PLÉGUIEN (22) : cimetière

Visité en avril 2010
lundi 3 septembre 2012
par  Philippe Landru

Le cimetière de Pléguien, ouvert à la fin du XIXe siècle en remplacement de l’ancien cimetière, n’offre pour paysage que la monotonie terne d’un lieu sans aucune sorte de charme.

C’est ici que repose un Compagnon de la Libération : Jules EVENOU (1908-2002). Officier de marine avant la Guerre, il s’engagea immédiatement dans la Résistance de manière assez spectaculaire : à l’occasion d’une attaque, l’équipe qu’il commandait abatit un appareil allemand. Devant l’avancée allemande, il quitta les côtes françaises, le 17 juin 1940 à bord du Courbet à destination de l’Angleterre.

Il participa à de nombreux convois dans l’Atlantique Nord et coula plusieurs sous-marins allemands. Il mena également à bien, avec beaucoup de détermination et d’habileté, l’opération de ralliement de l’Ile de la Réunion à la France combattante. Il poursuivit après guerre sa carrière : il commanda en 1958 les Forces Maritimes du Pacifique, fut à plusieurs reprises préfet maritime, et termina amiral.

Une autre tombe anecdotique attirera notre attention en ce lieu : celle d’Anne Le Corre (1746-1824).

La « Sainte de Pléguien »

Le 6 Avril 1866, le fossoyeur de Pléguien creuse une tombe, au cimetière, près du caveau du Marquis de Saint-Pierre ; il découvre une châsse contenant un corps conservé. Stupéfait, il envoie chercher le recteur de la paroisse. C’est le vicaire qui vint. « Quant au corps conservé, on trouvait tous ses membres se tenant parfaitement ; la peau était comme du cuir tanné, mais point dure… J’ai pu moi-même manier le bras pour le reposer sur la poitrine » écrira le vicaire à l’évêché.

Le bruit de cette découverte attire de nombreux curieux. Le vicaire fait garder les lieux par deux personnes de confiance et fait chercher le Marquis de Saint-Pierre, la sœur supérieure des Filles du Saint-Esprit de Pléguien.
Se pose alors l’identification de ce corps, enterré 40 ans plus tôt.

Plusieurs personnes apportent des précisions : des témoins de son enterrement dans le caveau des gens du château ; puis grâce au linceul, un banal drap trop court fourni par une dame Pierre de Kergollot. Et surtout une déformation au doigt qui handicapait la défunte dans son travail de fileuse. Il s’agissait d’une femme, Anne Le Corre, probablement ex-religieuse chez des dominicaines près de Rennes, revenue au pays au moment de la Révolution Française. Pour gagner son pain quotidien, elle travaillait au Bois de la Salle chez les Saint-Pierre, comme filandière. Tous les dimanches, vêtue d’un habit blanc… elle était admise à midi à la table du recteur. Elle faisait le catéchisme à quelques enfants du village de Kergolot. Sa piété, d’après les gens, était exceptionnelle : elle passait souvent ses nuits en prière, et récitait mille Ave par jour. Pendant la Révolution, elle préférait aller à la messe à Lanvollon plutôt qu’à Pléguien où régissait un prêtre jureur. Pendant la Révolution, elle fut conduite de force à Pléguien, mais refusa de se signer et ne voulut pas prier devant le prêtre conventionnel.

Fin Octobre 1900, l’Abbé Charles, recteur et le maire firent ouvrir la tombe : « Cette fois, on n’a rien trouvé que quelques ossements » écrira le pasteur". Le cimetière de Pléguien qui jouxtait l’église a été transféré le 4 Octobre 1970 dans le lieu actuel. La tombe d’Anne le Corre est toujours fleurie. On dit que plusieurs guérisons ont eu lieu par l’intercession de la « sainte ».


Sources pour Anne Le Core : http://www.cplittoralouest.catholique.fr/


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