Découverte de la tombe du roi Herode

dépêche du 08 mai 2007.
dimanche 3 février 2008
par  Philippe Landru

Après plusieurs dizaines d’années de fouilles, un archéologue israélien a annoncé mardi avoir découvert la tombe d’Hérode à l’emplacement d’un des palais du célèbre roi de Judée, au premier siècle avant notre ère, au sud de Jérusalem, en Cisjordanie. « Il y a trois semaines, nous avons trouvé des éléments du sarcophage (d’Hérode) et nous avons compris que nous avions enfin trouvé le site de son tombeau », a déclaré le professeur Ehud Netzer, de l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque de Jérusalem, lors d’une conférence de presse. M. Netzer avait entamé des fouilles archéologiques en 1972 sur le Mont Hérodion, où se trouve le palais d’Hérode, pour retrouver le tombeau du roi de Judée, nommé par les Romains, et qui est resté sur le trône entre 37 avant J-C et 4 avant J-C. Hérode est resté célèbre pour ses ouvrages monumentaux. Il a notamment agrandi le deuxième temple juif de Jérusalem, construit le palais de Massada, le palais de Césarée et celui d’Hérodion situé près de Bethléem, où il a demandé à être enterré. Selon l’Evangile de Matthieu, Herode avait ordonné l’exécution de tous les enfants mâles du village de Bethléem pour éviter la naissance du « Roi des Juifs », Jésus. Cet épisode est connu sous le nom de « Massacre des innocents ».

ARTICLE DE MICHEL RENAUD - JOURNAL CHRETIEN

La découverte récente du tombeau d’Hérode le Grand résout une des énigmes auxquelles les archéologues se heurtaient depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, le professeur Ehud Netzer, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, vient de livrer dans une conférence de presse les premières conclusions des fouilles menées sous sa direction à l’Hérodium près de Bethléem.

On savait par l’historien Flavius Josèphe qu’Hérode avait été inhumé dans la colline artificielle connue sous le nom d’Hérodium et qui domine toute la région de Bethléem, aux confins du désert de Juda. Cependant, les fouilles entreprises en 1972, et interrompues à deux reprises par les deux Intifadas, n’avaient pas permis de localiser le tombeau. On a aujourd’hui l’explication de cet échec des premières campagnes de fouilles. De toute évidence, Hérode avait prévu d’être inhumé au pied de la colline. En témoignent les énormes travaux entrepris de son vivant en vue de sa sépulture, et en particulier une rue de 350 mètres de long et de 30 de large destinée au passage du cortège funéraire. Tout naturellement, les recherches s’étaient concentrées sur la zone où arrivait cette rue, ce qui avait conduit à dégager d’abord des restes archéologiques d’époques plus tardives, notamment byzantins. Quand il fut devenu clair que le tombeau n’était pas là où on s’attendait à le trouver, le professeur Netzer et son équipe entreprirent en août dernier de nouvelles fouilles à flanc de colline, pour identifier finalement le tombeau à la fin de 2006, à mi-pente du flanc nord-est. Il semble donc qu’Hérode, dans sa vieillesse, ait décidé, pour une raison inconnue, de se faire inhumer ailleurs qu’à l’emplacement initialement prévu.

Du tombeau lui-même, il ne reste plus aujourd’hui qu’un escalier monumental d’accès de 6,5 mètres de large, construit spécialement pour le cortège funéraire, et un dallage de pierre taillée de cent mètres carrés. Le sarcophage, en pierre rouge de Jérusalem, mesurait à l’origine 2,5 de long. Il était fermé par un couvercle à section triangulaire, décoré de rosettes. Le mausolée avait été entièrement détruit et le sarcophage lui-même réduit en morceaux, sans doute par les insurgés qui occupèrent les lieux de 66 à 72, lors de la première révolte juive, et qui haïssaient Hérode, l’allié des Romains.

Les funérailles d’Hérode racontées par Flavius Josèphe

« On pensa après aux funérailles du défunt roi, et Archélaüs [fils et héritier d’Hérode] n’oublia rien pour les rendre très magnifiques. Le corps, vêtu à la royale, avec un diadème sur le front, une couronne d’or sur la tête et un sceptre dans la main droite, était porté dans une litière d’or enrichie de pierreries. Les fils du mort et ses proches parents suivaient la litière, et les gens de guerre, armés comme un jour de combat, marchaient après eux distingués par nations. Les compagnies de ses gardes thraces, allemandes et gauloises, allaient les premières, et tout le reste des troupes commandées par leurs chefs les suivaient en très bon ordre. Cinq cents officiers, domestiques ou affranchis portaient des parfums et fermaient cette pompe funèbre et si magnifique. Ils allèrent en cet ordre depuis Jéricho jusqu’au château d’Hérodion, où l’on enterra ce prince ainsi qu’il l’avait ordonné. »

Flavius Josèphe, La guerre des Juifs contre les Romains, I, 33, 9. (Traduction d’Arnaud d’Andilly)

Commentaire : Mémoire d’Israël et terre de Palestine

La découverte récente du tombeau d’Hérode pose une fois de plus le problème des vestiges archéologiques liés à l’histoire juive et situés en territoire palestinien. En droit international, l’Hérodium ne se trouve pas en Israël et les fouilles entreprises par les archéologues de l’Université Hébraïque de Jérusalem sont illégales, comme la mise en valeur du site et son classement comme parc national. Il est pourtant difficile de nier que le personnage d’Hérode, quel que soit le jugement porté sur lui par Flavius Josèphe, est une figure de première importance dans l’histoire juive. Ce qui pose le problème de la conservation de ces sites.

En un peu plus de six mois, j’ai visité deux fois le palais des Ommeyades, près de Jéricho. Sur une photo prise à la fin d’août, on voit un chapiteau sculpté posé au pied d’un mur. Quand j’y suis repassé au début de mars, le chapiteau n’y était plus. Une pierre de plusieurs dizaines de kilos ne disparaît pas si facilement. Où est-elle passée ? Qui l’a emportée ? Pour quel usage ? On pourrait évidemment répondre avec un certain cynisme que la direction palestinienne des Antiquités peut faire ce que bon lui semble sur un site musulman du huitième siècle. Mais en Cisjordanie, ce sont des dizaines de sites juifs qui continuent à se dégrader. Je pense par exemple à d’anciennes synagogues de Judée aujourd’hui en ruines, dont les pavements de mosaïque disparaissent à peu à peu et sont envahis par la végétation. Les souvenirs du peuple d’Israël ne sont pas tous localisés, bien loin de là, dans les frontières de l’État d’Israël, et le patrimoine du peuple déborde largement celui de l’État. Le droit international est-il adapté à cette situation ? Vaste question.


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