ROQUEREDONDE (34) : cimetière de la Borie noble

dimanche 24 juillet 2011
par  Philippe Landru

C’est en 1965, sur le lieu-dit La Borie noble, sur la commune de Roqueredonde, que s’installa la communauté de l’Arche, fondée en 1948 par Lanzo del VASTO (Giuseppe Giovanni Luigi Enrico Lanza di Trabia : 1901-1981).

Issu d’une famille aristocratique italienne, ce docteur en philosophie fréquenta les écrivains du temps, et noua une amitié puissante avec Luc Dietrich. Voyageur infatigable, il rencontra en Inde celui qui révolutionna sa vie : Gandhi, qui lui donna le nouveau nom de Shantidas, serviteur de paix. Toute sa vie, désormais, fut marquée par la non-violence, non comme un simple idéal moral, mais comme un levier de transformation spirituelle et sociale. De retour en France, Lanza publia en 1943 Le Pèlerinage aux sources, qui relate son voyage et le rendit célèbre. Il eut le grand projet de fonder un « ordre gandhien d’Occident » d’inspiration chrétienne, mais ouvert à tout homme de bonne volonté. C’est en 1948 qu’il fonda la première communauté de l’Arche à Tournier, en Charente, qui déménagea par la suite dans plusieurs lieux successifs : Tourrette-sur-Loup dans les Alpes, Bollène dans le Vaucluse, et enfin la Borie-Noble dans l’Hérault. Sur un vaste domaine, la communauté, créée sur le modèle de l’ashram, compta jusqu’à 150 personnes rassemblées par les valeurs gandhiennes de travail des mains, de simplicité de vie, de coresponsabilité, et de prière. Devenu patriarche de cette grande famille communautaire, Lanza del Vasto, resta un pèlerin toujours en mouvement. Il s’engagea de façon active et publique (contre la torture en Algérie, contre la course à l’arme nucléaire). Dans les années 1970, il s’engagea auprès des paysans du Larzac chassés de leurs terres. Il acquit dans le monde entier la stature d’apôtre de la non-violence, mais aussi de sage et de guide spirituel. Il laissa une quarantaine d’ouvrages présentant ses croyances, ses engagements et ses enseignements.

Cette communauté qui existe encore possède son cimetière : envahi par le sous-bois et les herbes folles, il se distingue par quelques croix émergeant de la végétation.

Parmi les membres du groupe furent inhumés Lanza del Vasto et son épouse, sous une tombe se signalant par un obélisque.


Merci à Bernadette Bessodes pour les photos.


Commentaires

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ROQUEREDONDE (34) : cimetière de la Borie noble
mercredi 30 juillet 2014 à 23h32 - par  Raphaël Zacharie de IZARRA

La sépulture de Lanza Del Vasto, que jadis j’étais allé voir à la tombée du jour -à l’époque elle n’était là que depuis un lustre-, est un poème tout simple dans un sous-bois (constituant une minuscule nécropole où gisent quelques autres oiseaux rares).

Une dalle devant laquelle se dresse un obélisque, dans un endroit perdu. Une parcelle de souvenir loin de tout, hors du temps, nulle part, juste sous la Lune.

C’est un lieu sans nom, paisible, intemporel, un asile pour l’esprit où la réalité est claire, humble, sereine. La tombe est là, entre friche et fourré. Nul bruit du monde extérieur ne vient briser l’harmonie rustique qui règne sur cette île où semblent voler de grandes âmes.

Je me revois encore, si loin dans le passé... Une atmosphère aérienne se dégageait des pierres, l’azur paraissait rayonner de la poussière, les cailloux tout autour du sobre sépulcre étaient comme des étoiles. J’avais vingt-et un an, je ne possédais presque rien et marchais vers ce modeste but en compagnie de quelques fous de mon espèce, à la découverte des êtres, des astres, de l’indicible. Du vent ou bien de moi-même...

Ici les images deviennent plus vagues : le crépuscule rendait les éléments de plus en plus diffus, l’ambiance douce et mélancolique faisait croire à un rêve et je ne voyais plus que des ombres.

Mais quand vint la nuit, la lumière fut totale.

Raphaël Zacharie de IZARRA

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ROQUEREDONDE (34) : cimetière de la Borie noble
jeudi 14 mars 2013 à 16h59 - par  Raphaël Zacharie de IZARRA

L’ÉCLAIR ORIGINEL

A présent je sais.

Je sais sa puissance, sa violence, sa force, ses profondeurs, son radieux mystère.

Et son infinie légèreté.

C’est une énigme visible à l’oeil nu, un principe immatériel plus essentiel que la pensée, plus limpide que l’air, plus solide que le roc, plus durable que le temps. C’est une étincelle susceptible d’embraser une chambre, un champ, le globe terrestre, la galaxie, l’Univers : une intangible mais infaillible preuve de vie. C’est une onde qui fait rentrer le ver dans sa fange, sortir l’imbécile de son antre, frémir les ruisseaux, trembler les vivants, danser les morts, vibrer le monde entier.

Cette flamme voyageuse purement cosmique, quasi éthérique, certainement divine, miraculeuse, fragile, inextinguible, insaisissable, éternelle, magistrale, aussi éblouissante que dérisoire qui de l’atome à l’étoile fait disparaître toute zone d’ombre porte un nom.

Pour désigner cette essence universelle que l’on explique approximativement avec de savantes formules mathématiques, qui s’échappe toujours de nos éprouvettes pour fuir vers l’infini et qui pour cette raison précisément donne du prix à nos jours et une base inébranlable à nos certitudes, constatations ou théories scientifiques, religieuses, humaines, pour désigner cette chose née d’ailleurs, on prononce un mot humain, nécessairement humain.

LUMIERE.

Raphaël Zacharie de IZARRA

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vendredi 14 février 2014

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