LADURÉE Louis-Ernest (1836-1902)

Père-Lachaise - 54ème division
samedi 15 juin 2013
par  Philippe Landru

Allez, un petit scoop histoire de terminer la semaine... Celui-ci, il n’est dans aucune source, dans aucun ouvrage, sur aucun site.

Histoire d’une découverte

Aujourd’hui, je faisais visiter le Père Lachaise à mes élèves. Nous longions la 54ème division, a proximité des tombeaux Barbedienne et Lapidus... Depuis le début de la visite, certains élèves me demandaient si la chapelle Lamy « c’est la famille » d’Alexandra, si la famille « Rochechouart », c’est la famille « Barbès »... Ca me fait toujours sourire : les adultes font la même chose, ne se rendant pas compte de la multitude des homonymes. Face à la 54 donc, en voilà qui me dit « Tiens, Ladurée, c’est comme les macarons... ».

J’ignore le nombre de centaines de fois où je suis passé devant cette chapelle. J’ai moi-même du me poser la question, en me disant que je l’avais déjà étudié en vain... Mais là, la question venant d’un tiers, je l’ausculte plus attentivement.

Etrange comment marchent les découvertes : je connais ce coin de Paris comme ma poche. Je recherche la tombe de Ladurée depuis plus de 25 ans (il était inscrit en bonne place sur mon article : mais où sont-ils inhumés ?). Il fallait que ce soit aujourd’hui, dans ces circonstances là !

C’est du nectar de plaisir de taphophile... De quoi passer pour un vrai cinglé pour le quidam !!!

Tout a commencé en 1862, lorsque Louis Ernest Ladurée créa une boulangerie à Paris au 16 rue Royale. A cette époque, la Madeleine était un quartier d’affaires en plein développement où les plus grands artisans du luxe français étaient déjà installés. En 1871, alors que le baron Haussmann donnait un nouveau visage à Paris, un incendie permit la transformation de la boulangerie en pâtisserie. La décoration de la pâtisserie fut confiée à Jules Chéret - célèbre peintre affichiste de la fin du siècle. C’est lui qui créa l’emblème du magasin : un ange pâtissier !

L’élite se mit à fréquenter la boutique, qui eut ses inconditionnels : Daudet, Proust (qui adorait les croissants aux noix) ou encore Napoléon III, qui était amateur des fameux macarons.

C’est plus tard que Jeanne Souchard, épouse d’Ernest Ladurée, fils de Louis Ernest, eut l’idée de mélanger les genres : le café parisien et la pâtisserie, donnant ainsi naissance à l’un des premiers salons de thé de la capitale. Le salon de thé avait un avantage certain sur les cafés : celui de pouvoir accueillir les femmes en toute liberté.

Ceci étant, d’autres maisons bâtent aujourd’hui largement les macarons Ladurée. Allez donc faire un tour chez Mulot, rue de Seine, pour vous en rendre compte par vous-même...


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LADURÉE Louis-Ernest (1836-1902)
samedi 15 juin 2013 à 09h47 - par  HolyvieR

Merci à Philippe et à son élève pour ce scoop ! :-)

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