VOLVIC (63) : cimetière

Visité en août 2019
lundi 5 avril 2021
par  Philippe Landru

La pierre de Volvic est une roche volcanique qui fut très utilisée dans les constructions notamment le Puy-de-Dôme, dont elle est originaire. Elle a une couleur allant du gris clair à des teintes noires. Elle provient en très grande partie des carrières situées à proximité de Volvic. Elle résiste au gel, aux produits chimiques. Elle présente un faible coefficient de dilatation. Toutes ces caractéristiques en font un matériau intéressant pour la construction. Au Père Lachaise, un certain nombre de tombeaux sont réalisés grâce à elle, dont le célèbre tombeau de Delacroix « imité de celui de Scipion » selon la formule consacrée !

Il faut dire que les artisans de Volvic eurent un promoteur épatant, le préfet de Seine de 1812 à 1830 Guillaume Chabrol « de Volvic » (le même qui en 1817 transféra Molière et La Fontaine au Père Lachaise) : non seulement c’est lui qui fonda en 1820 l’école d’architecture de Volvic, mais c’est lui qui lança la mode de la lave émaillée à Paris : il imposa cette pierre pour les conduites d’eau de la capitale, les bornes fontaines, les dallages, les bordures de trottoirs, les plaques des rues de Paris. La lave de Volvic fut également utilisée par la société Michelin pour ses plaques signalétiques de routes et d’agglomérations. Il avait épousé la fille du duc de Plaisance Lebrun, dont la tombe au Père Lachaise... est en lave de Volvic !

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La tombe des entrepreneurs Brosson...
Ils exploitaient la carrière de pierre. Le préfet Chabrol assura leur succès en leur passant de multiples commandes.
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Le seul médaillon (en lave émaillée) du cimetière

Le cimetière de Volvic ne pouvait donc pas échapper à la règle, et c’est effectivement un véritable conservatoire qui propose toute la variété de ce que l’on peut faire avec ce matériau. On est évident loin de la pierre blonde et dorée du Sud-Ouest...

Le ton est donné dès la boutique à l’entrée du cimetière, qui propose une gamme de produits issus du savoir-faire local !

Petit tour d’horizon...

Ici, même le robinet du cimetière fait la promotion de l’artisanat local !

Quelques plaques attirent l’attention.

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Antoine Montfagnon fit partie des victimes de l’éboulement de la colline de Fourvière à Lyon le 13 novembre 1930 alors qu’il allait porter secours.

Reposent dans ce cimetière :

- Le sculpteur Fernand HAUTEROCHE (1914-2018).

- Le peintre et poète Joseph BARRIÈRE (1874-1957), qui fut l’élève de Harpignies et membre de l’Académie de Clermont et appartint à l’école de peinture de Murol.

- Joseph BERTHELAY (1863-1957), qui fut directeur de l’École Départementale d’Architecture de Volvic de 1894 à 1936. Cette période marque l’apogée de l’école, avec en particulier, à partir de 1920, des commandes pour les monuments aux morts.

- Le sculpteur Pierre BŒUF (1809-1881), dont la stèle (en calcaire et pas en lave de volvic), qui représente un squelette, s’efface progressivement.

- Michel CHAMPLEBOUX (1901-1967) : maire de Volvic de 1945 à 1956, il fut sénateur du Puy-de-Dôme de 1958 à sa mort.

- Le sculpteur Antoine CHAUFOUR (1891-1967), qui réalisa de nombreux monuments aux morts dans la région. Il repose avec son fils, Henri CHAUFFOUR (1919-1999), également sculpteur.

- Le peintre, illustrateur et lithographe Victor FONFRÈDE (1872-1834), qui appartint à l’école de Murol. Ses sujets furent des paysages de l’Auvergne, mais surtout des monuments, des personnages, et des scènes de genre, qu’il traita avec un naturaliste, parfois proche de l’expressionnisme. Il se passionna aussi pour les arts décoratifs et travailla pour le musée de la céramique de Sèvres.

- Le sculpteur Jean LEGAY-CHEVALIER (Jean Legay [1] : 1856-1915), qui fut l’un des plus gros exploitants de pierres de Volvic au début du XXe siècle. Il pressentit la présence de l’eau dans les profondeurs des carrières qu’il exploitait, et en avait besoin pour refroidir les lames de ses scies mécaniques. C’est en 1889 qu’il commença ses recherches. Quarante mètres de puits, continués par une longue galerie descendante, l’amenèrent finalement à une véritable rivière souterraine. Quelques années plus tard, cette rivière souterraine fut exploitée pour devenir la fameuse « eau de Volvic ».

- Pierre MOITY (1880-1938) : maire de Volvic de 1912 à sa mort, c’est lui qui reprit les travaux de Jean Legay car Volvic faisait face au début du XXe siècle à une épidémie de poliomyélite. Des études géologiques conduisirent à creuser une galerie souterraine de 700 m de long, et libèrent une importante voie d’eau, aussitôt dénommée source du Goulet. Le captage du Goulet permit l’alimentation en eau de la commune, et la création de l’eau minérale de Volvic, commercialisée à partir du milieu des années 1930.

- L’architecte Antoine MOULY, qui conçut la cathédrale de Santa Fe (Etats-Unis) en s’inspirant de la Sainte-Chapelle de Paris.

- Le peintre Christian SANDRIN (1918-2009).

- Gérard TARDIF (1951-1982) : aviateur à la Patrouille de France, son Athos 8 s’écrasa pendant une répétition à la base de Salon-de-Provence.


Photos Bœuf et Chaufour : Jean-Pierre Naud in http://funeraireetlave.canalblog.com/


[1Le patronyme Chevalier ajouté à celui de Legay était celui de son épouse. Cette pratique courante dans le bassin de Volvic servait notamme7nt à différencier des entreprises qui, sans cette précision, auraient été homonymes.


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vendredi 14 février 2014

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