SIGOLSHEIM (68) : nécropole nationale

dimanche 30 août 2015
par  Philippe Landru

La nécropole nationale de Sigolsheim est un cimetière militaire français de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut érigée sur la colline du « Blutberg » (Montagne du sang) en souvenir des combats acharnés de janvier et février 1945, lors de la réduction de la poche de Colmar. Parmi les 1 589 militaires « morts pour la France » qui reposent dans cette nécropole de 18 285m2, on dénombre 792 tombes de militaires maghrébins et 15 tombes de militaires juifs [1].

Parmi ces victimes reposent cinq Compagnons de la Libération :

- Mohamed BEL HADJ (1904-1944) : engagé volontaire dans l’armée à Saïda en août 1923, il servit au Maroc pendant 4 ans. Affecté au Levant en septembre 1928,il prit part, au sein de l’armée de Vichy, à la campagne de Syrie contre les forces anglaises et gaullistes. En 1941, il choisit de déserter pour s’engager dans les Forces françaises libres. Promu adjudant en octobre 1941, il est affecté dès sa création à la 22e Compagnie Nord-africaine formée avec des tirailleurs nord-africains ralliés à la France libre. Il participa à la campagne de Libye, puis à celle d’Italie avant de débarquer en Provence où il prit part aux combats de libération de la Provence et de la vallée du Rhône. Pendant la campagne d’Alsace, il saute sur une mine en conduisant une patrouille dans le Bas-Rhin.

- Joseph DEMANGET (1908-1944) : garçon de café, il s’engagea dans l’armée en 1928 et fut envoyé en Indochine. Promu 1ère classe, il rentra en France en juin 1938 et partit pour le Maroc, puis le Levant. Répondant à l’appel du général de Gaulle, il passA en Palestine fin juin 1940 pour continuer le combat. Il prit part à la première campagne de Libye contre les Italiens de septembre 1940 à avril 1941 puis à la campagne de Syrie en juin 1941. Il combattit à Bir-Hakeim, puis à El-Alamein. Il rejoignit la Tunisie, puis ce fut la campagne d’Italie avant de débarquer en Provence en août 1944. Blessé d’une balle dans le bras lors de la Libération d’Hyères, il refusa de se laisser évacuer. Il prit part aux opérations de la vallée du Rhône puis à la campagne des Vosges. Pris dans une embuscade, Joseph Domenget tomba au ballon d’Alsace.

- Imre KOCSIS (1910-1944) : hongrois, il s’engagea en avril 1938 à la Légion étrangère. Il prit part à la campagne de Norvège en mai-juin 1940. Rapatrié en Angleterre avec le corps expéditionnaire français, il choisit de s’engager dans les Forces françaises libres. Il participa à l’opération de Dakar en septembre 1940, intervint au Cameroun, puis combattit en Syrie. Pendant la campagne de Libye, il se distingua lors des combats de Bir-Hakeim et d’El Alamein. Il débarqua en Italie, puis en Provence.Imre Kocsis fut alors tué par des éclats d’obus.

- Michel FAUL (1920-1945), qui combattit en Tunisie, en Italie puis en Provence avant de remonter pour libérer la France. Il trouva la mort en Alsace. Il fut inhumé au cimetière militaire d’Obernai, puis transféré en 1964 dans cette nécropole.

- Alfred de SCHAMPHELAËRE (1915-1944), qui après avoir été envoyé en Norvège avec le Corps expéditionnaire français en avril 1940, entra dans la Résistance et servit en Afrique et au Moyen-Orient au sein d’une compagnie de char. Il prit part à la campagne de Libye et à la bataille d’El Alamein, puis participa à la campagne de Tripolitaine puis à celle de Tunisie. Il fut tué par un sniper allemand en Alsace. Inhumé dans le village d’Obenheim, il fut ultérieurement transféré dans cette nécropole.


Merci à Simon Tiron pour les photos.


[1Le plan final du film Indigènes de Rachid Bouchareb (2006) montre une vue aérienne de la nécropole.


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