AMBOISE (37) : château

visité en janvier 2011
dimanche 23 septembre 2012
par  Philippe Landru

Le château d’Amboise, lieu d’inhumation ? Et oui ! S’il est connu que la chapelle que les remparts abritent héberge le corps présumé de Léonard de Vinci, ce que l’on trouve dans les jardins l’est beaucoup moins...

Que ces découvertes bien alléchantes n’empêchent pas de visiter le magnifique château !...


La chapelle Saint-Hubert


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La chapelle vue des parterres du château

La chapelle Saint-Hubert fut édifiée et sculptée entre 1491 et 1496 par des artistes flamands dans le pur goût gothique flamboyant en pierre et craie de Touraine (Tuffeau) sur ordre de Charles VIII, avant que celui-ci ne découvre l’architecture italienne. La chapelle servit ensuite d’oratoire à Anne de Bretagne.

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La chapelle vue de l’extérieur

Le linteau de la porte d’entrée représente la chasse de Saint-Hubert. Les vitraux, assez récents, retracent des épisodes de la vie de Saint-Louis, et le tympan datant du XIXe siècle, représente Charles VIII et Anne de Bretagne.

Cette chapelle n’est autre que la dernière demeure du génial Léonard de VINCI (1452-1519). Il serait vain ici de retracer le parcours de celui qui fut inventeur, ingénieur, peintre, scientifique, anatomiste... c’est à dire un esprit éclairé de son temps qui s’intéressa, en bon héritier de l’Humanisme, à toutes les branches du savoir humain.

Rappelons simplement que c’est en 1516 seulement, soit trois ans avant sa mort, qu’il suivit le roi François Ier qui avait une admiration sans borne pour lui, et qui avait « acheté » sa venue un pont d’or. Léonard travailla finalement très peu en France, mais il y vint avec quelques oeuvres dans ses bagages dont une certaine... Joconde ! La suite, on l’a connaît. Contrairement à la tradition, il est plus qu’improbable que Léonard soit mort dans les bras du roi.

Il existait à l’origine une collégiale Saint-Florentin au château [1] : c’est à cet endroit, selon sa volonté, que Léonard de Vinci fut inhumé. La collégiale fut détruite en 1807, et c’est en 1863 que ses restes présumés, retrouvés lors de fouilles, furent transférés dans cette chapelle Saint-Hubert. Sa tombe fut refaite de 1934 à 1936 par le sculpteur Francis La Monaca. Régulièrement, on parle d’exhumer ses restes pour les analyser.

Sur le mur, des panneaux en français et en italien retracent le parcours du corps de l’artiste. Sur le sol, une dalle sobre est ornée d’un médaillon en bronze représentant le profil de Léonard date de 2004. Il semblerait qu’il soit l’oeuvre de Rosy Lamb, de l’atelier de Jean Cardot.


Les jardins d’orient


La conquête de l’Algérie se fit progressivement durant le règne de Louis-Philippe et l’un des événements les plus marquants fut sans doute sa prise de la smala d’Abd EI-Kader par le duc d’Aumale (fils de Louis Philippe) en 1843. Après avoir combattu contre la colonisation de l’Algérie, Abd EI-Kader, Emir d’Alger, se rendit au général de Lamoricière avec la promesse d’être envoyé en exil à Saint-Jean d’Acre ou à Alexandrie. Emprisonné à Toulon puis à Pau il fut ensuite assigné à résidence au Château d’Amboise avec sa famille, des khalifes et des domestiques, soit quatre-vingt-huit personnes. L’émir passa quatre ans au Château Historique du Château d’Amboise. Libéré par Louis Napoléon Bonaparte, Prince-Président, le 16 octobre 1852, il quitta la France pour la Turquie, puis la Syrie. Il consacra l’essentiel de sa vie à la méditation et l’enseignement jusqu’à sa mort en 1883 à Damas.

Un des jardins du château est le lieu où reposent les 25 compagnons de l’Emir Abd el-Kader (dont une épouse, deux enfants et un frère).

L’architecte paysager Rachid Koraïchi a conçu un jardin de mémoire comprenant un cénotaphe surmonté d’un croissant veillant sur 25 stèles en pierres d’Alep, gravées d’hymnes à la paix et à la tolérance extraits du Coran, et de l’identité de chaque défunt.

Le jardin rectangulaire est traversé par une diagonale de romarins indiquant la direction de la Mecque.

Deux plaques (l’une en français, l’autre en arabe) retranscrivent l’identité des défunts.


[1Elle ne doit pas être confondue avec l’église Saint-Florentin, qui existe toujours, en contrebas du château.


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