NICE (06) : cimetière de l’Est

mardi 14 juillet 2015
par  Philippe Landru

Le cimetière de l’Est étale ses nombreuses terrasses sur les flancs d’une colline arborée. Deux personnalités y furent inhumées :

- André OBRECHT (1899-1985) fut l’avant-dernier bourreau en poste en France. Il était le neveu d’Anatole Deibler, qui le prit pour assistant. Il participa ainsi à l’exécution de Landru. À la mort d’Anatole Deibler en 1939, ce fut son cousin Jules-Henri Desfourneaux qui le remplaça en tant qu’exécuteur en chef. André resta premier assistant et participa à l’exécution de Weidmann, puis de Petiot, mais les relations avec son cousin se dégradèrent. Il lui succéda en 1951 : la plupart de ceux qui passèrent entre ses mains furent des condamnés de droit commun, mais aussi des membres du FLN entre 1958 et 1961. C’est en 1958 qu’il engagea le mari de sa nièce, Marcel Chevalier, qui fut son successeur plus tard. Parmi les criminels qu’il a exécutés, on peut citer quelques cas célèbres : Émile Buisson, l’ennemi public no 1, en 1956 ; Jacques Fesch en 1957, Claude Buffet et Roger Bontems en 1972 ou encore Christian Ranucci en 1976, année où il prit sa retraite. Il reposait dans le carré 18 de ce cimetière, mais sa tombe fut malheureusement reprise en 2009.

- Caroline OTERO (Agustina Otero Iglesias : 1868-1965), dite « la Belle Otero », issue d’un milieu misérable espagnol, parvint en 1899, dans le contexte de l’Exposition universelle qui attire le monde dans la capitale, à se faire engager comme danseuse exotique. C’est à cette occasion qu’elle séduisit un imprésario américain qui lui offrit une tournée triomphale aux États-Unis. Revenu à Paris, elle poursuivit une carrière : en 1898, elle devint « la première star de l’histoire du cinéma » en étant filmée dans un numéro de danse au moyen d’un cinématographe Lumière à Saint-Pétersbourg. Elle devint l’amie de Colette, et l’une des courtisanes les plus en vue de la Belle Époque. Elle fit tourner bien des têtes, dont celles d’Edouard VII du Royaume-Uni, de Léopold II de Belgique, de Gabriele D’Annunzio ou d’Aristide Briand. Après la Première Guerre mondiale, elle prit sa retraite et glissa progressivement dans la gène financière, ayant dilapidé toute sa fortune. Elle fut inhumée au cimetière de Caucade, puis transférée dans ce cimetière.


Merci à Sergey Dyakonov pour la photo.


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