GLACERIE (La) (50) : commune

visité en janvier 2013
jeudi 17 janvier 2013
par  Philippe Landru

Première caractéristique du cimetière de la Glacerie : le trouver ! La commune est à la fois constituée de hameaux dispersés sur de longues distances, mais étant dans l’orbite proche de Cherbourg, elle alterne zones commerciales et périurbaines qui font que celui qui ne connaît pas les lieux à tous les maux du monde à se retrouver. C’est d’autant plus vrai que, finalement, le cimetière est au milieu de nulle part dans la campagne.

Pour le trouver, il faut en fait s’éloigner de la densification urbaine autour de la RN13, et se rendre dans la zone encore rurale de la Verrerie, ancien village autour de l’Église.

Le site en lui même ne présente pas beaucoup d’intérêt, même si la vue est jolie sur la campagne environnante, mais plusieurs tombes attireront ici le taphophile.


Curiosités


- Le maire Henri Menut (+1924) possède un buste en bronze par F.Delteil.


Célébrités : les incontournables...



... mais aussi


- Louis Emile BERTIN (1840-1924) : issu de Polytechnique, il choisit de faire carrière dans le génie maritime. Il fut affecté à l’arsenal de Cherbourg. En 1870, il fut chargé d’établir une ligne de défense à hauteur de Carentan pour faire face à une éventuelle poussée prussienne. Il imagina d’inonder les marais de Carentan. L’idée fut reprise, mais sans succès, en 1940 pour tenter de bloquer l’armée allemande, puis à leur tour par les Allemands, avec le même insuccès, pour stopper l’armée américaine.

En 1886, le gouvernement l’envoya au Japon organiser des arsenaux et mettre sur pied une flotte puissante qui soit capable de vaincre les Chinois. Il y resta quatre ans : c’est ainsi qu’il fut le créateur de la marine militaire japonaise durant l’ère Meiji ! Il fut nommé ensuite directeur de l’École d’application du génie maritime à Paris, avant d’être promu en 1895 directeur central des constructions navales françaises au ministère de la Marine. Doté d’un esprit inventif, il traça les plans de nombreux navires dont il chercha à améliorer la forme et la stabilité. Il inventa la manche à air et la quille de roulis, mit au point un oscillographe… Membre de l’Académie des Sciences et de l’Institut, il fut l’auteur de nombreux travaux scientifiques. Ses obsèques furent célébrées en 1924 à La Glacerie en présence de l’attaché naval du Japon. Dans ce cimetière repose également son fils, Charles Emile BERTIN (1871-1959), qui compte tenu des activités et des voyages de son père qu’il suivit, devint un spécialiste éminent du Japon de l’ère Meiji, observateur envoyé par le gouvernement français auprès de l’Armée japonaise pendant toute la guerre russo-japonaise de Mandchourie, puis attaché militaire à l’Ambassade de France au Japon.

- Plusieurs personnalités de la même famille reposent dans des tombes différentes mais dans un même enclos familial. Cette partie du cimetière se signale par quelques sépultures anciennes, mais également un beau médaillon en bronze. S’y trouvent en particulier :

  • Marie-Ernestine SERRET (1812-1884) : élève de Hortense Haudebourg-Lescot, elle-même élève de Élisabeth Vigée Le Brun, Marie-Ernestine Serret fut une peintre à la facture très classique, qui a laissé des portraits, familiaux en particulier, d’une grande tendresse, des natures mortes et des tableaux d’inspiration religieuse. Elle exposa régulièrement de 1834 à 1849, au Salon des Indépendants à Paris.
  • Charles-Maurice CABART-DANNEVILLE (1846-1912) : son fils, issu d’une vieille famille normande (il cousine avec Lebrun), cet inspecteur des forêts républicain fut député (1889-1895) puis sénateur (1895 à sa mort) de la Manche. C’est lui qui est représenté sur le médaillon en bronze, oeuvre de Armand Le Veel.
  • Maurice CABART-DANEVILLE (1886-1942) : fils du précédent, médecin, il fut sénateur de la Manche de 1930 à 1941.
  • La peintre Hélène CABART-DANNEVILLE (1891-1974) :

- Le poète Louis LANSONNEUR (1876-1961), qui publia ses premiers poèmes au lendemain de la Première Guerre mondiale sous le titre Les Fleurs qu’on effeuille. Il fut aussi l’auteur de plusieurs pièces de théâtre (Luce de Brix,La Fable, La Veillée sous la lampe, Le Retour du permissionnaire, La Fenêtre sur le jardin, etc.) qui sont interprétées sur les scènes de la région.

- L’amiral de France André LEMONNIER (1896-1963). Durant la guerre, il commanda des batteries de canonniers de la marine qui défendirent Paris puis en 1940-1941, le croiseur Georges Leygues avec lequel il échappa au blocus Britannique à Gibraltar. Il participa alors aux combats de Dakar en septembre 1940 contre les Forces navales françaises libres et de la Royal Navy. Il revint ensuite à Alger où il rejoignit les Alliés après le débarquement américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942).
Après avoir été en charge de relancer l’activité de la marine marchande française, il prépara la libération de la Corse et commanda l’escadre française lors du débarquement de Provence en 1944. Après guerre, il conserva son poste de chef d’état-major de la marine française mais devient aussi directeur du Collège de défense de l’OTAN (ou collège NATO) qu’il contribua à créer. Entre 1951 et 1956, il fut l’adjoint naval du général Eisenhower au SHAPE, le Grand Quartier général des forces alliées en Europe. Il fut nommé amiral en 1952.


Merci à David Lereverent pour les photos Lansonneur.


Commentaires

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?