l’équerre et le compas, figure aussi la « mention 18éme » ... correspondant à un grade maçonnique ...

ET A MELLECEY : UNE MENTION PEU COURANTE...

Autre curiosité au cimetière de Mellecey, sur l’un des côtés de la tombe de Charles Dassonville (1905-1978), figure la phrase : « Président des trainiots » ...

Cela n’a rien de compagnonnique ou encore de maçonnique, juste une autre épitaphe originale ...


Sources :
Texte : Christiane Chapé-Daniel Dériot
Photos : Christiane Chapé


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