BUGEAUD Thomas (1784-1849)

Crypte des gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis des Invalides de Paris
dimanche 2 octobre 2016
par  Philippe Landru

JPEG - 14.5 ko Issu d’une famille de hobereaux du Limousin, ce noble devient soldat à 20 ans en s’engageant dans les armées napoléoniennes. Mis en congé sous la Restauration, il retourna dans son domaine natal, où il expérimenta de nouvelles techniques d’exploitation agricole, et prépara son élection à la députation. Il fut rappelé par Louis-Philippe, qui lui confia la garde de la duchesse de Berry en 1832, puis le chargea de réprimer l’insurrection républicaine de Paris en avril 1834, ce qui lui valut une grande impopularité.

C’est en 1836 que Bugeaud fut envoyé pour la première fois en Algérie. Sa mission consista à protéger l’installation de l’armée française sur les côtes algériennes, contre les tribus insoumises menées par Abd el-Kader. Bugeaud était alors hostile à l’idée d’une colonisation de l’Algérie, qu’il estimait dangereuse et chimérique. Il négocia avec son adversaire la convention de la Tafna (mai 1837), qui faisait de larges concessions à l’émir. Lorsqu’en 1840 la trêve fut rompue par Abd el-Kader, Bugeaud fut alors envoyé une seconde fois en Algérie avec le titre de gouverneur général. Rallié dès lors à une politique de conquête totale du territoire algérien, il réorganisa l’armée d’Afrique. La « méthode Bugeaud », conduite avec opiniâtreté et une certaine cruauté, qui privilégiait la guerre d’embuscade et les razzias, finit par porter ses fruits. Après la victoire d’Isly (août 1844) sur les armées marocaines alliées à Abd el-Kader, Bugeaud traqua sans répit l’émir, qui se rendit en décembre 1847. Dans le même temps, sa conquête se doubla d’un effort de colonisation agricole et d’une politique arabe originale (administration indirecte, bureaux arabes). Démissionnaire en 1847, il regagna la France, où il mourut du choléra après un éphémère retour à la vie politique.
Bugeaud peut être considéré comme le précurseur des grands conquérants coloniaux tels Gallieni ou Lyautey.

Si Bugeaud fut inhumé dans la crypte des gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis des Invalides de Paris, son tombeau de famille (où repose en particulier son épouse) se trouve au cimetière d’Excideuil (24). JPEG - 33.7 ko


Source : Larousse


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