SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE (50) : cimetière des frères

Visité en décembre 2012
lundi 11 février 2013
par  Philippe Landru

« C’est le cimetière de l’hospice des pauvres entre les pauvres , de ceux qui n’ont même plus les parents pour réclamer leurs corps . Une dizaine de croix blanches , toutes du même modèle, un if, un bel aucuba plein de graines rouges , sur la tombe de l’abbé ; puis une forte dalle avec les armoiries si chères. Un calvaire de granit verdissant s’élève au centre de cet espace qui a peut-être trente pas de côté .(...) Ainsi repose le poète auprès des fidélités les plus pures, les plus dépouillées, les fidélités paysannes. »

Jean de la Varende, cité par Herman Queru , in Le Dernier Grand Seigneur

Pour visiter le cimetière des frères, il faut, à partir du parvis devant le château (où se trouve un buste de Barbey d’Aurevilly par Rodin), contourner la motte castrale en descendant par les douves.

L’endroit est minuscule, très confidentiel. La description cité au dessus est assez fidèle : la végétation est bien là, autour du calvaire verdissant.

Quelques tombes humbles, pour la plupart similaires, sont celles des religieux. La plus ouvragée est celle du missionnaire eudiste Léon BARBEY D’AUREVILLY (1809-1876), qui composait des poèmes avant d’entrer dans la carrière ecclésiastique.

Il était le frère de JulesBARBEY d’AUREVILLY (1808-1889). Issu de la petite noblesse normande, austère et profondément catholique, Jules Barbey d’Aurevilly passa son enfance dans la Manche. Il fréquenta l’un de ses oncles médecin, profondément libéral, qui exerça sur lui une grande influence. Un moment républicain et athée, il finit, sous l’influence de Joseph de Maistre, par adhérer à un monarchisme intransigeant qui correspondait mieux à son mépris pour le siècle bourgeois. Sans pour autant renoncer à une vie de dandy, dont il se fit par ailleurs le théoricien avec Du dandysme et George Brummel en 1845, il se convertit au catholicisme en 1846 et devint défenseur féroce de l’absolutisme. Critique littéraire redouté, il dénonça aussi bien les prétentions anticléricales du positivisme que les mesquineries du parti catholique. Jules Barbey d’Aurevilly fut surtout connu pour ses romans, ainsi que pour ses nouvelles Les Diaboliques en 1874, qui mêlent un réalisme historique, enraciné dans son Cotentin d’origine, à un surnaturalisme exalté.

Il fut inhumé dans la 29ème division du cimetière Montparnasse de Paris.

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Tombe du cimetière Montparnasse
Il s’agit bien de la tombe d’origine qui a été déplacée

En avril 1926, les cendres de Barbey d’Aurevilly furent transférées du cimetière Montparnasse en ce lieu, où il vint ainsi rejoindre son frère.


Commentaires

SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE (50) : cimetière des frères
samedi 27 décembre 2014 à 11h01

grand merci pour philippe Landru pour sa presentation pour laquelle je suis extremement sensible, mon ami Roger Besus, romancier (auteur d une trentaine de livres (que Pierre de Boisdeffre considere, dans son Anthologie de la litterature Francaise, comme heritier de Bernanos) Cet auteur d un essai sur Barbey est important, Egalement bustier, maitrisant assez bien l art de la statuaire, cet essayiste (reposant au Cimetiere monumental de Caen, avec un de ses bustes de femme)
y eut ete egalemet sensible

Je dois sa frequentation par la lecture des diaboliques
un livre est offert par toi Annick LACROIX dont le nom m evoque l embleme de sa tombe, he oui, ma chere
Annick ... de la Prefecture de Rouen Dessinateur d etudes de la MEBS !

Claude OZANNE de Paris tel 0183877663 Paris ou e mail ozanne2014@sfr.fr

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